DYSMÉNORRHÉE ET TROUBLES NERVEUX D ORIGINE MENSTRUELLE
A l’époque menstruelle, les femmes se trouvent normalement, comme elles disent, indisposées, c’est-à-dire qu’elles ressentent un malaise général, quelques douleurs vagues dans les reins et une irritabilité d’humeur particulière. Mais ces phénomènes sont ordinairement peu accusés. Si la menstruation devient très pénible et s’accomplit avec difficulté, il y a dysménorrhée.
On a multiplié les divisions ; on a admis une dysménorrhée : 1° névralgique ou sympathique; 2° congestive ou inflammatoire; 5° mécanique ou obstructive; 4° membraneuse; 5° ovarienne. On peut simplifier beaucoup en classant les douleurs en deux catégories, suivant qu’elles se produisent pendant l’acte ovario-tubaire (maturation du follicule, ponte), ou pendant l’acte utérin (expulsion du sang menstruel).
Dysménorrhée d'origine ovarienne. — Elle peut résulter d’un développement irrégulier des organes génitaux suivant que les ovaires, comme l’utérus,’ sont restés au stade pubescenl ou que, l’utérus étant demeuré en arrière, les ovaires sont arrivés, avant lui, à l’état adulte. Il y a alors une irrégularité inévitable dans le jeu de la menstruation, par la difficulté de l’ovulation, ou par la disproportion qui existe entre l’intensité des phénomènes congestifs du côté de l’ovaire pendant la ponte et l’état précaire de la congestion concomitante du côté de l’utérus : de là, une exagération anormale de l’éréthisme ovarien et les douleurs de la dysménorrhée.
Les maladies des annexes en sont une autre cause très fréquente. Je ne parle pas seulement des inflammations aiguës ou des altérations profondes, salpingites, hydro, hémato et pyo-salpinx. Mais les résidus, souvent peu étendus, de lésions anciennes, les adhérences, les fausses membranes comprimant la surface des annexes ou les luxant dans une fausse position, amenant la sclérose de l’ovaire et l’oblitération de la trompe, sont des causes très fréquentes et souvent méconnues de douleurs intenses, au moment des règles. Le varicocèle tubo-ovarien (Richet) , c’est-à-dire la dilatation variqueuse des veines du ligament large, paraît aussi y prendre une certaine part; il s’accompagne souvent, ainsi que je l’ai observé, d’ovaritc chronique kystique ou de
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sclérose de l’ovaire, de même que l’altération du testicule survient chez l’homme atteint de varicocèle1.
Dysménorrhée d’origine utérine. — Le principal facteur de cette sorte est la gêne mécanique à l’expulsion du sang : ainsi agissent la sténose du col avec ou sans hypertrophie, les déviations de l’utérus, et particulièrement les flexions, la métrite (gonflement de la muqueuse malade et salpingite concomitante), les tumeurs diverses, corps fibreux, polypes muqueux, cancers.
J’ai décrit, avec la métrite aiguë, la forme spéciale qui s’accompagne de desquamation complète de la muqueuse et qui constitue la maladie artificiellement créée par les auteurs, sous le nom de dysménorrhée membraneuse.
Y a-t-il lieu de distinguer une dysménorrhée diathésique, goutteuse ou rhumatismale? Je ne le pense pas; on peut seulement dire que les arthritiques sont particulièrement exposés à des névralgies diverses.
Symptômes et diagnostic. — Les douleurs de la dysménorrhée ont un caractère assez différent, suivant leur point de départ. C’est au début de la menstruation que prédominent les douleurs ovariennes; c’est quand elle est dans son plein que les douleurs utérines s’accentuent.
La prétendue dysménorrhée intermenstruelle ( Mittelschmerz des auteurs allemands) n’est appelée dysménorrhée que par abus de langage. On a donné ce nom à des douleurs dans la région ovarienne survenant par crises dans l’intervalle des règles et hypothétiquement attribuées à l’ovulation2. Ce sont des symptômes d’inflammation de l’utérus ou des annexes.
J’ai précédemment décrit3 les caractères des douleurs de la dysménorrhée; je n’y reviendrai pas longuement.
Habituellement, les douleurs apparaissent en même temps que l’écoulement sanguin et sont surtout violentes les deux premiers jours. Parfois même, en l’absence d’obstacle mécanique ou de rétrécissement du col, le sang ne vient que goutte à goutte, comme l’urine dans la strangurie, d’où le nom stillicidium uteri, donné à ce phénomène par Aétius. L’apparition de petits caillots est l’indice de la stagnation du sang dans la cavité utérine, et leur expulsion coïncide avec des accès de coliques parfois très intenses, provoquant des crises hystériformes, pouvant aller jusqu’à la syncope.
1 P. Petit. Des lésions de l’ovaire dans le varicocèle pelvien ( Nouv . Arch. d'Obstét. et de Gyn., 1891, p, 488).
- W. Priestley. Cases of intermenstrual or intermediate dysmenorrhæa (Brit. med. Journ., 19 oct. 1871). — H. Faseender. Ueber den sogenannten Mittelschmerz ( Zeilschr . f. Geb. u. Frauenh \, 1875, 1. 1, p. 125). — Sorel. Douleur hypogastrique ou dysménorrhée intermenstruelle [Arch. de tocol., mars 1887, p. 269). — G. Bouilly. Des poussées congestives intermenstruelles. Revue de gyn. et de chir. abd., 1897, p. 579.
3 Voir le cliap. métrite, et le chap. sténose du col.
Pozzi. — 4e édit.
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La période menstruelle peut devenir très pénible, après avoir été longtemps une époque de soulagement ; c’est ce qu’on observe, en particulier, dans certaines salpingites passant de l’état aigu à l'état chronique.
Le diagnostic doit se proposer de distinguer d'abord la dysménorrhée véritable des névralgies lombo-abdominales, exaspérées au moment des règles qui pourraient la simuler; la coexistence d’autres névralgies, la recherche des points douloureux d’élection, faciliteront cette tâche. Ensuite, pour reconnaître l'origine ovarienne ou utérine des douleurs, une étude locale attentive sera nécessaire. Les phénomènes observés antérieurement aux règles seront d'un grand secours.
L’étude de ces diverses questions est faite, à propos de chacune des maladies que j’ai énumérées.
Je signalerai spécialement la dysménorrhée et les phénomènes réflexes graves qui peuvent être produits par le prolapsus de l'ovaire ; cet organe est alors fréquemment altéré (scléro-kystique), ce qui augmente son poids. Le toucher permet de reconnaître dans le cul-de-sac de Douglas une tumeur dont la sensibilité nauséeuse est caractéristique. Deux symptômes concomitants sont la douleur pendant la défécation et pendant le coït, dyschezia et dyspareunia des auteurs anglais'.
Battey et, après lui, beaucoup de gynécologistes, surtout en Amérique, ont attaché une très grande importance à la coexistence de troubles menstruels, aménorrhée et dysménorrhée, avec des troubles nerveux graves, hystérie, épilepsie, manie; ainsi ont été créés les mots de ooplioralgie, oophorépilepsie, oophoromanie. 11 n’est pas douteux qu’un certain nombre de ces troubles nerveux ne soient sous la dépendance d’un réflexe pathologique, venu des ovaires mal développés ou altérés. Mais la difficulté est extrême pour poser un diagnostic précis. A côté d’un petit nombre de cas très nets où l'influence prépondérante de l’époque menstruelle est évidente, et où l’ovaire congestionné semble être le point de départ de l'aura, par exemple, dans l’épilepsie, il en est un grand nombre où les troubles menstruels peuvent évoluer parallèlement, et où la coïncidence n’entraîne pas l'idée de causalité.
Traitement. — Comme traitement palliatif pour calmer les douleurs, on peut employer le bromure de potassium, le chloral2, le valérianate d’ammoniaque, lassa fœtida3, le musc, la teinture de cannabis
1 Paul Vai.lin. Situation et prolapsus des ovaires. Thèse de Paris, 1887, n° 266. — Ciiowell (11. C.). Prolapsus ovary (TV. med. .Iss. Missouri, 1896, 7; Kansas-City, 1898, 154). — Mauclaire. Prolapsus ovarien douloureux traité par l'hystéropexie et la transposition ovarienne antéligamentaire ( Sent . gyn., 1903, VII, p. 213, et 1905, X, p. 41). — Baiirows (Ch. C.) Prolapse of the ovary; an operation for its cure with report of 12 cases [Med. Record, 1904, LXVI, 1905). — Mc hiiAN (.1. IL). Intrapelvic prolapsed ovaries, diagnosis and treatment [Texas med. Gaz., 1905, V, 7).
s Dubois. Chloral et bromure de potassium dans la dysménorrhée [Gaz. hebd. des sc. mêd. de Rora /.aux. 5 juin 1888).
3 A. uncri ( Traité prat. des mal.de l'utérus, 3° édit., Paris, 1881, p. 492) recommande
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indica. la belladone et la jusquiame*. L’antipyrine2 en injection est une ressource précieuse; dans les crises les plus intenses, on pourra aussi faire prudemment inhaler de l’éther. On a vanté l’oxalate de cérium3
Les lavements au laudanum, à la valériane, procurent parfois un soulagement que les autres remèdes n’ont pas donné.
L’électricité semble avoir donné quelques résultats intéressants. Assez souvent la galvanisation vaginale a pu diminuer et faire disparaître les phénomènes douloureux pour un temps très appréciable. La galvanocaustique négative a été employée avec succès dans certaines variétés liées à la métrite chronique ou à la sténose du col. Bouilly enfin a reconnu à l’électricité statique une action très favorable chez les « arthritiques nerveuses » et a souvent eu recours à ce moyen4.
Le traitement général sera approprié à l’état d’anémie ou de nervosisme de la malade.
Le traitement curatif ne comporte pas d’indications générales. Il varie essentiellement selon la cause de la dysménorrhée. Réside- t-elle manifestement dans l’utérus ou les annexes, c’est à la lésion initiale qu’on doit s’attaquer. Dans les cas où cette lésion est douteuse, où la maladie est sous la dépendance de troubles fonctionnels d’origine mal déterminée, la thérapeutique offre de grandes difficultés. A la vérité, on peut souvent espérer voir la maladie disparaître presque spontanément avec les progrès de l’âge, le mariage et la fécondation, dans une grande quantité de cas où elle est due à un retard dans le développement complet des organes génitaux internes, avec ou sans sténose du col. Il est cependant des cas où le parallélisme ne s’établit point entre les fonctions de l’ovaire et celles de l’utérus. Il en est d’autres où ces fonctions sont délinitivement troublées par des lésions acquises (adhérences, déplacements), qui entravent d’une façon permanente les fonctions de l’ovaire. Les douleurs périodiques deviennent intolérables et altèrent la santé. En outre, on a pensé que des désordres souvent graves, épilepsie, manie, étaient d’origine réflexe et sous la dépendance immédiate de la dysménorrhée. C’est dans ces cas-là que l’on a pratiqué l’extirpation des ovaires sains pour faire cesser la douleur, en abolissant la fonction qui la provoquait.
Cette indication spéciale de l’oophorectomie, castration ou ovario-
10 centigrammes d’assa fœtida en pilules, d’heure en heure, ou 25 à 30 gouttes de la mixture antispasmodique suivante : éther sulfurique, teinture de valériane, teinture de castoreum, laudanum de Sydenham : ââ 5 grammes.
1 Sciiaw. The value of belladonna and hyosciamus in dysmenorrhæa ( Lancet , 1888, t. Il, p. 570).
2 Dellenbauch. Med. Record., 21 mai 1887, t. XXXI, p. 578. — Wi.nuelsciimidt. Al/g. med. Cenlralzeit., Berlin, 1888, p. 1029.
3 51. L. Chambeks. Oxal. of cérium in dysmenorrhæa [Med. Rec., New-York, 1888, t. II.
* Bouilly. La dysménorrhée des jeunes femmes et des jeunes iilles [Semaine gynéc., 1902).
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tomie normale (épithète qui signifie que l’ovaire a conservé son volume normal) a été posée d’abord par Battey1 en Amérique, puis par Hegar* en Allemagne et par Lawson Tait3 en Angleterre.
D’après Battey4, dont l’opération a conservé le nom, le chirurgien doit, avant de se résoudre en pareil cas à la castration, se poser les questions suivantes : 1° Le cas est-il grave? 2° Est-il curable par un autre moyen médical ou chirurgical? 5° Est-il curable par rétablissement de la ménopause?
A la vérité, toute la difficulté réside dans ce dernier point. Il ne suffit pas que l’ovaire soit très douloureux, pour qu’on soit certain qu’il est le point de départ de la maladie; on connaît Yovarie des hystériques; de plus, il peut exister, chez toutes les femmes, des douleurs névralgiques ayant une origine centrale, avec irradiations centrifuges. Souvent des dents saines sont d’une sensibilité extrême dans la névralgie du trijumeau; il ne viendra à l’idée de personne de les extraire3. On a objecté à cette juste remarque d’Olshausen que, la castration étant très bénigne dans ces cas où l’ovaire n’est pas malade, et les douleurs étant atroces, beaucoup de malades consentiraient à une opération qui peut leur offrir des chances même incertaines de guérison. Elle aurait, du moins, l’effet d’abolir l’exaspération constante qui se produit au moment de la menstruation.
Pour l’épilepsie menstruelle ( menstrual epilepsy), Lawson Tait a obtenu des guérisons très encourageantes. Toutefois, G. Williers, élève de Hegar, a fait des relevés qui établissent qu’on a alors plus de chances d’obtenir la guérison si l’ovaire est lésé que s’il est sain. Il en est de même dans l'hystérie et Lhystéro-épilepsie. avec exacerbation notable au moment des règles et lésion présumée ou constatée des ovaires.
Si la castration a donné des succès6, elle a aussi donné de nombreuses déceptions7. Les guérisons, dont quelques-unes ont été très remar-
1 R. Battey. Normal ovariotomy ( Atlanta med. and surg. Journ., 1872 et 1873). Sa première opération date du 17 août 1872.
2 A. Hegar. Die Castration der Frauen ( Volkmann’s klin. Vortr ., Leipzig, 1878, il0 42). Sa première opération date du 27 juillet 1872 ; elle est, par conséquent, antérieure de près d’un mois à celle de Battey. Mais la malade de Hegar mourut de péritonite, et il ne répéta l’opération que le 2 août 1876, longtemps après que Battey eût vulgarisé l’opération qui porte son nom.
3 Lawson Tait. Brit. med. Journ., 31 mai 1879. — Diseases of tlic ovaries, 1883, p. 327. — Sa réclamation de priorité [Med. News, juillet 1886, p. 26) est insoutenable.
4 R. Battey (de Rome, Géorgie). What is the ficld for Baltey's opération! Mémoire lu à la Soc. amér. de gynécologie de Cincinnati, le lor sept. 1880, cité par W. 11. Byford : The practice of medicinc and surgery appliecl to the diseuses and accidents incident to ivomen , 4“ édit., Pliilad., 1888, p. 676.
6 Olsiiausen. Die Kranlih. der Ovarien, 1886, p. 452.
6 Observ. de Heii.brunn, Walton, V. Hoffmann, Birciier, Hegar, etc. — Voir les indications bibliographiques à la lin de ce chapitre.
7 Playfair [Brit. med. Journ., 1891, p. 119) déclare que la castration dans les cas de névroses [hystèro-épilepsie) est une mauvaise opération. Spencer Wells et Priestley partagent la même opinion. 11 semble cependant que Playfair exagère, en disant que <t si l’état
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quables, peuvent totalement manquer ou netre que temporaires1. Enfin, on doit se demander si elles ne sont pas parfois sous la dépendance de la forte impression morale et de l’espèce de suggestion produite par l’opération. Ce qui prouve bien cette dernière influence, c’est l’beureux effet qu’a pu produire, exceptionnellement, une castration simulée2.
Quant aux castrations pour manies ou psychoses, paraissant influencées par la menstruation, je crois qu’on doit les repousser sans hésitation3. On a cité des cas où, loin d’obtenir une amélioration, on avait vu se produire une aggravation. On ne saurait se placer au point de vue, au moins étrange, des chirurgiens qui ont pratiqué la castration pour provoquer la stérilité et empêcher la reproduction de folies héréditaires4.
Dans les considérations précédentes, je n’ai pas fait entrer la notion de l’état anatomique des ovaires. Malgré les efforts très louables de Ilegar pour restreindre la castration aux cas où l’on peut constater des lésions de l’ovaire, et pour donner à cette opération, même quand on la pratique contre les accidents nerveux, une base anatomique, il n’est pas douteux que c’est là, dans l’immense majorité des cas5, un diagnostic tout à fait impossible. La dégénérescence scléro-kystique, la cirrhose et l’hyperplasie du stroma ovarien se laissent bien rarement reconnaître à la palpation bi-manuelle, et quant aux signes que provoquent de pareilles lésions, ils n’ont rien qui les distingue de troubles purement nerveux.
Il ne me paraît pas douteux que l’ablation même d’ovaires sains ait pu modifier l’état du système nerveux, de manière à amener la disparition de réflexes graves, contemporains de la fonction menstruelle. Par suite, l'opérateur ne doit pas tant se préoccuper de savoir si l’ovaire qu’il doit enlever présente une lésion anatomique que s’assurer qu’il est
nerveux se complique de lésions avérées des annexes, il faut d’abord traiter systématiquement l’état nerveux dans l’espoir d’éviter la castration. »
1 Observ. de J. Friedjiann, D. Landau et Remak, A. Lepprann, Mdndé, etc.
* J. Israël. Beitrag zur Würdigung des Werthes der Castration bei hysterischen Frauo (Berl. klin. Woch., 1880, n° 17, p. 243). — A. Hegar Zur Israël’schen ScheincastrCio*: ( Berl . klin. Woch., 1880, n° 48, p. 682). — Chiarleoni [Gaz. decjli Ospit. 1888, n“ 8 et 9), chez une hystérique de 29 ans (aménorrhée, vomissements incoercibles, maigreur extrême), a fait le simulacre de la castration (incision superficielle de l’abdomen). Les vomissements cessent dès le premier jour, sommeil, appétit. Au bout de 15 jours la malade se lève. Les règles apparaissent un mois après.
3 Spencer Wells. Modem abdominal Surgery (lu au Royal College of surgeons of Ëngland, le 18 déc. 1890). Londres, 1891, p. 35 et suiv.
4 W. Goodell. Bemoval of the ovaries in the treatment of confirmed masturbation and of ovarian insanitv ( New York Med. Bec., 15 oct. 1883, t. XXIV, p. 402).
3 Hegar (Hegar et Kaltenbach. Oper. Gyn., 5e édit., 1886) reconnaît implicitement ce fait lorsqu’il écrit : « Nous avons plusieurs fois obtenu des résultats durables de la castration dans des cas où un examen attentif n’a montré, à part une légère péri-oophorite, qu’un état simplement hyperplasique du stroma de l’ovaire ». Ces lésiuns, on le voit, sont tout à fait insignifiantes ; autant dire que la castration a souvent réussi après avoir été pratiquée sur des ovaires sains.
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le point de départ physiologique des accidents; l’examen des signes rationnels prime ici l’examen physique. Mais il faut avouer qu’il est excessivement difficile de se prononcer, et, à moins d’une conviction bien arrêtée, un chirurgien consciencieux reculera toujours devant une opération qui, lorsqu’elle est inutile, constitue une véritable mutilation, bien plus grave au point de vue social que l’amputation d’un membre*.
Péan\ au lieu de la castration ovarienne, a préconisé l’hystérectomie vaginale, qu’il a appelée castration utérine; il la trouvait supérieure à l’ablation des ovaires, même contre les phénomènes nerveux.
Technique de la castration. — J’ai déjà décrit cette opération, à propos du traitement indirect des cours fibreux (p. 579) : quelques points spéciaux méritent seulement d’être ici notés.
L’incision abdominale doit être médiane et aussi petite que possible, puisqu'il n’y a qu’à y faire passer l’ovaire et la trompe, sans recherche laborieuse ou dégagement difficile; il est, du reste, toujours temps de l’agrandir secondairement : généralement, o ou 6 centimètres suffisent. Au lieu de l’incision médiane, on a préconisé Y incision tranversale ou une incision latérale oblique ou inguinale analogue à celle de l’opération d’Alquié-Alexander. (V. plus loin Technique de l’ovariotomie).
Battey, au moins dans ses premières opérations, n’enlevait que l’ovaire. Hegar3 a, dès le début, compris l’importance de l’ablation simultanée de la trompe, ce qui, du reste, facilite l’opération plus que cela ne la complique. Lawson Tait* ajoute à ce complément une valeur capitale, et a beaucoup contribué à transformer Y oophorectomie en salpingo-oophorectomie.
La cicatrice laissée par une petite incision telle que je la pratique à l’exemple de Lawson Tait, est tout à fait insignifiante, surtout lorsqu’on a soin, comme je l’ai recommandé, de suturer les parois abdominales par trois plans superposés avec deux étages de suture perdue au catgut5, auxquels on peut joindre la suture intra-dermique de la peau. La voie abdominale est donc préférable à mes yeux.
L’incision vaginale n’offre donc guère d’avantages, à ce point de vue. On pourra, toutefois, pratiquer la castration par cette voie pour éviter une cicatrice apparente, dans des cas très exceptionnels 6 et surtout si les ovaires sont prohibés, facilement accessibles. On reconnaîtra en général les ovaires prolabés dans le cul-de-sac de Douglas au toucher vaginal
1 Sanger (Ueber Descensus und Pelvifixurà Ovariormn. Cent. f. Gyn., 1896, p. 241), dans les cas de dysménorrhée liée au prolapsus des ovaires, a proposé et exécuté deux Ibis la fixai ion de l’ovaire à la paroi pelvienne ( oophoro-pelio-pexie ).
5 Péan. Gaz. des Hop., 1886, n” 145, p. 1170.
3 Hegar. Die Castration der Frauen, p. 1 12.
* Lawson Tait. Diseases of the ovaries, Birmingham, 1883, p. 526.
5 S. Pozzi. Comptes rendus du Congrès français de Chir., 5e sess., Paris, 1891, p. 211.
c Bonnecaze. Valeur et indications de l’incision vaginale appliquée à l' ablation de certaines petites tumeurs de l'ovaire et de la trompe. Thèse de Paris, 1889.
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combiné ou non au toucher rectal, et au besoin sous l'anesthésie.
La castration par la voie vaginale, quand l’utérus est bien mobile, est d’une grande simplicité : la malade étant dans la position dorso-sac-rée, une courte valve de Simon abaisse la fourchette, le col de l’utérus est fixé et attiré en avant, un aide abaisse l’utérus en pressant sur l’hypogastre. Une incision transversale de 4 centimètres est faite dans le culde-sac postérieur, le plus près possible de l’utérus. On introduit l’index et le médius dans le cul-de-sac de Douglas, on accroche l’ovaire et la trompe, on transfixe le hile avec une aiguille mousse, et on le lie avec du catgut.
Au lieu du cul-de-sac postérieur, on peut, s’il y a une indication spéciale, inciser le cul-de-sac antérieur, décoller la vessie et ouvrir le cul-de-sac vésico-utérin. On recherche, on saisit l’ovaire comme précédemment et on l’amène dans la plaie pour le lier. L’opération est moi facile que la précédente.
11 vaut mieux enlever les annexes des deux côtés, môme si un seul ovaire est prolabé, quand il y a des désordres nerveux très accusés, car la ménopause artificielle agit encore plus sûrement que la suppression de l’organe déplacé.
Si l’opération n’a été troublée par aucun incident et s’il n’y a pas de raison spéciale de faire le drainage, on refermera complètement la plaie avec des sutures au catgut1.
1 Voici quelques indications bibliographiques relatives aux travaux sur la castration dans les cas de dysménorrhée spécialement accompagnée de troubles nerveux et mentaux. 11. Battey. Extirpation of the functionnally active ovaries for the remedyof otherwise incurable diseases ( Transact . of the amer. gyn. Soc., 1876, t. I, p. 101 à 121). — 51. Sms. Brit. med. Journ., déc. 1877, t. II, p. 793. — E. Borner. Wien. med. Woc/i., 1878, nos 47 à 50, p. 1247 et suiv. — J. H. Aveling. The spaying of women ( Obstet . journ. of Gréai Britan., janv. 1879, t. VI, p. 617). — Spencer Wells. Case of rcmoval of both ovaries for dysmenorrhæa (Trans. of the Amer. gyn. Soc., Boston, 1879, t. IV, p. 198). — A. Hegar. Zur Castration bei Hystérie [Berl. ltlin. Woch., 1880, n° 26, p. 365). — Bruntzel. Arch. f. Gyn., 1880, t. XVI, p. 107. — Davvson. Amer. Journ. of Obst., 1881, t. XIV, p. 419. — Maurer. Deutsche med. Woch., 1881, p. 530. — H. Klotz. Hystérie und Castration ( Wien. med. Woch., 1882, n°‘ 58-41, 1129 et suiv.). — W. Goodell. Amer. Journ. of Insanity, 1882 et Philad. med. Times, 29 dcc. 1883, t. XIV, p. 229. — Jessett. Lancet, juin 1882, t. I, p. 910. — Léopold. Arch. f. Gyn., 1882, t. XX, p. 88. — Fehling. Zehn Castrationen [Arch. f. Gyn., 1883, t. XXII, p. 441). — 51undé. Amer. Journ. of Obstet., 1885, p. 944. — Carstens. Ibid., p. 266 et 522. — Jos. I’eretti. Berl. ldin. Woch., 1883, n° 10, p. 141. — Landau et Bemak. Zeitsch. f. ldin. Med., 1883, p. 437. — G. Thomas. New York med. Journ., janv. 1883, t. XXXVII, p. 32. — B. Heilbrünn. Centr. f. Gyn., 1883, n° 38, p. 601. — Malins. Brit. med. Journ., 12 mai 1885, t. I, p. 911. — J. Friedmann. Vergleich einiger Faite von Operationcn an den Ovarien wegen Psychose. Dissert, inaug., Berlin, 1885. — Tauffer. Beitriige zur Lchre der Castration derFrauen [Zeitschr. f. Geb. und Gyn., 1883, t. IX, n° 1, p. 58). — L. Tait. The palhology and treatment of diseases of the ovaries, 4e édit., 1883, p. 328. — I’. Muller. Beitriige, etc. [Deustclie Zeitschr. f. Chir., 1884, t. XX, p. 1). — G. L. Wallon. Boston med. and surg. Journ., 1884, t. CX, n° 23, p. 529. — V. Hoffmann. S. Francisco western Lancet, janv. 1881. — P. Flechsig. Neurol. Centralb., 1884, n° 19, p. 433 et n° 20, p. 457. — Buiciier. Castration bei ovarial-Neuralgie und Hystérie [Corresp. Bl. f. Schiv. Aerzte, 1884, t. XIV, p. 417 et 470). — A. Hegar. Arch. f. Gyn., 1884, t. XXIV, p. 518, et Centr. f. Gyn.,
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DES TROUBLES DE LA MENSTRUATION
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