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Chapitre XX

De V assimilation des consonnes.

111. Une consonne s'assimile avec la consonne qui suit, lorsqu'étant de même organe qu'elle, elle n'en est tenue séparée par aucune voyelle: on dit alors qu'elle est occultée ou cachée dans la consonne suivante ]2^UâÉ*Lio \z.ol\ ou foèiêà^v» \£oZ\.

En principe cependant, les cas d'assimilation étaient assez restreints, tels étaient ]^^ église pron. Httâ, \HJ* neuves, v. § 279. Il suffisait que la première consonne fut prononcée avec un s'wâ mobile pour que l'assimilation n'eût pas lieu, lorsque, par exemple, elle était redoublée, comme dans . >SSviv> . ànnqyv ou en dehors du redoublement, dans |l^£>ao foVv;- de foV*Xs et dans quelques pluriels qui primitivement avaient la voyelle a entre les deux consonnes, comme p-^i P^liioioa ^^s; v. § 261 .

Cependant cette demi-voyelle fut négligée dans la prononciation des Occidentaux qui ne faisaient plus sentir le redoublement d'une consonne et ils assimilèrent les deux consonnes en une seule articulation, qui était quelquefois plus dure que celle de la consonne simple, v. § 22 c; ils marquaient donc la première d'un trait inférieur ou linea occultans, v. § 151.

L'assimilation n'allait pas non plus de soi, quand les consonnes étaient deux muettes dont l'une était aspirée et l'autre dure; dans les mots f^^i ^z\ ^W^î t^r*^ quelques grammairiens voulaient qu'on prononçât ethtabbar, ethd'ni, ethfayyab, m§idhtâ,msÀ& le plus grand nombre, d'accord avec les manuscrits .ponctués, admettent la prononciation ettabbar, edd'ni, eftayyab, comme un point indiscutable t^no K Mais l'assimilation n'avait

1. V. Barhébraeus, I, p. 198, 1. 4, p. 221, 1. 5; II, p. 38 et 39; Abbé Martin, Syrien» orient, et occident., p. 366 et suiv.; Ewald, Abhandlungen z*r orient, und bibL Literaùur, p. 87 et 88. J. B. Bernstein dans son petit lexique syriaque, suivant Âmira et Ferrarius, a ponctué chaque consonne sans admettre l'assimilation, mais U reconnaît dans la préface de

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pas lieu lorsque la première était dure et la seconde aspirée, comme \hJ\ pron. att'thâ, ou selon les Jacobites txUhà (Barhébraeus, p. 213, 1. 3); une prononciation attâ (v. Ewald, Abhandl., p. 88) doit donc être considérée comme vulgaire, au même titre que les formes \»£bJ ^éééZMo »rWM ^£>ZZ )2ali*<LlLû signalées par M. Nœldeke, Mand. Gframm., p. 212, pour tym

Dans le parler vulgaire, en effet, les liaisons euphoniques se forment facilement et sans entraves; et l'accueil plus ou moins libéral qu'elles trouvent chez les grammairiens syriaques, explique les divergences qui existent entre eux sur la manière de traiter ce sujet. Nul doute aussi que, comme le pense M. l'Abbé Martin (Syriens orientaux et occidentaux, p. 358), l'arabe n'ait exercé une influence prépondérante sur le syriaque et ne soit cause de ces liaisons entre les mots, qui au siècle de Barhébrœus étaient déjk très-multiples. Suivant cet auteur (I, p. 198), V^a-J ^J? V^ *•*! se prononçait atfaliâ d'sitfabhiâ, \^1 <4-£* l?o! J^}pàUttaurâ^àbhètt<ilgà; le beth absorbait le hé ou le *é qui le suivait en tête du mot voisin, ou le précédait k la fin du mot qui le devançait, gijIû* )^a3, I Sam. 25. 37, pron. naj>h&h.liamrtih, \Lho± ^^9y p'raHourbhâ. Un noun final était absorbé par la première lettre du mot suivant, quand cette lettre était l'une des consonnes suivantes : $ >©% o ^a ^wû^?(?)^^1 *a Z ■ ; les sept autres consonnes ? oi *-* * a^ne s'assimilaient pas le noun final du mot précédent. Les liaisons dans les exemples que nous venons de citer étaient propres aux Jacobites; les grammairiens orientaux ne les connaissaient pas, ou du moins ne les avaient pas sanctionnées2. Cependant ils confondaient dans la prononciation deux con-

son édition de l'évangile de Saint-Jean, p. XXIII, qne l'opinion de ce» auteurs est isolée. Les Massorètes karkaphiens mettaient dans ce cas un seul point entre les deux consonnes f0^!, v. Bernstein 1. c. et Abbé Martin, La Mastore chez les Syriens, p. 204, comp. § 131 ci-après. Ce qui est dit ci-dessus s'applique également aux formes V^-oZZ| yiin/^ y. p. 99, note 1.

1. Le d&lath n'est pas mentionné, mais par une omission du copiste, car l'exemple cité s'y rapporte et non au gamal, dont l'exemple a été omis également (v. p. 198, 1. 22).

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