Chapitre XXVII
Du trait d'union et des autres lignes diacritiques,
154. On trouve encore dans des manuscrits ne6toriens, écrits avec soin et ponctués avec minutie, un trait intermédiaire entre deux mots qui doivent être prononcés d'une manière continue et sans intervalle. Nous avons déjà vu, en fin du paragraphe 111, que ce trait se mettait entre deux mots soudés l'un a l'autre par l'assimilation de leurs consonnes finale et initiale; mais son usage n'était pas restreint à ce cas, il se plaçait : 1° après un mot dépourvu de l'accent tonique, qui s'appuyait comme proclitique sur le mot suivant 2.r£^ >or^ ; 2° après un mot auquel se rattachait le mot suivant sans accent, comme enclitique bJ] - $o\d} surtout s'il y avait fusion des deux mots en
un seulrpCT o<ji V*-fû2* >*ir>^V) (ebhrâyyew), v. § 109. On le rencontre quelquefois aussi entre deux mots, rapprochés par le sens, sans être aussi étroitement unis pfYiv/>-. ûa* Jean- Baptiste, ^o-a-* - ^nni Jésus quitta, ^ )z)o et il vint se placer. Le trait d'union qui dans la plupart de ses applications rappelle le maqqeph hébreu, fait complètement défaut a la Massore des Jacobites. Quelques manuscrits karkaphiens, il est vrai, par une certaine analogie avec ce trait, intercalent le signe de la diphthongue entre le mot principal et le pronom ooi ^<ji qui se contracte avec lui, v. § 109 1°, comme
O0l<llB0l O01<p£*f '.
1. Nous avons emprunté les exemples cités ci-dessus au travail de M. l'Abbé Martin, Syriens orient, et occid., p. 395 à 398. Ce savant syrologue pense (p. 396) qu'on doit chercher dans le trait d'union l'origine de la ligne occultante. Cette opinion est très-vraisemblable si on considère que l'occultation du hé du pronom ©<* *-»<* attirait surtout l'attention des Massorètes, v. § 151, et que ce mot était, d'un autre côté, uni au mot précédent par le trait d'union. Dans ce cas le trait d'union pouvait facilement passer sous la lettre initiale du pronom (ou au-dessus chez les Nesto riens) et devenir ligne occultante. Ce sont du reste les lettres initiales occultées, qu'il importait de noter; aleph, avons-nous dit, ne reçoit cette ligne que lorsqu'il est en tête du mot.
L'invention du trait d'union est due, suivant une note marginale, à Ram-Isou de Séleucie (VIe siècle), v. Abbé Martin, 1. c. p. 395 et La Massore chez les Syriens, p. 196, note 2.
Digiti
zedby G00gle
155. La ligne diacritique était encore employée dans quelques autres cas particuliers : 1° au-dessus d'un mot qui n'était indiqué que par quelques consonnes, son usage fréquent permettant cette abréviation, ,-ê ôl+\ pour Wr^ a«°M ; 2° au-
* dessus des noms des lettres de l'alphabet ojo waw, ?ô* youdh, ôztaw; 3° au-dessus ou au-dessous des lettres de l'alphabet prises comme signes numériques, selon la valeur qui leur était attribuée, v. ci-dessus § 17; 4° au-dessus de la particule du vocatif êj, par distinction de la conjonction ôj qui avait un point supérieur; au lieu d'une barre, on lui superposait quelquefois aussi un oméga o], pour indiquer qu'elle a la valeur de la particule grecque u>.
Chapitke XXVHL
De V accent tonique.
156. L'accent tonique ne joue pas en syriaque, a beaucoup près, un rôle aussi important qu'en hébreu. Il est cependant utile à connaître, car il rend compte de phénomènes grammaticaux importants; il est donc très-regrettable que les grammairiens indigènes, tels que Barhébrseus, ne nous donnent aucun renseignement sur ce sujet et que nous en soyons réduits à de simples inductions.
En néo-syriaque, selon Stoddart *, le ton porte presque toujours sur la pénultième. Sans nul doute, cette règle s'applique également au syriaque ancien. Le rejet de l'accent sur la dernière syllabe caractérise, on le sait, d'autres dialectes araméens et surtout l'hébreu, mais l'arabe qui, dans cette question comme dans les autres questions grammaticales en général, porte l'empreinte d'un cachet archaïque, suit la même voie que le syriaque 2.