Chapitre XVIII
Des racines qui ont un aleph radical.
107. a) En tête du mot, aleph radical introduit la voyelle de
la forme Vjlo) Va) |LoJ ou il s'articule a l'aide d'une voyelle
légère e \^\ form. V&-o. Cependant avec une voyelle faible, il est assujetti à tomber k cette place ; dans quelques impératifs, comme : V) va, ]«i viens, rac.V|| \A, plus souvent dans les noms,
f» un, rac. ,-*!, \L^mfin de j*l, ]^\ autre, fém. UH, ^ sœur, til*»1 parent de ^ à cause du beth qui suit; uJ| homme (et dans les composés uU), \i\je suis, 11^1 secret, a cause de la liquide n ou r; comp. aussi devant la sifflante douce \ )s6\ hysope Diî£
Dans le mot, il se fait encore valoir après une syllabe fermée
dans quelques formes verbales, comme : Va)z| ^A±], dans quelques noms \£]lx haine, |Zfb 'parabole, \±\±o acquisition (for m. ii*»). Plus souvent il tombe, ou, si l'orthographe le conserve dans un intérêt étymologique, il est quiescent : ^V^ il agira mal, *d\ê) il a affligé, ^A il fut pris, ^J<£Z] il gémit de ^A ^J)1; >9Sv> qui enseigne, Ti^Nv> maître, rac. ^^, ]*&*> pour
b) En général donc, tout aleph qui n'est pas en tête du mot, perd son aspiration et devient quiescent. La prononciation n'en conserve pas d'autre trace qu'une voyelle faible qui demeure dans une syllabe ouverte, comme : là-i^aûV»0 l^^l^ ^>aap ^Q-^V^J, comp. § 94 ; l'écriture le garde : *£>V» ^V^3, r^r0 douleur, jiop il dira, \*£]î*> venue, \]lso ennemi, \^ cent; quelquefois cependant elle l'omet : )l± petit bétail c^>, 'k£> après IfliO, ***+*> tête u^jj ]êa vieillard (rac. ^o^), \Ki renommée (rac. *&)-l), \£lao triste (rac. *£>)*), \Ll& mauvais (rac. ^|^>).
Aleph était trop faible pour être redoublé ; il passait dans ce cas en youdn >^u-j il prépara, *sll&ld préparé, \£u& triste; souvent il est maintenu dans l'écriture 'H* il demanda, \\h^J\ il fut interrogé, quoiqu'on prononçât èayel, eStayal, v. § 104. De cette manière les verbes f é-aleph se confondaient avec ceux 'é-youdh, comp. \n*£> affligé, r. ^o^a avec )xu&. Nous avons dit sous le chapitre précédent que cette confusion était devenue générale dans les lâmadh-aleph, à l'exception de quelques racines où il avait la force d'une muette. Nous n'avons donc pas à parler d'aleph a la fin du mot.
1. Dans ces formes aleph dont la chute était facilitée par la gutturale on la liquide suivante, s'est modifié suivant la consonne du préfixe et a passé en taw; le même phénomène a lieu au passif de l'aph'el \~&-0.£<£f *LU3^l4 pour V^DjIf >CL^D}If comp. l'arabe Jcku\ et j^'t. L'orthographe de l,èthp'cel >û^o£Z| est venue par confusion de l'èthpa'al; on trouve d'ailleurs la forme normale >û^-o«£|. V. Carmina Nisïbena, éd. Bickel], p. 2, note 1.
En judéo-araméen, les deux taw étaient assimilés en un seul qui était redoublé, v. Luzzatto, Elementi gremmat., §§ 46 et 85. Suivant ce savant, le taw serait redoublé par compensation de la chute de l'aleph qui suit, mais on ne s'explique pas dans cette hypothèse pourquoi le syriaque aurait écrit deux taw.