Chapitre XI
Des points-voyelles chez les Nestoriens.
70. Les Nestoriens, avons-nous dit, substituèrent au point distinctif des voyelles, un nouveau système de points- voyelles qui en découle, mais auquel les Occidentaux demeurèrent longtemps étrangers. L'esprit de haine et de rivalité qui séparait les sectes religieuses, le goût passionné des Jacobites pour les études grecques, goût partagé d'ailleurs par les Nestoriens, ne suffiraient pas à expliquer pourquoi ceux-ci s'écartèrent d'une voie qui leur était tracée par les usages précédents et préférèrent emprunter aux Grecs leurs voyelles qui juraient dans une écriture sémitique. D n'est pas vraisemblable du reste que l'invention des points-voyelles chez les Nestoriens fût de
h Ewald, Abhandl., p. 102, § 60, remarque que dans les manuscrits du ùitae siècle on trouve un seul point, dont l'usage n'est même pas tres- Wqaent.
beaucoup postérieure à l'adaptation des voyelles grecques au syriaque d'Edesse et du couchant ; ces deux systèmes sont très probablement contemporains et de la seconde moitié du huitième siècle l. Les causes de ces divergences doivent plutôt être cherchées dans la différence du vocalisme chez les uns et chez les autres : nous avons vu § 44 que les Nestoriens admettaient sept voyelles, tandis que les Occidentaux n'en comptaient que cinq, les mêmes signes pouvaient donc être difficilement utilisés par les uns et les autres. Le nombre de voyelles, moins grand chez les Jacobites, permit à ceux-ci de se servir de l'ancien point, en en multipliant les applications ; voulaient-ils être précis, la division des voyelles grecques répondait bien à celle de leurs propres voyelles. Les Nestoriens au contraire ne pouvaient avec l'ancien point reproduire toutes les nuances de leur vocalisme, qui d'un autre côté cadrait moins bien avec le vocalisme grec, puisque celui-ci n'avait pas de signe pour a long correspondant à leur a obtus. De cette manière ils furent amenés a créer un système de combinaisons de points, bien supérieur a la notation des voyelles pratiquée par leurs rivaux. Il a cependant l'inconvénient de surcharger le texte de points qui en s'enchevêtrant avec les 'divers autres points diacritiques forment un réseau qu'on ne peut débrouiller sans quelque habitude. De leurs sept voyelles à a è é i o ou, ces deux dernières étaient toujours écrites dans le texte par waw, § 59 ; le point placé au-dessus ou au-dessous du waw suffisait a les distinguer, § 64 ; i l'était également, § 57 2, il se distinguait donc suffisamment par le point inférieur des diphthongues âi7 ai qui avaient le point supérieur. Pour ces trois voyelles, l'ancien système ne subit donc aucun changement *-*<* ?ô2^* ?a2^* hi7 yâlodh, yalloudh, Il ne restait donc a trouver que quatre combinaisons pour les voyelles à â è é, dont les signes furent composés de deux points groupés de la manière snivante : - d, ~ à, r é, .^ è, ex. :
tf&ô qàttâlâ, meurtrier, \d]o képhi, pierre, V^uo qdtët, tuant*. Ces