‹ Traité de gynécologie clinique et opératoireChapitre 130 sur 217 · CANCER OU ÉPITHÉLIOMA DE LA VULVE · texte numérisé non relu

CANCER OU ÉPITHÉLIOMA DE LA VULVE

Anatomie pathologique. — Le cancer primitif ou épithélioma de la vulve est rare, surtout si on le compare au cancer de l’utérus. Sur 7 479 femmes atteintes de cancer, Gurtl a noté 72 fois le cancer de la vulve2, soit presque 1 pour 100. Cette proportion paraît bien forte et il est probable que beaucoup de ces cancers étaient secondaires.

Le cancer des parties génitales externes de la femme offre plusieurs formes histologiques et anatomiques.

Au point de vue topographique, on pourrait aussi décrire deux types différents, selon que le néoplasme se développe au niveau des petites lèvres et du clitoris (cancer du vestibule) ou qu’il a pour point

1 La prétendue hernie de la muqueuse vésicale., à travers l’urètre, a été admise d’après des observations anciennes, très contestables, réunies par Patron. Loc. cil. — Consulter à ce sujet : Francis Vii.i.ar. Du prolapsus de la muqueuse de l’urètre chez la femme [France méd., 1888. t. II. p. 1709 et suivi).'

2 Voir P. Zweifel. Die Krankh. der aüsseren weibl. Genitalien, etc. ( Deutsche Chic., Stutgart, 1 88V, n° 61. p. 88). — Franche. Beitrage zur Kenntniss maligner Tumoren anden iiusseren Genitalien des VVeibes ( Virchow’s Arc hiv, 1899, t. CLIV, p. 363). — Fileux. Les tumeurs malignes primitives de la vulve ( Thèse de Paris, 1902). — Goi.dsc.iimidt. Ueber das Vulvacarcinom (Thcse de Leipzig, 1902). — Racle. Ein Beitrag zur Kenntniss des primaren Scheiden und Vulvakarzinôms (Thèse de Grei/'swald, 1903). — Boiuières. Des tumeurs malignes pr initivesdu clitoris (Thèse de Montpellier, 1905).

TUMEURS DE LA VULVE

do départ li‘ méat urinaire, le long duquel il s'infiltre autour de l'urètre (cancer péri-urétral)

L’épithélioma de la vulve n’olfre rien de particulier, au point de vue histologique. Il prend ordinairement naissance dans le sillon qui sépare la petite lèvre de la grande, plus rarement dans le clitoris8 ou au méat urinaire®, sous forme de nodules, faisant corps avec la peau et recouverts di1 2 * couches épithéliales épaissies. Ces squames sont parfois de

formation ancienne, antérieures au néoplasme, et l’indice d une /cmcoplasie vulvaire (v. p. 1358) qui a favorisé le développement du cancroïde ; L. Mayer4 5 en a le premier rapporté plusieurs observations ; depuis lors, des exemples en ont été donnés par d’autres auteurs®. Plus tard, les nodules s’ulcèrent et le mal envahit largement les parties voisines; il n'a, toutefois, aucune tendance à envahir le vagin, sauf dans le cas de cancer développé d’abord au niveau du méat urinaire, qui semble se propager le long du canal et peut ainsi envahir la paroi antérieure du vagin. Les ganglions inguinaux sont rapidement engorgés.

Étiologie. — C’est de quarante à soixante ans que les cancers de la

1 II. Wassrumann. Epilhélioma primitif de l'urètre. Thèse de Paris. 1 .

2 .1. Dauriac. I)u cancer primitif de la région clitoridienne. Thèse de Paris. 1805. — F. Lauiudouh. Contribution à l'élude du cancer primitif du clitoris. Thèse de Bordeaux 1805. — C.-li.CuMSToN. Ou primary malignanl tumors of the clitoris (.l/o/. de Gyu a. Pied., 1805. t. IX, p. 208).

5 L. Soui.ukk. Du cancer primitif du méat urinaire chez la femme. Thèse de Paris. 1880.

4 h. M\ a rat . Iieitragc zur Kennlniss drr inalignen Geschwiilste der aiisseren Genilalieu B lonalssch. f. Gyn., ocl. 1808. t. XXXII. p. 244).

5 Jouix. France méd .. 1882. t. I. p. 075. — P. Recrus. Car., des lié//.. 1888. u" 7i. 085.

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