‹ Traité de gynécologie clinique et opératoireChapitre 58 sur 217 · SYMPTOMES DES KYSTES DE L’OVAIRE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DES KYSTES DE L’OVAIRE

diminution ou retard; et une fois sur huit, irrégularités, douleur ou augmentation. On a remarqué que la ménorragie n’est pas rare dans les cas de kystes inclus au voisinage immédiat de l’utérus. Après la ménopause, on a noté du côté de l’utérus des phénomènes congestifs, amenant la réapparition d’un écoulement sanguin plus ou moins irrégulier1 qui a fait croire au retour des règles. Parfois enfin, sous l'influence des tumeurs ovariques ainsi que des tumeurs utérines, on voit se produire une modification réflexe du côté des seins, qui se gonflent et dont l’aréole se pigmente comme dans la grossesse. On a vu survenir la sécrétion lactée, même chez de très jeunes filles.

La stérilité ne serait certaine que si les deux ovaires étaient pris, et on sait que les kystes de l’ovaire compliquent souvent la grossesse.

Il faut distinguer les phénomènes de compression du début de la tumeur qui ne se montrent que lorsqu’elle est enclavée dans le petit bassin (kystes inclus dans le ligament large et rétro-péritonéaux) et les troubles de compression qui se produisent à une période avancée de la maladie, quand le kyste agit par son poids et par son volume plus que par ses connexions.

La compression de la vessie amène assez souvent l’incontinence d’urine, au début des kystes inclus dans le ligament large; d’autres fois, c’est du ténesme et de la dysurie; des douleurs très vives par compression des nerfs peuvent se montrer dans les mêmes circonstances. Le plus souvent, ce n’est que dans les dernières périodes du développement de la tumeur et quand elle distend l’abdomen que les troubles dus à la compression se prononcent; on peut encore alors voir apparaître les troubles vésicaux, des envies fréquentes d’uriner, par effacement de la capacité du réservoir urinaire. La constipation est la règle, par compression du rectum et gène des phénomènes physiologiques de l’effort; l’obstacle apporté à la dilatation normale de l’estomac et aux mouvements de l’intestin est une cause d’anorexie, de vomissements, et contribue à amener le marasme. Dans les cas où la tumeur remonte très haut, le jeu du diaphragme et même des côtes peut être gêné, d’où une dyspnée et une cyanose très pénibles. Une autre cause de dyspnée, qui vient souvent se joindre à la première et qui est parfois méconnue, est celle qui résulte de la compression des uretères et de l’urémie chronique qui en est la conséquence. On ne saurait trop insister sur l’importance capitale de cette complication, ni la trop rechercher par l’examen attentif des urines2. Les affections cardiaques qui ont été notées en pareil cas sont peut-être sous la dépendance indirecte des altérations rénales. J’ai assez longuement

1 F. Terrier, Revue de Chir.. 18X1, p. 1.

2 Ai.ban Doras. Tumours of Ihe ovary, etc., Londres, 1884. p. 152. — Terrier. Ovariotomie, mort par péritonite; lésions des reins et albuminurie légère ( Union méd ., 1887, p. 224).

KYSTES DE L’OVAIRE

insisté surce sujet, dans le chapitre relatif aux cours fibreux, pour être dispensé d'y revenir ici. Les varices, les hémorroïdes, l’œdème des extrémités ne méritent qu’une simple mention, ainsi que les vergetures et les éventrations.

Pour peu qu’un kyste acquière un certain volume, l’épithélium cylindrique qui lui sert de vernis protecteur se desquame par places et, dès lors, des adhérences se produisent sous l’influence des frottements. C’est surtout à la paroi antérieure, la plus directement en contact avec un plan résistant, qu’elles se forment, mais elles peuvent atteindre tous les autres organes contenus dans le ventre. Ce travail de péritonite partielle se fait sourdement, sans réaction fébrile, à moins d’être provoqué par un accident survenu du côté du kyste, torsion ou rupture, cas où tous les signes d’une inflammation plus ou moins violente peuvent se manifester.

L’état général s’altère rapidement. Deux facteurs principaux concourent à amener le dépérissement des malades; la compression des divers segments du tube digestif qui, jointe à la dyspepsie d’origine réflexe qu’on observe dans toute maladie utéro-ovarienne, empêche la réparation des pertes incessantes de l’organisme; la compression des uretères qui, alors même qu’elle resterait longtemps sans produire l’albuminurie, n’en trouble pas moins fortement l’uropoièse, avant d’êire cliniquement reconnue, et contribue à la dénutrition; toutes les autres compressions qui font souffrir la malade et la privent de sommeil agissent dans le même sens. Les femmes deviennent alors très émaciées, mais sans que le prétendu faciès ovarien, auquel certains auteurs ont voulu donner une valeur presque pathognomonique, ait, en somme, rien de très spécial.

Accidents. — Inflammation. Suppuration. — L’élévation temporaire de la température et la sensibilité du ventre chez une femme atteinte de kyste de l’ovaire sont des indices d’une inflammation vive, soit autour du kyste, soit dans son intérieur; mais il n’y a que la suppuration du kyste qui donne lieu à des accès réguliers de fièvre intense, avec frissons et sueur, accompagnés de douleur locale vive. On trouvera ordinairement dans les commémoratifs la raison de ces accidents (contusion, ponction, appendicite, etc.).

Torsion du pédicule. — Cet accident a d’abord été signalé par Rokitansky1. De nombreux travaux ont été faits depuis, sur ce point spécial. Thornton2 les a résumés, en y ajoutant le fruit de sa grande expérience personnelle. Sur 600 ovariotomies, il a observé la torsion du

1 Rokitansky. Ueber die Strangulation von Ovarial-Tmnoren durch Achsendrehung ( Zeitschr . dcr /,. Gesellsch. < 1er Aerzte, Vienne, 1865).

2 J. Knowsley Tiiounton. Rotation of ovarian tumours, ils etiology, patliology, diagnosis and treatnient [Amer. Journ. of med. Sciences, oct. 1888, p. 557).

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