TRAITEMENT DE LA PÉRI-MÉTRO-SALPINGITE
créé ainsi un trou, comme à l'emporte-pièce, an milieu de tout le magma inflammatoire composé de produits 'plastiques et de pus. Cette perforation permet un large drainage, dont la déclivité assure l'efficacité.
Après l’ablation de l’utérus, faut-il aller, en s’aidant de la palpation bi-manuelle, à la recherche des collections purulentes et, comme l’ont recommandé Péan et P. Segond, avec les doigts profondément introduits dans le vagin, découvrir les points fluctuants et les effondrer pour permettre une évacuation rapide et complète? Cette manoeuvre n’est pas sans danger. Du reste, l’ouverture des collections purulentes a une tendance naturelle à se faire spontanément dans la brèche créée par l'bystérectoinie. Il ne faut pas s’obstiner à faire une ablation complète des parties malades, comme dans la laparotomie. On pourrait alors, en effet, s’exposer à déranger les pinces qui assurent l'hémostase, à porter l’infection au loin et môme à blesser des anses intestinales tendues, dont on aurait méconnu la nature.
Le manuel opératoire de l’hystérectomie vaginale pratiquée pour la cure des suppurations péri-utérines (et que j’ai proposé d'appeler pour cette raison évacuatrice) a été d’abord décrit par Péan. L’utérus, toujours plus ou moins fixé par des adhérences, doit être enlevé par morcellement et par la méthode de la forcipressure : cette dernière offre des avantages incontestables sur les ligatures1.
Fig. 590. — Pince à mors courts et cloutés pour ('hystérectomie vaginale (S. Pozzi).
Le procédé ne diffère pas de celui que j’ai décrit pour fhystérectomie vaginale dans les fibromes de petit volume et auquel je renvoie (p. 410). La libération des faces antérieure et postérieure de l'utérus doit se faire par décollement. Ce décollement doit être poursuivi prudemment, avec le souci constant de se maintenir contre le tissu utérin.
1 Pour éviter le dérapage des pinces qui se produit parfois avec les pinces de Péan, j'ai apporté une modification consistant dans le cloutage des mors que termine un bec analogue à celui des pinces de Rocher ; un boulon formant une marque distinctive est, en outre, placé sur les anneaux pour éviter de confondre cette pince à forcipressure et à demeure avec d’autres ( fi g. 590).
Pozzi. — 4e édit.
PERI-METRO-SALPINGITE.
On évitera de la sorte la blessure de la vessie et du rectum. L’utérus parfois est alors comme énucléé des adhérences qui l'entourent'.
Traitement des péri-métro-salpingites chroniques. — Les résidus d’anciennes inflammations péri-salpingiennes, fausses membranes, adhérences, etc., donnent lieu à des phénomènes douloureux complexes, par la compression qu’ils exercent sur l’ovaire et la trompe, par les déviations de l’utérus qu’ils entraînent, par l’agglutination des anses intestinales, la soudure de l’épiploon au pubis, la compression des uretères, etc. C’est à ces cas-là, spécialement, que convient le massage", la sismothérapie (Y. p. 858) et la kinésithérapie r' pour favoriser la
’ C’est ce procédé que je préfère actuellement. J'avais adopté d’abord (d’après Péan , mie technique différente' qui avait été bien décrite par P. Second [De ï hystérectomie vaginale dans le traitement des suppurations pelviennes. Paris, ISO] . p. 24 à 26).
2 Voici quelques indications sur la technique du massage des organes génitaux internes que j’emprunte à un mémoire de Yulliet [Le massage en gynécologie , Paris, 1890. p. 10 .
e massage externe des parois abdominales n'est qu’une manœuvre préparatoire, un massage d’assouplissement. C’est le massage mixte, ou abdomino-vaginal, qui est le plus en usage. Quelle que soit la rigidité initiale des parois abdominales et vaginales, il y a un espace où les deux mains arrivent toujours à se rencontrer. C’est dans la région sus-pubienne, immédiatement derrière la symphyse. La main qui est à l’extérieur se place sur le mont de Vénus et les doigts tournés du côté de l’ombilic. L’index et le médius de l'autre main pénètrent dans le vagin ensemble, s’il est assez grand, successivement s’il est étroit. Une fois les deux doigts engagés, on les place le dos contre le périnée et la face palmaire contre la paroi vésico-vaginale. La commissure antérieure se trouve ainsi hors de portée des mouvements qui vont être exécutés. Les mouvements (frictions, pressions, malaxations devront toujours être lents et soutenus. La main abdominale refoulera les tissus directement, de haut en bas, et la main vaginale les repoussera de bas en haut. On commet généralement la faute de trop plonger avec la main abdominale et de ne pas assez soulever avec la main vaginale. Chacune d'elles doit faire une partie du chemin. Immédiatement, derrière la symphyse, les mains ne sont séparées que par les parois qu’elles refoulent et par la vessie; mais un peu plus en arrière, l'utérus, s’il est dans sa situation normale, s’interpose entre elles. L’antéversion est la position qui se prête le mieux au massage de l'utérus, c’est, celle où il faudra arrivera le ramener.
Dans la métrite chronique et dans toutes les affections autres que des néoplasmes qui ont déterminé l’hypertrophie de l’utérus, on procède de la façon suivante : une fois l'organe couché en avant, les doigts qui sont dans le vagin le soutiennent et l'immobilisent, pendant que la main externe pratique une série de frictions sur sa face postérieure, puis elles cherchent à enserrer le fond entre les doigts de manière à le comprimer d’une façon concentrique, comme dans la manœuvre obstétricale de l’expression.
S’il existe une infiltration du tissu cellulaire péri-cervical, c’est la main externe qui fixe et abaisse la matrice pendant que les doigts font des passes lentes et douces autour du col. Pour masser la marge de l’utérus, les deux mains, après s’être réunies sur le côté de l’organe, le refoulent latéralement ; la région latérale devient ainsi plus médiane et plus accessible. Les brides se trouvent, en général, sur les parties antéro-latérales unissant l'un des côtés de l’utérus avec la séreuse pelvienne, du même côté ; elles se tendent quand on attire ou on repousse l'utérus dans le sens opposé. Au moyen des mouvements communiqués, on arrive assez facilement à déterminer leur point d’attache. Le massage consistera à malaxer les régions où siègent les brides pour les faire résorber et en mouvements imprimés à l’utérus pour le dégager de ces liens.
3 SrxPFER [Traité de Kinésithérapie gynécologique, Paris, 1897) ajoute au massage des mouvements de gymnastique et donne à l’ensemble du traitement le nom de kinésithérapie gynécologique. Pour l’exécution des mouvements de gymnastique, il s’inspire directement de Brandt. D’après les effets produits sur la circulation abdomino-pelvienne, la gymnastique est décongestionnante, congestionnante, indifférente.
Dans tous les mouvements de gymnastique décongestionnante, la paroi abdominale doit
TRAITEMENT DE LA PÉRI-MÉTRO-SALf INGITE.
résorption des produits plastiques. Quand il y a prédominance de l'élément douleur et que cette dernière all’ecte le caractère névralgique, l’électricité faradique pourra rendre des services.
être au minimum de tension. Exemple : la malade étant couchée le siège élevé et les jambes fléchies, on lui fait exécuter des mouvements actifs d'abduction et d’adduction de la cuisse en s'opposant à ces mouvements; il ne faut jamais aller jusqu'à la fatigue.
Dans tous les mouvements de gymnastique congestionnante, la paroi abdominale est tendue au maximum. Exemple : la malade est assise inclinée en arrière, la tête appuyée, elle fléchit et étend la cuisse, le médecin s’opposant au mouvement; ou bien la malade à genoux se cambre en arrière; le pas de gymnastique sur place est encore un mouvement congestionnant. La gymnastique indifférente comprend les exercices d’assouplissement des membres et du tronc, les mouvements positifs et actifs imprimés aux extrémités, les exercices de mouvements respiratoires. Les mouvements décongestionnants sont les plus employés ; ils sont indiqués dans les métrorragies, les œdèmes abdomino-pelviens, etc.
Stapfer a donné des règles précises de kinésithérapie pour les diverses affections utéropelviennes: des descriptions détaillées et des figures explicatives permettent de répéter aisément tous les mouvements recommandés.
Cette thérapeutique est parfois un adjuvant précieux: mais elle ne saurait avoir l’ambition de se substituer à toutes les autres.