‹ Traité de jurisprudence médicale et pharmaceutiqueChapitre 59 sur 187 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

méprisant la vérité psychologique, ne doivent le détourner de Ikt de sftVAnt et de 8on devoir do témoia. Son devoir est de la vérité, la société fera ensuite de cette vérité ce qui lui

\ aont là des exagérations*

m a on penchant naturel à élargir le cadre de son i ; le médecin tend à jnger, le juge tend à faire de la science, mu grand détriment de la justice» Il n'est pas toujours I de tirer des constatations scientifiques une constîquence bien et bien précise. Un médecin habile déterminera aisément et la nature de faits psychologiques certaina ; mais il faudra en préciser les causes et les résultats, il devra se er avec la plus grande circonspection. L'expert doit se à fournir, dans la cause, des renseignements de la valeur |Qeb Ifl magistrat reste juge.

I9r7. Un sieur Dunand^ frotteur, demeurant à Paris, et âgé de

ans, est poursuivi pour avoir volé plusieurs mouchoirs.

Teet malheureusement Yrai^ dît-il, chaque fois que je vois

S mouchoir qui sort de la poche d'une femme, il faut que je le

ïkù i c'est une passion folle, irrésistible I.,- d

docteur appelé à examiner finculpé au point de vue

[ital fournit un rapport qui porte, en substance :

Le sieur Dunand est atteint d'infériorité intellectuelle évidente, phénomcncs émotifs, impulsions subites au vol» et perversions siaques.

Cet individu, né en Savoie, fort peu développé mentalement, est ûeimpressioiinabililé maladive ; il s'émeut, sse trouble, et tremble i moindre occasion ; ou bien il devient anxieux, prend peur sans lifs, ne se possède plus et est exposé à déférer maeiiinalemcnt à lyremière suscitât ion venue. Ses actci^ sont alors imprévus, ins« Ettfs, inconscients.

Semblable «H tant de sujets débiles presque fatalement entraînés Ht la voie des impossibilité-^, placé sous 1 empire dappétits sexuels cU, il se bent subitement envahi par une sensation erotique I à la vue d'un mouchoir qui sort do liv poche d une femme ; il > te mouchoir t te place....

^i hhtï»tuire clinique de la folie erotique renferme les exemples les iétranjyres et les plus abjects en fait de déret^dements et de perl^epuis le trop célèbre marquis de »Sade, qui fut cnlcrmé à iMon. jusqu'à l'inculpé l)iinand, on a pu noter toutes les obscé- ► le» pÏMfi mvrat^sernblablesel les plus délirantes, II y a des aber- ËotiM qui !He constatent, mais qui ne peuvent s'expliquer. ^1 Duaând neM point un voleur, mius il est un erotique ; il ncët Unt un cit'iextx, il est un malade, t'ne punition nouvelle ne saurait r; les châtiments n ont jamais triomphe de ta folie. »

BXPËBTISES EN ll4TlàRB CRIUmKLLB.

Le prévenu est acquitté (!)•

Noos ne demandons pas mieux qne de croire à la folie érotîq de Dunand, mais nous craignons qu'en sortant libre de Vi dience il se soit irrespectueusement félicité du savant rapport qi Fa sauvé de la prison. Voilà un nouveau genre d^excuse pourra faire école, et nous ne désespérons pas de voir bkcitM 1 caissier qui part pour la Belgique, emportant le portefeoilki son patron, dire, s'il estpriSj qu'il a cédé à une folie erotique, i sa passion pour les billets de banque n*est que le résultat d*tj perversion génésiaque excitée par la vue des personnages qui sont gmvés, qu'il les place où Dunand mettait les moue jus(iu*à ce quUl les change pour de la monnaie. // j/ a dti oin^ rations qui se constaienty mais qui ne peuvent s' expliquer !

198. Billet Alfred, âgé de 30 ans^ garçon boucbefi est acoisj d'avoir tué sa femme pendant qu' elle écrivait^ penchée «nr table ; il Fa frappée de trois coups derricre la tête, à Faide d*i fort couperet de boucber. E a prétendu qu'elle Favmit elle^n frappé auparavant, ce qui n'est pas démontré. — L*accuâé s'i nait à l'ivrognerie.

Le docteur commis pour vérifier Fétat mental de Billet dcp ainsi devant la Cour d'assises :

« J ai examiné l'accusé peu de temps après le crime ; j'ai i en lui les signes caractéristiques de l*alcoolisme ; il »e ptMÎç d'être étranglé par le aang ; j'en ai conclu qu'il avait des peui épilepliques d'origine alcoolique, tl voyait, *iij<.ii7-t/. courir au de lui des souris et autres animaux^ marque certaine d aie Pendant les nuits qui ont précédé le crime, il aurait ressenti lentes douleurs de tête, et il m'a aillrmc que sa femme Favaiti a coups de botte sur le crâne. — Je rroi^i volontiers ,> sj honne fù^ qu'évidemment il se trompe, L accusé avait contracté Fhabit boire avant de venir à l'aris et, à une époque coneomitanie du( il n'allait plus au café, mais il prenait chaque jour, chex lui, quantités importantes de spiritueux; il était devenu violeat, 'îu caractère ditlicile et toujours dispose à commettre un acte de Ii lité. Dan» cet état, il iii\^U confidence de sea nctcJi, maia il hn impossible de se contenir. Lorsqu'il a frappé na femme, tLi matinée du l^ mai, il s'est parfaitement rendu compte de son ii mai^ Hi\ volonté était incapable de lui permettre de résister, / doncpaét irresponëabic, mais sa rescponsabilité ent limitée, •

Billet est acquitté (2).

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