‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 46 sur 209 · Nœldeke, 1. c. XXII, p · texte numérisé non relu

Nœldeke, 1. c. XXII, p

3. L'écriture des se mi- voyelles ne tient pas compte de la quantité des voyelles, car a même long n'est jamais écrit, au contraire ou même bref Test toujours, ce qui prouve que toute distinction à cet égard avait dispam.

écrite dans le mot l ; k la fin du mot à est écrit par aleph. Là où aleph dans un mot paraît figurer à, â, il faut admettre que dans l'esprit des grammairiens, cet aleph est consonne et représente un hamza, comme PV^° ou )2sûLû soulier (racine k\b), )l]3 ou l^s moustache (racine \s} comp. HÇ bouche)2. Dans les participes actifs des verbes 'aïn-waw, comme îo\d pron. qâyhn, aleph ne représente pas â mais il est le hamza qui maintient l'hiatus entre deux voyelles et appartient k une prononciation •ancienne qâ'hn, v. § 107; ainsi par assimilation k ces racines, les racines double caïn ont un aleph pareil, comme M2* (racine V>),comp.M& humble (racine ^). Il faut donc se garder de penser que dans >*Joo)^o Us m'ont appelé, aleph représente la voyelle a, car on rencontre deux autres formes plus usuelles : *Jo|fO et ^éJoo^o ; la première indique la prononciation primitive avec hamza qra'oun, la deuxième une prononciation secondaire qrawwoun, v. § 106. L'écriture ^Joo)^o concilie la

nouvelle prononciation avec l'étymologie (rac. \j$) suivant un procédé que nous avons déjk vu employer pour les mots de la forme \£+\?, v. § 46. La même observation s'applique k toutes les autres formes analogues, comme |)oo2^o plénitude comparé avec lio^io d'une part et Jooi^Lo d'autre part; ainsi les noms hébreux V»|a* \-*)oiû-à, V*^^ V^déVi décèlent une prononciation You'U, è'mou'ÏÏ, T}ezqtel} mikael antérieure k celle Youyel, smouyely hàzqiyel, mikayel 3.

57. i naturel est toujours écrit par youdh. Dans un certain nombre de mots où les Occidentaux prononçaient t une ancienne voyelle e, l'écriture n'était généralement pas modifiée ; on conservait l'orthographe défective ou avec aleph, comme

1. Le* exceptions sont assez rares, \o]2 et \*à fut aph'el de \*à, W^l

ethpa'al do même verbe, *£*$*> ^p M^ ^>^P ^V* W2* W^ «te, où aleph sert à distinguer le pa'el ou l'aph'el des formes plus simples du p"al.

2. L'écriture r^*^0^- quatre-vingt indique, il est vrai, une prononciation t'minaïn (Nœldeke, Mand. gramm., p. 22); mais cette écriture ne fut poisible qu'à cause de celle de V1^0^ huit; on la trouve dans Land, A*xdota tyriaca, I, p. 45 à 48 passion et la lettre de Jacques sur l'orthographe § V, p. «-», 1. 4, édition Martin.

3. V. Barhébraus, 1. c I, p. 205, dern. ligne. Les Nestoriens prononçaient Touwel, smouwel etc., v. id. p. 208, 1. 22,

mater lecùionis, suivant les distinctions que nous allons indiquer sous le paragraphe suivant; quelquefois aussi cette prononciation était marquée par un youdh, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, § 46.

58. è représentant i bref n'était pas écrit, é des Orientaux, i ou e des Occidentaux, § 46, représentant e long, était écrit par aleph : ^Sv> rois, P^ découvert, |?<* celle-ci, te&\a comme, *+i\ * chez moi, ppûs embûches, |?^ fête, IH9 fruit, **£>\+ il sera sec, ,-^p il enfantera etc., où les Nestoriens prononçaient dans tous les cas é. Chez les Occidentaux la prononciation è au lieu de i l avait lieu aussi dans Y>Ç^ flèche, \>\L nombril, \s\^ natte, que quelques-uns d'entre eux prononçaient cependant girâ, èirâ, siphâ (Barhébraeus I, 23, dern. ligne) et dont la forme ancienne était gërra, serra, sëppa (comp. ÏJ^. ÏJ-i '***>), mais récriture par aleph indique que le redoublement avait disparu de bonne heure dans ces mots.

è était écrit par youdh, lorsqu'il venait d'une diphthongue ou de a o longs, §§ 82 et 84, *-*^> maison, t-^ot ceux-ci ou celleslà, ^éN^,o elles ont tué etc. ; é i était représenté par youdh dans les mots Vj| b$, Vç ^J».

L'écriture défective pour é i avait lieu dans quelque» mots : V*' tête2, If© puits, iz^ église, \Z£ figuier, où la voyelle venait de* a è, § 83"; PH fém. \Z^] autre, de à, § 87; \i^nu£t, i^ œuf, de la diphthongue ai, comp. J^î iixo? ajout, ^ooi iis^ en leur présence de p-^ (Barhébraeus, 1. c. p. 233, 1. 11). Elle était de règle dans certaines formes qui laissaient tomber une liquide radicale, comme foSnn fumier, foNà * chaîne, P^ cymbale, de qèlq'lâ, sètëlâ, sel§lâ, § HOd. éh, la fin du mot se maintenait chez les Jacobites comme chez les Nestoriens et était figuré par aleph, fiSy» rois, jC^i il découvrira etc.

1. Les manuscrits jacobites soigneusement ponctués portent souvent des traces de l'hésitation qu'il y avait entre ces deux prononciations. V. Bernstein, Dos heilige Evangelium des Johannes, Vorber. VI.

2. Cette écriture sans youdh est blâmée par Jacques d'Edesse dans sa lettre sur l'orthographe syriaque, éd. Martin, p. s^, 1. 12; éd. Philippe, p. o, 1. 4 et suiv. Les Occidentaux prirent l'habitude d'écrire le youdh, tandis que les Orientaux qui prononçaient rés conservèrent l'écriture défective, v. Barhébraeus, I, p. 233, 1. 13.

59. o ou sont toujours exprimés par un waw qu'ils viennent de voyelles longues ou brèves. Il n'y a d'exception que pour les deux mots Vo et V&so dont l'écriture défective est de beaucoup plus fréquente que l'écriture pleine, sans que cependant on puisse établir à cet égard une distinction sur l'âge ou la source des manuscrits !.

60. Les diphthongues ai ai sont figurées par youdh ; au par waw ; èw iw par youdh suivi de waw.

61. Les exemples que nous avons donnés sous les §§ 46 et 56 montrent clairement que l'on se faisait un devoir de conserver l'orthographe ancienne, tout en insérant dans les mots de nouvelles matres lectionis qui indiquaient les modifications survenues dans la prononciation. En vertu de ce principe, les semi-voyelles \ o ^ continuèrent à être écrites, lorsqu'elles devinrent quiescentes, qu'elles fussent radicales ou seulement maires lectionis. En ce qui concerne aleph, voici quelques exemples k ajouter k ceux du § 56 : ftix* ennemi, KU» haine,

l)io cent, ]\+^d nombreux, \£\+^o nombreuse, W^jo multitude, )|fb concombre etc. Youdh et waw, signes de désinences tombées, sont également maintenus par l'écriture pour l'intelligence des formes, comme oc^ ^^oz^o ^^l2 ^^oL^z sé-â,?o£> t*àj) etc.

Jacques d'Edesse nous a transmis quelques règles k cet égard dans sa lettre sur l'orthographe syriaque, où, il se montre aussi soucieux de la distinction des formes que de l'étymologie. Les mots \±o+.] Mer, VsnMSn avant-Mer, doivent être écrits, ditil2, sans youdh k la fin du mot, de peur qu'on ne confonde le premier avec le verbe ^ioi). Cependant cette recommandation ne fut pas suivie et on continua d'écrire le youdh, k l'exemple des adverbes >-à&Lo| ^^2^*1 3.

Les Syriens orientaux réglèrent leur orthographe plutôt sur la prononciation que sur l'étymologie; ils n'écrivaient pas le youdh ni le waw quiescent, signe du pluriel dans les verbes 4,

1. V. Ewald, Abhandlungen zur orient, und bibl. LUeratur, p. 97, note 1 ; Mère, Gramm. »yr.y p. 35.

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