La Massore chez les Syriens, p
que l'abondance des points diacritiques déjà adoptés avait pu faire écarter un moment, et on évita la confusion qu'aurait engendrée cette nouvelle extension du point, en le marquant avec de l'encre rouge ; en outre il est gros, souvent adhérent à la lettre. Au-dessus de la lettre, il indique la prononciation dure et il est appelé qouèèâi \*1&d induration, au-dessous, la
prononciation aspirée, et il est appelé roukkâkh ]^aoh amollissement. Dans ses débuts ce système ne fut appliqué qu'aux cas d'exception ; la règle était, suivant les grammairiens, que les six lettres en question étaient dures au commencement et aspirées au milieu des mots, les cas qui sortaient de cette règle étaient indiqués par le roukkâkh ou le qouiââi K Plus tard, vers le Xe siècle, quand le roukkâkh et le qouSéâi sont marqués, ils le sont sans distinction de cas réguliers ou de cas exceptionnels. Le pé suivait une voie à part : dur, il avait le point dans le ventre **, le point en bas *9 marquant la prononciation aspirée et le point en haut *è la prononciation propre au pi grec, v. § 25 c. Le gâmal, au contraire, suivait l'analogie : le point en haut était le qouèèâi, le point en bas le roukkâkh, le point au milieu indiquait la prononciation du gamma grec 2. Ces distinctions ne se rencontrent cependant que dans les travaux des Massorètes, les textes ordinaires même soignés ne séparent pas le pi grec ni le gamma grec du pé et du gâmal durs syriaques.
Telle est la voie suivie par les Occidentaux : les Orientaux, chez lesquels l'absence de manuscrits anciens ne permet pas de remonter aux débuts de leur Massore, adoptèrent un système peu différent. Le roukkâkh et le qouèèâi sont indiqués par un point inférieur et un point supérieur, mais le pi grec est noté par deux points supérieurs et se distingue de cette manière du pé dur syriaque, qui n'a qu'un point, v. § 25 c; quant au gâmal équivalent du gamma grec, il n'avait pas de signe particulier chez eux, il était marqué du point supérieur du gâmal syriaque dur. Les Nestoriens se distinguaient surtout des Ja-