CHAPITRE I
Origine étymologique et fonctiô0 de ^accent,
\^K quantité et Taccent proprement dit reposent dan$ Forigine, dit M. Bergmann, sur le même principe et „ tendent dans leur application au même but, c*est-à-dire „ à désigner par une marque distincUye les syllabes, qui „pour une caose quelconque, sendblent atoir inné plus „ grande importance que les autres. Pour désigner ces syllabes sur lesquelles il &ut appuyer, la langue a deux moyens à sa disposition:, dabord la quantité, qui iQfur: „quc ces syllabes par la durée ou la tenue de la voix, „et ensuite Faccent, qui les distingue et les fait ressor- „tir en les prononçant d*un ton plus élevé.' — Cottiàie „ chaque partie du mot, prise séparément, peut avoir <mé ,, importance plus on moins abselne oo relative, en rai* „son de sa sîgniOcation, logique. -et grammaticale ou ^de ,, sa forme extérieure et matérielle et par suite de, milfe „ circonslances fortuites, Temploi de Faccent et de la '„ quantité a dû se diversifier à Finfini. La quantité et ., Faccent se sont partagé leurs nombreuses fonctU^tt&v ^ „tout en poursuivant le mèmeWl ^«x âA% ^^\sàs^% ^&''
„férent6, ils restent entièrement indépendants Tun de „rautre: de même qu'en musique la durée et Fclévation „des tons sont complètement séparées Tune de Tautre, „mais contribuent néanmoins au même effet, qui est Thar. „monîe ou Tagrément musical. '^ (Poèmes tirés de TEdda. Paris 1838, în-8. p. 109. et 110.)
Voilà quelle est en effet la fonction normale de l'accent dans les ; laAgues de première formation telles que le grec^ le latin et Fallemand. La pensée alongeant et modifiant les radicaux par Tadjonction et Fadhérence constitutive des mots affixes, il devint nécessaire de donner une plos grande force de voix à la syllabe qui contenait la notion importante. Cela suppose, comme on le voit aisément, une dérivation réguliëi^^'et palpable.
Mais les langues néolatines, langues de seconde formation 9 se sont trouvées dans un cas nouveau. La déformation qlie les organes des barbares firent subir au latin, effa^ toute évidence étymologique dans les mots, bouleversa la .métrique, et ne laissa aucun moyen de reconnaître les analogies familiales de la dérivation antique. Chaque mot latin dérivé ou composé cessa d*étre une forme renfermant à la fois une notion générale et une notion subordonnée ; chaque mot^ en bloc, fut en soi et isolément le représentant d'une idée. De là naquit objectivement et forcément le caractère analytique des langues dérivées, telles que ritalien, Tespagnol et le français.
^ Dans ses Recherches sur les formes de la langue française^ Pallot a touché avec justesse et nettement caractérisé la fonction de l'accent:
„Les langues, dit-il, qui ont des désinences générales
,, bien déterminées, peu nombreuses et d'un emploi très- „ constant et très-commun, bien nettement séparables de „la racine à lacjuelle elles se suffixent, ne peavçnt pas
*„ mettre Taccent tonique sur la dernière syllabe des mots, „ou ne peuvent Vy mettre qu'en des cas d'exception; le
-,, contraire serait presque absurde, puisque l'accent 'de „ porterait jamais que sur des syllabes d*un emploi et „ d'une signification secondaires, des syllabes de flexidn.
,,Dan8 les langues dériyées, Taccent tonique 4u |n<^ „est placé sur celle de ses syllabes qui appartient en „ propre à la langue, et qu'elle a modifiée ou fait fléchir „pour s'approprier ce mot. Ainsi, en français, des mots ,y\ai\n8 /rïtternitas^ conscriptio, quî ont l'accent toiniqùe sur Tantépénultième, nous avons Mi fraternMé ,' conscription, qui ont laccent tonique sur la dernière syt .,labc. C'est qu'efTectlvemept c'est cette dernière syllabe „qui est proprement fi^ançaise, n'appartenant qu'à notre „ langue, la distinguant et de la langue, mère et des dé- „ rivées collatérales. \^2Ji% fraternité, les trois premières „ syllabes sont purement latines, appartenant également „à toutes les langues de la (amiliis latkie; tê «eol ect „ français, propre et particulier au fraiiçaia, formé par „lui et pour lui, le coin mis au mot dont il s'est f^a- „paré, pour se l'approprier et le reconnaître." {Recherches sur les formes gramm, etc., p. 448.)
Arrétons-oou8 sur ce point, car tout y est. Yoiià donc le fait bien constaté : le principe formateur de la langue francise ce n'est pas la nécessité d'une ci^tion première «t spontanée des signes de la pensée; elle n'est pas le résultat d'une glossopée nalarelle et essentielle, mais elle a pour principe fondamental une facilitation de la prononciation d'une langue antérieure, en un mot reuphonie. ,
Les eonséqnences de ce fait aout vna&fiDAft&v \^
seule qui doive nous occuper ici, c^esi la nouyelle importance de l'accent. Puisque l'évidence étymolo^que et le sens métrique sont perdus, l'accent est devenu l'estampille, le coin par lequel la nouvelle nation marque et reconnaît ses mots: c^est la qiûelle prent son plaisir. La longueur des syllabes n'est plus pour elle qu'un accident du langage, un élément à l'usage du* goût, et l'accent est devenu forcément lé fondement du rhythme.
Mais, dira-t'on, pourquoi les nouveaux parlants ont-ils conservé. aux mots un accent tonique? Selon le savant Guill. de Humboldt *), tout mot en soi doit avoir un accent tonique, et seulement un; avec deux accents, il se scinderait en deux totalités et formerait deux mots. En effet , tout vocable qui est un mot en soi, c'est-à-dire qui renferme une idée de substance, de qualité ou d'action, se distingue, par son importance^ des petits mots de rapport tels que les conjonctions et -les prépositions; et il a un accent tonique par le même principe logique qui en donnait un aux syllabes radicales dans les mots latins, et qui le refusait aux cas, aux désinences, particnles de rapport. De plus le besoin naturel du rhythme, indépendamment de telle ou telle combinaison des notions^ réclame impérieusement dans toute langue la présence d'un accent. La langue n'est pas seakment un instrument d'intellection, elle est aÀs0i= une musique.
*) WiLH. VON HuMBOLBT. tJBer die VerscMedenheîi i/érs mensreklicken Sprùchhaues^ p. \^^.
Mais la première phase de la langue accomplie, le nombre des mots retenus et déformés du latin, joint à quelques restes du celte et de Tallemand, étant assez considérable pour suffire au mouvement de la pensée populaire, la langue latine elle-même s^éloignant et s^effaçant de plus en plus , et Fesprit de la nation se développant par le cours naturel des choses: cette langue d^aocident et d^adoption commença à se faire une étymologie interne, conforme dans ses procédés <à la marche et au progrès <àe la pensée dans la nation nouvelle^: Cette opération ae fit par Tapposilion ^t Taffixion.
On put alors distinguer, dans les mots d/^ dérivation interne, la racine et la particule françaises; mais il fallait que cette distinction fut maintenue dans le parler. L^accent tonique avait déjà un caractère ei.une fonction déterminées; il ne pouvait pas servir à ce nouvel usage. Mjais la nature ne fait faute à aucun peuple dans la formation dea langues : la nécessité introduisit un nouvel accent, moins sensible qne le premier; c'est celui, qui dans cet p^vrage, recevra le nom d'accent iTappuii Tautre retiendra le nom d'accent loni^fue. .
CHAPITKE H.
Réfutât l'on n.
L'accent, dans sa signification ta plus générale, est une augmentation de la voix sur une syllabe^ relativement à celles qni la précèdent ou qui k auirent.
„C*e8t une ancienne maxime, dit d'Olivet, que piwr ^èien parler français ^ il ne faut point i^voir éTae- ^^eent. Par U, sans doute, on n'a fas yonln nous faire „ entendre qu'il fallait être monotone. On a seulement „ voulu dire qu'il ne faut point avoir Taccent de telle on ^ telle province, car chaque province a le sien." (Pr^ sodiê française^ art. 2., p. 41.) '.:
Avoir de Faccent n'a pas effectivement un autre sent: accent est un de ces mots, qui dans certaines phrases faites, se prennent en mauvaise part, sans * qu'il soit besoin d'y joindre une épithëte déterminante; accent, dans la bouche des gens du monde, signifie aussi bien justesse ou fausseté de la prolation littérale, que caractère et place de la modulation. Interpréter la phrase précitée avec la rigueur de sens du mot accent dans la linguistique moderne, ce serait donc s'abuser. L'Académie, avec le bonsens simple qui caractérise la plupart des articles de son Dictionnaire, a entendu de même cette acception
particulière du mot accent; on y lit sous ce mot:
„I1 se dit particulièrement et absolument. d« la proa<Mi- ., ciation des personnes de province, par opposition à „ celle des gens instruits de la capitale. Pour bien ^^parler^ il ne faut point avoir é^accent,^ (Alinéa le, édit, de 1835.)
Avoir de V accent signifie donc, ebtiiiiie= Ta ti*ès-
bieti explî<pié d'Olivct, avoir Tacterii de telle ou
telle -province, £n ce sens^il ne faut point avoir
d'accent; mais hors de là 9 sous peine de très-mal
parler ou même de pas parler du tgrut, il J^aui avoir
un accent. Mais FAcadémie mémi^ nous fournit un
témoignage authentique de ce qu^ellé pensait de Fac-
cent tonique français, il y a cent^cinquante ans. Vers
le tems ou paraissait la première édition de son
Dictionnaire f elle ch^geason secrétaire perpétuel
Regnicr-Desmjurets de composer une Grammaire; on
y lit le passage suivant:
„Noftre Langaè n'a proprement èac<ï<ë|it qne sur la der-
„nière Sylkhef;' dans lee mots dont la terminaison est
„ masculine; èl sur k pénultième, dans ceilx dont- la ter-
„ mhiaison est féminine. " {Grarn^nuÊirê framçoiêe, 1706
in-a p. 102.)
L^Académie n*a donc pas prétendu jadis que lai langue française fut destituée d^acceht.
La nature et la fonction de Taccent s'expliquent, comme tous les grands phénomènes grammaticaux, par Fhistoire de la formation de la langne. 'Nous emprunterons à cet effet quelques passages à un auteur bien compétent déjà cité, qui joint le mérite de ta clarté à celui de Tétude approfondie du sujet. Il prouvera que si la prononciation d«?%d% xC^sX. "^^^
parfaite, elle doit être relativement la meilleure et
posséder le jaste acoent.
„Lcs éléments dont s'est formée la langue française, ^,dans les provinces situées entre le Rhin et la Loire* „ont été, dans le fond et généralement parlant, les mé- „mes: ces éléments c'est le langage des TÎeîlles popa- „latîon8 galloromaines combiné avec le dialecte de haut „ allemand que parlaient les hordes franciques. Ainsi, „les éléments du langage ayant été essentiellement iden- „ tiques pour toute cette étendue de territoire, la langue „ nouvelle qui s*en est formée a dû être la même dans „ toutes ses parties essentielles et fondamentales. Mais „on concevra qu'il a pu j avoir, dans le détail, des „ causes d^ différences de langage assez notables de pro. „vince à pro^çe: selon, par exemple, que les conque- „rants germains se sont établis dans un canton en plus „ grand nombre que dans un autre."
„Les anciennes provinces de France ont donc en da- „bord un langage identique au fond, mais diUerent dans „le détail. Lorsque l'on a commence d'écrire, dans cha- „cune de ces provinces, en langage vulgaire, on n'a pu „ écrire que dans l'idiome, ou, pour mieux dire, dans le „ dialecte de la province. Ce n'est que plus tard que „la langue française proprement dite est née du mélange „et de la fusion de ces différents dialectes; et ce n'est „que bien plus tard encore qu'elle les a fait déchoir tous „du rang des langs^es écrits, et relégués au rang de „ patois."
,^Tous ces langages écrits dans les diverses provinces „ étaient égaux entr'eux; aucun n'avait encore acquis de „ prépondérance sur lautre; c'étaient de véritables dia- „lectes d'une seule et même langue; et il fallait que des „ circonstances extérieures de mixtion et de communica- „tion entr'eux dans un centre commun fissent naître, „et, si je puis ainsi dire, dégageassent d'eux tous une f, langue commtme, qui par cela même \\v\e)\ç \«^^ «svc^\\.
„ combinés pour se former, serait plus parfaite, plus „ ample dans ses ressources que pas un d'eux, et les „ étoufferait" (Fallot. Bêcher ches sur les formes grammaticales de la langue française au Xllle siècle^ p. 9 — 11.)
CTest ainsi, que dans le centre commun des provinces de langue d'Oil, s^est formée la langue française littéraire, la langue générale et ofl$cielle, qui se perpétue et se développe surtout à Paris, par un mouvement de vie général et continu, et dans un organisme identique.
£n effet la population de Paris, primitivement formée d'habitants de TIle^de-France, qui parlaient, à quelques détails près, le même dialecte que les Orléanais et les Tourangeaux, s^entretient et s^accroit dès lontems par Tarrivée constante d^originaires de toutes les parties de la France. Ces provinciaux, ' qui viennent se fixer dans la capitale, y sont, à regard de la population parisienne proprement dite, le bois qui sert à entretenir un feu allumé. La plupart y modifient plus ou moins leur parler, mais le grand travail d'assimilation phonique se fait par les enfants; elle est le résultat naturel d'une vie physique et intellectuelle, qui a lieu sous des influences communes.
C'est dans cette atmosphère vocale, si je puis m^exprimer ainsi, que grandissent les enfants élevés à Paris: leur réunion îonmalière dans les école» aide puissamment à donner à leur assimilation du langage des parents un caractère d'unité et de généralité^ ce qu'il y a de conciliable «e îonA «û&cwSbX^^ V»
autres parties se neutralisent. Ce sont ces généntions qui ont le véritable accent de Paris, racoeBt| et la prononciation vraiment françaises, les uns avec plus de justesse et de vivacité, les autres d'ime ma* niëre plus confuse et plus terne, selon l'excellence ou la faiblesse de Tesprit et des organes de chacuL La consonne exprimant surtout la notion fondamentale, et la voyelle les notions secondaires *)) il] s^en suit que l'équilibre harmonique d^nne lanj^e dait{ reposer principalement sur les voyelles et sur le tM de Paccentuation, et que cette pondération sonale exercera et formera, presqu^exclusivement pour 1m voyelles et pour la juste place du ton, le goût de II population appelée à faire ce grand travail et raccomplissant dans une direction plus ou moins prosaïque, plus on moins poétique. C'est effectivement en cela qu'excelle la population parisienne; mais elle faiblit dans la consonne. Les consonnes sont prononcées avec plus de vigueur, et par conséquent avec plot de valeur et d'autorité par les Bourguignons, les Dan* phinois, et en général par les Français de langue doc, car toutes ces populations sont plus rapprochées que celles du nord de la source latine.
Nous espérons que les considérations qui viennent d'être développées serviront k guider les grammairiens et à détromper les personnes qui croient qu^ toute prononciation parisienne est excellente et doit faire autorité; comme en même tems elles établissent
•) Voyez F. G. B£R^.!VIA^^. Poème ft tirés de tEddu, Paris 1838, in-8. p. 371.
que c'est le dialecte de TIIe-de-Fi'ance qui forme la base du français moderne.
On peut demander s'il n^est pas à craindre que la présence continuelle à Paris d'un grand nombre d'étrangers, venus de toutes les parties de l'Europe, n'apporte enfin de l'altérafion dans la prolation fran- ^^aise, et dans l'accent par conséquent? Nous ne le croyons pas. Dabord les Anglais ), en fort grand nombre, qui séjournent à Paris, vivent beaucoup eutre eux et ne se mêlent jamais an peuple, qui est la grande snurce, la grande fabrique du langage. Les Slaves y sont en trop petit nombre pour qu'ils puissent êlre pris en considération pour le cas dont il s'agit. Restent les Allemands et les habitants du midi de la France : beaucoup d'entre eux s'établissent à Paris et s'introduisent par là dans la masse du peuple; mais l'accent italique et la prononciation geimaine sont justement les deax éléments dont la combinaison a produit la prolation française. Ils n'apportent donc point des éléments nouveaux et délétères dans le mouvement de la langue; par leur présence simultanée ils contribuent mèine à sa régularité: au contraire, la prépondérance de l'un des deux tendrait à la corruption phonique de la langue.
Les habitants de la frontière de l'Est, demeurant perpétuellement, par le peuple, sous l'influence étrangère, parlent tous des dialectes plus ou moins infectés d'intonation et de locutions germaniques. Les Flamands, les Belges, les Lorrains, les Suisses, les Francomtois ont tous une acce.Ti\»%l\^ti nx^v^qa.^ ^ demauvêises locutions*, comm«\e% k>\«a«».^xEi&CD«^r
ils sont tous portés à mettre Taecent tonique sur Ja première moitié des dissyllabes. Les Suisses ont de plus cette infériorité, que beaucoup d'entre eux, prévenus en faveur de rexcelleneè de leur mauvais dialecte, n'apportent pas le zèle et le soin nécessaires pour purifier et parfaire leur langage.
Mais il est une cause de la durée du caractère de Faccent, qui domine tous les accidents que noijfs venons de signaler: c'est qu'une langue qui a une fois .déterminé et fixé son caractère organique, le maintient avec ténacité et toute-puissance djins le progrès de ^civilisation mené par le peuple qui l'a commencé, peuple qui forme la masse profonde, résistante et vive.
If'accent est lié d'une manière si intime et si rationelle à l'organisme d'une langue, que l?un ne peut pas se concevoir sans l'autre. Connaissant donc Tétymologie d'une langue et le ton général de la prononciation, on peut raisonner sur ^accent et en poser les règles.
Les ouvrages ou les grammairiens français ont présenté des explications , du caractère prosodique de leur langue, étant presque tous remplis d'assertions fausses ou téméraires, suite d'observations imparfaites et superficielles, nous terminerons ce chapitre par en relever une, que nous avons trouvée dans une publication récente, oii des considérations ingénieuses rendent les erreurs plus dangereuses encore.
L'auteur vient de parler de la richesse voyéiairc de la languit âvnçAise; il continue:
„ C'est sans doute pour suppléer à cette richesse elfec- „tive, que plusieurs peuples ont imagine un accent qu^ils „ appellent tonique, par lequel ils n'ont pas toujours pu „ couvrir la disette et la maigreur de leurs sons, et qui „ revenant, pour ainsi dire, à intervalles réguliei%, jette „ une sorte de monotonie sur un long discours et semble „ parfois fatiguer Toreille/* (Sophie Dupuis. Traité de prononciation. Introduction, p. xxxi. Paris. 1836, in-8.)
L'auteur aurait d& au moins nommer ces peuples, et dire le joui* où chacun d'eux a imaginé un accent, qn^il a appelé tonique, sans doute sans savoir' pourquoi, misérable invention, bâton de caducité pour . marcher d'une manière monotone. Notre grammairien continue et fait naître
„ l'accent tonique le plus vrai des beaux mouvements "■ Moratoires";
^t il le fait accorder
„avec les airs du visage, les gestes toujours nobles,
„ jamais outrés", lesquels celles n'ont rien de commun avec raccent tonique grammatical. L'auteur donne donc une origine conventionelle à l'accent tonique grammatical et s^égare ensuite dans Taccent oratoire. Enfin à la page XXXIV. le même grammairien dit que
„ l'accent tonique (grammatical) n'est pas entièrement
„ étranger h la langue fritnçaise".
Quelle naïveté ! Il en est une partie constitutive, et ' sans lui la langue française cesserait d'être elle-même.