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I.e pavillon de la trompe est fixé sur l’ovaire

étalé et

tien complémentaire1. Mes observations ultérieures confirment les données générales de cette statistique.

.J'ai aussi plusieurs fois pratiqué la salpingorraphie 2 (fig. 585), c’est-à-dire la suture sur l’ovaire du pavillon de la trompe saine, mais retenue loin de lui par des adhérences que j’avais détachées. Dans tous les cas, j’avais préalablement fait la résection d’une partie de l’ovaire.

11 faut être prévenu que l’ablation des trompes et des ovaires peut quelquefois ne faire sentir ses bons effets qu’au bout de quelques semaines ou de quelques mois. La malade peut continuer, durant ce temps, à éprouver des douleurs abdominales qui, quoique bien moins fortes qu’auparavant, la désespèrent en lui faisant croire que l’opération n’a pas atteint son but 3. On doit attribuer ces phénomènes à deux causes : l’irritation péritonéale au niveau de la ligature qui, ayant porté sur des tissus enflammés, provoque une certaine réaction périphérique; la persistance de l’inflammation dans le tronçon de trompe respecté par

l’opération, ,1e crois donc qu’il faut toujours réséquer la trompe le plus loin possible et ne laisser attachée à l’utérus que la longueur strictement nécessaire pour faire une ligature solide.

Enfin, on doit souvent faire suivre toute opération suides trompes d’un curettage de l’utérus pour modifier énergiquement l’endométrite concomitante et guérir du môme coup l’inflammation réfugiée dans le moignon tubaire. Je ne fais généralement ce curettage qu'aubout d’un mois.

Toutes les fois qu’on a enlevé les deux trompes et les deux ovaires, la ménopause n’est pas immédiatement survenue (p. 771). Les cas où les règles persistent plus ou moins longtemps encore paraissent souvent relatifs à des faits où une lésion de l’utérus (endométrite, etc.) jouait le rôle d’épine irritative : de là l’utilité de la traiter consécutivement. La salpingectomie seule (sans oophorotomie) entraîne, on le comprend, la stérilité*. L’ablation seule des trompes, par contre, n’amène pas la

1 S. Pozzi,. Des opérations conservatrices de l’ovaire (résection, ignipuncture). Cornin. à I Acad, de méd ., 21 lévrier 1895, in Ann. de Gyn. et d'Obsl., 1893, t. XXXIX, p. 160. — ISrit. tned. Journ.. 1893, p. 018. — Comm. au 11“ Congrès des sciences médicales de Rome [Ann. de Gyn. et d’Obsl.. 1894, t. XL 1, p. 565). — Rela.ünay. Des opérations conservatrices de l’ovaire. Thèse de Paris, 1893. — Don.net. Résultats éloignés des Opérations conservatrices de l'ovaire. Thèse de Paris, 1895. — S. Pozzi. Rev. de Gyn. et de Chir. abd., 1897, p. 5.

* S. Pozzi. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1891, t. XVII, p. 592.

■’ H. Coe. Am. Journ. of Obst., 1886, t. XIX, p. 561.

4 H existe cependant quelques faits extrêmement rares de grossesse survenue après une ablation bilatérale des annexes paraissant, complète; il faut supposer qu’il restait un moignon ovarien et un moignon tubaire resté perméable '; Gordon ( Gyneeological Transactions. 1896, t. XXL p. 101). — Stansdury Sutton [Id., 1896, t. XXL p. 109) — Alban Doran [Bril. tned. Journ., 1902, V, I, p. 1768).

INFLAMMATION DES ANNEXES DE L’UTERUS

cessation des règles, quoique L. Tait ait fait jouer à ces organes le rôle prépondérant dans la fonction menstruelle.

La clinique a démontré 1 (pie les malades qui ont conservé avec l’utérus un fragment d’ovaire permettant une menstruation même irrégulière sont moins exposées aux troubles congestifs de l’insuffisance ovarienne que celles qui ne sont plus réglées du tout. De là l'idée dans le traitement des salpingites chez les femmes jeunes de substituer à l’oophorosalpingectomie double la salpingectomie avec conservation totale ou partielle d’un ovaire. La condition de cette intervention conservatrice est que l'ovaire soit sain, ce qui est d’ailleurs l’exception. Celte opération, déjà recommandée par Polk2 en Amérique, a été indépendamment étudiée par F. Jayle3 ; elle est actuellement l’objet de recherches multiples4: ses indications précises et ses résultats éloignés ne sont encore qu’imparfaitement connus. La technique de la salpingectomie isolée ne présente pas de difficulté spéciale; le seul point important est d’enlever la trompe dans toute son étendue, y compris l’extrémité utérine, en ayant soin de ne pas laisser au niveau de la corne utérine des noyaux qui seraient le point de départ d’un nouveau travail inflammatoire par suite de douleurs. L’hémostase sera faite avec le plus grand soin; elle est plus difficile et plus longue à obtenir que dans l’ablation totale des annexes. La salpingectomie faite, si on ne peut conserver qu’un fragment d’ovaire, on en pratique la résection suivant les règles données (v. p. 876).

Hystérectomie vaginale. — L’hystérectomie vaginale, ou castration utéro-ovarienne par la voie vaginale, a été préconisée par Péan5 et vulgarisée surtout par P. Segond6 comme l’opération de choix dans les lésions inflammatoires bilatérales des annexes.

Le procédé opératoire que je préférerais ne diffère pas sensiblement de celui que j’ai décrit pour l'hystérectomie vaginale pour les fibromes de petit volume et auquel je renvoie (v. p. 410).

* Aimé Martin. Thèse de Paris, 1895.

4 W. Polk. The New-York Jourti. nf Gyn. and Obstet., 1893, août. Transaction of the congress of american physicians and surgeons, 1 89 i.

5 F. Jayle. La Presse médicale, 1899, n° 104 et in M. Blagny. Thèse de Paris, 1899.

4 Dévouassoux. Thèse de Paris, 1904. Tuefieh, Legueu, Boutier, .1. L. Fadre, Pierre Delbet, Bull. Soc. de Chir., 1905, pp. 557, 577, 580, 604, 753.

5 Péan (Connu, au Xe Congrès international de Berlin). Ann. de Gyn. et d'obsl., 1890, t. XXXIV, p. 110. — bull, de l’Acad. de méd., t. XXIV, p. 9. — bull, méd., 1890, p. 635. C’est à Péan et à lui seul que revient l’idée de la castration utéro-ovarienne par voie vaginale; on a donc justement dénommé cette opération : opération de Péan. Les revendiealions tardives de Doyen, auxquelles en Allemagne on a semblé donner crédit (Sanger. Soc. obst. et gyn. de Leipzig, m Centralb. f. Gyn., 1896, p. 70), ne sauraient en aucune façon enlever à Péan une priorité à laquelle il a des droits incontestables. Voir d’ailleurs pour l’historique complet de cette question : E. Baudron. De l'hystérectomie vaginale appliquée au traitement chirurgical des lésions bilatérales des annexes de l'utérus. Thèse de Paris, 1894.

6 P. Segond. bull, et Mém. de la Soc. de Chir.. 1895, t. XXI, p. 276.

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