‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 80 sur 209 · Comp. palestinien KW7Û · texte numérisé non relu

Comp. palestinien KW7Û

2. V. Josephi Accurensis gramm. syr., p. 11. M. Ment (Qramnu, syr., p. 76) qui ne cite que les derniers mots, croit à tort que ce grammairien n'attachait pas d'importance au mliagg'yana, tandis qu'il dit que les anciens ne connaissant pas ce signe, écrivaient un r'wasa. Joseph compare le m'hagg'yàna au teSdid arabe, parce que la consonne entourée de deux voyelles se prononce fortement et est comme redoublée, v. ci-après § 146; on pourrait aussi le comparer plus exactement avec le doges* dirimens hébreu, v. Ewald, Lehrb., § 28.

3. Telle est a notre avis la meilleure traduction de ce mot, car elle rend bien l'idée que les Massorètes attachaient au mliagg'yana; elle nous est fournie par le verbe arabe la^ épeler, articuler distinctement les lettres; or il est très-vraisemblable que l'invention de ce signe et de son nom n'est pas d'une époque antérieure à celle de l'influence de l'arabe en Syrie. Traduire qui fait méditer, comme le veut M. l'Abbé Martin après Amira (v. Syriens crient, et occident., p. 348, note 1) est plus proche du syriaque, mais précise moins le sens du mot. Quant à l'opinion de Michaelis et de Merx (Gramm. syr., p. 76) qui expliquent qui forme une syllabe fJ-S^<*, elle est assurément ingénieuse, et serait vraie selon les anciens poètes dont parle Joseph d'Angora, mais elle ne correspond pas à la pensée des Massorètes qui créèrent ce mot

restreint que les Jacobites et s'éloignèrent moins de ses origines. Ils en bornaient en général l'application aux consonnes les plus faibles *, à savoir les liquides et nasales % * >© ^ et la gutturale ^ qui chez eux avait une tendance bien connue k s'affaiblir en spiritus lents. Ils prononçaient donc |&^*»? crainte,

]s^àiû demeure, ^ooi^Sûé* leur vin, \KY\r\* sagesse, ï«yr> levant, I^lû&o éloigné, ,o<%±$ leur terre etc., dèhèlthâ, maiaryâ, hamarhoun, Kèkkemthâj madhhxhâ, mabhatdhâ, ara'houn. On marquait aussi de ce signe les semi-voyelles \ *+ qui étaient prononcées comme voyelles x*\A Uhhêèdh, r^»«M Ukiïèdk. Quant au waw, on lui préposait le m'hagg'yânà, lorsqu'il était articulé comme consonne, § 106 a, J^q-ééSô blanchi, yomo^ leur joie, ^o^q-éJ ils sauteront, prononcez maftèwrâ, fyadkewhoun, nèSèwroun; sous le waw, le m hagg'yânâ apparaît dans des mots tels que \i!^q^û producteur, naweyânâ (du part, £aio qui fait sortir), ^oVnSv> matèwihouthâ, rapport d'annexion (abstrait du participe fnSvi qui joint, v. Bar'ali, éd. Hoffmann, n° 5975), mot que les Syriens occidentaux prononcent l^ofnSVi, en changeant le waw dépourvu de voyelle en la voyelle correspondante 2.

D'autres docteurs nestoriens admettaient également le m'hagg'yânâ pour faciliter la prononciation exacte du hé, comme |*nJâû étincelant, koo\<*ldL leur stupeur, +a<nZ] il se retourna etc., manèhrâ, thnahhoun, hihèhphWi (Barhébrœus, I, p. 201, 1. 2 et suiv.).

145. Les Occidentaux agrandirent davantage le domaine du m'hagg'yânâ. Il suffisait, à leurs yeux, que la prononciation fut rendue moins aisée par le groupement de deux consonnes dépourvues de voyelles pour que le m'hagg'yânâ fit valoir ses droite. Us prononçaient donc avec une voyelle adjuvante l*-op>

1. Y. Barhébrous, Œuv. gr., I, p. 200, L 2. Dans son Commentaire II, p. 8 il dit à tort que le mTiagg'yanà, avait lieu chez les Nestoriens, quand la voyelle a précédait, et marh'tânâ quand e était la voyelle précédente.

2. Suivant cette prononciation le p't&h& du mim se change en z'qapha pour ne pas disparaître d'une syllabe ouverte, v. § 96. Dans la prononciation nestorienne, au contraire, il demeure dans une syllabe fermée, car une voyelle adjuvante ne change pas la nature de la syllabe, § 128

anneau, I&jh) aumône, P?f» moutarde, ^ov»,-ni Us incrusteront, ^fûJ eZZe* 2tron^; ^^j tfo rechercheront etc. l

146. Le m'hagg'yân& se rencontre dans quelques manuscrits sous une lettre redoublée, suivie d'une voyelle, comme h^ U envoya, s-àllzj il fut rassemblé, Cil il tombera, jlêi perdu, tlic fis. C'est là une application bien remarquable du m'hagg'y&n&, qui prouve que le but de ce signe était dans la pensée des Massorètes d'indiquer une prononciation exacte de la consonne, qui redoublée et flanquée de deux voyelles devait être articulée avec toute l'énergie nécessaire. C'est bien le cas de répéter avec Joseph d'Angora, § 143 ci-dessus, que le m'hagg'yânâ est le teàdid arabe 2.

147. Les Nestoriens marquaient aussi du m'hagg'yânâ le pronom m énâ, quand il avait le sens énergique de moi, tandis que par le trait supérieur pj, ils indiquaient la prononciation nâ avec le sens simple de Je3. Les Jacobites se servaient dans ce cas d'un point, p) fG± PJ moi j'agis, énâ âbhedh nâ, le point supérieur indiquant ï'aleph articulé et l'inférieur l'aleph quiescent 4.

148. Du marh'fânâ. A l'opposé du m'hagg'yânâ, le marh'tftnâ p^oijio qui accélère la prononciation, est un trait superposé k une lettre pour indiquer que cette lettre doit être prononcée sans voyelle et s'appuyer sur la syllabe suivante. On le trouve rarement au commencement des mots, comme ^J2 ici, ?vS? trois, )2^L six, a&i ils étaient sots 5, où il indique vraisemblablement une articulation complexe tnân, ÛâJth, ëtâ, ëtau au lieu de t'nân, t'iâth, è'tâ, è'tau, § 99.

Dans le milieu des mots, on le trouve lk où on pourrait faire entendre une voyelle qui n'existe pas, en confondant une forme

1. Barhébreus, I, p. 199, L 15 et suiv. Abbé Martin, Syriens orient. et occident., p. 350.

2. Ewald qui le premier a observé cet usage du m'hagg'y&na (AbhandL, p. 97), croit que son objet était de maintenir la voyelle faible qui précédait, après que le redoublement eut cessé d'être en vigueur. Mais justement ses observations portent sur un manuscrit nestorien (BibUoOu nation, anc. fonds n° 15, n° 36 actuel); or les Nestoriens ne cessèrent jamais de faire entendre le redoublement des consonnes.

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