‹ Traité de gynécologie clinique et opératoireChapitre 145 sur 217 · HERMAPHRODISME. VRAI · texte numérisé non relu

HERMAPHRODISME. VRAI

phrodisme latéral, qui ont encore, à tort, me semble-t-il, entraîné la conviction de quelques auteurs1.

On ne peut accorder une importance réelle qu’aux faits suivis d'autopsie. Or, l’observation de Catliarina Hohmann2, si souvent citée, n’a pas subi ce contrôle, comme cela a été dit par erreur.

Il est facile, grâce aux détails de l’observation, de se convaincre qu'il s’agissait d’un pseudo - herm aphrodisme parhypospadias périnéoscrotal. Le testicule droit était seul descendu dans la grande lèvre. Ce sujet prétendait et paraissait avoir un écoulement menstruel régulier; mais il a été plus tard reconnu que ces prétendues règles étaient duesà une supercherie3. Rokitansky, ainsi trompé, croyait à la réalité de cette menstruation, que Schultze avait déjà mentionnée dans l'hermaphrodisme, et en concluait par induction et très hypothétiquement qu'il y avait des ovaires et des vésicules de de Graaf, en un mot, qu’il s'agissait d’un hermaphrodisme vrai. Cet individu avait des mamelles féminines.

Le fait si connu de lleppner, de Saint-Pétersbourg1, invoqué comme

1 M. Laugier. Art. Hermaphrodisme in Dict. de méd. cl de cliir. /irai., 1875, t. XVII, p. 50-4. — A. Guinard. Thèse d’agrég., 1880.

- Hokitaxsky. Ein Fall von Hermaphrodisia vora lateralis [AlUj. Wien. med. Zeil., 1808. I. XIII, p. 225). Cet article a été complètement, mais assez incorrectement traduit dans Y Union med., 1808, p. 408. — Voir aussi sur ce même cas : AILg. med. Centralzeit., lieiTin. 1808. p. 492, et Virchow's Arc h.. 1808, t. XLIII, p. 529 et Ibid'.. 1809, t. XLV, p. 1.

3 Ahlfeld ( Loc . rit., p. 225) remarque la grande tendance qu'ont ces individus à tromper le médecin. Catharina 11. avait tous les mois des épistaxis dont elle profitait pour se badigeonner de sang les parties génitales.

1 G. L. Heppxer. Ueber den wahren Hermapliroditismus beini Afënsrlien (. Arc.h . /'. Anal. Plnjsiol., rtr., 1870. p. 087). Une analyse a été donnée par Doumic. Gaz. méd. de Paris. 1872. p. 290. — Cette observation a souvent été très incorrectement rapportée. Il faut remarquer que la pièce examinée avait séjourné, pendant plusieurs années, dans l’alcool.

Fig. 86i. — Pseudo-hermaphrodisme (Androgynoïde hypospadiaque). Figure schématique pour montrer les connexions profondes, v. Vessie; (. Testicule; s. Symphyse du pubis; p. Pénis hypospadiaque; vp. Vésicule prostatique (pseudo-vagin); r. Rectum (Zweifel).

MALFORMATIONS DES ORGANES GEN I I A l \ .

probant par les partisans de l'hermaphrodisme vrai, parait d'abord irréfutable, puisqu'il s’appuie sur une autopsie: mais, en l'examinant de près, on voit qu’il laisse planer des doutes très grands. Il s’agissait d un enfant de deux mois, présentant les organes génitaux externes du tvpe féminin ou de l livpospadias périnéo-scrotal. L’utérus, les trompes et les ovaires étaient très bien développés, et de chaque côté existait, en outre, une glande additionnelle qui ressemblait à un testicule. Entre ce corps et l’ovaire était le parovarium ou corps de Wollf, ratatiné, adhérent à un prétendu testicule. Soumis à l'examen microscopique par lleppner, ce corps indéterminé démontra l’existence <1<* tubes dirigés vers nubile : leurs parois étaient hyalines, sans stries ni novaux, sous l inlluence de l’acide acétique: on ne put trouver de vasa deferenlia. C’est sur celle simple donnée (|ue lleppuer se base pour conclure à la nature testiculaire de l’organe. Slavjansky ne se déclara pas convaincu que ce n’étaient pas des ovaires: on sait que Beige! a assez fréquemment trouvé des ovaires surnuméraires. A 1 appui de celte conclusion, il convient de faire observer que la structure primitive de l’ovaire et du testicule est très analogue et que leur ditlérencialion est excessivement délicate (Zweifel).

L'autopsie du prétendu hermaphrodite latéral vrai de Meyer1 II donne prise aux mêmes objections. Le petit corps ressemblant à un ovaire, trouvé du côté gauche, détail vraisemblablement qu'un testicule atrophié; les grandes cellules observées alors par Klebs n’étaient, sans doute, « | ne des ovules mâles: il lui a été impossible de découvrir des follicules de de Graaf.

Je ne puis m’attarder à discuter les observations, trop anciennes pour avoir de la valeur, au point de vue histologique, ou trop incomplètes pour faire foi2.

I lli.KjiA.w Mkykh (do Zurich). Ein F;dl von I Ierni;i| >1 ii'otli I.ismus lalcralis [Virchow' s Arch., 1857. !.. XI. p. 420). K u nis. Uandbuch (1er pal h. Anal., Berlin. 1876. — Voir pour la critique détaillée de ce fait : .1. Gaiiiugcks. Amer, syslrnt of gynecology (edited bv Max.m, I. I. p.275).

- Buutiioi.u ( Abltam.ll . lier kônigl. Gesellsch. (Ier 11 issensch. zn Gôtiingen., 1845, l. II. p. 104) a trouvé, citez un nouveau-né atteint d’hypospadias, d'un côté un testicule, de l'aulre un prétendu ovaire : ce corps où il n'a pu découvrir de follicules était sûrement le second testicule atrophié.

A. 1‘. Bano.n. Dublin quart, journ. of. med. sciences. 1852, t. XIV, p. 66 : mêmes remarques que ci-dessus. — Voir sur ce l’ail Aiickki.d (Loc. cil.), ainsi que pour la critique des autres observations anciennes de Sia:. Mabkt. V unira. i;r. RcDomu, Stark, Baukow. Ghurer Iâi.otz.

II existe, au musée Dupuylren, deux pièces relalives à de prétendus cas d'hermaphrodisnie vrai : la pièce n° 204 esl un moulage en cire de Liïmoxniku. relative aux organes génitaux externes d'un individu dont la pièce n° 265 reproduit, également, en cire, les organes génitaux internes, d'après l'autopsie. La notice qui l accoiupagne s’exprime ainsi : « A l'appareil génital féminin complet se trouvent surajoutés deux testicules et deuxcanaux déférents qui tiennent la place des ligaments ronds. » — Il m'a semblé qu'il s’agissait simplement là d’une double hernie de l'ovaire dans les grandes lèvres. Noria., l'ancien conservateur du musée à qui je demandais son avis sur cette pièce la qualifiait de « simple imagination ». — La pièce n" 207 B est ainsi désignée ; Hermaphrodite neutre, Angélique

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