ZciUchrifl fir die Kunde des Morgmd., v. I, p. 205 à
leurs systèmes, selon un même esprit, entretenu par le courant scientifique qui ne cessa d'exister entre ces deux fractions des Syriens. Que ce courant s'établit de l'Orient à l'Occident, la supériorité connue des Nestoriens suffirait k le prouver, mais, en outre les écrits des Jacobites en portent témoignage. Dans leurs traités Barhébraeus et Jacques d'Edesse se servent pour leurs explications de noms nestoriens (V^ &u lieu de ]±o\ par exemple), qui trahissent la source où ils puisent ces explications. Ils connaissent parfaitement les différences qui les distinguent de leurs rivaux, différences qui tendent du reste à disparaître au fur et à mesure que l'accentuation arrive k son complet développement.
Cette liste est donc ancienne et nous nous rangeons k l'avis de M. Philipps qui voit (p. 90) dans ce Thomas-le-diacre le même personnage que Thomas d'Harqel, bien connu pour sa révision en 616 du Nouveau Testament. Cette opinion est, du reste, corroborée par la réputation que ce prélat s'était faite dans la science des accents, comme nous avons eu occasion de le remarquer plus haut.
Après cette liste, vient dans l'édition de M. l'Abbé Martin un commentaire fait de plusieurs morceaux et comprenant plus d'accents que ceux énoncés en tête, notamment des accents composés. On peut donc le considérer comme postérieur.
168. Enfin sous l'appendice premier, M. Philipps nous donne un cinquième petit traité Jacobite qui énumère vingt-trois accents, suivis d'une courte analyse de chacun d'eux, avec citation k l'appui d'un passage biblique1. Cet écrit sans nom d'auteur est surtout intéressant pour ses données historiques sur l'étude de la philosophie grecque en Syrie. Il paraît appartenir au siècle où les travaux sur l'accentuation fiorissaient le plus et atteignaient leur couronnement avec Jacques d'Edesse. Nous ne pensons pas qu'on doive le faire remonter au-delk du VIIe siècle. Tel n'est pas l'avis de M. Philipps qui le considère comme un des plus anciens traités, du commencement du VF siècle. Le principal motif qui le décide pour un âge aussi reculé est que cet écrit ne traite pas des accents composés;
1. C'est de ce traité qne s'est servi Elias de Tirhan dans sa grammaire, éditée par M. Baethgen, y. chap. XXIX.
il en conclut qu'ils n'étaient pas encore inventés ni traités dans aucun écrit (préface p. IV). Il ajoute (p. 66) : « la raison était que h sujet était nouveau et qu'il n'y avait )£***££> Po f/onaiv^p r^oLd^ ^Éài}? no publication nor disquisition of men on thèse accents. » Mais le docte professeur s'est mépris sur le sens de ce passage. L'auteur qui écrivait pour les moines d'un couvent, comme il est vraisemblable, dit seulement qu'il lui paraît inopportun de traiter de la valeur temporelle (PM) des accents ainsi que des accents composés, parce qu'on nfen avait pas l'habitude, faute de pratique et d'étude de ce sujet Po |Zoûa1Lo pV^Lo ^JLLgi yzaA.h^û (v. p. 69, 1. 18). Ceci établit que les accents étaient étudiés par les Syriens, suivant les règles de l'analyse logique et grammaticale, et non pas au point de vue du rythme. 169. Mais il est temps de terminer cet historique déjà trop long, que peut seul excuser l'intérêt qui s'attache k une question encore neuve. Pour nous résumer, nous croyons qu'il faut distinguer trois périodes dans l'évolution du système d'accentuation: 1° La déclamation psalmodiée qui accompagne toute lecture solennelle, a eu lieu dès le principe suivant un rythme que nous ignorons et qu'il nous importe peu de connaître, mais qui a donné naissance à un enseignement traditionnel. Dès les premiers siècles, cet enseignement est oral et se transmet dans les célèbres Écoles d'Edesse, parmi lesquelles se distingue surtout TËcole persane. A la suite du transfert de cette école k Nisibe, à la fin du Ve siècle, la suprématie est acquise aux Nestoriens dans cette science.
2° Au VIe siècle, sous l'influence des études de la logique grecque, il se forma parallèlement chez les Nestoriens et chez les Jacobites un système d'accentuation notée, qui parvint à son complet développement au IXe siècle, et dut modifier sensiblement le plain-chant en usage, en le pliant k de nouvelles variations. Cependant le but que poursuivent les docteurs est exégétique; leur ponctuation peut être considérée comme un commentaire des Ecritures. LesNestoriens continuent d'exceller dans ces études, et les Jacobites mettent leurs travaux k profit. La ponctuation fait partie dès lors de l'orthographe syriaque et est appliquée k toute matière littéraire. Les traités d'accentuation publiés jusqu'k ce jour ne remontent pas au-delk du VIT siècle.
Digiti
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3° A partir du IXe siècle, la science de l'accentuation demeure stationnaire, puis tombe peu à peu dans l'oubli, où on la trouve plongée, quand le syriaque cesse d'être langue vivante.
§ 3. Classification des aooents.
170. Les accents, qui servent à la division de la phrase sont appelés \a+2 notes ou |/hiSêV&teo motions ou plus explicitement lLû~as? \xl2 notes métriques, l^u^i \±Ï2 notes musicales, ]fiï\\*\£t>ic ) vi In *? motions métriques. Le mot \±*J est plus familier aux Occidentaux, celui de |/niSêVAso aux Orientaux.
Ils sont la notation du rythme lia* ou }ki^o, c'est-à-dire, des diverses modulations de la voix propres à rendre toutes les nuances du sens que les mots présentent, suivant leur position dans la phrase. Nous donnerons, en premier lieu, leur liste d'après Barhébraeus, dont le traité est le plus complet. Il compte 40 accents, dont 4 radicaux V^'H" t et 36 dérivés \jdL%&7 soit simples U»*9> soit composés \Lo-^û ou làOii?vsr> ; mais nous suivrons un groupement plus rationnel, indiqué par Ewald2, et nous les diviserons en : 1° Accents de la phrase; 2° accents du sentiment; 3° accents grammaticaux; 4° accents composés ou groupes d'accents.
1° Accents de la phrase.
Accents radicaux.
1 \dq8ls pàsoqâ, secteur.
2 : — ]yo\ zaugâ, le couple (ou chez les Occidentaux V*0-** ks
pareils).