‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 74 sur 209 · Une muette qui soit une diphthongue est dure, nous · texte numérisé non relu

Une muette qui soit une diphthongue est dure, nous

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F avons déjà fait observer § 121 : ]b*£> Y^àjohz ]/n^ài .nnà~iNv>

&*t^ \iof *©2o| )jaLoo 5 mais l'aspiration a lieu quand la diphthongue se simplifie en voyelle, § 92, &-*£>, excepté le pluriel V*x> qui, comme en hébreu, a conservé la prononciation dure

oo > oo v y t v

du taw, et les abstraits de la forme l^oo-à, V^oo-à, de ^y*± \h*±,m Quelques mots qui ont une muette aspirée après une diphthongue font exception k cette règle, ce sont : ^i pron. akk,

)Zqjzujo vieillesse (Barhébrseus, 218, 1. 17), Ifo» jîn, l^ et V^*-* entourant (Barhébrseus, p. 222, 1. 21). Par une semblable anomalie, on prononçait 1&^h biche, ]'£*>? daimfemdle, par abréviation sans doute de \t^\ hébreu flVg, l^y*? (v. Barhébrseus, p. 214, dern. ligne et p. 215, prem. ligne).

133. Dans les mots étrangers, notamment les mots grecs, introduits en syriaque, les muettes h%^fyn conservent leur prononciation originelle : aspirées sont les consonnes *£> ? £ ^ ^s — p 5 8 ç x> dures, celles *9 ^c = tc Ç, quelle que soit leur position dans le mot; quant à t et x, ils étaient exprimés par *-l et wd; v. § 21 c, ex. : sjpOêSêWr) Basile, opa^a^o|Z théologien, Ua*j crainte Setpia, oboHûa^d XPICT^> *mèY>|lo )rXajJi6ç, ]ia»nSÉS p/itZo-

o y **t o <• oy y

e^ôéç, V^** tambour xX^Çiç, l^^s fl***1. Cette ponctuation, pour ce qui concerne les termes techniques empruntés à la science grecque, n'avait guère cours que chez les savants, le vulgaire les prononçait comme des mots syriaques; les

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logie de x°YA r^^f èddabhar, hUabhar, v. § 111, a été mise en évidence par la publication des œuvres grammaticales de Barhébrseus. Cet auteur paraît avoir déjà admis, au moins dans sa grammaire métrique, une extension de la règle au taw ou au dâlath, même non suivi d'une consonne de même organe. Il naquit d'extensions semblables une confusion singulière dans les textes ponctués et les grammaires postérieures, notamment celle d'Amira, v. Bernstein, Dos heilige Evangelium des Johaïmes^ XVII à XVIII. On ne doit d'ailleurs accorder aucune créance aux points du roukkâkh et du qotft&ai apposés en contradiction avec cette règle dans les manuscrits de Barhébrseus, et notamment dans celui qui a servi à l'édition de Bertheau.

1. V. Barhébrseus, I, p. 211, 1. 24; II, p. 37 et commentaire; Bernstein, Dos heilige Evangelium des Johannes, XX.

Nestoriens faisaient comme le vulgaire, à en croire Barhébr»us (p. 211, 1. 24).

Noos avons déjà fait observer §§ 21 6, c, 23 a, 25 a, c et 119, que les muettes grecques ne correspondaient pas exactement aux muettes syriaques ; on notait d'un signe particulier le pi grec qui était beaucoup plus dur que le pé syriaque. Les Massorètes jacobites avaient agi de même, v. § 119, pour le gamma grec qui, en général, avait le son chuintant du djim arabe, comme dans Vf^°°K géométrie, voj^^3oJ évangile, u»a^y saint, ^HH géographie etc. ; dans certains mots cependant, il était prononcé comme un gâmal aspiré, sjoq*^^ Grégoire, ^ car

Yip, qKiâfli^ij Ignace.

134. Les particularités que présente l'aspiration des muettes en syriaque, si on en rapproche les règles suivies en hébreu, tiennent aux altérations que subissent le vocalisme et le syllabisme araméens. Ces altérations gagnèrent du terrain avec le temps, le néo-syriaque en est un exemple frappant (v. Nevsyr. Gramm.,§ 17); les Massorètes qui s'appliquaient à assurer une lecture exacte des textes sacrés devaient hésiter souvent entre la prononciation qui leur était familière et la règle qui condamnait cette prononciation. Cette hésitation est souvent traduite par une double ponctuation dans la Massore karkaphienne, qui ne parvint jamais à cette régularité d'ensemble, admirable dans la Massore hébraïque; ainsi on trouve lifàoo ]k^} c'est-àdire qourbânâ dâ'kâ ou qourbhânâ dâ('khâ K H n'est donc pas étonnant de rencontrer dans cette matière des dissentiments non seulement entre les diverses écoles, mais même entre les adeptes d'une même secte2. Nous ne nous appesantirons pas sur ces divergences, mais il est intéressant de montrer jusqu'à quel point les Nestoriens se séparaient des Jacobites sur ce sujet.

La différence la plus notable concernait le pé. Les Nestoriens suivaient les mêmes règles que les Jacobites pour les cinq autres muettes *û ^ ? *fs> £, mais ils voulaient que le pé fut toujours dur au commencement ou à la fin du mot; une des proclitiques ^0^ n'aspirait même pas le pé initial, si on excepte le passage

1. Y. Abbé Martin, Tradition karkaphienne, pi. I, col. a et pL 2, coL b.

2. Comp. Bemstein, Dos heilige Evangelium des Johanne*, XIV et XV.

Digiti

zedby G00gle

Exod. 20, 25, où dans le mot foNimio en pierre de taule le pé était aspiré. Au milieu du mot le pé était aspiré quand il n'avait pas de voyelle ; il était toujours dur quand il en avait une, ainsi pé était aspiré dans ]1*2 mais dur dans H4*)- On voit combien les Orientaux s'écartaient, à propos de cette muette, du principe d'amollissement ou d'aspiration, et Barhébrœus qui retrouvait dans le dialecte édessénien une prononciation plus normale, ne manque pas de leur en faire un crime *. Les autres différences étaient moins générales et nous échappent pour la plupart; nous avons dit §§ 123 et 124 que Ufio^ K'S^s avaient le taw dur chez les Occidentaux et aspiré chez les Nestoriens qui prononçaient çâmr'thâ tyl'thà et non 8âmartâ *'gïïtâ comme les premiers; jk^j-* rideau, Vn*i« beau-frère avaient taw et beth aspirés chez ceux-ci et durs chez ceux-là. En sens inverse, les Nestoriens prononçaient

oo o oo y y

V»à<ftft*fc sixième de Jfc-M six, § 99 svbfine, \k\^nh quatrième de vôfy liVà^à» septième, ]ùia±o écot, que les Jacobites prononçaient amollis V**-»*^ I^jh* |t\tn^ |A^léjd 2.

135. Une différence de prononciation indiquait parfois une différence de forme et de sens dans un même mot, ainsi «oé»/} \&r\ V=>,Q* signifiait médite, lèpre, outarde, ou sois compté, lépreux, désert, suivant qu'on prononçait le beth aspiré ou dur, v. § 123. De là à faire de la prononciation aspirée ou dure un moyen de distinguer deux acceptions d'une même racine, il n'y avait qu'un pas; le syriaque littéral n'est pas cependant allé dans cette voie aussi loin que le néo-syriaque (v. Neusyr. Gramm., § 17). Nous venons de dire que les Jacobites prononçaient fovun avec roukkâkh dans le sens de écot, part convenue (de

^û-Ld contrat), c'était par distinction de fov>*n qui signifie résurrection3', \hiajLtt avec roukkâkh signifiait dépôt, avec qoui&ài

1. Barhébrœus, I, p. 211, 1. 6 à 13, II vers 336 à 340 et Comment. p. 35 à 36, Àbbé Martin, Jacques d'Edesse et les voyelles syr., p. 478 à 482 et Syrien» orient, et occident., p. 364 et suiv. La règle adoptée par les Nestoriens fat acceptée par les Jacobites du Tigre et même plus tard par quelques Occidentaux, car Joseph d'Angora la formule d'une manière bien claire dans sa grammaire, p. 108 à 109.

2. BarhébrfBus, p. 240, 1. 2 à 5, comp. avec 216. 2 et ci-dessus § 124.

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