‹ Traité de gynécologie clinique et opératoireChapitre 35 sur 217 · P É R I-M ÉT RO-S A L I* I N G 1 T E · texte numérisé non relu

P É R I-M ÉT RO-S A L I* I N G 1 T E

(Inflammation péri-utérine, périmétrite, paramétrite, pelvi-péritonite, phlegmon du ligament large, adénolymphite, adéno-phlegmon juxta-pubien, abcès pelvien, cellulite pelvienne.)

La confusion qui a longtemps régné dans l’interprétation et la dénomination des inflammations diffuses du petit bassin est entièrement dissipée, grâce aux notions sur l’inflammation des trompes récemment acquises par l’étude plus éclairée des faits cliniques, puissamment aidée des particularités observées pendant les opérations. On le sait aujourd’hui : si le point de départ est fréquemment dans l’utérus (Bernutz et Goupil), c’est le plus souvent d’une oophoro-salpingite comme centre que rayonne l’inflammation qui envahit les environs de l’utérus, ligament large, cul-de-sac de Douglas, tissu cellulaire pelvien. Il est donc juste de faire entrer les annexes dans la dénomination de la maladie et de réunir toutes ces lésions sous le nom générique de péri-métrooophoro-salpingite, ou seulement par euphonie, de péri-métro-salpingite.

Cet envahissement présente des caractères cliniques très différents par sa marche et son intensité, selon les conditions étiologiques où il s’opère. De là, une série de types cliniques distincts, quoiqu’une même pathogénie réunisse toutes ces espèces dans un genre commun.

Aperçu historique. — Ce furent d’abord les formes les plus violentes qu’on observa, et on décrivit les grandes et rapides suppurations qui succèdent à une septicémie localisée d’origine puerpérale. Grisolle et Bourdon1 marquèrent par leurs travaux cette première étape'2 : le phlegmon du ligament large y était encore confondu avec les abcès de la fosse iliaque de toute autre origine.

1 Grisolle. Arch. gén. de »iéd., 1839, 3e sér., t. IV, p. 39 et suiv. — H. Bourdon. Revue méd., 1841, t. III, p. 5 et suiv.

2 II convient de mentionner seulement les notions antérieures : Mauriceau attribuait toutes les tumeurs- post-puerpérales à la rétention des lochies; Puzos croyait à une métaslase laiteuse et son opinion, soutenue jusqu'au commencement de ce siècle par Ritgen, A. E. Siebold, Busch, etc., a laissé des vestiges encore vivaces dans les préjugés populaires.

l’ERl-METRO-SALPINGITE.

Nouât, Valleix et leurs élèves1 firent faire un pas de plus à la connaissance clinique des inflammations péri-utérines, en décrivant les collections purulentes plus limitées (pii se produisent en arrière et sur les côtés de l’utérus; ces auteurs les localisaient dans le tissu cellulaire, (pii existerait, d’après eux, non seulement entre les feuillets du ligament large, mais encore autour de la portion sus-vaginale du col, surtout en arrière, comme une bague dont le chaton serait dirigé vers le cul-de-sac de Douglas, suivant une comparaison de Gallard.

D’interminables discussions, plus théoriques que pratiques, s’élevèrent à ce propos; au même moment, une autre interprétation des mêmes faits venait de se produire. Bernutz et Goupil2, après une description remarquable des phénomènes cliniques (pie nous rapportons maintenant à l'inflammation circonscrite ou diffuse des trompes, les avaient attribués, sans exception, à des inflammations du péritoine pelvien, à des pelvi-péritonites’.

Quelques auteurs éclectiques, comme Matthcws Duncan et Simpson1 4, admettaient les deux origines précédentes. Virchow5 créa les mots de périmétrite et de paramétrite, pour distinguer l’inflammation du péritoine de celle du (issu cellulaire ci rcum- utérin.

Une nouvelle interprétation d’une série de faits très analogues, sinon identiques, venait encore ajouter aux embarras des nosologistes.

Le rôle des lymphatiques dans les inflammations péri-utérines, après l’accouchement, avait été entrevu par beaucoup d’auteurs. .1. L.-Championnière6 leur attribua encore plus d’importance et étendit leur action jusqu’en dehors de l’état puerpéral à l’utérus en état de vacuité.

A 1 p 1 1 . Guérin7 crut avoir découvert un nouveau type clinique et une

1 Xonat. Gaz,, des IIûp., 1850, p. 97, 110 et 129. — - Eleutiiére Martin. Thèse de Paris, 1851. — Valleix. De l'inflammation du l issu cellulaire péri-utérin. ( Union méd., 1855. 5e sér., t. IX, p. 285 et 419.) — Gallard. l)e l'inflammation du tissu cellulaire (/ni entoure la matrice. Thèse de Paris, 1855.

2 G. IIernutz et Goupil. Areh. gén. de méd ., 1857, 5° sér.. t. IX, p. 419, et Cdiu. méd. sur les maladies des femmes. Paris, 1862, I. II. p. 7.

5 Le mot de péri-métro-salping Je a pour Lut dans ma pensée d’indiquer expressément que ces inflammations sont consécutives, sans exception, à des lésions de l'utérus ou des annexes. Le terme de pelvi-péritonile, au contraire, que les travaux de Bernutz et Goupil avaient rendu classique en France, laisse ce point dans le. doute, et paraît même indiquer qu'il s’agit d’une inflammation primitive du péritoine; c’est pourquoi je ne saurais comprendre la réhabilitation qu’en a tentée P. Reclus (Semaine méd.. 1891. n° 55, p. 282 .

4 M. Duncan. A proctical /réalisé on perimelrilis and paramétrais. Edimbourg, 1869. — .1. Y. Simpson. On pelvic celiulitis and pétrie perilonitis, in Clinical lectures an llie diseuses of iromen (éditées par A. R. Simpson), Edimbourg, 1872.

8 Virchow, cité par P. Delbet. Des suppurations pelviennes chez la femme. Paris, 1891. p. 155. — Beaucoup d'auteurs attribuent encore ces dénominations à Duncan.

e J. L.-Championnière. Thèse de Paris, 1870.

1 Alpii. Guéiun. Leçons clin, sur les mal. des organes génitaux internes de la femme (IL leçon), Paris, 1868. — Dans une communication à l’Académie de médecine (Bull, de l'Acad., 11 mai 1887, p. 555), Alpii. Guérin nie catégoriquement le phlegmon du ligament large, qui ne serait que l'adéno-phlegmon juxta-pubien méconnu. 11 appuie cette affirmation sur des considérations anatomiques. D’après lui, le ligament large sérail constitué par

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