CHAPITRE UI
' Des Piedt ou MomfiUa.
. Les pieds sont les moments du mouvement* L^acceni touiipie et eu sonsordre Taocent d^appui constituent, dans renonciation des mots, des tems forts ^ qui semblent porter les autres syllabes. U se forme ainsi, daprës la position des accents, un enclUisme ou penchement des syllabes faibles sur les syllabes fortes, et par conséquent, divers groupes de syllabes, qui reçoivent le nom de pieds. Ainsi chaque pied doit contenir un tems fort, c^est-à-dire une syllabe accentuée.
Nous donnons le nom de pied à ces groupes de syllabes qui fractionnent et forment le vers, parceque le vers semble marcher par leur moyen; une; période est effectivement une espèce de course orale. Il n^ a pas de rhythme sans une succession de tems faibles et de tems forts. Chaque moment du mouvement doit donc avoir au ijdoins un tems faible et un tems fort Le pied est donc dans les vers à pea près ce qu^est la mesure dans la musique.
U faut distinguer deux espèces de pieds, les uns mascaliM» les autres féminins; les premier» «QioJL^i^minés par une syllabe ma8cu\\tk« oix «kcm«B&^^^s ^^v
finissent par un accent; les seconds finissent en e muet ou eu faible, lequel doit toujours être précédé d'une consonne et suivi d'une autre, qui le fassent devenir une vraie syllabe; en conséquence Xe final de rue et autres désinences semblables ne peut jamais compter pour une syllabe. Cette finale féminine ne peut compter comme partie du pied suivant, à moins qu'elle ne soit absorbée par la voyelle initiale du mot qu'elle précède: en effet, dans le premier cas elle est une enclitique de la syllabe qui la précède, et non une proclitique de celle qui suit ; maii elle est, dans le dernier cas, comme si elle n'existait pas. Le mètre suivant ne saurait donc être coupé ainsi: „I1 remuait | à pei\\iz son bâton | d'ébène."
mais le suivant vers de Chénier est juste, coupé ainsi: „I1 remuait | à pein\e une lèvre glacée."
en effet ie qui termine peine est absorbé par Vu
d'i^ne qui suit. Voici des vers qui renfermjBnt des
pieds de Tune et l'autre sorte :
y. Ami, I depuis | trois jours \ tu nV* | d'aurime /l^te, Dit-^lle; | que fais-^u.'^ | Pourquoi \ veux-tu \ mourir? Tu souffres; \ l'on me dit \ que je peux \ te pi^ir,
A. Chenier. Le Malade.
Proprement il n'y a des pieds que de deux et
de trois syllabes, puisque deux et trois sont les deux
seuls nombres que l'on ne peut diviser que par l'unité,
et qu'une seule syllabe ne peut former un pied. Les
pieds de plus de trois syllabes sont donc complexes
et dérivés.
'■" ht pied de deux s^yllabes ou binaire ne peut avoir
qu^un accent
„Soii/^Y|e en/?» | ton front \ cicatrisé.'"
Beranger. Les Enfants de la France.
Le pied de trois syllabes peat avoir deux accents toniques; Tnn placé sur la première syllabe, Pautre sur la dernière. Cela constitue deux espèces de pieds ternaires ou trisyllabiques, Fun à un accent, rautre.avec deux.
„Tu «ottffres; | Ton me dii \ que je peux \ te guér/r."
A. Chénier.
.,L'iiii yielllard \ Vautre enfarU | non pas des plus petits."
La Fontaine.
Le pied de quatre syllabes est un dérivé du pied
binaire. Il doit avoir deux accents, dont le premier
peut être accent d^appui.
•,^re et fameux | esprit, dont la fertile reine..."