Id., p
3. Abbé Martin, 1. c, p. 170. Ment, Gramm. syr., p. 43 ad no t. 2; Wisei, Home syriacœ, p. 161.
4. Hoffmann, Gramm. syr., p. 88; Land, Anecd. syr., I, p. 98.
a Z. \*La pthàhà, c'est-à-dire ouverture, à JL \*û\ z'qâphâ, « érection,
e * }*©* zwâsâ, c compression,
i » l^a*» #'u?d£d ( JaÀA-.) « dépression,
ou*. I,^'^^) « étranglement.
Ces noms sont formés d'après la position que prennent les organes affectés à la prononciation des voyelles : V**-* est l'ouverture naturelle de la bouche qui laisse libre le passage de l'air, lequel dans la prononciation de l&ol est refoulé vers le
haut du palais.. Les autres noms l^a» |^^ \^h sont empruntés aux mouvements des lèvres et des dents plus ou moins contractées et serrées pour faire entendre les voyelles e, i, ou.
76. Voici maintenant les dénominations en usage chez les Nestoriens ! :
à J \Lêê+Ij* (consonne) affectée d'un p'thdhâ;
drft-^l « « « z'qâphâ;
è | ligt^' « « « rvoâsâ;
é ). t* fWmy» >o^û?, celle (consonne) qui est devant un (youdh ou
aleph) élevé, comme Vtû bel, \*\* képhâ; i ^ r^^fû» *©r°?. ce^6 yu* *** devant un (youdh) déprimé,
comme l£u?ï zaddiqd ; o ô l'L^o^ ïc'r&i celle qui est devant un (waw) dilaté, comme
ou o )ivjtM *©f°?. c^6 î*** ^ devant un (waw) comprimé, comme l^oJ nourti
77. L'école mixte, comme Paul le grammairien, Jacques de Tagrith 2, ne tenant plus compte des nuances de e et l, mais encore de celles de o et ou, comptait six voyelles, avec les
1. Suivant Elias le grammairien, v. un passage cité par M. l'Abbé Martin dans La Ma**ore chez le* Syriens, p. 176; comp. Merx, Qramm. *yr.y p. 31, qui confond é obtu* (e long) avec » brefy v. ci-après § 81.
2. Merx, Qramm. *yr.t p. 31; Abbé Martin, Syriens orient, et ocàd.y p. 438 à 440 et La Ma**ere chez le* Syrien*, p. 153 ; comp. aussi JeeepM Accurenn* gramm. *yr., p. 18. Ce Maronite, tout en énonçant six voyelles, déclare qu'en fait, il n'j en a que cinq.
noms suivante : a £&; ou )i-{o* ', à pail; e \&&\ 2, o fU>|, ou (feSa^ c'est-à-dire ouverture, action de refréner, érection, obliquité, élévation, dépression.
78. Ces dénominations sont conformes aux dernières évolutions des voyelles en syriaque, § 44. Cependant la division des voyelles en brèves et en longues, que les grammairiens voulaient maintenir, ne pouvait manquer d'amener de la confusion dans ce sujet. Jacques d'Edesse comptait encore (voyez § 72) huit voyelles, sans doute pour se conformer à la tradition, car c'est par la distinction subtile des nuances des sons qu'il cherchait k établir la quantité des voyelles comme on le voit par ses types. Barhébrœus dans le tableau qu'il dresse des voyelles (I, p. 4) admet la classification en brèves et en longues, non seulement pour les Jacobites mais aussi pour les Nestoriens. La différence même des noms des voyelles chez les uns et les autres semble prouver que ces classifications étaient réellement reçues dans les écoles et ne sont pas dues seulement à l'imaginative du grammairien jacobite. Voici les noms :
Chez les Occidentaux : Chez les Orientaux :
a \*£>] z'qâphâ id.
à £ks p'thâbâ id.
ë Icu'f (j©9 r'wâsâ long »nii^ ]&A zldmâ étendu
ê V*ji )^>i r'wâsâ bref \fer \Sc£Ï\ zldmâ dur
l \e+h] I^ûé» h'wâsâ long V^^*^» ?ô* youdh déprimé
ï ll^o |^ûm h'wâsâ bref fonnfo ho+ youdh élevé
où \^h) \^£* *'§â§â long )'2^a^| o)o waw comprimé
où V*fA 1^^ v§â§â bref ii^ob o\é waw dilaté.
1. Sur l'origine et 1» signification de ce nom y. p. 64, note 2.
2. M. Merx, h c. p. 36, § 8, suppose que ce nom Tient de Ut position oblique des points de cette voyelle — ou — ; cette hypothèse est confirmée par un passage de Barhébrœus, Œuv. gr., I, p. 254, 1. 20 qui traite d'un accent composé de deux points obliques et se sert dans ce sens du Bot )fnYuSl» quand donc ce grammairien, I, p. 231, 1. 11, veut expliquer le nom de cette voyelle par l'inclinaison de l'air sur le côté du pihis, pendant sa prononciation, c'est qu'il se laisse aller à une fausse analogie, en comparant les noms des autres voyelles.
En fait ces distinctions reposent sur des différences de timbre des voyelles comme nous l'avons dit § 44, et nullement sur des différences de quantité ; les dénominations nestoriennes en portent la marque. C'est donc de cette manière qu'il faut entendre les quatre chapitres que Barhébrœus a écrits (I, p. 229 à 237) sur ce sujet, bien qu'il parle toujours de brèves et de longues, comme nous allons le montrer par une analyse succincte de ces chapitres.
79. Pour ce prélat jacobite, o est a long, a est a bref. Comme les Nestoriens, dans les deux cas, prononçaient a, avec les nuances d'à obtus ou d'à aigu, que l'oreille d'un occidental ne pouvait plus distinguer, Barhébrœus prétend qu'ils confondent a long et a bref. « On ne peut faire de distinction, dit-il, que dans le cas où la consonne qui suit cette voyelle est redoublée, parce qu'alors c'est nécessairement a bref, le redoublement n'ayant jamais lieu après une voyelle longue, ainsi P* vinaigre diffère de \LL sable, parce qu'on entend le redoublement du lâmadh dans le premier ; mais dans \^b\ semence et \Lh\ semante, il y a confusion complète, parce qu'aucun de ces deux mots ne fait entendre de redoublement !. La confusion de a et à existait effectivement chez les Nestoriens quand la syllabe où cette voyelle se trouvait, était close par une gutturale emphatique ou un riô, parce que sous l'influence de ces consonnes assombrissantes, ils prononçaient à comme à, § 93, 3°; Barhébrœus a donc raison de les plaisanter, en disant que dans la pronon-
1. V. Œuv. gr.y II, p. 7, vers. 33 et suiv. avec le commentaire, p. 6, I, p. 229, 1. 9 et suiv. M. Bertheau dans son édition de la grammaire métrique p. 96 dit que Barhébrseus méconnaît la nature des syllabes, que dans V*'1 il y a une syllabe fermée zar'â et dans V*'l, une syllabe ouverte, zâ-r'â. M. Nœldeke dans sa Neutyr. Gramm., p. 3, note 2, montre Terreur de M. Bertheau; en syriaque la syllabe était devenue également fermée dans le second cas, mais le savant professeur est aussi à côté de la vérité, quand il dit que les Nestoriens ne distinguaient plus a long de a bref dans une syllabe fermée, parce que dans ce cas, la longue s'abrégeait toujours. Phonétiquement, il ne saurait plus être question de longues ni de brèves en araméen. La confusion de z'q&pha et de p'thaha qui dans ce cas aurait été inévitable (v. M. Philippi dans la ZeiUchr. d. D. M. G., XXXII, p. 94, note 1), n'apparaît que dans les derniers siècles et doit être attribuée le" plus souvent à la ponctuation de l'école mixte où les nuances étaient plus effacées. En général, les cas où les Nestoriens avaient z'q&pha et les Jacobite s p'thâha sont très restreints (v. Barhébrseus, I, p. 238, 1. 23).
dation, ils ne distinguaient pas liji l^^l Dieu créateur de ]i^ô V^r^ un homme sauvage; mais sauf ces cas, c'est son oreille qui est en défaut et son raisonnement qui est mauvais, car les nuances de d et à étaient parfaitement sensibles, en dehors même du redoublement. Lorsque les signes de ces voyelles sont confondus, comme dans le manuscrit de Bar 'ali qui a servi à l'édition de M. Hoffmann, où z'qâphâ apparaît souvent à la place de p'thâbà et réciproquement, c'est par suite d'une mauvaise ponctuation due vraisemblablement à une école mixte.
80. Barhébrœus prétend encore que ses coreligionnaires savaient mieux distinguer e long de e bref que les Nestoriens : comme ceux-ci, dit-il, ne font pas de différence entre â et à, à moins que le redoublement ne suive à, ainsi ë n'est distinct de ê, qu'autant que la consonne suivante est redoublée ; mais si le redoublement n'a pas lieu comme dans téo^-o divination, il n'y a plus de distinction possible (p. 231, 1. 12). Mais dans quels cas les Jacobites savaient-ils que e était bref ou long ? Quelle règle les fixait donc à cet égard ? A en juger d'après les exemples donnés par Barhébrœus, il faut répondre que c'était la une question de timbre, suivant que la voyelle avait le ton ou ne l'avait pas. L'accent tonique portant en principe sur la pénultième, § 157, e était long suivant Barhébrœus dans lio jû divination, \L^ crainte, \cli renommée, mais bref dans jc^-o devinant, \~? craignant.
Dans les racines double-'é où les préformantes du futur occasionnaient le redoublement réel ou virtuel de la consonne suivante, § 113, la voyelle de ces préformantes était dite longue : *•**! J* souffrirai, ^a^L tu entreras, b**i. tu trembleras etc. ; dans les racines 'é-waw, au contraire, la voyelle était aiguë et dite brève. Dans < mS U a habillé, *-ûsà il est allé à cheval, ^o U a adoré, la voyelle avait nécessairement l'accent et était dite longue; celle des suffixes ne l'avait pas et était considérée comme brève : «-aIoaûJ éleve-la, <*-*}*] je la verrai, w ênS habille-le; il en était ainsi dans les formes du pluriel, comme ^^V» vous voyez (femmes), r^r" " vous m^> ^V*^° ï14* 80n^ vus etc. Dans \yAje verrai, \\*L tu verras, z^ j'ai adoré, la première voyelle était accentuée et considérée comme longue; cependant a la première personne du futur ?^»| j'adorerai, e
était traite comme bref; il y avait peut-être là un déplacement de r accent, comme dans les pé-cdeph qui avaient la voyelle ou au futur, ex. : ^o^e rencontrerai, ^oi)£ tu rencontreras, tandis que dans ceux qui avaient a, la voyelle des préformantes s'était allongée et avait passé en i, comme j&)je dirai, $&]£ tu diras. Au prétérit de ces verbes e était long, fie) il dit; dans les mots )H^ \i\*> H^, v. § 58, il était encore considéré comme bref, parce que long, il aurait dû passer en i.
On voit par ces exemples, combien les distinctions établies par Barhébrœus concordent peu en général avec les règles de la grammaire et de l'étymologie. Cette contradiction s'explique facilement si on considère que ce grammairien voyait dans des différences de timbre un effet de la quantité, quand il n'y avait qu'une influence du ton.
81. Quant k la voyelle i, l'accent tonique n'influe pas sur son timbre, parce que cette voyelle doit rester pure; en s'assombrissant en effet, elle passerait en e comme ce fut le cas pour i primitivement bref, § 44. Comment donc Barhébreus établit-il sa division de i long et i bref? D'une manière bien simple: i est long toutes les fois qu'il est écrit par youdb, bref quand il n'est pas figuré ou qu'il l'est par aleph. Il est donc long dans V**? jugement, \±*£> mauvais, \a*3\ juste etc., mais bref dans |à^o œuf, Jj£> puits, \LL figuier, \c>\> loup, pi© juste, }ê\s> douleur etc.
Cependant, même écrit par youdh , il était considéré comme bref dans quelques mots où il précédait ou suivait une con- * sonne assombrissante, § 40, comme V^r*9 avec pi grec emphatique roipo|Aa, ti^i-j ou ti^J nfravov, P^s ou \i^ xiffravov, Uafr» épais, \±+h tête, \**i odeur; d'une manière générale dans les mots où les Nestoriens prononçaient encore é, comme V^ç Bel, \*\ El '.
82. Enfin pour la voyelle ou, la distinction des brèves et des longues repose sur une base non moins erronée, car elle est établie d'après les nuances de o et ou : o est bref, ou est long ; nous n'avons pas k revenir sur ce que nous avons dit § 50. Dans son chapitre 4, page 234, Barhébrœus dresse une longue liste des mots et des formes où cette voyelle est longue ou brève,
1. De là est née Terreur que — est t bref, v. Merx, Qramm. êyr., p. 31, § III, comp. ci-dessus § 76 note.
suivant que la tradition ou la prononciation nestorierfne lui donne l'une ou l'autre nuance.
On voit par ce résumé de la doctrine du docte grammairien jacobite, combien le sentiment de la durée des voyelles s'était perdu en araméen, sous l'influence de leur coloration.