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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES VAGINITES

2 3 La vaginite des petites filles et des vierges est très souvent le résultat de l’infection blennorragique méconnue, dont je viens de parler; alors, le vagin a été, ordinairement, mis en état de réceptivité par un exanthème, rougeole, scarlatine, etc., qui a affaibli tout l’organisme et desquamé l’épithélium1.

Mais il existe une vaginite non spécifique, vraisemblablement due au développement de simples saprophytes, chez les enfants affaiblis ou dont l’hygiène est négligée; j’ai indiqué le rôle éventuel des oxyures chez les petites filles, et de letroitesse de l’orifice hyménal chez elles et chez les femmes vierges. Elle constitue une prédisposition organique analogue à celle du phimosis congénital dans la production de la balanite pour le sexe masculin.

5° La vaginite des femmes enceintes n’est parfois que le réveil d’une ancienne gonorrhée; mais elle peut aussi être non spécifique, et cependant donner lieu à des phénomènes intenses, végétations, écoulement, etc. 11 s’agit, sans doute, alors, d’infection par des staphylocoques ou des streptocoques2. Quant à la vaginite septique des femmes en couches, ce n’est point une espèce morbide définie; c’est une simple manifestation locale de l’infection générale, se traduisant, là comme ailleurs, par la tendance à la suppuration et à la mortification; souvent il s’agit d’une infection mixte puerpéro-blennorragique.

4° La vaginite de la ménopause et des vieilles femmes affecte généralement une forme anatomique qui en fait une affection un peu spéciale; l’absence de soins hygiéniques et une prédisposition diathésique (herpétisme) peuvent être ordinairement invoquées pour en expliquer la production.

Anatomie pathologique. — Il est rare que le canal vaginal soit atteint dans toute son étendue : cela peut s’observer pourtant, dans le

le gonocoque de Neisser. Dans aucun des 7 autres cas il n’existait d’urétrite. Il a pu s’assurer que la contagion s’était produite dans la famille ou à l'hôpital par le linge, les vêtements, etc. — Pott. de Halle (Congrès gyn. de Halle, in Centr. f. Gyn., 1888, n° 26. p. 422), a observé, en douze ans, 86 cas de vulvo-vaginite sur un total de 8481 petites filles qu’il a examinées, savoir : avant 5 ans, 56 cas; de 5 à 10 ans, 25 cas; de 10 à 15 ans, 7 cas. Cette alfection était blennorragique, car l’examen fait par Cseiu et Israël a démontré des gonocoques. Il ne croit pas à la fréquence de l’inoculation par viol, mais bien à la contamination par les draps de lit, quand les parents et les frères aînés^ couchent avec les enfants ; cette inoculation se fait ainsi bien plus facilement chez les petites filles que chez les petits garçons. — Prochowmk [Ibid., p. 425), sur 21 cas de blennorragie chez des petites fdles, a trouvé le gonocoque 17 fois. — Veii.lon et Halle. Étude bactériologique des vulvo-vaginites des petites tilles [Arch. de Méd. expér. et d'Anat. path., 1896. t. VIII, p. 281), dans 21 cas de vulvo-vaginite des petites filles ont trouvé, à l’aide de l’examen bactériologique et des cultures, 17 fois le gonocoque.

1 Dusca ( Loc . cil.) note expressément que les petites filles les plus exposées à l'infection gonorrhéique sont celles qui ont été atteintes de scarlatine. — F. Spath [Loc. cil.) fait une remarque identique; ce qui constitue, alors, la preuve que l’affection est blennorragique, c’est la présence du gonocoque dans l’urétrite concomitance.

* F. Laeoref.. De la vaginite granuleuse chez les femmes enceintes. Thèse de Paris, 1895.

VAGINITES.

stade aigu d'une inflammation provoquée par une blennorragie récente, par un exanthème, par une vive irritation locale (injection caustique, traumatisme). On trouve alors toute la muqueuse boursouflée, rouge, recouverte de mueo-pus. Le plus souvent, c'est par ilôts

ou par plaques que procède l’inflammation du vagin. On observe des zones malades alternant avec des zones saines.

G. Rüge* a distingué trois formes de vaginite, au point de vue de l’anatomie pathologique : 1° la vaginite granuleuse, 2° la vaginite simple, 5° la vaginite sénile ou des vieilles femmes. On peut y joindre 4° la vaginite emphysémateuse, lésion rare, mais dont on ne saurait faire une entité morbide séparée du cadre des vaginites.

1° Vaginite granuleuse. — C’est la forme la plus fréquente : on l’observe également dans les périodes aiguë ou chronique. Le revêtement épithélial est épaissi, surtout dans ses couches profondes que les réactifs colorent plus fortement. Les papilles sont hypertrophiées, infiltrées de petites cellules, et arrivent, par la disparition des espaces qui les séparent, à se fusionner et à former de petites masses qui constituent la granulation. Il peut se faire que l’épithélium qui les recouvre s’amincisse et prenne un aspect granuleux qui le fait confondre avec le tissu même de la granulation; on serait porté à croire

alors qu’il s’agit d’une formation folliculaire, tandis qu’il ne s’agit que de transformations survenues dans les papilles et dans l’épithélium de revêtement, avec augmentation du réseau capillaire (fig. 696).

2° Vaginite simple. — La surface épithéliale reste lisse, mais s’épaissit par places; dans les points où elle est le plus amincie, les papilles sont tuméfiées et le tissu sous-jacent présente une infiltration de petites cellules. Mais la prolifération est bornée à la couche épitlié-

1 C. Rüge. Zeilschr. /. Gcb. unü Gy»., 1871). t. IV. p. 1Ô5.

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