CHAPITRE IV
De» Mètres, ou de la Prose et de Fers,
La phrase mélodique simple est une suite ininterrompue de groupes syllabiipies^ dont Tensemble produit une sensation agréable; elle recevra ici le nom de mètre: elle est à Toreille ce que la proposition logique est à Fesprit.
Une soccession de mëtres, concourant à un même mouvement rbythmique, sera nommée un métrhtne; le métrème est & Toreille ce que la période logique est à Fesprit.
Les mètres, ainsi que les métrèmes, sont de différentes tongneurs. Lorsque les mètres se suivent en toute liberté, sans placement fixe ni retour périodique d'une syllabe forte, c'est-à-dire des accents dans certaines langues et des syllabes longues dans d^autres, le discours formé par eux s'appelle prose. Si ces phrases mélodiques sont rbythmiques dans tonte la rigueur du terme, elles reçoivent le m>m de vers.
Je ne connais pas de raison absolue pour borner la longueur des mètres: mais la voix et Toreille se fatiguent de mètres qui ont plu» d^ V^ «^>X!iiN&«^\ V plus Anrie niison, s'il s-agîl tfua ^Qt% ou \si^Vc^ "c^
glé. On peut remarquer que 16 est un nombre symétrique, au point de vue jrhy thmique : en effet le plus long pied est celui de 4 syllabes, comme c'est aussi le chiffre du vers le plus court; et 16 est 4 élevé à sa première puissance, cVst-à-dire multiplié par lui-même.
Les versifications rhythmées par Taccent ne sWi commodent peutétre pas aussi bien des longs yen que les langues quantitaires. £n effet, plus le mètn est court, plus l'accent a de vivacité, et par conaé* quent d'effet. L'ornement de la rime, ainsi que nm Pavons remarqué, contribue encore à la courtes^ des vers.
Huit syllabes, c'est à-peu-prës tout ce que nous pouvons prononcer sans reprendre haleine. . Cest sans doute pour cela que nous n'avons pas de mot qui ait plus de 8 syllabes: înconstUutionalUé* Tout vers de j>lus de huit syllabes renferme dono nécessairement une pause. Comme en français la finalité phrasale renforce l'accent tonique, une pause coSncide toujours avec un accent. La combinaison fréquente de ces pauses avec un accent interne fixe, divise le vers en parties que Ton nomme hémisHches.