‹ Traité de l'accompagnement modal des psaumesChapitre 6 sur 32 · VIT — · texte numérisé non relu

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I m IV IV V ml IV IV I

Tous les grands repos se font sur les sons de la Quinte Modale, y compris la tierce incluse : la , fa, Ré. On voit la sous-finale, ici comme ailleurs, porter deux repos, un grand et un petit, et la pseudo-sous-dominante \sol ] intervenir cinq fois comme jalon d arrêt. Le mode est déterminé surabondamment par tous ces laits mélodiques. L’émission de la quinte accompagnatrice terminale du verset pourrait se faire en tête de la dernière distinction :

et, à la fin de l’antienne, comme il suit :

Voici, au contraire, dans l’Offertoire de l'Ascension, une majorité écrasante de si : huit ou neuf contre un seul si j?. Observer même que celui-ci est la forme prise parle sixième degré à sa dernière émission, dans Y alléluia terminal; de

sorte qu'il est beaucoup plus logique de faire de cette pièce un mode de Ré autonome [voyez p. 87] dans lequel joue encore le mécanisme des Conjointes.

Mais des chants tels que le Graduel du Ier Dimanche de l’Avent et l’Antienne de la bénédiction des Cendres, où le dosage des [7 et Cj et leur enchevêtrement sont à peu près réguliers, appartiennent de droit au mode de La transposé et chromatique, en ce sens que le sixième degré y prend deux formes distinctes, et d’ailleurs jamais contiguës.

Enfin on citera, comme un mode de La transposé, en passe de s’orienter vers le mode de Ré, l'Offertoire du IIe Dimanr che après l’Epiphanie. L’échelle est diatonique, normale et [ très nette dans les deux premières distinctions. Les voici, |non transposées :

- L’affirmation de la Quinte Modale, dès le début, l'importance de la pseudo-dominante, suffisent à implanter l’échelle dans notre entendement; et les deux dernières distinctions corroborent. Mais, dans l’intervalle, le sixième degré, exprimé dix fois, est dix fois haussé d'un demi-ton chromatique. La transposition coutumière en fait un si b{ . Et comme le sixième degré ne se trouve point dans les deux distinctions terminales, l’auditeur qui n’aurait pas pris garde à la première ligne de la pièce (60) et ne s’attacherait qu'aux sept autres pourrait se croire en mode de Ré.

L’examen des diverses cantilènes du soi-disant « ier ton » permettrait ainsi d’y reconnaître non seulement deux espèces d’échelles modales absolument distinctes, celles de La et de Ré :

mais toutes les formes intermédiaires, c’est-à-dire tous les dosages possibles de si |> et de si fcj.

Mode de La défectif. — Convient-il de rattacher au mode de La une assez nombreuse catégorie de pièces construites sur une échelle défective, dont la Quinte Modale est, d’évidence, la-ré, et qui, éliminant le sixième degré, sont de la forme :

Mode de LA

La transposition en ré étant ici habituelle, c’est le si [[? ou t]] qui est absent de la formule mélodique. A première vue, il semblerait que l’on dût de préférence considérer ces cantilènes, privées du degré distinctif, comme des hésitations entre les deux modes de La et de Ré, entre l’antique et traditionnelle1 Eolisti et le nouveau venu, donc

Mode de La

Mode de RE

Le fait de supprimer la corde différentielle pourrait être interprété comme un compromis entre les deux échelles,

adopté par des mélodistes « avisés » : ils auraient ainsi évité de prendre parti entre les deux formules modales, à l’époque où, l’ancienne étant encore respectée, la nouvelle entrait en faveur. Il n’est pas impossible que pour un certain nombre de ces pièces, ambiguës par prétérition d'un degré, cette prudence ait été la cause d’une telle suppression b Mais il semble qu’il faille souvent voir dans les chants qu’elle affecte de très vieilles habitudes, renouvelées des Grecs. Leur mode de La était, dans certains cas, allégé du degré qui y créait le triton mélodique et rendu de la sorte particulièrement suave. Gevaert, qui a fait cette remarque, d'après quelques-uns des monuments antiques conservés, nous permet ainsi de voir dans la Communion du Ie1' Dimanche de l’Avent, dans la Communion de la vigile de Noël, dans la Communion de la Nativité, etc., des reflets particulièrement précieux de l’art hellénique. Quoi qu'il en soit, la Quinte Modale étant, dans les deux cas, la même, la pratique n’a pas à souffrir de cette incertitude. Mais elle doit la respecter, la souligner à l’occasion. Des exemples éclairciront plus loin le problème que suscitent ces échelles défectives.

Communion du Ier Dimanche de l’Avent. Analyse sommaire :

Sons itératifs Repos

1 Je pose la question sans la résoudre. Pour la trancher, il faudrait être mis au courant, par les Commissaires, de la chronologie des pièces en cause. Ce qui est sûr, c’est que le Victimae paschali laudes a été écrit au xi8 siècle en une échelle défective qui, selon les points de vue, se rattache au mode de La transposé ou au mode de Ré autonome. La date de sa composition peut faire admettre qu’elle est le résultat d’une hésitation ou d’un compromis entre les deux échelles, une très ancienne et l'autre « neuve »,

Les pseudo-notes tonales sont employées toutes trois. La sous-finale affirme une fois de plus son importance dans les repos. Le grand repos se fait sur la pseudo-dominante. La pente mélodiqne est descendante.

Mode de La relâché. — C’est une forme non primitive, introduite assez tardivement dans le recueil liturgique.

L’échelle est:

Exemples : tous les Traits marqués « du 2 ». On peut citer encore : l’antienne du Graduel du Ier Dimanche de l’Avent.

Un beau modèle de ce genre est le Victimae paschali laudes , en mode de La défectif, dont la conclusion appelle l’harmonisation ci-dessous :

TN

oj r

mi - se - ré » re

me

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