DEVELOPPEMENT DU VAGIN ET DE L’UTERUS
düférenl de celui qu’il présentera dans l’état adulte (fig. 847). Le col en forme la partie principale, et le corps parait en être une simple dépendance : la longueur du col est double de celle du corps et ses parois sont beaucoup plus épaisses. Le museau de tanche est gros, la lèvre antérieure déborde parfois la lèvre postérieure, eL cette disposition en museau de tapir se retrouve souvent chez l’adulte, comme un vestige non disparu de l’état fœtal. Si l’on sépare les deux parois antérieure et postérieure, en divisant les bords latéraux de l’utér.us, on constate sur chacune d’elles l’existence d’une nervure longitudinale ou rachis, d’où partent, comme d’un axe, des plis obliquement dirigés en haut et en dehors; ces rachis, qui commencent tout [très de l’orifice vaginal du canal cervical, s’étendent jusqu’à un demi-centimètre du fond de l’utérus, et ils s’emboîtent dans une gouttière correspondante de la paroi opposée, sillonnée par les plis transversaux de l 'arbre de vie. L’axe antérieur est à droite, le postérieur à gauche'. J’insiste sur cette disposition, car elle a été invoquée pour différencier des variétés d’arrêt de développement ou d’hypoplasie très voisines, qu’il n v a aucune utilité réelle à séparer : V utérus fœtal, où l’arbre de vie offre l’aspect que je viens de décrire, et Y utérus infantile , où l’arbre de vie cesse à une distance plus grande du fond de l’utérus et où il existe une démarcation marquée, à la surface interne de l’organe, entre la cavité du col et celle du corps. Ces distinctions, intéressantes au point de vue purement théorique, n’ont aucune importance pratique.
Pendant les premières années de la vie, l’utérus ne semble pas participer à la croissance au même degré que le reste du corps. La vie de cet organe reste, pour ainsi dire, latente jusqu’au moment de la puberté. Alors, au contraire, des changements rapides de volume et de forme se produisent. C’est sur le corps surtout que porte la croissance, et elle a pour effet de lui donner bientôt une prédominance considérable sur le col, qui est ramené à l’état d’appendice, devenu deux fois moins grand et beaucoup moins épais que le corps. En même temps, les plis de la cavité utérine s’effacent et le relief de l’orilice supérieur du col s’accuse.
Il n’est pas sans intérêt de remarquer que ce développement complet de l’utérus peut ne pas être achevé à la puberté, et que la grossesse même peut, exceptionnellement, le devancer2.
Dans le but de faciliter l’intelligence et la classification des malformations qui résultent d’un arrêt de développement, on peut établir, avec L. Fiirst3, cinq divisions dans la période embryonnaire :
l'e Période, de la fécondation à la 5e semaine. — Elle comprend
' Guyon. Des cavités de l' utérus à l'clal de vacuité. Thèse de Paris 1X38.
- P. Mn.i.Kii. Mangelliafte Entwicklung des Utérus (. Deutsche Chic., fasc. 55, 1X85, p. 278). r> T. FiiKST. Monatsschv . /'. Geb., 1867, t. XXX, p. 108.
MALFORMATIONS DES ORGANES GENITAUX
I époque qu’on pourrait appeler indifférente, où l'orientation vers l'un ou Faillie sexe n'est pas encore marquée par l'atrophie des conduits de Millier ou bien des corps de WollT. Les conduits de Millier sont accolés el séparés par une cloison. Il existe un cloaque où s’ouvrent l'intestin el Fouraque. Le tubercule génital el la fente génitale sont aussi dépourvus d'indices sexuels.
2' Période, de la 5' à la 12,: semaine. — A la fin de celle-ci, la cloison du canal génital a totalement disparu; la fusion des canaux de Millier s’est prolongée plus haut; l'insertion du ligament rond sépare nettement ce qui sera la trompe, au-dessus, de ce qui sera la corne utérine, au-dessous. C'est à la fin de celte période que le cloaque se divise en portion anale et portion uro-génitale.
3e Période, de la 12° à la 20' semaine. — Les cornes de l’utérus se sont fusionnées, l’arbre de vie a fait son apparition dans la cavité de I organe, tandis que le vagin est encore lisse. Le col de l’utérus est formé. Le périnée s'est élargi. Le sinus uro-génital se divise par cloisonnement en vagin et urètre, de telle sorte que la vessie parait maintenant s’ouvrir dans le canal génital. Le reste du sinus uro-génital est désormais le vestibule du vagin, où l'hymen fait saillie. Le tubercule génital s'est réduit aux proportions du clitoris, les bords de la fente génitale ont formé les petites lèvres.
4' Période, de la 20' semaine à la fin de la période fœtale. — Elle est marquée par la formation de plis dans la muqueuse vaginale et dans le col de I utérus el par le développement du fond de I utérus.
5' Période, de la naissance à la puberté. — L'utérus augmente un peu d’épaisseur : vers la sixième année, la muqueuse utérine qui, jusqu alors, était plissée, devient lisse, et il n v subsiste plus qu un seul pli vertical.
Étiologie et pathogénie des malformations vagino-utérines. — On a longtemps considéré les malformations de tous les organes comme de simples caprices de la nature. Les premières tentatives d’explication rationnelle, basées sur l’arrêt du développement, appartiennent à Meissner' et à Buscli2, mais c'est A. KiissmauL’ qui a surtout développé et rendu classiques ces notions dans un ouvrage magistral qui a fait oublier ses devanciers. En France, celle classification nouvelle fut d'abord exposée par Le Fort4. Depuis lors, de très nombreuses observations ont été publiées isolément ou dans des Ira-
’ Fr. I,. Meïssner. Die Fraiiemimmerh'rankheilen, Leipzig. 1845. I. I. p. 545 et 555.
- AV. II. Buscii. Das Geschlcchtstcben des II ’eibes, 1875. t. III.
3 A. Küsssiaui,. Von dem Man gel der Verkümmcrung and Verdopplung der Gebârmullrr, von der Vache mjjfàngniss and der Ueberwanderung des Fies. AViirzburg, 185!).
L. Le Fort. Des vices de conformation de l’utérus el du vagin et des moyens d’y remédier. Thèse d’agrég., Paris, 1865.