SYMPTOMES. DIAGNOSTIC DES KYSTES DU VAGIN
senter à la vulve et la dépasser comme une cystocèle, si elle siège à la partie intérieure du vagin.
Lorsque le kyste a acquis un certain volume, il existe une sensation de pesanteur et de gêne pendant la marche. La leucorrhée peut être provoquée par l’irritation de la muqueuse, qui est exposée à l’air lorsque la tumeur est procidente.
Dans un cas que j’ai observé, un grand kyste unique coïncidait avec un cloisonnement vertical du vagin, ce qui semblait témoigner de son origine embryonnaire.
Les kystes sont rarement assez volumineux pour porter un obstacle notable à l’excrétion de l’urine ou à l’accouchement. Il serait possible, du reste, que ce dernier provoquât leur rupture, bientôt suivie de récidive
Diagnostic. — J’ai déjà parlé de la distinction du kyste du vagin avec la pachyvaginite kystique, caractérisée par la présence de nombreuses et très petites cavités creusées dans l’épaisseur ou à la surface de la muqueuse épaissie. Je rappellerai que cette dernière affection se
l'encontre surtout dans l’état de grossesse (quoique non exclusivement), et que les petites cavités contiennent du gaz qui s’échappe parfois avec bruit lorsqu’on les pique.
Les grands kystes du vagin forment, dans l'immense majorité des cas, une tumeur unique qui fait saillir la paroi antérieure ou postérieure du canal, à la manière d’une cystocèle, d’une urétrocèle ou d’une rectocèle, lorsqu’elle est située dans le tiers inférieur du canal. L’erreur sera évitée en combinant avec le toucher vaginal le cathétérisme ou le toucher rectal.
On pourrait, à la rigueur, confondre avec les kystes du vagin certains kystes péri-urétraux du vestibule, nés dans les cryptes qui entourent
Fig. 702. — Kyste de la paroi postérieure du vagin, en forme de poire dont la grosse extrémité venait faire issue à la vulve. (F. Jayle.)
' La rupture spontanée d'un kyste a été observée pendant la grossesse. Magxin. Kyste du vagin; rupture spontanée au 7' mois d'une grossesse; pas d'accident (. Journ . de méd. et de chir. prat., 1883, p. 184).
TUMEURS DU VAGIN
le méat urinaire. Ils dépassent rarement le volume d'une lentille, mais Preuschen en a observé un qui avait le volume d’une noisette. 11 n’est pas impossible que ces kystes proviennent encore du canal de Gartner1, à son extrémité terminale. Skene2 3 les fait dériver de deux glandes particulières, péri-urétrales, dont il a donné la description.
Les kystes du tiers supérieur du vagin peuvent être difficilement confondus avec de petites tumeurs siégeant dans le cul-de-sac de Douglas, ovaires prolabés kystiques ou non, trompes enflammées, noyaux de péri-salpingite.
On ne les confondra pas davantage avec Lentérocèle vaginale’ qui s’en distingue par la réductibi li té quand la femme est au repos, et l’augmentation de volume dès qu elle fait un effort.
On a parfois confondu avec les kystes du vagin des collections essentiellement distinctes, formées dans une cavité vaginale accessoire, résultant de la bifidité de l’organe par fusion incomplète des canaux de Millier. Lorsque cette bifidité, ce qui est le cas ordinaire, se poursuit jusqu’à la vulve, il existe deux vagins, dont l'un est, le plus souvent, plus ou moins atrophié; mais dans les cas exceptionnels où le second vagin est inférieurement terminé en cul-de-sac au lieu d’être ouvert, il constitue une cavité close dans laquelle s’ouvre supérieurement le second museau de tanche résultant de la bifidité simultanée de l’utérus. Cet état peut rester latent jusqu’au moment de la puberté; la poche qui se remplit de sang menstruel, donne alors lieu à un hématocolpos latéral, ou, si la cavité suppure, à un pyocolpos latéral. Comme la bilîdité du col est encore masqué]!, on ne soupçonnera pas tout d'abord la nature particulière de la collection vaginale, qui pourra être prise pour un kyste, jusqu'à ce qu’on l’ait ouverte et qu’on ail découvert le second museau de tanche, à la partie supérieure. J’ai observé un cas de ce genre où la poche pseudo-kystique avait suppuré et était devenue tistuleuse4.
1 J. Kocks. Ueber die Giirlner’schen Gange beim Weibe ( Arcli . f. Gyn.. 1882, l. XX. p. 487). — Ki.einwachtku. Ein lieilrag zur Anat. mut Path. des Vestibuluni Vaginæ ( l'rnt /. med. Woçh., 1883, n° 9). — Cette opinion a été combattue par Doiirn. Arch. f. Gyn., 1883, I. XXI. p. 328. — Voir le résumé de ces discussions dans Winckki.. Lchrb. der Frauenkr., 2' éd., 1890, p. 147.
2 À.-J.-C. Skene. TIic anatomy and patliology of l\vo important glands of the female urelbra (Amer. Journ. of Obstet., 1880, i. XIII, p. 265).
3 Ebeuhauht. Eiu Fa 11 von Enterocele vaginalis posterior (Cenlr. f. Gyn., 1894. p. 572). — Heinriciüs. Zwei Kiille von Enterocele vaginalis posterior Ibid.. 1896. p. 441). — Boursier. Sur un cas d’entérocèle vaginale postérieure (Ann. de Gyn. et d'Obst., 1896, t. XL Y. p. 277). — P. Berger. Sur un cas de bernie vaginale ou élythrocèle (Journal de med. et de chir. prat., 1896. t. LX VII. p. 530).
4 Cette inflammation ne provenait pas. du reste, de l'accumulation des règles, queue paraissait pas fournir la portion atrophiée d’ulérus, correspondant au petit vagin terminé en cul-de-sac. La suppuration avait pour origine une blennorragie du principal vagin, propagée sans doute au second vagin accessoire par l'intermédiaire du col de l'utérus où la cloison devait être incomplète.