‹ Traité de jurisprudence médicale et pharmaceutiqueChapitre 162 sur 187 · PHARMACIB. — 24 GERMINAL AN XI · texte numérisé non relu

PHARMACIB. — 24 GERMINAL AN XI

de médecine. Je no mëtendrai pas sur les bienfaits que Tari de guérir doit à cet établissement; je dirai seulement que le collège de pharmacie est la seule compagnie savante qui ait traversé la Révolution sans en éprouver les outrages : il est resté debout au milieu des ruines ; et tandis que les factions mettaient la patrie en lambeaux et renversaient les monuments du génie, les pharmaciens de F^aris s'assemblaient paisiblement pour se communiquer leurs lumières, faii^aient des réceptions, perpétuaient la science et conservaient parmi nous son feu sacré. Je me plais à leur payer ici le juste tribut d'éloges que mérite un si noble dévouement. Telle a été, citoyens tribuns, la police de la pharmacie sous le gouvernement monarchique. Je vais TOUS exposer maintenant les changements que la nouvelle loi opère dans cette partie, et les motifs qui paraissent les avoir dictés.

15. Vous avez vu que le collège de pharmacie de Paris était autrefois le seul établissement de ce genre où les examens et les réceptions fussent légalement constatés. Or cet établissement, déjà si peu proportionné aux besoins de la France sous la mon.irchie, Test encore moins aujourd'hui que la République a réuni de vastes domaines à son territoire ; il .est donc nécessaire d'établir plusieurs écoles de pharmacie chargées d'enseigner la théorie et de surveiller la pratique de c<ït art salutaire. — La loi du 19 ventôse dernier a créé six écoles de médecine. Le projet de loi qui vous est soumis crée également six écoles de pharmacie. — Ce nombre a le double avantage détre proportionné aux besoins publics et de mettre de l'harmonie dans cette partie de notre législation. Comme la médecine et la pharmacie sont sceurs. on vous propose de placer les écoles de l'une dans les mêmes Tilles où seront établies celles de l'autre, afin qu'elles puissent se prêter mutuellement le secours de leurs lumières, (-es six écoles de pharmacie réuniront au droit d'enseignement celui d'examen et de surveillance. Tel est l'objet du titre premier de la loi qui vous est proposée.

!G. Quelques personnes paraissent regretter que le collège de pharmacie, qui a rendu de si grands .services à l'art de guérir, ne soit pas conservé dans la nouvelle organisation ; mais il aurait donc fallu rétablir aussi la F'acultéde médecine. l'Académie royale de chirurgie et cette foule de corporations qui ne peuvent s'allier avec le génie de la Ri'^publique. I/intérêt général est toujours le but que doit se proposer le gouvernement ; or, lorsqu'il conserve et étend à toute la France ce qu il y a de bon dans les règlements particuliers au collège de pharmaci»\ les apothicaires de Paris regretteront-ils le futile priviIèL''e de former un corps ? — On a fait une autre objection contre le projet : on a dit que la foule d'élèves qui formeront le collège de pharmacie nuira aux progrès de cet art, et (fu'il conviendrait peutêtre de déterminer le nombre des pharmaciens qui pourront s'établir dan< les villes et dans les campagnes, afin qu'ils ne soient pas tentés de vendre dos médicaments détériorés ou mal préparés. Mais cette objection s'évanouit devant cette observation générale : les produits de lindustiio tendent toujours à se mettre en équilibre avec les besoins. Vous savez daillours, citoy«Mi.> tribun^, parce i\m se p.:sse dan*" ({uelquiM villes de France ou d'Allemagne, (jue la occurrence n einpêclie pis les phannacieas d'altoindrc à l'aisance, sans violer les

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règles de leur profession* Enfin les visites prescrites par la loi feront j rentrer les délinquants dans le devoir.

17. Le titre 2 fixe la durée des études â huit ans pour les élèves] qui étudieront dans des pharmacies légalement constittiées, eiàitii ans seuicmcnt pour ceux qui suivront les cours publics. La favetifj accordée aux derniers est fondée sur la nature même des choses ; car,.! comme l'a dit lV>rateur du .fjouvernement^ la théorie rend la prati/iuftj plus prompte et pins sûre, — D'ailleurs, cette faveur est un app qui attirera un L^rand nombre d'élèves dans les écoles ; elles enauri>nlj plus de splen fleur ; les élèves en sortiront plus instruits, et l'art sefl par conséqueiU plus partait — Il y a ici, entre Fancienne loi etlê^ projet qui vous est soumis, une différence qui parait être àlavinta'^'^e de ce dernier. Autrefois* Inspirant en pharmacie faisait un .ip*i prentissage de quatre ans, et servait ensuite les maîtres pendant «il Ces dix ans d'exercice n*étaient pas un t:*rme trop long dans temps où un apprenti était reçu à douze ou treize ans, et un mAJt en pharmacie à vingt-deux, c'est-î*-dire à tin Âge où il n'avait | encore beaucoup réfléchi. Mais, dans le nouveau projet, un élefl n'étant reçu pharmacien qu'à vin^rt-oinq ans accomplis, et lorsque i raison est dans toute sa force, il pourra commencer ses études k diï*'' huit ans, c est-à-dire à un à^e voisin de celui où rappreiili éuit autrefois reçu maître. Ainsi la préparation des médicaïuents tw ^er* plus conlxée à une jeunesse sans expérience.

1S. Le titre 3 rèfjrle le mode des réceptions* La loi sur lexcrcice delà médecine a établi deux sortes d'examens : l'un pour les doct^'u faits par les écoles, et l'autre pour les olficiers de santé, faits p:if !« jurys des départements. On a suivi cette règle dans le projet de î sur la pharmacie, avec cette différence que les examens des detiij classes de pharmaciens seront les mêmes, parce qu'il n'y a qu'an bonne manière pour préparer les médicaments. Le nouveau pro}d parait aussi avoir en celte partie une grande supériorité «ur li anciens rcgloments. Les aspirants, il est vrai, subiront, comme »it-1 trefois» deux examens : le premier sur les principes de lart; le fêcond'l sur la botanique et Ihistoire naturelle des drogues simples* ell« troisième, qui durera quatre jours, sur la pratique. Mais comioeli gouvernement nommera les professeurs et les docteurs qui présideront aux réceptions, on en verra disparaître Tindulgence et la pArlo* lité, qui n'y régnaient que trop souvent.

19. Les anciennes lois permettaient aux veuves de continuer ^«)•^ cice de la pharmacie ; le silence que le nouveau projet giirde à Cfi égard a paru frapper quelques esprits. Mais vous observerez, citoyfw ti^ibuns, que la pharmacie étant, comme je l'ai déjà dit, moina ua métier qu'une profession savante, doit être, par cette raison, tûte^ diie aux femmes, D ailleurs, le projetde loi n empêche pas les veuAt* d'associer h leur commerce des pharmaciens légalement reçus»

21). Le titre i, qui comprend la police de la pharmacie, renouvcU les anciennes lois dont lexpérience a démontré la bonté* et y a/o ' de nouvelles dispositions é^'-alemcnt nécessaires, lldétcrnîirîf*!** que les pharmaciens seront obligés de suivre pour légalement leur réception. Les élèves reçu?» par les v^ s^établir dans toute la Hépublique, et ceux qui »eronl reçus par

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