BU MATIÈRE CRIMINELLE
Omprendre avec quel soin il doit peser tontes ses affirmations w^ni de les émettre, poar n'avoir pas à rougir plui* tard de sa igëreté et de son imprévovance.
Un jeaoe aocasë, le sieur Jean, v\eni répondre devant la Cour raasises k une accasatîon capitale : il aurait assassiné une vieille brame pour la voler. Diverses charges pèsent snr lui, en voici la principale : sur la blouse que, de son aveu, il portait le soir mâme do crirae, on a remarqué treize taches. — Un chimiste et un médecin oommîa dans T instruction affirment que ces taches ont i produites par du §ang humain,
y Taudience du 22 janvier 1^81, les hommes de l'art sont eniu»^ ils persistent dans les conclusions de leur rapport. Le dé* ar conclut alors à la nomination de nouveaux experis ; il cita ttnioB des auteurs les plus autorisés, Donné, DmgendoriF, Tardîeu, Briand et Chaude, qui tous enseignent qu'il est able de distinguer le sang humain, quand il est desséché, kfaai; des autres mammifères. — Les experts sont rappelés, le cin dit qu'en effet il a été téméraire en parlant de sang hu- P, qu'il aurait dû dire seulenient : mng de mammifère. Le » persiste dans ses affirmations. La Cour commet M, R,.., eur èfl sciences et pharmacien, pour donner son avis. Ce slimiisteAe présente aussitôt et établit qu'il est impos^ble^ étant bmiée une tache de sang desséché, de dire si elle provient d^uu
Kunain ou d'an autre mammifère, experts, rappelés encore une fois, déclarent. Ton et Tautre, |i|*fli frétaient trompés et qu'ils le reconnaissent. La Cour rend lors un mrtH qui ordonne une nouvelle expertise qu*elle confie à
E. Lhote, Brouardel et Bergeron* D 12 avril 1881, laffaire se présente de nouveau devant le , mais dans des conditions bien différentes. Tout l'intérêt de se résume dans Topinion des gens de Tart* M. le pro- Lhote la fait connaître à la Cour. Après avoir rendu I des examens chimique^ spectroscopique et microscopique, il a procédé avec ses savants confrères, il émet Tavis \ les premiers experts se sont trompés dans leurs premières BS ; il» ont été victimes d'une erreur, et ils ont pris pour kw globales sanguins des spores existant dans les taches. Dans caulL*s cas, en admettant que ces experts aient réussi à voir des Elobolea sanguins, rien ne justifie, dan» leur rapport, la conclu- Boni}» ces globules appartiennent au ?ang humain. On ne peut, ■aw Timmeuse majorité des cas, affirmer qne des globules de sang WaïamiDifère proviennent du sang de Thomme ou du sang d*uu
248 DES EXPBRT18BS EN MATIÈRE CIVILB.
antre animal de cette classe. On ne le pent^ exceptionnelleiiiMi^ que lorsqne le sang est frais on coagnlé en grosses maaso^oo emprisonné dans la graisse.
La conclnsion de M. le professeur Lhote est qu'il était impoisible de démontrer que les taches de la blouse de Taccusé fomà faites par du sang, et surtout par du sang humain.
M. le docteur Brouardel confirme la déclaration de son ooofrère.
M. le docteur Bergeron, récemment nommé doyen delà Faculté de médecine de Lille, ne peut se présenter, mais il i signé le rapport de contre-expertise, d'accord avec ses deox collègues.
Le ministère public déclare qu'à la dernière session il avait mu conviction énergique de la culpabilité de Jean, convicdon buii sur l'expertise relative aux taches de sang, mais qu'en préaeiMi des conclusions des nouveaux experts, un doute s'est fiûtjov dans son esprit. H relève néanmoins toutes les charges d6 ^a^ cusation. Mais le jury rend un verdict négatif, et Jeanelia^ quitté.
Si l'avocat, M. Froidefond des Farges, un ancien et très hoii>' rable magistrat, n'avait pas, dans sa pratique judiciaire, étudié hi traités de médecine légale cités ,par lui à la première s'il n'avait pas aussi vivement insisté et obtenu une expertise, il est vraisemblable que raccusé,qui peut fort bien te innocent, aurait été condamné sur les affirmations inconaîdérto des premiers experts (1).