‹ Traité de l'accent appliqué à la théorie de la versificationChapitre 7 sur 33 · CHAPITRÉ IV · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ IV

Àceetgà â^appui:

Ne perdons jamais de vue le fait historique, que hf français n^est que la lan^e latine modifiée par èes Germains.' Le mot est latin, et tire de là son caract^ iogique^ qui est la précision, et* son ca* ractëre mélodique, qui est Taccent tonique aigu. Mais si les mots, éléments de notre langue, sont latins, les combinaisons de ces éléments sont germaines; celle dont nous avons à nous occuper ici est Tétymologie interne, ou formation des familles par les procédés populaires français.

On distingue dans notre langue deux procédés de formation des mots: la dérivation proprement dite et la composition.

La dérivation se forme au moyen d'une affîxe inséparable, qui s'ajoute soit au commencement, soit à la fin du mol. Ainsi de lever on a fait ^'lever, de dur, dure 9 dnre/^' etc. L'affixe inséparable est celle qui n'a plus dans la langue d'existence indépendante.

La composition consiste à réunir d'une manière

intime, pour en former une seule et même déno-

mination, deux vocables qui oui dana \a Vv[\çj\^ \wv^

existence 'iudépendanic et propi*e, ainsi de contre et partie on a fait çontrepartiej de ifrer et bouchon on a fait tirebouckont de plat et fond, plafond, etc. i. . ..:

Dans la langue allemande Tàccent granimatital conaîate en une pression: îoirbt et grave sur la «syllabe à laquelle on ^dciine le "plas d'importance. La fonotios logique naturelle de.eet acceni^ést de faire ressortir Texistence du radical. Tels sont aussi en français le caractère et la fonction de l'accent étymologique. Il ne faudrait oependant pas trop presser les conséquences, car Porigine latine n'a pas permis au principe genniatiique de aie développer en toute libevt'él Nous «Uons essayer : d'expoeer arec exactitude et logique le fait 5 tel qu'il aé produit* dans ,fai ilan|;oe française..-- ■

Cet accent étymologique, que noua ndmnierons accent éfappmîy consiste en «ne i pronenetetion ploa ferme de la syllabe^ capable de devenir, modulée dans les menyements oratoires vii porte autant sur la première consonne . ou groupe > de consonne que sur la voyelle même. Sa. modulation, dans la haute prononciation, dlflAre alero'de celle de Taccent' tonique, en ce que celni-d a le ton aigu, et qu'il est grave daîns Taoeent d'appui. Leâ. habitants de Fa»cienne province de Bonrgo|;ne ont nné prolation as* ses forte et vive, mais plus grave et plus lente qae celle des Parisiens; ils modulent à la fois. Taecent tonique et Taocent d^appui, et leur parler en reçoit une grande sonorité. Tout concoutl ^ ^^nra^vc fa^a» le français eentral a'eat formé çwr \% %a%Sft\i ^^

cieii» (lialecles de iiinguc d'uil et i'assiiuilalîou de leurs propriétés et vertus. Le grammairien moderne doit les étudier, pour apprendre à expliquer et à maintenir les propriétés harmoniques et logiques du français littéraire.

Dans les mots formés par dérivation, Faecent d^appui se place sur le radical, lorsque le moi commençant par une afïixe est employé d^uue manière absolue:

„ Con/^if tcz-Yoas de peu. — Rftponàfn-yons de loi? — „La conversation est souvent languissante. — Oc^i^er ,9 son esprit. — épuiser un sujet.''

L*accent d^appui se place toujours sur la première syllabe commençante par une consonne (nous rangeons Paspiration parmi les consonnes), 1) lorsqoe la première syllabe, étant une consonne, appartient an radical /angnir, /uer, /ater, étonner, etc.; 2) lorsque la voyelle qui forme la première syllabe doit son origine à Teuphonie, et ainsi n^appartient ni an radical ni à la classe des affîxes, tel .qu^est IV dans épaule^ étude, etc. — Les mots qui commencent par nue voyelle appartenante an radidal, ne Comportent pas Faecent d^appui: ^epérer^ apércUion, ouvrage 9 éternel^ éternUéj eitc; Cependant si le mouvement de prolation exigeait une prononciation forte du mot, Peuphonie appellerait un accent d^appui sur la première «syllabe commençante par une consonne. En général ce dernier procédé est celui que suivent dans tous les mots Jes pensonnes qui n'ont pas le sentiment ou la connaissance réfléchie des radieanx, et e^est celui qa*ii faot ind\q;uer v^qnWqv-

SI

remenl aux personnes que Tou veut mettre dans te îoste moaTement de U protatîon française. Mais ni le grammairien ni l'homme lettré ne doirent en demeurer U: pour cultiver et dêyelopper nue lan^e dérivée, il faut autant que ses formes eonstitutires le comportent, lui rendre les rertus et les procédés des langues originales: plus nous saurons distinguer les affixes des radicaux ^ plus noua retrouverons le sens synthétique; et plus nous enrichirons les analogies de la langue, plus nous aurons d'éléments et de ressources pour augmenter les familles; à cet égard la connaissance de Tétymologie latine est d^uu puissant secours pour le grammairien français, qui doit contrôler Fusage, et en censurer les abus, mais sans tyrannie. \

Dans, les mots composés, Faccent d^appui se place comme dans les mots simples; c'est en général sur la première syllabe qui commence par une consonne.

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