‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 48 sur 209 · Chapitre X · texte numérisé non relu

Chapitre X

Du point distinctif des voyelles.

63. Malgré l'usage des consonnes j o ^ pour désigner les voyelles, il n'en restait pas moins un nombre assez important de mots qui avaient la même forme apparente, quoique distingués

1. Ce mot était prononcé prétorion par les Jacobites et pratorùm par let Nestoriens (Barhébreus, I, p. 237, 1. 2); on trouve aussi ^û^f^r9 (ChrtêUmatkie Mickadis, p. 77, 1. 2), ce qui indique une prononciation promtorion occasionnée par l'emphatique qui précède et celle qui suit la ▼oyelle, y. § 40.

2. De même en palmjrénîen (Nœldeke dans la Zeitschr. d. D. M. O., XXIV, p. 93).

par la prononciation. C'était là? même pour un indigène, un sujet d'embarras qui attira l'attention des grammairiens ; on trouve en effet un certain nombre de traités sur les vocables semblables par la forme mais distincts par le sens |&**àof (Lô àlo \hïisuL32£oo. Ces traités avaient pour principal objet d'assurer une lecture exacte et normale du texte des livres sacrés et on ne peut douter que les débuts de la Massore syrienne portèrent sur ce point.

Le moyen le plus simple d'indiquer les différentes prononciations d'un même mot était de placer un point auprès de ce mot suivant diverses positions. Ce point, on le trouve dans les plus anciens manuscrits, ceux du Ve siècle, mais son usage remonte au moins un siècle plus haut, au temps de St.-Ephrem. Un passage bien connu de ce père de l'église syriaque dit au sujet du mot ïfia* ânes ce qui suit ! : « Il faut savoir que jusqu'ici nous avons lu dans les deux testaments bemré et non fe'mâré, comme le prétendent quelques ignorants. > Ce passage dont l'authenticité n'a pu être révoqué en doute par des arguments sériçux 2 ne s'explique que par la présence d'un point diacritique dans les manuscrits de cette époque, puisque le mot I^ûm, qu'on le prononçât d'une manière ou de l'autre, avait la même forme.

M. Ewald est le premier qui dans 6es Abliandlungen zur orienialischen und biblischeh Literatur (p. 60 et suiv.) reconnut avec une singulière perspicacité la nature de ce point et en décrivit les diverses applications.

64. Un point unique n'offrait que deux positions pour indiquer la voyelle qui meut une consonne : il pouvait être placé au-dessus ou au-dessous de la consonne. Les voyelles furent donc divisées en deux classes : les voyelles hautes â à o furent marquées du point supérieur, les voyelles basses il é par le point inférieur, ainsi : ^ qui, \hXà* année, \r£^ agissant, ?c£** père, pron. man, Sattâ, 'âbhdâ, yâlodh; mais ^ de, \M± sommeil, x^ esclave, ?ai>u enfant, pron. rrièn, ëènihâ, "bhèdh, yattoudL Les

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