CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
nière a eu le mérite d’y insister, après Cruikshank et Cruveilhier1. Il a décrit en particulier, au niveau des angles de l’utérus, des lymphatiques superficiels qui se perdent dans le ligament large en arrière et au-dessous de la trompe, entre la trompe et le ligament rond. Il existe également des lymphatiques profonds, formant un second plan qu’on ne peut voir qu’en coupant perpendiculairement l’angle utérin; il y a là un groupe lymphatique remarquable qui occupe le creux formé entre la trompe et le ligament de l’ovaire. Des anastomoses unissent
Fig. 528. — Lymphatiques du col utérin et du tiers supérieur du vagin (P. Poirier).
les lymphatiques de l’ovaire et de la trompe à ceux de l’utérus (Marcille2) . Des relations importantes, complétant les rapports anatomiques déjà si étroits, sont ainsi établies entre l’utérus, l’ovaire et la trompe (fig. 527). Aussi voit-on fréquemment l’infection passer d’un organe à l’autre; c’est pour cela que l’inflammation des annexes est ordinairement l’objet d’une seule description.
1 J. Ldcas-Championnière. Lymphatiques utérins, etc. Thèse de Paris, 1870. — Quant à Cruveilhier, c’est dans son Anatomie pathologique et non dans Y Anatomie descriptive qu’on doit chercher la description des lymphatiques de l’utérus. Cela tient à ce que ces recherches se font beaucoup mieux dans les cas pathologiques et sur des femmes mortes de fièvre puerpérale, où les lymphatiques sont rendus plus évidents à la fois par la gravidité et par l’inflammation. — Voir les intéressantes recherches de P. Poirier. Du rôle des lymphatiques dans les inflammations de l’utérus ( Progrès mécl., 1889, n° 47, p. 491 et 492, n° 48, p. 509 et suiv.; n° 49, p. 527 et suiv.; n°52, p. 590 etsuiv. ; — 1890, n° 3, p. 41 et 42, et n° 4, p. 56 et suiv).
2 M. Marcille. Lymphatiques et ganglions ilio-pelviens. Thèse de Paris, 1902
INFLAMMATION DES ANNEXES DE L’UTÉRUS
Presque toujours, l’inflammation passe de la trompe à l’ovaire directement par contact et adhérence. Mais on observe aussi, parfois, une suppuration de l’ovaire, sans continuité avec l’inflammation de la trompe; on peut alors expliquer ce fait par les relations lymphatiques. En effet, les vaisseaux qui émanent du pavillon suivent le ligament latéral externe de l’ovaire et se jettent dans le vaste confluent lymphatique qu’on a appelé plexus sous-ovarique. On n’a donc nulle difficulté à comprendre qu’un abcès de l’ovaire s’observe avec des lésions relativement minimes de l’oviducte1. D’autre part, les anastomoses qui existent entre les lymphatiques de l’utérus et ceux de l’ovaire peuvent expliquer une infection par voie lymphatique directe de l’utérus à l’o-
Fig. 529. — Coupe verticale du bassin montrant l’espace pelvi-reetal supérieur et la fosse ischiorectale. (La coupe passe : à gauche, au niveau du ligament large; à droite, un peu en avant.)
vaire sans passer par la trompe. Enfin, les adhérences, très riches en lymphatiques, comme l’a démontré Poirier, peuvent servir de véhicule à l’inflammation.
D’un autre côté, le réseau lymphatique qui recouvre la surface de l’ovaire communique largement avec celui du péritoine : il suffit, d’après Waldeyer2, de piquer l’ovaire avec un luhe à injection lymphatique, pour injecter tout le réseau de la séreuse abdominale. Si donc les péritonites consécutives aux inflammations de ces organes restent le plus souvent circonscrites, c’est, sans doute, parce qu’un des premiers
1 Qüénü. Bull, et Mém. de In Soc. de chic., 12 déc. 1888. p. 954.
2 Waldeyisr. Eierstock uml Ei. Leipzig, 1870.