TUAIT F
leur, qui ne se dissipe qu'après la crise, lui fait prendre, ainsi qu’à ses parens, toute espèce de pi'écautions pour éviter les accidens qui résultent , malheureusement trop souvent, des chutes horrii)les qu’elle a plus d’une fois faites éloignée de tout secours.
Quand je vis la malade, le 5 février de cette année (iSsS), elle éprouvait les symptômes dont j’ai parlé. Je soumis le sein douloureux à l’acupuncture : l’introduction de l’aiguille produisit, d’après l’aveu de la malade , une sensation plutôt agréable que pénible, chose qu’on remarque quelquefois, lorsqu’on agit sur un endroit trèsvivement affecté. La douleur disparut presque subitement, et n’a pas reparu depuis : l’aiguille n’est restée en place qu’une demi-heure.
Certes, il serait ridicule de penser que la maladie est guérie ; mais cette opération a eu pour résultat, bien certainement, d’avoir éloigné l’accès et enlevé une douleur qui effrayait la malade, douleur qui lui rappelait continuellement que l’orage se formait sur sa tête , et qu’il allait éclater. Son air sombre est devenu plus serein, et une lueur d’espérance a remplacé dans son cœur le cruel désespoir auquel elle s’abandonne toujours à l’approche du moment fatal.
j>.n" 01)sei'valio7i : Goutte, (communiquée pai-le docteur
M. Dupuy, d’une forte constitution, un peu replet, propriétaire, boulevard Bonne-Nouvelle* n° 01 , à Paris, sujet à la goutte , en eut un accès dans le mois d’août 1824. U fut soumis à un traitement entièrement antiphlogistique : il estime à six cents le nombre des sangsues cjui lui furent applic|uées. L’accès passa ; mais il se sentait mal guéri, m’a-t-il dit. Effectivement, j’eus occasion de le voir à cette époque, et il ne marchait pas sans difficulté.
Dans les premiers jours de décembre suivant il fut obligé de s’aliter pour de nouvelles douleurs de goutte. Le pied, la jambe et le genou se tuméfièrent. Un traitement analogue au précédent fut encore mis en pratique : trois ou quatre cents sangsues, appliquées dans l’espace de douze ou quinze jours, ne produisirent pas de soulagement marqué. Le 21 décembre , le malade souffrait beaucoup ; le membre était tellement sensible , que la moindre pression y déterminait des douleurs atroces, et la laine dont il était enveloppé lui devenait insupportable. sangsues furent encore appliquées ce jour-là.
Le lendemain , 22 décembre, le malade étant
dans le môme état, son médecin le soumit à l’acupuncture à une heure. Deux aiguilles furent enfoncées horizontalement dans la longueur du coude-pied , l’une à la partie externe, l’autre à la partie interne. Aussitôt qu’elles furent en place , le malade put poser le pied sur le sol et lui imprimer de légers mouvemehs. A cinc[ heures, les aiguilles furent retirées, dès lors le malade put marcher. Le genou resta douloureux encore quelque temps, mais d’une manière très-supportable. La nuit qui suivit l’opération., le malade put se livrer à un sommeil tranquille, chose dont il était privé depuis long-temps. Peu à peu le membre a repris son volume naturel ; et, RI. Dupuy, qui se plaît à raconter cette espèce de guérison, qui semble tenir dü merveilleux, jouit de la santé la plus parfaite, aujourd’hui, i5 juilet, septième mois depuis l’emploi de l’acupuncture.
2° SÉRIE d’observations.
Elle cenlerrae les cas où deux ou trois acupunctures ont suffi pour la cure radicale de la maladie.
28' Observation : Névralgie sciatique.
Le nommé Hubert (Jean), âgé de 32 ans, ancien militaire, actuellement jardinier, d’une constitution lymphatico-nerveuse, se présenta le 22 novembre 1824 à la consültation chirurgicale de Saint-Loyis. Il avait éprouvé quatre ans auparavant, dans les membres inférieurs, des douleurs légères qui cédèrent à des bains de vapeur ; mais depuis dix mois, il ressentait des douleurs vives, lancinantes, dans toute la longeur du membre inférieur gauche, suivant le trajet des nerfs sciatique et poplité externe. Lorsque le malade était assis, c’était surtout dans la cuisse qu’elles, se faisaient sentir s’il se couchait, elles devenaient plus vives autour de 1^ malléole externe; d’ailleurs c’était en général au lit qu’elles étaient le plus vive.s. et alors accompagnées d’un sentiment de froid. (Le malade, étant militaire, avait eu un commencement de congélation du pied gauche.) Depuis quelques jours, les douleurs, devenues continuelles, l’avaient obligé -de suspendre ses travaux. Les bains ne produisant aucun soulagement,
8o TBAITÉ
I(^ malade vint trouver M. J. Cloqiiet , qui introduisit une aiguille d’acier au-dessus de la malléole externe. Au bout de deux minutes, un cercle rougeâtre se dessina autour de l’aiguille; le malade nous dit s’apercevoir que ses douleurs diminuaient. 11 commença à remuer ses doigts de pied, ce qu’il ne pouvait faire auparavant. Cependant le sentiment de froid existait encore. Hubert nous avertit alors « qu’il sentait sa douleur monter vers la cuisse, où elle s’était, pour ainsi dire, accumulée. «Aussitôt M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans le point le plug douloureux , vers la partie externe et inférieure de la fesse : douze minutes environ après la première acupuncture, il se manifesta dans tout le membre un sentiment de cbaleur, qui fut aussitôt suivi d’une sueur abondante de ce côté du corps seulement. Immédiatement après, le malade put marcher tout aussi facilement que dans l’état sain. 11 n’éprouvait même pas le moindre engourdissement. Revenu quatre joyrs après, Hubert nousdit quele 22., en rentrant chez lui, il étonna tous ses camarades quand ils le virent prendre la bêche pour aller travailler. Ce n’est qu’après deux jours de fatigue qu’il survint au-dessus de la malléole externe un fourmillement incommode, qui ne l’empêcbait pas, au l’este, de travailler. Il n’était rien revenu à la euisse. Une aiguille fut in-
DE L’ACUPUNCTURE. 8i
troduile au-dessus de la malléole externe. Le fourmillement, qui diminua' au bout de quatre minutes, ne tarda pas à disparaître entièrement. Tous les mouvemens du membre devinrent extrêmement faciles, mais le sentiment de froid persista. Vingt jours après les douleurs n’avaient point reparu.
39“ Observation : Raideur articulaire, suite de contusion.
Le nommé Paquier (Jean), âgé de Zj.5 ans, serrurier, éprouvait, à la suite d’une chute qu’il avait faite six semaines auparavant sur l’épaule droite, une telle roideur dans cette artiédlation, qu’il ne pouvait exécuter aucun mouvement avec le membre correspondant, qu’il tenait d’ailleurs en écharpe. Des applications émollientes et des frictions irritantes avaient été sans effet. Le 22 novembre 1824, M. J. Cloquet introduisit une aiguille d’argent vers le bord supérieur du muscle trapèze, point le plus douloureux. Au bout de quatre minutes, les fibres de ce muscle auparavant contractées, tendues, devinrent souples. Au bout de six minutes le malade se servit aussi bien de son membre qu’avant sa chute. Il levait la main au-dessus de la tête, et faisait facilement exécuter au jnembre tous les mouvemeris possibles. En rentrant chez lui, il se mit à travailler, et ce n’est
que le 26 qu’il sui’vint une légère douleur à la même épaule : encore le malade Tattribuaii-il à des fatigues extraordinaires. Le 26, M. J. Cloquet introduisit une nouvelle aiguille à la partie antérieure de l’épaule (c’était l’endroit le plus douloureux) : au bout de quatre minutes, la douleur indépendante de celle de l’aiguille disparut entièement; au bout de six minutes on retira l’aiguille, le malade exécuta les mouvemens les plus étendus du bras sans éprouver aucune gêne. Nous ne Tavons pas revu depuis. »
3o‘Observation : Gastrodjnic., (recueillieparM. Dronsart, clans les salle®eM. Fouquier à l’hôpital de la Charité, et communiquée à M. J. Cloquet).
Un jeune homme entré à l’hôpital de la Charité dans la première quinzaine de novembre dernier, y était traité- par M. Fouquier depuis quelque temps ^ovlvvlxxq gastrodjnie. Lorsque je le vis pour la première fois, dans le mois de décembre,1a douleur épigastrique était à peu près passée; mais il lui en restait dans le flanc droit une assez vive, qui augmentait par la pression et par les mouvemens de flexion du tronc. A ces signes presque caractéristiques, et surtout à l’absence de tout autre symptôme d’inflammation intérierye, M. .Fouquier prononça qu’elle était rhumatis-
male, et .sur mon observation que c’était le cas d’essayer l’acupuncture, il me permit de la pratiquer.
Après m’être assuré du point le plus douloureux, j’y enfonçai une aiguille à la profondeur de quatre à cinq lignes, suivant la méthode de M. J. Cloquet, sans toutefois établir de conducteur : l’introduction ne fut que modérément douloureuse : le malade fit un petit cri; il m’a avoué depuis, que la peur plutôt que le mal lui avait arraché ce cri. Dix minutes après, il me dit que la douleur primitive était tout-à-fait passée, et que quant à celle de la piqûre elle était fort supportable. L’aiguille manifesterqent oxidée fut relevée au bout d’un quart d’heure, et la douleur rhumatismale était complètement dissipée.
Elle n’avait pas reparu, ni le lendemain ni le surlendemain, mais le troisième jour le malade nous dit à la visite qu’il l’avait ressentie, beaucoup moins vive, à la partie inférieure et interne du point piqué. M. Fouquier m’ayant autorisé à faire une seconde acupuncture, je la pratiquai sur-le-champ; mais cette fois j’établis un conducteur. J’ôlai mon aiguille une heure environ après, son introduction, et il me dit qu’il ne sentaiiiplus rien.
Depuis, ce jeune homme n’a l'ien éprouvé ni
dans le flanc ni antre part, et il est sorti de l’hôpital le 10 janvier.
31 ' Observation Névralgie lemporo-maxillaire.
La nommée Boileau (Victoire), âgée de 5i ans, éprouvait depuis trois mois des douleurs trèsvives, lancinantes, à la région temporo-maxillaire gauche, ainsi qu’aux dents de ce côté. Ces douleurs, qui avaient commencé à l’occiput, s’étaient étendues de là jusqu’aux dents; elles étaient continuelles , et présentaient de temps en temps des redoublemens. Elles angmentaient par la pression et par lés mouvemens de la mâchoire ; la nuit elles troublaient le sommeil, ou l’empêchaient même complètement. Le 23 novembre 1824, M. Jules Cloquet introduisit une aiguille dans la portion du muscle sterno-mastoïdien voisine de l’oreille, où se trouvait à peu près le centre des douleurs. Au bout de quatorze minutes, celles-ci avaient disparu. Une restait plus que de Tengourdissement, qui cessa au bout de vingt minutes environ, c’est-à-dire quand on retira l’aiguille. Les mouvemens de la mâchoire s’ex@ratèrent sans douleur. La préssion n’était plus pénible. Le 24, la douleur revint au-devant de l’oreille , mais bien moins forte qu’auparavant et se bornant à cet endroit. Du reste, elle n’avait
DE L’ACEPUNeïüRE.
j)u.s cuipôché la malade de goûter les douceui’s du sommeil. Comme elle existait encore le 27, M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans l’endroit affecté. Deux minutes après l’opéra^ lion, il se développa une auréole erythémateuse autour de l’aiguille; la douleur erra dans les régions voisines de l’aiguille. Au bout de seize minutes les légers élancemens furent l’emplacés par de l’engourdissement; on retira l’aiguille vingt minutes après son introduction, et cet engourdissement était lui-même dissipé. La pression ni les mouvemens de la mâchoire ne développaient plus de douleurs.
Obscrvalioii : Contusion de la poitrine.
Le nommé Bienvenu (Pierre-René), âgé de 57 ans, d’une constitution lymphatique, entra le i 5 novembre 18^4 à l’hôpital Saint-Louis pour y être traité d’une forte contusion du côté gauche de la poitrine. On appfiqua aussitôt sur le côté malade huit ventouses scarifiées et des cataplasmes émolliens qui soulagèrent le malade. Mais le 2.5 une douleur de côté, vive, lancinante, rendait la respiration difficile, la toux très-douloureuse, et le décubitus sur le côté sain impossible : les secousses de la marche augmentaient les élanceuiens douloureux ; il n’y avait presque pas d’expectora:-
tioii. Les cataplasmes étant alors sans effet, M. Jules Clbquet introduisit utfe aiguille dans le point douloureux, de manière à s’approcher le plus possiljle de la piètre, sans cependant pénétrer dans la cavité thorachique (Onn’yadaptapoint deconduc-r teur). Au bout de d'hux minutes, douleur plus tiye à l’endroit de l’aiguille; auréole érythémalèusè très-prononcée. Au bout de trois minutes, respiration plus facile et toüx moins douloureuse. Le malade put se coucher sur le côté .sain. La marché fut moins pénible. Le ay, le malade ressentait à peine de la douleur. Le 28, la respiration devint plus difficile. Le 29, il sé manifesta vers la région lombaire une douleur vive et qui augmentait tellement par la toux, qu’elle arrachait des cris. Le malade ne pouvait se remuer dans son lit sans les plus vives souffrances. M. Jules Cloquet introduisit alors une aiguille à la partie supérieure des lombes: Au bout de quatre minutes, respiration plus facile; mèmeroideur lombaire ; auréole rougeâtre très-prononcée. La douleur de l’aiguille alla en augmentant jusqu’à douze minutés après cette seconde acupuncture; l’aiguille fut retirée, et alors il n’existait plus ni difficulté ffe respirer, ni ddbleurs' ni roideur dans les lombes. Pendant la nuit il y eut Un peu de fièvre (ils’était fait par le rectum un écoulement sanguinolent, précédé de fortes coliques et de
chaleur dans tout le bas-ventre.) Le 3o au matin , la douleur de côté reparut, mais bien moins in^ tense, et elle alla en diminuant jusqu’au lendemain, où elle disparut entièrement. Le 4 décembre , le malade sorliit parfaitement guéri.
33° Observation : Contusions récentes.
Le nommé Lappreté (Vincent) , âgé'de36 ans, carrier, d’une constitution vigoureuse, entra le 25 novembre 1824 à l’hôpital Saint-Louis, pour y être traité de fortes contusions du côté gauche du tronc et delà hanche droite. La Veille, il était tombé par une trappe d’environ quinze pieds de hauteur. Examiné attentivement, yoici l’état dans lequel nous le trouvantes : respiration ' difficile, marche sans douleur, mais toux extrêmement pénible. Le repos du lit mettait le malade dans un tel état qu’il ne pouvait plus remuer. La pre.ssion était si douloureuse à l’hypocondre gauche, qu’elle arrachait des cris. Lesmouvemens de torsion du tronc étaient impossibles ainsi quelebâillement; lafa:ce était animée, le pouls fort et fréquent. M. J. Cloquet introduisit une aiguille à l’hypocondre gauche. Au bout de deux minutes, la re piration devint plus libre.,,mais la toux occàsiônait les mêmes souffrances. On fit une deuxième acupuncture près de la première, dans le point le plus don
loureux. Trois minutes après, le malade Gt sans douleur divers mouvemens du tronc pour se redresser. A la septième minute, la pression était moins douloureuse, il n’y avait encore qu’une légère auréole autour de la première aiguille. A la dixième, la respiration était plus large , la toux, l’expectoration et le bâillement prolongé ne développaient plus aucune douleur, le malade se leva sans peine sur son séant ; au bout d’un quart d’heure les aiguilles furent retirées, et la pression n’était plus pénible. Ce qu’il y a de remarquablé*, c’est que les douleurs de la hanche droite, moins fortes à la vérité, disparurent également. Le iy, comme ilétaitrevenuunelégèredouleuràla partie postérieure gauche du thorax (elle n’était vive que quand le malade voulait se lever sur son séant), on y introduisit une aiguille ; au bout de deux minutes , l’auréole était formée ; apres six minutes , la toux, la pression, les efforts du malade pour se redresser ne développèrent plus de douleur. Lappreté se plaignit alors de pesanteup de tête ; M. Cloquet, ayant égardàsa force, lui fit faire une saignée de deux palettes, quoique tous les symptômes du côté de la poitrine eussent complètement disparu. Le 28, le malade était parfaitement rétabli, et le 5 décembre il sortit de l’hôpital.
34° Observation : Névralgie sciatique.
Le nommé Plarison (Augustin), âgé de [\0 ans, bijoutier, avait éprouvé il y a un an, à la jambe droite, des douleurs qui s’étendirent ensuite jusqu’à la cuisse, où elles s’étaient depuis maintenues plus fortes. Des bains de fumigation avaient été sans effet. Des frictions camphrées, loin de diminuer les douleurs, les avaient exaspérées. La souffrance était telle depuis trois jours, que le malade ne pouvait se baisser; la nuit il ne pouvait dormir. La pression était très - douloureuse, l’articulation du pied immobile, et la marche très-pénible. M. J. Cloquet introduisit, le i5 décembre 1824, une aiguille-dans le point douloureux de la cuisse droite; Au ^bout de dix minutes les douleurs lancinantes diminuèrent à cet endroit ; mais celles du mollet devinrent plus vives ; on y introduisit une.aiguille : vingt minutes après l’introduction dè la première aiguille, soulagement considérable à la cuisse et au mollet. Au bout d’une demi-heure, les aiguilles étant retirées, les mouvemens de l’articulation du pied s’exécutèrent facilement, les douleurs de la cuisse et de la jambe avaiént entièrement disparu, le malade se baissa et se redressa facilement ; le soir il dormit parfaitement. Le lendemain cepen-
dantil ressentitune légère douleur àlacuisse et au mollet ; quant à celle du pied, elle n’avait pas reparu. Onintroduisit alors une aiguille dans la cuisse. Cette aiguille fut retirée au bout d’une heure, et le malade put marcbèr sans aucune gène-. La pression même ;ébait devenue it-out-à-fait insensible. Kous n’ayons plus revu le -mailade.
Observation : AJfëciiou rhumatismale.
La nonamée Jubier ,( Marguerite-) , âgée de '47 ans , ^ éprouvait depuisvhuit mois , ;sans causes •connues,'des douleurs au genou.droit, d’où-elles 'se portèrent au Taras droit, qu’elles quittèrent e-nsuitè pour aller au bras gaucbe, Depuis deux mois,'ces douleurs occupaient les deux birasi Des 'bains de uvapBur:les ayaient un peu diminuées. Le i4'décém’bre a8'24, elles .étaient plus; .vives au bras gaucbe. Les rmouvemens .de flexion de Ta- -vantdras se faisaient bien , mais la , malade ne -pouvait porterda main au froiit ni derrière le dos. La nuit elle dormait à peine, même en se cou- -chàntsürles endroits douloureux, quoique cette iprécaution ila soulageât autrefois.. Le moindre choc imprimé au bras occasioniait Une vive dou- •leur. M. Jules Cloquet introduisit une aiguille dans leipoint le plus douloureux, sans y adapter de conducteur. Au bout d’une -demi-heure, chan-
gemenit à peine sensible. An bout d’une heure, la malade put porter la main au front, mais avec peine; un instant après, elle la porta derrière le dos. L’aiguille étant retirée au bout d’une heure et demie, les mouvemens du membre devinrent bien plus faciles; il ne se manifestait plus de douleur par le choc. Le 18, l’état du bras ‘gauche était plus satisfaisant encore ; seulementquandla malade soulevait le moindre fardeau, elle sentait une douleur vive àl’articulation huméro-cubitale. Une aiguille fut alors introduite dans cette partie : au bout d’une demi-heure l’aiguille fut retirée, et les douleurs avaient totalement disparu. La malade souleva une table devant nous sans éprouver la moindre sensation désagréable.
36° Observation : iVeVraZg're'Jczfitirjue.
Le nommé Colas (Pierre), âgé de 42 ans, ouvrier, d’une forte constitution, éprouvait depuis cinq ans des douleurs au genou droit. Depuis trois semaines, de nouvelles douleurs plus fortes s’étaient manifestées à la partie supérieure de la fesse droite, d’où elles s’étendirent ‘le long de la partie externe de la cuisse et de la jambe, jusqu’au pied. Ces douleurs étaient vives et continuelles; elles augmentaient par la pression, et avaient forcé le malade à suspendre ses tra-
vaux. En eflet, il ne pouvail, marcher qu’avec un bâton ; il pouvait à peine rester assis , et ne se baissait qu’avec la plus grande difficulté. Leaq décembre 1824, M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles, l’une dans la partie supérieure de la fesse, et l’autre dans sa partie moyenne (on n’y adapta point de conducteur). Auboutdedixuiinutes, soulagement considérable; un instant après, la douleur de la jambe disparut entièrejnent; lesmouvemens de flexion et d’extension de laj ambe devinrent extrêmement faciles. Le malade resta une heure assis sans éprouver de sensation pénible ; il se leva alors, et quoiqu’il portât encore les aiguilles, il marcha et se baissa facilement. Les aiguilles furent alors retirées. Le lendemain, les douleurs revinrent à la jambe seulement, mais aussi vives qu’auparavant. Une aiguille y ayant été introduite, elles disparurent entièrement au bout d’un quart d’heure. La marche, la positidn assise, ni la pression , n’occasionaient plus la moindre sensation pénible. Nous n’avoûs pas revu le malade depuis.
Cette cure s’est opérée sous les yeux deM. Ampère, membre de l’Institut, et de M. le docteur Edwards.
3'j'^ Observation : Rhumatisme de la cuisse.
Le nommé Florimond Froidure , âgé de a2 ans, garçon d’écurie, éprouvait depuis Çrois semaijics, à la fesse droite et à la partie supérieure et externè de la cuisse du même côté, une douleur vive qui augmentait par la marche et la pression. La moindre fatigue produisait de l’enflure dans les pieds. Le 28 novembre 1824, M. Jules Cloquet introduisit deux aiguilles; l’une à là fesse et l’autre à la cuisse. Au bout de cinq minutes, auréole très-prononcée ; plus de douleur à la fesse. Le malade ayant alors accusé une douleur au mollet de l’autre côté, on y introduisit une aiguille qui la ût disparaître au bout de quelques minutes. Au bout de quinze minutes, on retira toutes les aiguilles, et le malade mai’cba sans gêne et sans boiter; seulement l’extension forcée de la cuisse était encore douloureuse. Le 1°“' décembre, les douleurs de la fesse et de la cuisse n’a- Vaient pas reparu; mais il s’en était manifesté une légère à la malléole interne de la jambe droite, avec un peu de claudication. Une seule acupuncture ne tarda pas à la faire cesser, et à rendre la marche facile.
38' Observation : Contusion récente à la poitrine.
La nommée Françoise Bourdon, âgée de 5o ans, journalière, avait reçu, deux jours avant de venir nous trouver, un coup au côté droit de la poitrine. Elle ne voulut pas nous dire-par quel corps, ni de quelle manière elle avait été frappée. Yoici d’ailleurs les symptômes qu’elle présentait : Face pâle et exprimant la souffrance; difficulté extrême de respirer ; douleur de côté, augmentant par la pression, et si violente qu’elle obligeait la malade à se pencber latéralement. Cette douleur s’étendait du côté droit de la poitrine à l’épaule, et rendait les mouvemensde cette partie intolérables; au point d’arracher des cris. Du reste, il n’y avait ni expectoration ni toux. Le sS novembre 1824, M. J. Cloquct introduisit une aiguille dans le point le plus douloureux de la poitrine, entqe les cinquième et sixième côtes. Au bout de trois minutes, engourdissement dans tous les lieux qu’occupait la douleur. Au bout de six minutes, le bras put exécuter ses mouvemens. Il se manifesta alors aux environs de l’aiguille de faibles élancemens. La douleur de la poitrine diminua; la respiration clevint plus facile ; on vit la face s’épanouir, et la malade manifesta sa joie par des paroles pleines de gaieté. Au
bout de dix minutes J’aiguille fut retirée, et la douleur, dont il restait encore quelques traces à l’épaule, avait entièrement disparu à la poitrine. Le lendemain, les douleurs revinrent à la poitrine; mais elles étaient beaucoup moins vives, et quant à celles de l’épaule, elles n’avaient pas augmenté depuis la dernière acupuncture. M. Jules Cloquet introduisit de nouveau une aiguille dans le point le plus douloureux de la poitrine. Au bout de douze minutes les douleurs disparui’ent entièrement à la poitrine et à l’épaule. Le 3o, elles étaient revenues, mais si légères, que M. J. Cloquet, ne jugeant paî nécessaire de pratiquer une nouvelle acupuncture, se contenta de prescrire des bains de vapeurs.
39' Observation : Rhumatisme des lombes et des membres inférieurs.
Le nommé Aznibère (Jean-Joseph), cordonnier, âgé de 53 ans, d’une constitution lymphatique , éprouva , il y a deux ans, des contrariétés qui altérèrent sa santé; il fut môme forcé de garder le lit pendant quelque temps, et quand il voulut se lever, il fut fort étonné de ne pouvoir matcher. Des douleurs lancinantes, augmentant par intervalles, se firentbientôt sentir dans toute la longueur des membres inférieurs, mais
surtout dans le droit. « C’est, nous dit-il, comme si des chiens me rongeaient les os. » La marche était extrêmement pénible, la pression douloureuse, le sommeil troublé. «Quatre bains simples avaient un peu calmé ces douleurs, mais le 2 décembre 1824 elles étaient si vives que le malade ne pouvait se baisser ni marcher sans souffrir horriblement. M. J. Cloquet introduisit une* aiguille dans le mollet gauche (c’était l’endroit où les douleurs étaient le plus vives alors.). Au bout d’un quart d’heure, le malade put se baisser et porter tout le poids de son corps sur la jambe gauche, ce qu’il ne pouvait faire auparavant; bientôt il put marcher et exécuter presque sans douleur tous les mouvemens des membres ; mais à peine était-il sorti de la salle de consultation, que la douleur lombaire, qui n’avait pas cessé tout-à-fait, augmenta sensiblement; le 4 ? celle des jambes reparut faiblement; le 6 , il y en avait une légère aux fesses, mais elle ne se manifestait qne dans la position assise. Le sommeil était d’ailleurs calme et la marche facile. On introduisit deux aiguilles. Tune dans la région lombaire, et Tautre dans la fesse. Au bout de quinze minutes, la marche devint plus facile encore ; la douleur lombaire avait disparu, et le malade se baissa sans aucune gêne. Quant à celle de la jambe, elle ne cessa qu’au bout d’une demi-heure, c’est-à-dire
cfiiand on retira les aiguilles. Alors tous es mou vemens des membres inférieurs s’exécutèrent facilement. Le malade s’étant fendu comme pour s’escrimer, frappa du pied droit sur le sol, sans éprouver la moindre sensation pénible.
4o° Observation : Névralgie sciatique.
M. Chapelle (Guillaume), âgé de 56 ans, cordonnier, éjarouvait depuis deux mois, sans causes connues, à la fesse gauche, des douleurs qui s’étendaient aussi à la partie supérieure de la cuisse du môme côté. De temps à autre, ce membre fléchissait sous le poids du corps, et devenait impropre â exécuter des mouvemens. A des intervalles rapprochés, et surtout pendant la marche, qui d’ailleurs ne pouvait avoir lieu qu’à l’aide d’un bâton, il se développait des douleurs lancinantes tellement vives queje malade était obligé de s’arrêter brusquement et de saisir fortement sa cuisse. Au reste, ces accès avaient aussi quelquefois lieu dans la position assise. Quand le malade voulait se tourner de côté, il était obligé de tourner tout le tronc à la fois. Le moucher, la toux et le décubitus sur lé côté malade augmentaient les douleurs. Une application de sangsues et des frictions, camphrées n’avaient produit aucun effet avantageux. Le malade était décidé à s’appliquer
gS TRAITÉ
un vésicatoire, quand j le 20 décembre 1824, il vint trouver M. J. Cloquet. A cette époque la douleur était extrêmement vive, surtout au sortir du lit; la pression l’augmentait peu, mais le moindre mouvement la reproduisait. M. Jules Cloquet introduisit deux aiguilles dans la fesse ; il passa dans ces aiguilles un seul- conducteur , qui , par mégarde, ne fut pas plongé dans l’eau salée. (Il est à noter que l’introduction des aiguilles se fit sans que le malade s’en aperçût, tant les douleurs étaient violentes). Au bout de trois quarts d’heure, lés aiguilles étant retirées, le malade exécuta tous les mouvemens du tronc sans la moindre douloiir.
En marchant, il sentit aussitôt, nous dit-il, « dix fois plus de force dans son membre. » Il •abandonna son bâton; il ne lui restait plus que de légères douleurs qui sé faisaient ,sentir seulement le matin, quand il allait se lever. Au bout de cinq à six jours, elles disparurent entièrement. Le 7 janvier 1826, le. malade, après avoir fait une marche forcée , sentit de nouveau une douleur vive au même endroit que les premières. Cependant cette douleur présentait moins d’intensité , car la marche s’exécutait sans bîfton ; la toux, le moucher, les mouvemens du tronc ne l’augmentaient plus autant, à beaucoup près : M. Jules Cloquet introduisit une seule aiguille à la fesse,
entre le grand trochanter et le saefum, et n’v 1 adapta point de conducteur. Au bout de trois quarts d’heure, l’aiguille fut retiréej le malade toussa, marcha, exécuta tous les mouvemens du tronc et du membre affecté, sans éprouver la moindre douleur.
4i'Observation : iVeVrat e seialique.
Le nommé Simon et (Benoît), âgé de 28 ans, boulanger, d’une constitution robuste, éprouvait depuis neuf ans des douleurs, tantôt dans le membre inférieur droit, tantôt dans le gauche. Un jour que ces douleurs s’étaient fixées à la jambe gauche, des bains de vapeurs et-de fumigations aromatiques les firent entièrement disparaître. Mais quelques mois après, le 10 janvier 1825, après avoir quitté son caleçon, Simonet ressentit à la fesse gauche des élancemens qui bientôt se répandirent le long du nerf sciatique jusqu’à la malléole externe.
Le 13, la souffrance était plus vive à ce dernier endroit que dans le reste de la longueur du membre, même qu’à la cuisse, d’où elle semblait partir pendant les moindres motivemens. Au reste, il est à noter qu’à la suite des anciennes douleurs, il était resté dans l’autre fesse un endroit presque insensible. M. Jules
Cloquet introduisit une aiguille dans la fesse douloureuse. Cette aiguille ayant été retirée au bout d’une demi-heure , le malade sentit dans le moment peu de changement dans ses douleurs. Ce n’est que rentré chez lui, qu’il se trouva tellement soulagé qu’il se mit aussitôt à travailler, sans presque rien éprouver. Il èe baissa, marcha , souleva des fardeaux sans aucune gêne. La toux n’excitait plus les douleurs. Le 15, même état satisfaisant ; il n’y avait plus qu’une légère douleur à la fesse et au-dessus de la malléole externe. On introduisit une aiguille dans chacun de ces deux points. Au bout d’une heure, elles furent retirées : la douleur de la fesse était descendue un peu plus bas. Elle était d’ailleurs à peine sensible dans tous les mouvemens cpii en développaient une si vive auparavant.
42° Observation : Névralgie sciatigue.
Le nommé Dargent ( François), scieur de bois, d’une constitution robuste, se présente à la consultation de l’hôpital Saint-Louis. Il y a six semaines c[u’après avoir beaucoup sué, il fut pris, quelques heures après, de douleurs si vives, à la partie supérieure de la fesse gauche, qu’elles le forcèrent à quitter aussitôt ses travaux. En rentrant chez lui, il eut recours à du vin chaud
DE L’ACUPUNCTUIIE. loi
pour exciter la transpiration, et s’en trpuva assez soulagé pour qu’au bout de trois jours il pût reprendre ses occupations. Mais la force des douleurs les lui fit quitter encore quelques jours après. Dargent fit alors successivement usag;e de lavemens irritans et de purgatifs qui augmentèrent ses souffrances ; puis de lavemens émoiliens , de bains simples et de sangsues à la fesse, qui les diminuèrent; puis enfin d’un vomitif qui produisit également quelque soulagement^ mais ce traitement le plongea dans une faiblesse extrême , et il se décida à venir trouver M. J. Cloquet le 17 janvier 1826. Les douleurs s’étendaient tout le long de la partie postérieure et externe de la cuisse et de la jambe gauches, depuis la région lombaire jusqu’au pied. Plus fortes, à la cuisse, ces douleurs étaient caractérisées, par un engourdissement continuel et des élancemens qui se manifestaient à des intervalles rapprochés, mais toujours quand le malade se baissait, ou qu’on pressait sur les parties malades. Ces elancemens étaient si douloureux, et se reproduisaient tellement au moindre mouA'^ement, que le malade nous dit que s’il venait à tomber, il ne pourrait se relever. Dans le lit il ne pouvait rester long-temps sur le côté affecté. II dormait tres-peu ; la toux augmentait les douleurs de la cuisse seulement. La marche, en développant du
la chaleur, finissait par les diminuer un peu. Dans le repos, la cuisse se refroidissait plus que celle de l’autre côté. Le malade ne pouvait rester assis pendant cinq minutes. M. J. Cloquet introduisit dans la fesse douloureuse une aiguille qui fut retirée au bout d’une heure et demie. Pendant tout ce temps Dargent resta assis. S’étant alors levé, il ne sentit que de l’engourdissement dans tout le membre. En se baissant il éprouvait une légère douleur à la fesse ; mais la toux en développait à peine, et la pression notait douloureuse qu’à l’endroit de l’aiguille. Il n’y avait plus aucune trace de douleur à la jambe. Pendant la nuit, le malade se coucha sur le côté affecté. Le 18, même état qu’après l’acupuncture de la veille. Deux aiguilles furent alors introduites à la région lombaire, une de chaque côté de la colonne vertébrale. Pendant leur application il se manifesta quelques élancemens. La douleur de Tintroduc-. tion fut aussi plus forte que la veille. On retira ces aiguilles au bout d’une heure, et alors tous les mouvemens possibles des lombes et des membres inférieui’s étaient exécutés sans aucune douleur. Il n’existait que celles dépendantes des piqûres. Dargent se baissa jusqu’à terre avec une grande facilité, ce qu’il n’avait pas fait depuis qu’il était malade. En soulevant un fardeau, il n’éprouva plus d’autre sensation que celle de fai-
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blesse : il était revenu une légèi-e douleur à larégion lombaire, mais elle n’était sensible que dans les mouvemens étendus, et n’empècbait pas le malade de se baisser avec facilité. Deux aiguilles furent introduites à la région lombaire. Pendant des expériences galvaniques, des élancemens vifs se firent sentir aux aiguilles. Après ces expériences ils diminuèrent peu à peu. Un quart d’heure après les douleurs restaient encore plus vives qu’avant l’acupuncture. Mais les aiguilles ayant été retirées, quelques minutes après le malade n’éprouva plus' qu’une légère douleur aux piqûres, et quant à celle c[ui existait avant l’acupuncture, elle avait entièrement disparu. Le 5o, il n’était revenu aucun symptôme de la maladie.
43“ Observation : Rhumalisme du membre supérieur.
Le nommé Thiellant (Charles), âgé de 28ans, ferblantier, d’une constitution lymphatique, a été^ atteint, il y a deux ans, d’une colique de plomb dont il fut ^uéri à la Charité en vingtun jours, par la méthode employée à cet hôpital. Ce traitement le réduisit à une faiblesse extrême, et pendant qu’il gardait encore le lit, il se manifesta dans le côté gauche du corps, des douleurs vives qui se déclarant d’abord à la poitrine,
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s’étendii-ent bientôt à la tête, aubras, etenvabirent enfin le membre inférieur. Tliiellant ne pouvait plus se servir des membres de ce côté. Il prit à la Charité trois bains sulfureux sans succès, et de là vint à rhôpital Saint-Louis. On lui ordonna des bains de vapeurs ; ilenpi’it trente, et se trouva alors assez bien guéri pour reprendre ses travaux..Le 5 janvier iSaS, il fut atteint d’une inflammation delà membrane muqueuse nasale, qui bientôt s’étendit jusqu’aux bronches (difficulté dans la respiration , légère douleur dans la poitrine, sans expectoration ni toux). Quelques jours après, les douleurs, delà jambe gauche, auparavant légères, devinrent extrêmement vives. Le 12, elles seportèrentet se concentrèrent sur l’épaule gauche. Le i y, la douleur de l’épaule était très-vive ; le malade ne pouvait lever le bras qu’à moitié, encore ce mouvement augmentait-il beaucoup sa souffrance à la poitrine; il sentait des élancemens qui traversaient cette cavité et s’étendaient jusque dans Tabdomen. La pression n’y était pas douloureuse, mais elle Tétait extrêmement à l’épaule. Aussi depuis huit jours le malade n’avait pu travailler. M. j. Cloquet introduisit une aiguille au. sommet de l’épaule, dans le bord supérieur du trapèze (c’était alors le point le plus douloureux). Api’ès avoir erré dans tout le bras, les douleurs finirent par n’être plus sensibles, qu’autour de l’aiguille.
DE L’ACUPUNCTURE. io 5
On retira cette aiguille au bout d’une demi-heure, et les douleurs de la poitrine ainsi que celles du bras avaient disparu presque complètement.
Quant à celles de l’épaule, elles n’étaient marquées qu’autour de la piqûre. Cependant le malade leva bien plus facilement son bras. Pendant la nuit il se manifesta quelques élancemens à la poitrine. Lç i8, il n’existait que la douleur de‘ l’épaule. Elle était plus légère qu’avant l’acupuncture , mais elle gênait encore les mouvemens de cette aiticulation. On introduisit une aiguille en or dans le môme endroit que la veille. Au bout de quelques minutes, la douleur s’étant portée plus près du cou, on y introduisit une aiguille en acier. On retira ces deux aiguilles au bout d’une heure et demie; alors Tbiellant n’accusa plus que de l’engourdissement et de la pesanteur dans le bras. Il ne restait à l’épaule et au cou que la douleur légère des piqûres, et la respiration se faisait sans la moindre gêne. Quelques minutes après, le malade n’éprouva plus aucune sensation pénible ni au bras ni à l’épaule. Il passa le reste de la journée dans un état de santé parfaite. La nuit il se manifesta dans tout le membre supérieur une pesanteur et un engourdissement qui l’empêchèrent de dormir.
Le 20, il ne restait que de l’engourdissement dans tout le membre et de la pesanteur au som-
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met de l’épaule surtout. Cependant quand le malade levait le bras, une légère douleur se faisait sentir derrière l’épaule. Il y avait encore à la poitrine quelques faibles élancemens. On introduisit une aiguille entre le cou et le sommet de l’épaule ; au bout de six minutes, cette aiguille n’avait produit d’autre cbangement qu’une douleur plus forte autour d’elle. On la retira au. bout d’une heure et demie, et le malade put aussitôt lever le bras aussi haut que possible, sans éprouver la moindre souffrance. Le sentiment de pfsanteur et d’engourdissement avait aussi entièrement disparu. La respiration se faisait parfaitement. Il ne restait qu’une légère douleur à l’endroit de la piqûre.
44° Observation : Névralgie sciatique.
Le nommé Rouland (Jean-Jacques) , âgé de 52 ans, scieur de pierres, sentit des douleurs à la région lombaire, en ramassant des outils dont il avait besoin dans son travail (le temps était pluvieux). Des lombes, ces douleurs s’étendirent quelques jours après dans la cuisse et dans la jambe droites, et devinrent telles que le malade fut forcé de su.spendre ses travaux, et qu’il perdit bientôt le sommeil. Voici au restesoii état quand’ il vint consulter M: Cloquet. Engourdissement
DE L’ACÜPÜNCTUIIE. 107
cx)ntinuel fort douloureux, et pai’fois élancemeus plus douloureux encore, dans toute la cuisse et la jambe ; pression très-pénible. Le malade^ ne peut ni s’asseoir ni se coucher sur le côté affecté : il y alaitappliquer dix-huitsangsues, maisloin qu’elles l’aient soulagé, il prétend que son mal s’en est accru ; il ne peut marcher ; quand il pose le pied à terre il est pris de douleurs intolérables. Aussi est-ce en voiture qu’il est venu à Saint- Louis, et l’infirmier a dû le porter sur son dos jusque dans la salle de consultation. M. Cloquet, après s’être assuré que la cuisse est le point le plus douloureux, y introduit une aiguille armée d’un conducteur. Au bout de deux minutes il se. manifeste à la jambe des douleurs lancinantes si fortes, que le malade s’agite sur sa chaise avec de vives angoisses. Dès lors cessation des douleurs de la cuisse. On introduit une aiguille à la jambe. Au bout de quinze minutes les douleurs diminuèrent beaucoup ; le malade devint calme. Un instant après, il n’y a plus que de l’engourdissement. Le malade se leva et put marcher sans aucune gêne ; il exprima sa joie par dos exclamations. Au bout d’une demiheure , il se met encore à marcher sans qu’on le lui dise. Il s’assied facilement sur le côté auparavant si malade, il n’y a plus de douleurs qu’à l’aiguille de la jambe; il y a aussi un léger en-
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gQurdissement dans les doigts de pied. Au bout d’une heure et demie, de légers élancemens se manifestent à la partie supérieure du mollet, on y introdnit une aiguille. Un instant après on en applique une autre au coude-pied, où il existe quelques élancemens. Cinq minutes après ces deux acupunctures, il ne restait plus aucune trace de ces douleurs. Les aiguilles furent retirées au bout de deux heures et demie environ, et le malade s’en alla à pied, sans éprouver autre chose qu’un peu d’engourdissement qui avait disparu quand il rentra chez lui. Il se coucha aussitôt (à trois heures), et dormit si profondément jusqu’au lendemain à dix heures, qu’on fut encore obligé de le réveiller. ( U y avait quatre jours qu’il était entièrement privé du sommeil ). En se levant, il sentit, à la place des anciennes douleurs, des élancemens, mais si légers, qu’il nous dit que c’était plutôt de l’engourdissement. Du reste, il avait dormi sur le côté malade, et vint nous trouver à pied. M. J. Cloquet s’informa des endroits encore douloureux, et introduisit d’abord deux aiguilles dans la partie externe de la cuisse, et puis une troisième à la partie externe du mollet. Au bout de quelques minutes, les élancemens disparurent ; il ne resta plus qu’un léger engourdissement. Les aiguilles ayant été retirées au bout de trois heures et demie
DE L’ACUPUNCTURE.' 109 environ , le malade ne sentit, en marchant, d’autres douleurs que celles des aiguilles. Un instant après, la marche développait une légère douleur au-dessus de la malléole externe ; on y introduisit une aiguille qui fut retirée au bout d’un quart d’heure ; il ne resta plus alors qu’un peu d’engourdissement. Le 25 , le malade revint à l’hôpital à pied. Il avait parfaitement dormi, mais ressentait encore de légères douleurs au-dessus de la malléole externe et dans le pied. Dans la marche le pied s’engourdissait au point que le malade le sentait à peine, ce qui le faisait un peu boiter. Il y avait aussi un sentiment pénible à la partie moyenne de la face postérieure de la cuisse. On introduisit une aiguille dans les deux points douloureux. Un instant après toute douleur avait disparu à la cuisse ; il ne restait plus qu’un peu d’engourdissement. Au bout d’une heure les douleurs avaient partout disparu. Il n’y avait plus de pénible que la présence des aiguilles. On les retira, et la marche devint extrêmement facile.
45' Observation : Rhumatùm'e articulaire.
Madame Yieille (Constance), âgée de 36 ans, d’une forte constitution, avait été prise, il y a deux mois , de douleurs si vives à la plante du
pied droit, puis du pied gauche, quelle fut aussi tôt obligée de garder le lit. Deux jours après, ces douleurs s’étendirent aux deux gënoux et aux articulations coxo - fémorales ; elles développaient beaucoup de gonflement, surtout au genou droit et aux orteils. La chaleur du lit, la pression, et même le moindre contact, les augmentaient extrêmement. Le troisième jour de la maladie, madame Vieille s’était fait mettre des sangsues à chaque fesse, et ce moyen avait enlevé momentanément les douleurs ; elle usa de cataplasmes aux genoux et aux pieds, se mit à la diète, et prit pour tisane de l’eau d’orge miellée. Au bout d’un mois de ce traitement, les douleurs générales diminuèrent. Il n’y avait plus de gonflement qu’à la partie interne du genou droit et à la partie externe du genou gauche. Il y restait, ainsi qu’aux pieds, de la roideur qui empêchait la malade de marcher. On lui appliqua alors vingt sangsues à chaque genou et six à chaque coude-pied : après cette application elle put se lever et faire quelques pas dans sa chambre. Mais la nuit du du même jour, elle sentit de la pesanteur et de l’engourdissement au poignet droit. Elle appliqua aussitôt sur cette partie un cataplasme émollient. Malgré ce moyen, les douleurs y devinrent bientôt si vives, que la malade ne pouvait prendre aucun repos. Elles diminuèrent cependant peu à
DE L’ACUPUNCTURE. ni
peu, mais ce fut pour se porter, ainsi que le gonflement , sur le poignet gauche. Quinze sangsues appliquées alors autour de chaque poignet ne diminuèrent cette fois ni le gonflement ni les douleurs. Il semblait à la malade qu’on lui sciait les poignets. N’ayant pas éprouvé de soulagement par l’emploi des sangsues , elle alla, le a 5 janvier iSab, deux jours après, trouver M. Magendie, qui l’adressa à M. J. Cloquet. Le gonflement était considérable. Lafaible rougeur qui existait n’était nullement en rapport avec lui. Les articulations des poignets et des mains étaient immobiles. Les douleurs étaienttrès-vives, surtout .quand on voulait faire exécuter des mouvemens aüxpoignets'ou aux doigts. Il semblait aloi’s à la malade qu’on lui arrachait leS ongles. M. J. Cloqhet introduisit un-e aiguille au-dessus de la face postérieure-de chaque poignet. Au bout de dixiniiiutds larnàlàde put plier les poignets, surtoutle^gâüche, sans ^üe la souffrance f'ht aussi forte. Au bout dé quihize minutes, le gonflement était moindre. Les aiguilles furent retirées au bout de trois' cfuarts d’heure, et là malade remua elle -même les doigts et les poignets sans éprouver presque de douleurs. La rougeur parut moindre. La pression était peu douloureuse. Pendant la nuit cependant, les douleurs furent encore assez vives pour troubler le
sommeil. Le 26, les douleurs et le gonflement avaient entièrement disparu à la main et au poignet gauches, la malade pouvait s’en servir. La douleur avait aussi disparu à la main et au poignet droits, mais un léger gonflement et de la roideur gênaient encore les mouvemens. On introduisit deux aiguilles aux mêmes endroits que la veille ; ônles retira environ une heure après. Cette fois ce ne fut qu’à deux heures de l’après-midi que le gonflement se dissipa presque complètement. Au reste la malade a très-bien reposé. Le 27, un peu d’engourdissement à la main gauche, mais sans gonflement; nulle.sensation pénible à la droite, seulement léger gonflement à son côté radial. Ce jour-là, on introduisit deux aiguilles aux mêmes points que les fois précédentes, et elles furent retirées une heure après. Le.-28 au matin, madame Vieille nous dit que la chaleur du lit rendait encore un peu douloureux les mouvemens étendus des articulations auparavant affectées; du reste le gonflement avait en'tièrement disparu. Le 2 9, la malade était parfaitement guérie. Elle ne ressentait de gêne nulle part. Il est inutile de faire observer que l’affection n’avait été que déplacée par des applications de sangsues ; la douleur et le gonflement n’avaient pas encore cessé dans une partie, qu’ils étaient déjà très-prononcés dans une
;nitre. Le 3 i janvier, il n’était rien survenu. La malade sortit de l’hôpital quelques jours après, très - bien portante.
41' Oljsfà'V.alion : Tiraillement de Varticulation scapùlohumémle.
M. Greliche, âgé de 24 ans, élève en médecine à l’hôpital Saint-Louis, se balançait, le i 3 février i 825 , sur sa chaise; celle-ci venant à se renverser, il porta la main gauche en arrière pour se garantir de sa chute, et eut le bras pris entre le doê de la chaise et le sol. Il sentit aussitôt dans l’articulation scapulo-humérale gauche un craquement suivi de douleurs lancinantes vives, qui allèrent ensuite en augmentant. Ces douleurs étaient continüelles, et, quelque position que le malade fit prendre à son membre , il ne pouvait les calmer. Elles ne lui permettaient de faire exécuter au membre aucun mouvement. La pression sur l’articulation était fort douloureuse. Le malade ne put goûter le moindre repos pendant toute la nuit. Le \L\, M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans la partie supérieure du muscle deltoïde ; au bout de dix minutes, soulagement tel qu’il n’y avait plus de douleur dans le repos, mais seulement un sentiment d’engourdissement; la pression était encore un peu
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douloureuse, et le membre ne pouvait exécuter de mouvemens sans douleur. L’aiguille ayant été retirée au bout de deux heures, même état qui se continua jusqu’au lendemain. Le malade reposa bien pendant la nuit. Le 1 5 , on introduisit une aiguille, non loin de la piqûre de la veille ; aussitôt après son introduction, le malade sentit son bras plus léger ; l’engourdissement disparui ; au bout d’une heure, le malade fut étonné de pouvoir faire exécuter sans douleurs à son membre tous les mouvemens, excepté celui de rotation, qui en développait encore une légère. L’aiguille fut laissée en place six heures de temps, sans produire d’autres changemens. Le i6, quand le malade portait le bras fortement au-devant de la poitrine, il éprouvait encore de la douleur. Une aiguille ayant été introduite dans le deltoïde, quelquesmomens après, lesmouvemens devinrent beaucoup plus libres. Au bout d’une heure, l’aiguille ayant été retirée, le malade se servit parfaitement de son bras pour s’habiller, et fit exécuter au membre, sans douleur, les mouvemens les plus étendus. Dès ce moment la guérison fut complète.
4?.' Observation : sur une névralgie sus-orbilaire guérie par Vacupunclure; recueillie par M. Bardoulat, à l’Hôtel- Dieu, dans les salles de M. Husson, et communiquée à M. Cloquet.
Le nommé Durand (Jean), âgé de 24 ans, porteur d’eau, est entré à l’Hôtel-Dieu le 19 janvier 1826.
Cet homme, d’un tempérament pléthorique, d’une forte constitution, se plaignait, depuis six jours, d’une douleur vive fixée au-dessus du sourcil gauche, et qui ne paraissait pas suivre le trajet connu d’un nerf, mais décrire une courbe parallèle à l’arcade sourcillière, étendue de l’angle interne de l’œil à la fosse teinporale gauche, envahissant le front, l’oreille et l’œil du mêmè côté. Cette douleur était accompagnée d’étourdissemens fréquens^e céphalalgie assez intense, de trouble dans les fonctions de la vision, et de larmoiement presque continuel au côté gauche. Il y avait eu des épistaxis qui s’étaient supprimées : on pensa que telle pouvait être la cause de la douleur, et l’on mit deux sangsues à la cloison des fosses nasales. L’écoulement sanguin procuré artificiellement pour remplacer une hémorrhagie naturelle fut très-abondant; il diminua la pléthore générale et les étourdissemens, mais il n’agit en aucune façon sur la
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douleur susorbitaire. Le cas parut alors favorable à l’acupuncture, et, le lendemain aumatin, M. Husson fit placer une aiguille d’acier trèsaigüe, de gauche adroite, après avoir fait un pli transversal à la peau ; elle pénétra à deux lignes au-dessous de cette membrane, suivit un trajet parallèle au sourcil, fut enfoncée d’un pouce au moins dans sa longueur, et resta une heure dans les parties. Au bout de ce temps elle fut retirée, présentant sa pointe noire et quelques points dé sa surface oxidés; elle n’avait donné lieu à aucune sensation pénible, l’introduction fut à peine sensible; il y eut une douleur assez vive en la retirant.
Déjà le malade sentait un peu de soulagement, la tête était plus libre, la vue plus nette, l’œil pleurait moins. Il resta ainsi pendant la journée : le soir, une nouvelle ai^ille fut introduite, en la faisant péné trer dans l’étendue d’un pouce et demi de droite à gauche, croisant ainsi la direction de la première. Elle resta deux heures, en ne faisant éprouver, pendant sa présence au milieu des chairs, que le sentiment d’un corps chaud qui suivait la direction de l’aiguille. L’extraction fut plus douloureuse que dans la matinée ; mais après un demi-heure, il y eut un soulagement trèsmarqué; l’œil fut moins trouble dans ses fonc-
lions; il n’y eut plus d’épiphora, ni de céphalalgie.
Le lendemain au matin, quelques légères douleurs avaient reparu au-dessus du sourcil, avec un peu de pesanteur de tête, mais à un degré moindre qu’à l’arrivée à l’hôpital. A midi, M. Husson fit introduire une aiguille de gauche à droite; elle pénétra dans l’étendue de deux pouces, et resta trois heures dans les tissus : même sensation que la veille, mais plus vive; surtout au moment où elle fut rétirée; alors elle faisait éprouver la sensation d’un corps en ignition qui traversait les parties. L’aiguille avait perdu son po^li, et présentait une teinte noire dans tous les points de sa surface. Soulagement entier, complet un moment après l’extraction ; plus d’embarras à la tête, ni de douleurs au-dessus du sourcil; plus de trouble dans la vue ni d’écoulement des larmes sur la joue ; enfin tout se trouve rétabli dans l’ordre naturel.
Ainsi trois aiguilles enfoncées à une profondeur d’un à deux pouces, suivant un trajet parallèle au sourcil, abandonnées depuis une heure jusqu’à trois, au milieu des parties, ont combattu avec avantage une névralgie, récente à' la térité , mais très-aiguë. Le malade resta encore quelques jours à l’hôpital, pour que l’on fût assuré de la réalité et de la persévérance de cette guérison si
m8 traité
rapide ; et en effet il ne se plaignit plus d’aucuns des accidens qui l’avaient forcé d’interrompre son travail et de venir cherclier du secours à l’IIôtel-Dieu. Il est sorti le 24 janvier, après un séjour de cinq jours.
43'Observation : Rhumatisme 7 ? 2 !wet^Z«i’/'e; (communiquée |KirM. Husson).
François Lachaussée, âgé de 65 ans, cuisinier au collège de Louis-le-Grand, avait depuis six semaines des douleurs rhumatismales dans l’épaule et le bras droit. Ces douleurs l’empêchaient de faire son service, et ^privaient cct homme de tous les mouvemens de son membre supérieur.
M. Husson, médecin de ce collège, conseilla à Lachaussée de venir tous les matins à l’Hôtel- Dieu, et là dans une des salles destinées à l’enseignement de la médecine clinique, il lui fit introduire dans l’épaule et dans la longueur du bras malade, des aiguillés dé la longueur-de deux à trois pouces, et les y laissa de une à trois heures; quatorze piqûres pratiquées en cinq jours ( du 7 au 1:2 janvier 1825), ont suffi pour rendre à ce cuisinier l’usage de son bras, pour lui enlever sesdouleurs, et pour le mettre en état de reprendre ses fonctions.
Toutes ces acupunctures ont été pratiquées devant un nombre considérable de docteurs en médecine etd’étudians qui, au besoin, pourraient rendre témoignage de la vérité des faits.
/|/i' Observation : Douleurs (communiquée
par M. Devergie).
Un vétéran souffrait, depuis deux mois, d’une douleur, le long du trajet du muscle droit antérieur et de la portion externe du triceps de la de la cuisse gauche. Des bains et frictions ne le soulagèrent pas : deux aiguilles de deux pouces et demi furent placées dans l’épaisseur des muscles douloureux et laissées trois quarts d’heure. Le lendemain, nulle douleur ; le troisième jour, elle reparut moindre vers le ligament inférieur de la rotule; une aiguille d’un pouce , implantée pendant trois quarts d’heure, l’enleva, et elle ne repai’ut plus.
45” Observation ; Douleurs rhumatismales; (communiquée: par M. Devergie.)
Un sergent-major souffrait, depuis son retour do Tarmée d’Espagne, de douleurs vives dans le membre abdominal gauche, douleurs qu’il avait
contractées au bivouac dans la Catalogne. Des sangsues en grand nombre, des vésicatoires , une grande quantité de bains de vapeurs et de Barèges, avaient enfin, après quatre mois , procuré une grande diminution dans les souffrances, mais non la guérison. L’acupuncture enleva , en deux séances d’une demi-heure chaque, les douleurs de la jambe et du mollet, qui n’ont pas reparu depuis trois semaines ; mais la cuisse soulagée n’a pas été guérie par trois acupunctures répétées.
46' Oljservation : Douleurs rhumatismales; (communiquée par M. Devci'gie).
Le nommé Michel, entré depuis dix mois au Val-de-Grâce, de retour du Sénégal, où, dans un accès de fièvre avec délire, il s’étaitprécipité duhaut d’un fort (environ deux cents pieds de hauteur). Plusieurs fractures compliquées aux membres supérieurs et inférieurs, une luxation du bras gauche, deux plaies detête avec altération des osdu crâne, avaient é té les tristes résultats de cette chute. Il guérit avec peine, et revint en France, ayant un raccourcissement de deux pouces du membre inférieur gauche, des exostoses, et des douleurs ostoécopesle long des os, surtout dans les articulations coxo-fémorales et scapulo-humérales. Pendant son séjour à l’hôpital, nous employâmes un
DE L’ACUPUNCTURE. lai
Iraitement par les frictions mercurielles, les sudoi’ifiques , les bains de vapeurs, de Bai’èges, les rubéfians, etc. , etc., et nous parvînmes à enlever les exostoses et à rendre la vie supportable à ce malheureux, mais non à le débarrasser des douleurs articulaires scapulo-humérales, que Topium soulageait à peine. Enfin, ces jours derniers, j’appliquai trois aiguilles dans l’épaisseur du deltoïde droit, pendant une heure, avec amélioration marquée. Le lendemain, deux aiguilles de deux pouces dans la trapèze du côté gauche, une dans la deltoïde du même côté, et une quatrième dans le pectoral droit, furent laissées pendant une heure. Ces applications suffirent pour le guérir et lui permettre, à son grand étonnement, des mouvemens qui depuis longtemps lui étaient interdits par la douleur.
47“ Observation : Rhumatisme; (comnumiquée par M. Devergie.)
. Le nommé Rinois, infirmier à l’hôpital du Valde-Grâce, avait depuis deux mois dans l’épaule gauche, un rhumatisme qui l’empêchait de lever le bras, et de le porter en arrière. Deux aiguilles lurent introduites dans le muscle deltoïde , l’une à la partie antérieure, l’autre à la partie postérieure; elles furent retirées après une heure de
séjour. Le malade put alors exécuter des mouvemens qui auparavant lui étaient impossibles ; mais il lui restait encore une légère douleur qui fut enlevée par la même opération trois jours après.
48 ° Observation: Douleurs rhumatismales.
Depuis trois ans, la nommée Vagner (Madeleine ) , âgée de 58 ans, éprouvait dans l’épaule droite des douleurs.vives qui s’étendaient à tout le membre correspondant, lorsque cette malade se présenta à mon ami M. Godard , le i5 avril 1825 . Les douleurs avaient beaucoup augmenté d’intensité depuis quelques jours ; le membre et surtout la paume de la main étaient couverts de sueur ; le fades était souffrant ; le bras ne pouvait être écarté du tronC sans causer des douleurs ati’oces. Il plaça deux aiguilles d’acier dans l’épaisseur du muscle deltoïde. Au bout d’un quart d’heure, la pression sur Téj^ule n’était presque plus douloureuse , mais les mouvemens étaient encore impossibles. Les aiguilles furent retirées au bout d’une heure ; alors la malade mit elle-même la main sur la tête, n’éprouvant plus qu’une légère sensation de douleur, nullement capable d’empêcher les mouvemens. Le surlendemain, l’affection s’étant l’enouvelée , mais moins intense que le 1 5 avril, deux ai-
guilles furent de nouveau placées dans le deltoïde. Elles furent retirées au bout d’une heure et demie ; alors la nommée Vagner put faire exécuter sans aucune douleur tous les mouvemejis possibles au membre supérieur droit. Deux jours après, la malade dit que les sueurs avaient aussi disparu, mais qu’il lui restait de la raideur dans l’articulation scapulo-humérale. Sii^douches de vapeur dissipèrent cette légère affection ; et aujourd’hui, 25 mai, aucun symptôme morbide ne s’est manifesté de nouveau.
49” Observation : Lumbago ; ( communiquée parle docteur Bonpard. )
Un teneur de livres est atteint d’un lumbago depuis près de deux mois ; il ne peut se l’edresser, tant sont vives les douleurs qu’il éprouve. 11 consulte plusieurs hommes de l’art; il met en usage les moyens qui lui sont conseillés ; ses douleurs prennent plus d’intensité : c’est dans cet état qu’il me fait apjîeler. Tous les moyens rationnels et empiricjues avaient été épuisés ; l’acupuncture seule n’avait pas été employée ; je la lui propose, et je liie sers de deux aiguilles prdinaires auxquelles je fais une tête en cire ; je les place de chaque coté, un peu au-dessus de la partie postérieure de la crête de l’os des îles, en
les eufonçanl dans l’épaisseur du muscle long dorsal. Les aiguilles restèrent une heure et demie. Le malade commença par éprouver un engourdisment dans les parties douloureuses et un chatouillement incommode dans la partie gauche du scrotum seulement; enfin la douleur disparut, et le malade put^ se redresser. Trois jours après, les douljÈurs se firent sentir de nouveau, mais moins vivement ; nouvelle application d’aiguifies , et cessation des douleurs, qui n’ont pas reparu depuis le 4 février jusqu’à ce joui-, 1 2 juillet 1820.
5 o' Observation : Céphalalgie chronique; ( communiquée pa»M. le docteur Maguien. )
Au commencement de février 1808, me trouvant à Lisbonne, où j’étais arrivé avec Tannée, en qualité do médecin du quartier-général de M. le duc d’Abrantès, je fus pris d’une névralgie excessivement douloureuse du côté gauche de la tête; ladouleurétaittellementcirconscrite, qu’elle n’occupait. que la bosse pariétale de ce coté. Pensant devoir attribuer cette névralgie aux alimens échaulfans, au vin de Porto et aux liqueurs, dont nous faisions usage et souvent abus, je me mis à un régime adoucissant et pris quelques antispasmodiques dont je n’éprouvai aucun soulagement. Bien que je n’aie pas eu de fièvre, les
DE L’ACUPUNCtURE. isS
douleurs atroces que j éprouvais et le régime que j’observais me firent tomber dans un grand état de maigreur. Pendant deux mois à peu près que je ressentis ces douleurs, je n’ai eu demomensde relâche que ceux que me procuraient la musique et la danse ; c’est pourquoi ja’llaiè au spectacle tous les soirs, et dans le jour, je dansais souvent seul dans tmc chambre ; mais je n’éprouvais que d-es soulagemcns momentanés. Enfin, au bout de deux mois de soulTrance , M. le duc, voulant donner une fête au château de Ramaillon près Lisbonne, me pria, si je m’en sentais la force, d’en surveiller les apprêts. Persuadé que le concert et les danses qui devaient avoir lieu me soulageraient, je n’hésitai point à me charger de tous les soins de cette fête, qui dura trentesixheures, et pendant laquelle, abandonnant mon régime , je mangeai et bus comme en pleine santé , je dansai et suai abondamment. Dès ce moment, la douleur disparut entièrement, et je ne l’ai jamais ressentie depuis. A la disparition de la douleur succéda un gonflememt lardacé du cuir chevelu recouvrant la bosse pariétale gauche, gonflement d’une telle sensibilité, que je redoutais l’approche d’un peigne et même d’une brosse : cet état durait encore au mois de janvier dernier , et les tégumens recouvrant la bosse pariétale droite , déjà gonflés, me faisaient éprouver
une sensibilité qui menaçait déjà d’égaler celle du côté ganche. A cette époque j’eus connaissance des succès c[u’obtenait M. J. Cloquet par l’acupuncture : je le priai, en désespoir de cause, de m’introduire une aiguille entre la bosse pariétale gauche et les tégumens. Quoique sentant bien l’attouchement de la main de l’opérateur, je n’éprouvai aucun sentiment douloureux de l’introduction de l’aiguille ; bientôt après je ressentis une douleur très-vive à la place de l’aiguille ; et, m’apercevant que la sensibilité diminuait dans les parties environnantes, je gardai l’aiguille pendant vingt-quatre heures; j’éprouvai une douleur extrêmement vive en la retirant. M’apercevant le lendemain que la sensibilité était de beaucoup diminuée , je me suis introduit, à différentes l’eprises, deux aiguilles sur chaque bosse pariétale ; et, en quatre ou cinq acupunctures de vingt-quatre à trente-six heures chacune , je me suis vu entièrement débarrassé et du gonflement et de l’excessive sensibilité de cette partie.
Il me reste à parler d’une incommodité beaucoup plus grave dont je suis atteint depuis 1811, incommodité qui, sans être guéi’je, à beaucoup près, a été sensiblement diminuée par l’acupuncture secondée par le galvanisme.
En février 1811, me trouvant à Ciudad-Rodrigo, où j’étais encore médecin du quartier-gé-
nci'al, je fns pri.s subitement d’une faiblesse dans les extrémités supérieure et inférieure du côté gauche. J’éprouvai d’abord si peu de gène dans les membres de ce côté, que je ne m’en occupai pas, dans l’espérance que cela se dissiperait, atlendu qu’aucun antécédent ne faisait craindre une attaque d’apoplexie ; en effet, je n’ai jamais été sujet à saigner par le nez, môme dans mon enfance ; j’ai bien éprouvé quelques éblouissemens depuis l’âge de i5 ans jusqu’à près de l\0, mais ils n’étaient pas de longue durée, et se terminaient toujours par un léger mal de têtef'je ne crois pas devoir attribuer ces éblouissemens à d’autre cause qu’à une constipation tellement .opiniâtre , cjueje ne vais pas plus de deux fois à la garde-robe par semaine. Cependant cette faiblesse , loin de diminuer depuis 15 ans, a sensiblement augmenté, surtout à la main, dont, à la vérité, j’ai fait trop peu d’usage, et si la jambe s’est proportionnellement moins affaiblie, cela vient sans doute de ce que j’ai toujours pris beaucoup d’exercice.
Inquiet de la faiblesse de ma main , après avoir vainement pris des douches d’eau de Barèges, après m’ètre fait frictionner et électriser , j’ai pensé que le galvinisme pourrait me soulager: en conséquense je me suis fait galvaniser par commotion, une trentaine de fois, pendant dix
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minutes chaque fois, le bras et la jambe gauche: n’en ayant encore obtenu aucun succès, j’ai employé l’acupuncture secondée par le galvanisme, c’est-à-dire que me faisant planter des aiguilles dans tous les muscles de l’épaule, même dans le sous-scapulaire, dans le triceps brachial et dans le deltoïde, puis plaçant une main dans un vase où il y avait de l’eau dans laquelle plongeait un conducteur aboutissant au côté négatif, je faisais armer un second conducteur aboutissant au côté positif d’un excitateur avec l’extrémité ducj[uel on touchait successivement toutes les aiguilles, et chaque attouchement me donnait une commotion dont la force .était en raison du nombre d’élémens compris entre les deux pôles de la pile : je supportais ces commotions pendant dix minutes, et dans ce court espace de temps toutes les aiguilles s’oxidaient d’une manière remarcpable ; et, comme dans l’acupuncture simple, leur sortie était toujours plus pénible que leur introduction. Pour galvaniser l’extrémité inférieure , je me faisais introduire les aiguilles dans les muscles fessiers et dans le fascia-lata, puis plongeant mon pied dans un vase contenant de l’eau salée , j’opérais comme pour le bras. Je me servais de la pile à auges et je recevais d’assez fortes commotions en la chargeant seulement avec de l’eau salée et un peu de vinaigre, commotions qui
eusspnt été à peine sensibles , s’il n’y avait pas eu d’aiguilles implantées dans les muscles; Vingt séances ont rendu à Textremité supérieure le double de force qu’elle avait auparavant : quant à l’extrémité inférieure , je n’y trouve qu’une amélioration moins remarquable.
5l' Observation : Névralgie sciatique, ( recueillie patte docteur Teby).
Le nommé Pelletier, maçon, âgé de vingtneuf ans, se ressentait depuis quatre ans de douleurs intermittentes. Hors d’état de travailler depuis un mois, il vint à THôtel-Dieu le 10 janvier-1 825, A son arrivée, on lui fit pratiquer une saignée du bras, qui ne fut suivie d’aucun effet.
Les cinq jours suivans,le malade ne pouvait se tenir couebé que sur le ventre, à cause du mal qu’il ressentait dans les reins et le haut des fesses. Un vésicatoire fut appliqué au-dessus de cette région ; il produisit un mieux sensible. Trois jours après , un autre , appliqué sur le mollet, n’eut aucun effet; même insuccès pour un troisième : un quatrième , mis sur la face dorsale du pied, soulagea immédiatement; mais les douleurs premières ayant reparu , on se décida à appliquer un moxa au-dessus du premier vésicatoire.
i5o TRAITÉ .
, ,Ces moyens énergiques n’ayant eu aucun résultat, il fallut aroir recours à un autre mode de traitement, l’acupuncture.
Le malade était dans l’état suivant :
Il ne pouvait ni s’asseoir, ni ployer les jambes, ne se trouvait un peu soulagé qu’en marchant avec des béquilles; mais au bout d’une heure, il était forcé de se recoucher et de changer à tout instant de position.
Cinq aiguilles furent d’abord appliquées en différens endroits du mollet et sur la cuisse. La jambe devint très-engourdie ; aucun soulagement marqué.
-Le lendemain, deux autres mises, Tune audessous de l’espace poplité , l’autre au bas de la jambe, mirent le malade en état de marcher sans béquilles.
Une troisième application de cinq aiguilles , placées tant transversalement que longitudinalement en différens endroits, fut suivie d’un succès tel , que le malade , radicalement guéri , et ne ressentant aucune douleur , ne pensa plus qu’à faire sécher son moxa pour demander sa sortie , qui eut lieu le 11 février.
Si” Observation Névralgie sciatique, (recueillie par le docteur Teliy.)
Le nommé Maurice , aide de cuisine , âgé de
DE L’A'CWMCTURE.
vingt-deux ans , tourmenté depuis deux mois de doqleni’S;dans rai’ticüktioi). coxo-fémorale,n’avait cessé de travailler l'a! jjreSaîér mois , au bout duquel il fut forcé de se mettre au lit.
- ESn^médéèfn'ajipelé fit ■applîqbbr'fréïifë sangsues :"âur cette'Véglbtl 5 '‘ell'és''iife ijrëduMferitaiicitn effet; üh'VésiCtitdire Tblânfj's'ètendantdepuis cette'articulatibh' jÜsqn’à' là partie antérieure du génoüjEtit appKqtié fi'euf jours après par lé même prafictett : ib’en-résulta quelque soulagement ; niai^iCinq jbur.^’ lueent. à'peiné écoules que les dbüleuts irepfUrui eut a\cc leur première intensité veCs lé-'hant de la fil^so - ■ ; '
Le-malade vmt en voiture à l’Hôtel-Dieu. Un moxa' fut appliqué sur cette partie ; les souffrances furent calmées, mais le malade était dans l’impossibilité de se tenir debout.
Passé dans le service de M. Hnssonle 4 février, l’emploi de deux aiguilles, prolongé durant cinq heures au-dfessous du moxa , mirent le malade en état de sé promener sans béquilles.
Quatre autres aiguilles, mises successivement à la partie' antérieure de la cuisse , à sa face interne et'aü---'dessous du genou, achevèrent la guérison du malade, qui, à l’abri de ses premières soülfrânces, sortit le 1 2 février.
La marche était on ne peut plus facile.
i 32 TMITÉ 1 i;-
Observatinn,; Né.vreilig'iv.'-Sjcmui/itc, (’rcH'uail'lic;
■ :cd': . . :
,;d "1r)b yo'îo'j ü
Le nommé Bergeron ,, ,
commissionnaire-I'i-olleur, 4fSliJfeu*’aiiL,i;UQ,§aiij.lr- Denis, n° 49? fui piis-4« dQulour'.tlaii.? la-ftidsse» à Ffige de vingt, ans ; il él,ait| al,Qrs;:doiJ3estiq;vH> dans une ferme. Celle donjeujp 'dura mois i, le beau temps seul en triompba. liait ans ses'passèrent ainsi, et ce p’cst que de])uis uniau; qu0 la récidive eut lieu ; mêmes souffrances que les premières pendant l’espace de.deu^ ntpis Ællès^.çéT dèrent encore à la saison , et ce n’est^iau dire du malade, qu’à la suite d’un tour dq, rein tant un fardeau, qu’elles se. uianifestèrent dp nouveau le jour de Noël 1824. :!■
Dès ce moment, deS jdouleurs de jaftibe trèsintenses furent suivies d’une grande difîiôulté dauf^ la marche, ce qui n’avait pas encore eu lietti; motif pour lequel le 'malade se décida à erttrerià l’Hôtel-Dieu le 5 janvier 1825. ; , ' ; .
M. Petit ( car c’est toujours de, ce. dernier , ainsi que de M. Husson, dont je fais ,mention pour l’emploi des différens modes de traitement )., M. Petit, dis-je , fit appliquerhuit jours après, quatre ventouses scarifiées au mollet, à la malléole externe , au-dessous de genou et à la fesse ;
DE L’A0ÜPÜNCTURE. i33
elles n’eurelit' 'àticün bbri> résultât.''îié'''œàlàde 'fût laissé 'traïiqûillé ' é'üvifbn ' pènüaî^t'^üin’zÉi jÛürs ; il n’éprouvait de soulagcment-quë'qüand ün Vésicatoire qu’il portait étàii'en préîûè 'supûfàtîon : se tarissait-elle , les-douleurs' fép'afûlSsaî'èût. ' ' Au mois de levriër, on fit appliqüér* 'une aiguille sur la Vuisse dànS la directidri' dû’ 'nerf fé-imoro-poplité ; à peine introduite y disparition de la douleur. ..
Huit autres aiguilles appliquéèsVur le trajet du nerf étaient suivies^ au dire ‘ dit'in al àde, d’un sentiment d’irradiation vers la pointe de'l’aiguille ; elles eurent un plein succès; Ld rnalade sé trouvait si content de sa positionqu’il sautait de j'oie en demandant sa sortie. t
54° Observation : f^évralgiè sciatique i par
le docteur ïeby).
Le nommé Jean Gùebliai’d, Allemand, âgé de quarante-huit ans , employé au service militaire depuis l’âge de douze ans, fut attaqué, à la suite d’une très-longue et dure captivité, de douleur dans l’articulation coxo-fémorale, àlapartie antérieure de la cuisse jusqu’au genou, et dans tout le trajet du nerf sciatique.
Plongé dans la plus alfi-euse misère , de retour à Paris pour aviser aux moyens de gagner sa vie, il fut pris sans passe-port pour un vagabond , et
en.VQy:^ î .c^rft^e j Jjeji,, clans. ,l^s. ppisiops. ;■, enfin, re- Goinj^pgd/^jpa;’ HcU i ^ ^ l’Hô tel-Dieiî
le jl4:|<^yâfii’plSa^.Jiiyai';j;âu:vi mi; i -;
Le;nia],|\4e;prié^,^;taiti},’i3'};al':suivânt:: il ne pouvait .ni,a^’clier, s,ait§ l)équjjlç& ; Ja; cuisse gauche était tout-àTfait.inspngible à la pïession.du doigt, au point qu’il, nous ,dit;,qpe'le :feu avait pris à son pantalon . sans, qu’il s’eri; fu t aperçu.
La cuisse droite était plus malade encore ; des douleurs excessives se faisaient ressentir dans tout le membre , en pai’tie atrophié.
A son arriyqe,,, le malade se plaignit d’un sentiment de froid glacial.. , , ,
, Cinq aiguilles furent; appliquées à la partie antérieure de la cuisse. Aju moment même des piqûres, le malade accusa une sensation toute particulière sur cette région. Ce moyen fut suivi d’un effet tel, que la sensibilité reparut, au point qu’il se plaignit fortement quand on le pinçait avec les doigts, Le même soir, une nouvelle application de cinq aiguilles fut, faite sur la cuisse gauche; même résultat,- sensibilité encore plus exquise. Le malade marcha déjà assez facilement; il fit un projet de départ. . .
Enhardi par un succès aussi prompt, on lui en réappliqua le i8 et le 19, d’après sa demande,, sept sur la face dorsale du pied et le long de son bord externe.
DE L’ACUPUNCTURE. i35
Le 20 , marche très-facile, nullement douloureuse.
Le 21, on le trouva levé ; il se promenait depuis le matin, attendant impatiemment la visite du médecin pour demander sa sortie, et aller, disait-il , gagner de l’argent afin de servir les Grecs,
55“ Observation : Névralgie sciatique, (recueillie par le docteur Teby).
Lé nommé Delarue, âgé de trente-quatre ans, employé dans les Droits-i’éunis, et en cette qualité forcé de visiter les caves, fut pris de douleurs dans les lombes après avoir passé une nuit au bal.
Arrivé à l’Hôtel-Dieu le 4 mars, le malade nous dit qu’il était sujet à ces douleurs depuis, deux mois; qu’elles ne duraient qu’un jour ou deux, pour reparaître ensuite avec plus ou moins d’intensité ; qu’à ces maux de rein avait succédé une douleur si aiguë dans tout le trajet du nerf sciatique , qu’il ne pouvait marcher, raison pour laquelle il s’était décidé à venir à l’hôpital.
Depuis quatre jours seulement les douleurs avaient cédé à l’emploi de l’huile de laurier en friction, et avaient été remplacées par un état d’insensibilité de la peau, et engourdissement tel, que le malade ne sentait absolument que son gros orteil. A son dire, le restant du membre était comme mort.
i36 TRAITÉ
, Du reste, toutes les fonctions dans leur intégrité complète.
Le 6, deux aiguilles enfoncées durant trois heures, l’une à la cuisse, l’autre au mollet, iniren t le malade en état de faire deux tours de salle sans se reposer. Il disait sentir un mouvement de bouillonnement, le sang descendre : ce sont ses propres expressions.
Je crois qu’il n’est pas inutile de noter ces différentes nuances de sensations, qui pourront peut-être un jour nous éclairer sur ce mode d’action, qui jusqu’à ce moment nous est tout-à-fait inconnu.
Le 7 et le 8, douze autres aiguilles appliquées en différens endroits de la jambe et du pied, dissipèrent entièrement l’engourdissement, et ramenèrent la sensibilité et la chaleur.
Le g, sortie du malade.
Ces faits, de la plus haute authenticité, nous niontrent évidemment l’action de l’acupuncture dans la névralgie fémoro-poplitée.
56° Observation; ( recueillie par M. Dronsart, à l’hopilal de la Charité, dans les salles de M. Foiujuier. )
('Le nommé- Tête est un homme fort; il est entré dans les salles de M. Fouquier avec une
névralgie sciatique, contre laquelle avaient échoue successivement deux applications de vingt sangsues chaque , deux applications de ventouses scarifiées , et deux vésicatoires secondés de l’administration intérieure de l’opium : je proposai à M. Fouquier de lui pratiquer l’acupuncture. En ayant obtenu la permission, j’enfonçai une aiguille à la profondeur de huit à neuf lignes sur le point que le doigt du malade me signala comme le plus douloureux ( c’était le "point correspondant à l’éçhancrure sciatique) ; je le fis communiquer avec le sol au moyen du conducteur adopté par M. J. Cloquet, et dix minutes après j’interrogeai le malade sur ses sensations : il me dit que l’introduction de l’aiguille avait été assez douloureuse, mais que cette douleur, aussi-bien que celle du nerf, était presque passées, et qu’il ne lui restait plus que de l’engourdissement dans la jambe et le pied. C’était vers sept heures et demie que j’avais acupuncturé, et je ne revins voir ce malade qu’à neuf heures environ ; alors la douleur du nerf était complètement passée ; celle de la piqûre disparut presque tout-à-fait, et il ne resta plus que l’engourdissement de la jambe, dont j’ai parlé plus haut. Tel était l’état où je laissai Tête le 11 janvier; je le revis le lendemain, et sa première parole fut un remercîment pour la bonne nuit que je lui avais fait passer.,Le i3 et le i/j, le bien
i58 TRAITÉ
être persistait, quoique Topiuua eût été supprimé ; Tête croyait sa guérison très-avancée, puisqu’il ne restait plus d’une douleur lancinante qu’un peu d’engourdissement dans la jambe : dans la unit du i5 aû i6, à la suite de quelques efforts de toux, la douleur primitive reparut dans toute son intensité. Il en était de même le lendemain à la visite, et c’est alors que M. Fouquier me fit appliquer deux aiguilles, l’une à la cuisse, près de la première piqûre, et l’autre sur un point très-douloureux de la jambe ; j’établis une communication entre elles au moyen d’un fil métallique, et de l’anse formée par celui-ci, j’en fis partir un second pour aller plonger dans une solution saline contenue dans un vase de métal.
Quant aux circonstances et aux effets de ces acupunctures, à part l’aiguille de la jambe qui causa d’assez vives douleurs, quoique enfoncée de quatre ou cinq lignes seulement, qu’il me suffise de dire qu’ils furent en tout semblables à ceux de la première opération : les aiguilles enlevées, Tête ne sentit presque plus rien, et se crut guéri une seconde fois; mais quatre heures après, de nouveaux efforts de toux avaient ramené les douleurs.
Ici se termine cette intéressante observation pour ce qui est relatif à l’acupuncture, car le malade a maintenant sur le membre deux larges
vésicatoires, et l’acupuncture n’a plus été pratiquée. »
Rentré dans mon pays natal, j’eus bientôt occasion de poursuivre les expériences de M. J. Cloquet sur l’acupuncture, et de me convaincre de plus en plus de ses heureux effets. Yoici trois observations sur une trentaine de réussites en deux mois. Ma pratique particulière ne m’a d’ailleurs rien appris de nouveau à ce sujet.
57 ' Observation : Douleurs rhumatismales.
Le nommé Legarec, âgé de 4o ans environ, douanier, demeurant près Vannes, était atteint depuis quatre ans d’une affection rhumatismale aux extrémités inférieures, mais surtout à la gauche. Depuis plus de deux ans les muscles étaient dans un tel état de contraction permanente que la jambe était demi-fléchie, ce qui forçait le malade à se servir d’une béquille quand il voulait faire quelques pas. Les tendons se dessinaient en forme de cordes dans toute la cuisse droite et quelques endroits de la jambe correspondante. Au membre inférieur droit, il y avait seulement de la roideur, de la gêne dans les mouvemens; cet état de contraction était accompagné de douleurs violentes, éveillées par la moindre tentative de mouvemens. Cette affection provenait probablement de ce que le malade était ap-
i4o TRAITÉ
pelé par état à passer les nuits sur des marais, exposé à toutes les intempéries. Il est à peiiie nécessaire de dire que cette affection le mit bientôt dans l’impossibilité de continuer ce service pénible et lui valut sa retraite. Ayant appris que je connaissais un moyen de combattre avantageusement les douleurs, ce malade vint me trouver, le i4 mai i8a5. Je désespérais d’abord de le guérir. Voulant cependant essayer l’acupuncture, je lui demandai où il éprouvait le plus de douleur, et lui introduisis deux aiguilles dans deux muscles de la cuisse fortement tendus ; une heure après ces muscles devinrent plus souples, et le malade se sentit un peu soulagé. D’après cet essai favorable le malade revint me trouver huit jours après pour user plus convenablement de ce moyen curatif, quoique l’affection Tût alors revenue au même point qu’auparavant. Il suffit de dire que pendant plusieurs jours j’introduisis des aiguilles dans tous les muscles contractés que le malade m’indiquait lui-même : il en eut quelquefois huit ou dix à la fois dans le membre inférieur gauche ; je les lui retirais huit ou dix heures après. Au bout de huit jours il n’y avait plus de muscles contractés; les roideurs du membre droit avaient aussi cédé à quelques acupunctures; le malade n’éprouvait plus que de légères douleurs par la jiiarche. Quatre jours encore d’acupuncture suR
riront pour rendre la guérison eomplèté. Comme il était peu fortuné, je le renvoyai en lui disant qpe ju ne, consentirais à rien recevoir de lui, que dans le. cas où sa guérison serait assurée. Un mois après:environ, il vint me trouver plein dè joie : il mârcliait tout aussi bien que s’il n’avait-j'amais été malade, et me dit alors que le jour iileme où je le,.renvoyai'chez lui, il fit huit lieues à pied sans avoir besoin, de canne. Aujourd’hui, '30 juillet, il[in’est survenu aucune gêne dans la marche ; les dopleurs n’ont poirit reparu.
58' Observation : Céphalalgie chronique.
Madame Mohé, âgée de 34 ans, demeurant placé du Marché an seigle,'à Vannes, éprouvait depuis deux mois , à la tête , des douleurs tellemenOvives, qu’elle-hë pouvait garder le moindre repos la n'üit ïii le jour ; la séùle position où elle sê trouvait uii'peu soulagée, c’était quand elle .s’apjmyait la tête sur ses génoxix eh la. serrant de sesMeux mains'; la douleur,sa répandait alArs vers Imsommet de la tête. Elle s’attendait y'biëh à ne pas'goûter de repos pendant la huit qu’elle ne se déshabillait pas.' La cause de cette affection ne lui était pas connue; quand elle s’est présentée à moi (le 23 mai i'825. )'lës douleui’S sè faisaient vivement sentir dans toute la tête, mais plus par-
ticulièrem,ent dans la région des:tempos;!elles auginentpient .à la pression, et 'consistaient'eh des élancemens qui, partant du cuir clrevelu, se faisaient sentir profondément dans lanête. Je lui introduisis une aiguille à chaque tempe et la renvoyai chez elle. Le lendemain elle vint me dire qu’elle était parfaitement guérie ; qu’elle était'à peine sortie de chez moi qu’elle s’était sentie considérablement soulagée ; .elle iavait parfaitement dornii toute la nuit : je lui retirai.; alors les guilles, et aujoui’d’hui, 20 juillet, il n’eSt rien survenu de cette affection.
Sq” Observation : CépTialalgie
Madame âgée d;e '3.5 ans, demem’ânt rne de la Fontaine,, à Vanjnes,,: éprouvait depuis huit mois:des douleurs vives à, la.tête; elles en occupaient tantôt un côté, tantôt l’autre; elles se faisaient sentir par élancemens, ordinairement trois ou quatre jours de suite, et puis il y avait deux ou, trpis. jours de repos. Pendant l’accès elles troublaient le sommeil; la malade se trouvait:SOUlagée quand elle s’appuyait sur le côté, doulou-r reux. QuandeUeseprésentaàmoi (lq8, jüin,i,825') les élancemens se faisaient sentir du cô.té droit d,é la tête; j’y introduisis une aiguille,et renvoyai lÿ malade : la douleur ne se calma guère le reste de
la journée, mais le soir la malade dormit parfaitement, et le lendemain l’affection avait entièrement disparu de la tête, mais il y avait à l’épaule gauche une douleur assez forte pour rendre la respiration très-pénible et les mouvemens du bras impossibles. Une aiguille fut introduite au point le plus douloureux de l’épaule; cinq minutes après, soulagement considérable, respiration trèsfacile; la malade ne put cependant lever le bras sans douleur qu’au bôut d’une heure, où la guérison fut' complète. Le 20 juillet- il n’était rien survenu de cette affection.
troisième SÉRIE d’observations.
Elle renferme les c as où plus de trois acupunctures ont été néces- ■ saifés pour la cùre de la maladie.
60' Observation : Rhumatisme musculaire.
Le nommé S.oucieux (Loiiis-GuiRaume), âgé de 5a ans, sellier, d’une taille moyenne et d’une forte constitution, entra à l’hôpital Saint-Louis le 5 octobre 1824, pour y être traité d’un rhumatisme à l’épaule gauche. Ayant été militaire pendant plusieurs années, il attribuait ses douleurs à une chute de cheval qu’il fit alors sur cette épaule. Ces douleurs n’étaient guère sensibles que dans les variations atmosphériques; mais au mois d’août* dernier, elles se manifestèrent par des élancemens qui irradiaient du sommet de l’épaule et du bord postérieur du creux de l’aisselle vers les parties voisines ; elles empêchaient le malade de porter la main à sa bouche. Cinq bains de fumigations aromatiques avaient un peu diminué ces douleurs, sans faciliter aucunement lesmouvemens du bras, lorsque, le ai novembre i8a4, M. J. Cloquet songea à employer l’acupuncture. Il introduisit une aiguille à la profondeur d’un pouce environ, dans les muscles grand dorsal et sous-épineux. L’introduction fut à peine
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sensible. Pendant la première minute, aucun changement. Ala deuxième minute, auréole rougeâtre autour de l’aiguille, dans l’étendue d’un demi-pouce environ* élancemens moins vifs, léger engourdissement, mouvemens un peu plus faciles. Le malade accusa alors de la douleur vers le muscle grand rond. Ony introduisit une aiguille sans retirerl’autre. Cinqminutes environ après la première opération, les aiguilles ayant été retirées, le malade put porter la main au-dessus de la tète, sans l’aider de celle de l’autre côté, et put faire exécuter au membi’e des mouvemens de rotation.
Pendant la nuit de légères douleurs se manifestèrent vers le bord supérieur du trapèze. Le 22 M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles de manière à transpercer ce muscle. Les douleurs d’ailleurs très-légèi’cs diminuèrent encore. Les mouvemens n’en étaient pas moins aussi faciles et aussi étendus qu’après la première acupuncture. Après une troisième acupuncture au muscle trapèze, la douleur ne di.sparut pas encore entièrement. Le 2 5, elle résista au même moyen. Il était survenu pendant la nuit des élancemens vers le muscle sous-scapulaire. M. J. Cloquet y introduisit une aiguille par le creux de l’aisselle. Une minute après, les douleurs s’étendirent jusqu’à la partie supérieure de l’épaule, qu’elles quittèrent de suite. Après deux minutes elles I. 10
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abandonnèrent l’aisselle. On retira l’aignille au bout de cinq minutes environ, et tous les mouvemens du bras devinrent extrêmement faciles. Le 26, il n’y avait plus de douleur qu’au muscle trapèze, encore était-elle à peine sensible. On prescrivit des bains de vapeur. Huit ou dix jours après, aucune gêne n’étant survenue dans les mouvemens de l’articulation de l’épaule, le malade x^sortit de l’bôpital.
61' Observation : Névralgie poplitée et plantaire.
Le nommé Delaunay (Étienne-Maximilien), âgé de 38 ans, d^une forte constitution et d’une haute stature, cocher, en soulevant une voiture il y a trois mois, environ, éprouva dans la région lombaire un sentiment de craquement suivi de légères douleurs. Quelque temps après il se mit à frotter des appartemens, mais il ressentit aussitôt dans la cuisse gauche des douleurs vives, qui s’étendirent de la face externe de la jambe jusque sous la plante du pied. Ces douleurs consistaient en un engourdissement continuel et en pîcotemens ou élancemens très-pénibles; elles augmentèrent promptement, elles accès en devinrent bientôt si violens et si rapprochés, que le malade fut obligé de suspendre ses travaux. Lorsqu’il se présenta à nous le lo décembre
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1824, il «tait courbé en avant , boitait, et pouvait à peine poser le pied sur le sol. Il nous dit au reste que des frictions irritantes et des applications narcotiques ne l’avaient pas soulagé, et que depuis plusieurs jours il était privé du sommeil. IVI. J. Cloquet introduisit une aiguille dans la face externe du mollet gauche, et il y adapta un conducteur. Au bout de cinq minute» les douleurs augmentèrent, des élancemens vifs et brusques firent pousser des cris au malade, et l’obligèrent à marcher en s’appuyant sur l’autre pied, pour se distraire de sa souffrance. Après vingt minutes, il éprouva dans tout le membre un sentiment de constriction qui fut suivi de chaleur et d’une diminution manifeste dans les douleurs. Elles étaient cependant encore plus vives qu’immédiatement avant l’introduction de l’aiguille. Au bout de trois quarts d’heure, calme presque parfait. Il n’y avait plus qu’un léger sentiment de constriction. Au bout d’une heure, ( l’aiguille étant toujours en place), le malade essaya démarcher; alors les douleurs vives et lancinantes reparurent à la plante du pied surtout. On y introduisit une autre aiguille, à laquelle on adapta un conducteur métallique. Quelques minutes après le malade put tenir son pied sur une chaise, position auparavant impossible. Les aiguilles ayant été retirées au bout d’une heure et demie,
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on y remarqua une oxidation très-forte. Le malade souffrait moius qu’avant l’acupuncture et marchait mieux; il éprouvait cependant encore des élancemens de temps à. autre. Le i3, les douleurs étaient bien moindres qu’avant l’acupuncture ; il n’y avait plus guère que de l’engourdissement à la plante du pied. Elles n’avaient pas empêché le malade de dormir. Il marchait aussi un peu plus facilement. Les douleurs étant encore fortes vers l’extrémité supérieure du péroné, on y introduisit une aiguille armée d’un conducteur métallique. Au bout de quelques minutes, engourdissement moindre à la plante du pied.
La douleur devint plus vive au mollet, après quinze minutes; après trente, elle fut remplacée par un sentiment de constriction : l’aiguille fut alors retirée. Pendantcette acupuncture, il ne se manifesta pasd’élancemens, lors même cpele malade faisait des mouvemens ayant encore l’aiguille. Le 17, il n’était pas revenu de douleurs au mollet ni à la plante du pied; il y en avait encore à la partie supérieure du péroné. On introduisit une aiguille à cet endroit. Après huit minutes, douleurs inoindreSj sentiment de constriction. Après quinze, le malade ne souffrait nulle part étant assis. La marche développait encore de vives douleurs. Après vingt minutes, l’aiguille étant retirée, la marche fut encore légèrement douloureuse. Ce qu’il y a de re-
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uiarquable, c’es t que le malade pré tendai t faire cessercomplètementsesdouleurs en n’expii-antpas et en contraclant fortement le diaphragme comme pour expulser les matières fécales. Le 20, il existait encore de la douleur au même endroit, mais moins forte que le 17. Le malade avait pu se coucher sur' le côté affecté, ce qu’il n’avait fait depuis plus de trois mois. Au bout d’une heure d’acupuncture, l’aiguille ayant été retirée, il marcha , frapjja du pied sans éprouver la moindre douleur. Ayant repris ses travaux, de trop grandes fatigues développèrent, le 21, un sentiment de chaleur le long de la face externe de la jambe, depuis le genou jusqu’à la plante du pied. Une acupuncture pratiquée vers la tête du péroné dissipa bientôt ce sentiment incommode. Cinq ou six jours après, le malade parfaitement guéri est venu remercier M. J. Cloquet des soins qu’il lui avait donnés. Trois mois après, aucun symptôme n’avait reparu.
62“ Observuüüii : Epigastralgie; (communiquée par le malade).
M. De Prémorel, ancien garde du corps de S. M. et capitaine au 7“ régiment de ligne, ayant Sssisté aux expériences de l’acupuncture faites à l’hôpital Saint-Louis, par M. J. Cloquet,
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le consulta sur des douleurs continuelles qu’il éprouvait depuis sept à huit mois, en divers endroits de la région épigas,trique ; mais M. Cloquet n’ayant pas cru queie siège des douleurs fût suffisamment indiqué, crut devoir ajourner l’acupuncture.
Cependant, les douleurs s’étant manifestées plus vivement à la droite de l’appendice xiphoïde, M. de Prémorel se rappelant les effets étonnans et subits de l’acupuncture, effets dont il avait été témoin, voulut se pratiquer lui-même cette opération.
Il acheta quelques aiguilles dites à reprise, longues et fines, et s’en introduisit une sur le point douloureux à la profondeur d’un pouce, puis il y adapta un conducteur métallique dont il plongea l’extrémité dans un vase rempli d’eau salée.
Au bout de trois quarts d’heure, il fut sensiblement soulagé, et voulut retirer l’aiguille : lui et son frère l’essayèrent en vain; il prit alors une pince, et à l’aide de cet instrument il l’ctira l’aiguille , qui était fortement oxidée.
Les douleurs se renouvelant le lendemain, nouvelle acupuncture et nouveau soulagement.
Enfin une troisième acupuncture d^iyraM. De Prémorel de toutes ses douleurs, qïtï depuis quinze jours n’ont pas reparu.
63 ' Observation : Douleur: suite de contusion.
Le nommé Grandjean (Laurent-Guillaume), âgé de 59 ans, perruquier, était tombé sur l’épaule droite trois semaines avant de venir trouverai. J. Cloquet. Des compresses trempées dans de l’eau blanche furent appliquées pendant huit jours sur l’articulation malade, mais n’empêchèrent pas cette partie de contracter une trèsgrande raideur. Le 21 décembre 1824, les mouvemens étaient si pénibles, que le malade ne pouvait se déshabiller. Les efforts pour mouvoir le bras lui arrachaient des cris. Il ne pouvait l’approcher du tronc, ni le lever, encore moins le porter en arrière (on s’assura qu’il n’y avait pas de luxation ). La moindre toux donnait unecommotion douloureuse dans l’épaule, et les douleurs se prolongeaient jusque dans le bras. On introduisit trois aiguilles dans le moignon de l’épaule. Au bout de trois minutes, auréole peu prononcée, douleurs plus vives. On retira les aiguilles après quarantè-cinq minutes, sans que les douleurs aient sensiblement diminué.
Mais quelques heures après, le malade se trouva soulagé au point qu’il était décidé à ne plus venir nous trouver. Le 24, les douleui’s étant revenues aussi fortes qu’auparavant, mais plus prononcées
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dans le bras que dans Tépaule, on introduisit deux aiguilles dans le bras. Au bout d’une heure les douleurs du bras disparurent, celles de l’épaule diminuèrent un peu. Pendant la nuit, les douleurs de l’épaule augmentèrent. Le 3o, les mouvemens seuls de l’articulation les rendaient sensibles. Celles du bras n’avaient pas reparu. Le malade ne pouvait porter le membre au-devant de la poitrine; il le levait sans soulTrir, mais la douleur se manifestait quand il l’abaissait. On introduisit une aiguille à la partie antérieui’e de l’épaule. Au bout d’une demi-heure, le malade porta le bras au-devant de la poitrine sans ressentir la moindre souffrance ; en l’abaissant, il en éprouvait encore, mais beaucoup moins.’ Le 4 janvier, cette douleur existait encore quand Grandjean baissait le bras, et l’acupuncture ne fit ce jour-là que la diminuer. Le ii, elle avait entièrement disparu. Le malade reprit ses travaux. Le i5, il n’était revenu aucun symptôme de la maladie.
64° Obsen-ation : Névralgie scialique.
Le nommé Piault (Louis), âgé de 60 ans, concierge , fut pris sans causes connues, au commencement du mois d’aoùt 182/1, de douleurs vives à la cuisse droite; ces douleurs s’éten-
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dirent ensuite le long de la partie externe et postérieure de cette partie et de la jambe, jusqu’au, pied, en suivant le trajet des branches externes du plexus lombaire et du nerf poplité. Au moindre mouvement, le malade sentait une corde tendue depuis l’extrémité externe du pli de l’aîne jusqu'à la malléole correspondante. Quand il levait le bras di'oit, ce membre était comme retenu par un tiraillement qui venait se confondre avec cette espèce de corde et la tendait. Les douleurs étaient calméês par la chaleur, mais elles augmentaient tellement par la marche, que le malade pouvait à peine faire deux pas. Du reste , la pression n’était pas douloureuse, et quand il était dans un parfait repos, il ne souffrait pas ; des bains de vapeùrs, des sangsues, deux vésicatoires volans, un à la cuisse et l’autre à la jambe, des cataplasmes de farine de moutarde au-dessus des malléoles, des frictions irritantes n’avaient amené qu’une légère amélioration. Le 37 décembre 1834, M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans la cuisse, et une autre au-dessus de la molléole externe, points les plus douloureux (on y adapta des coj^ducteurs ). Au bout de huit minutes, douleuiPplus forte à la cuisse, dans les environs de l’aiguille. Ce n’est que deux minutes après que le malade put exécuter des mouvemens de flexion et d’exten-
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sion de la cuisse. Au bout de vingt minutes-, il sentit beaucoup moins de tiraillement en levant le bras. Au bout de quarante minutes, les aiguilles retirées, le malade marchaet nous dit que les douleurs de la cuisse étaient diminuées, qu’il se manifestait encore de légers élancemens, mais qu’ils ne montaient pas au-delà du jarret. Du reste, la douleur de la jambe était à peine changée; quelques heures après cependant, elle diminua également et se concentra davantage autour de la malléole. Les douleurs restèrent ainsi beaucoup diminuées jusqu’au 3o , époque à laquelle le malade ayant voulu ^e forcer à marcher, il se manifesta un gonflement de l’articulation du pied, et les douleurs revinrent aussi vives qu’auparavant, excepté à la cuisse, où elles furent moindres. Le 21, quatre aiguilles sont introduite^, l’une à la cuisse, deux à la jambe (au-dessus de la malléole externe) et l’autre au coude-pied. Au bout de deux heures, les aiguilles ayant été retirées, la marche se fit sans douleur. Seulement il y avait un tiraillement considérable à l’endroit des piqûres de la jambe. Le malade leva le bras sans éprouver aucun tiraillement, et il n’en éprouva pas non plus les jours^uivans, quoiqu’il eût beaucoup exercé ce membre. Il força également l’exercice de la marche , sans éprouver les mêmes accidens que la fois précédente. Le 3 janvier,
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la douleur du coude-pied n’avait pas reparu, mais il y en avait une légère près de la malléole, et quelques ressentimens de celle de la jambe : quant à celle de la cuisse elle était devenue un peu plus vive et s’était portée plus au-devant, vers le pli de Taine. On introduisit une aiguille dans chacun de ces points douloureux. Après qu’elles furent retirées (au bout d’une heure environ ), il n’existait plus aucune douleui’. Le malade passa trois jours dans cet état satisfaisant. Il était décidé à ne plus venir nous trouver, parce qu’il marchait pendant près d’une heure sans éprouver la moindre fatigue (encore n’était-il retenu que par sa faiblesse ) ; mais le 6 il se développa des douleurs profondes et très-vives qui, partant de l’extrémité externe du pli de Taîne, se propageaient le long de la partie externe de tout le membre. Elles étaient accompagnées d’un sentiment de constriction. (L’air était froid et sec, et le malade avait remarqué que Tair humide et froid n’augmentait passes douleurs). Le y, une aiguille fut introduite à l’endroit douloureux de Taîne et deux au mollet ( le malade demanda des conducteurs, croyant avoir remarqué qu’aux aiguilles où Ton omettait d’en adapter, la disparition de la douleur était moins complète). Au bout d’une demi-heure, les douleurs de Taîne augmentèrent, mais bientôt elles devinrent moindres qu’aVant
Tacupuncture. Les aiguilles fiirenl retirées au bout d’une heure. Dans le courant de la journée, la marche fut plus libre qu’elle n’avait encore été. Il n’y avait plus r|u’une légère douleur à l’endroit de la piqûre de l’aîne. Quand la marche avait été forcée, le malade ne ressentait à la jambe que de la faiblesse et un peu d’engourdissement. Le 8, deux aiguilles introduites au mollet et une à l’aîne, laissèrent encore un peu d’engourdissement et une douleur à la piqûre de Faîne. Le 9, l’engoui-dissement disparut; le malade marcha plus qu’à l’ordinaire, sans rien éprouver. Le 10 au matin, ayant senti de légers picotemens à la cuisse seulement, il vint aussitôt nous trouver. On inti'oduisit une aiguille dans cette partie, et quoique le malade n’eût plus à la jambe d’autres traces de l’affection que de la faiblesse, il pria d’en mettre deux à la jambe et une au coude-pied, comme par précaution. Après une heure et demie d’acupuncture, il y eut un soulagement complet ; il ne restait, comme les autres fois, qu’un peu d’engourdissement. Cet engourdissement augmenta les jours suivans, toutes les fois que le malade se fatigua à mai’cher (la faiblesse du membre ne: lui permettait alors qu’environ une demi-heure de marche). Le r 3 au matin, pendant que le malade était encore au lit, il y eut une sueur abondante à la jambe droite, et l’en-
«ilrbit de toutes les piqûres se fit alors distinguer par une légère douleur. Ce phénomène cessa quelques minutes après. Le aS, ce qui faisait dilTérer l’état du malade de celui de santé parfaite , c’est qu’après une longue marche il lui prenait un léger tremhlement au membre auparavant aflecté ; il sentait alors un faible tiraillemcîit le long de la partie externe. Du reste, ce tiraillement ne s’étendaient plus le long du tronc, et le gênait à peine. Cependant il demanda qu’on lui applic[uât encore deux aiguilles; on le satisfit : quinze jours après aucune douleur n’avait reparu.
GS’’ Observation : Rhitmalisme musculaire.
M. Fontaine (Pierre), âgé de 38 ans, courtier du commerce, se présenta le 11 janvier iSaS à M. J. Cloquet. Il y a six ans qu’après s’être fatigué à danser, il éprouva au talon et à la plante du pied droit une douleur vive qui le faisait boiter. Le lendemain il ne pouvait marcher, bien qu’il n’y eût pas de souffrance dans le repos. Il se frictionna avec de l’eau-de-vie camphrée, et s’en trouva assez soulagé pour que le surlendemain de son accident il pût faire ses courses quoiqu’on boitant. Mais au bout de six semaines, les douleurs quittèrent la plante du pied pour se porter sur
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l’articulation tibio-tarsienne. Le malade ayant alors mis son pied dans un bain de vin aromatisé, presque bouillant, la jambe se couvrit d’ampoules depuis les orteils jusqu’au genou, et se tuméfia considérablement. Cette inflammation céda au bout de trois mois à l’emploi de cataplasmes émoiliens et de bains simples. Le malade reprit alors ses courses malgré la douleur de l’articulation du pied, qui persista la même qu’avant cet accident. Trois ans après, à la suite d’une marcbe forcée, les douleurs se portèrent de l’articulation tibio-tarsienne sur celle du genou. La pression y était très-douloureuse, surtout à la partie interne. Le malade y fit des frictions -camphrées, qui eurent pour résultat de chasser la douleur du genou et de la répandre dans toute la cuisse. Le malade lui opposa encore le même remède , mais il fut sans effet.
Depuis un an, les douleurs s’étaient étendues en haut jusqu’à lafesse, et enbas jusqu’au mollet, en suivant la partie externe et postérieure du membre. Elles se faisaient quelquefois plus vivement sentir en travers, au-dessus du genou. Elles étaient de teinps à autre lancinantes. La marche, quand elle n’étaitpasforcée, les calmait; mais elles étaient très vives à la cuisse quandle malade voulait, après s’être assis, soulever le membre inférieur dans l’extension ou quand il portait en dedans la jambe flé-^
DE L’ACUPÜINCTURE. iSg
chie , comme dans l’action de mettre ses bottes debout. Elles augmentaient par la toux et l’éternuement. Quand le malade voulait soulever quelque objet, il se manifestait une douleur vive à la cuisse , au mollet et jusqu’au coude-pied. Quand il voulait se baisser, il était obligé de se porter sur l’autre membre. Il ressentait souvent des engourdissemens dans le. pied. Il y a trois mois qu’il s’était appliqué vingt sangsues à la fesse, mais elles n’avaient produit aucun soulagement. (Le 11 janvier iSaS) M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles à la fesse dans les points les plus douloureux. Ces aiguilles ayant été retirées au bout d’une heure et demie, il se développa un sentiment de chaleur au siège des anciennes douleurs. En se baissant , le malade n’éprouvait plus de douleur au même endi’oit qu’auparavant, mais bien en devant, près de la région inguinale. Il mit ses bottes debout sans rien é^îrouver. Il exécuta plusieurs mouvemens qui auparavant augmentaient les douleurs ; les uns n’en développèrent plus, et les autres n’en développèrent qu’une légère. La toux fut sans douleur. Dès ce jour la marche devint plus facile et put être prolongée davantage. Le malade n’eut plus besoin d’avoir recours à une manière, particulière cju’il était obligé d’employer pour monter dans son lit. Le 12, la douleur de la cuisse était à peine sensible, môme
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quand le malade se baissait. Celle du mollet était revenue pendant la nuit, elle était même plus forte qu auparavant. La toux ne retentissait plus dans la cuisse, mais dans le mollet. Deux aiguilles furent introduites, l’une à la cuisse et l’autre au mollet. Elles furent retirées au bout de deux heures, et il ne resta plus qué de l’engourdissement au lieu des douleurs du mollet. Il n’y avait plus rien à la cuisse ; tous les mouvemens auparavant doidoureux étaient devenus faciles. Le reste de la journée le malade fit ses courses, sans éprouver la moindre douleur; l’engourdissement disparut aussi. Pendant la nuit, il survint un engourdissement depuis l’épaule droite jusqu’au coude, mais si léger que les mouvemens le rendaient à peine sensible. Il s’en manifesta aussi à la tempe droite; il disparut quelques minutes après son apparition. Le i3, une aiguille fut introduite dans la cuisse, où il restait encore comme un souvenir de la douleur. Elle fut retirée au bout d’une heure. En sortant de chez M. J. Cloquet, le malade fut pris d’une douleur très-vive dans tout le membre inférieur droit, surtout au-dessus du genoü ; mais cette douleur disparut pendant la nuit. Le i4;même état satisfaisant que le 13 au matin. On introduisit cependant deux aiguilles, une à la cuisse et l’autre audessus du genou, principaux points où les dou-
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leurs s’étaient fait sentir la veille. Au bout d’une heure d’acupuncture, les aiguilles ayant été retirées, le malade ne présenta plus le moindre symptôme de la maladie. Il ne revint plus nous trouver. Ayant eu occasion de rencontrer M. Fontaine le 28, je l’interrogeai et il me dit qu’ayant fait de très-longues courses, il ressentait encore' depuis quelques joürs une légère douleur dans la cuisse (l’atmosphère était froide et humide). Au reste, cette douleur le gênait si peu qu’il vaquait librement à ses occupations.
66 “ Oljstryation : Cécité.
Mademoiselle A..., âgée de vingt-un ans, couturière, éprouvait depuis quatre ans des accès d’hystérie, et elle était depuis deux ans en proie à une affection névralgique, rebelle à tous les moyens connus (moxa, vésicatoires, sinapismes, saignées, bains, commotions électriques, etc.) (1). Cette affection, après avoir erré dans tous les membres, s’était fixée sur l’articulation coxofémorale du côté gauche, d’où elle se jetait de temps à auti’e sur les viscères thoraciques et abdominaux. Elle était accompagnée de douleui’S
(i) M. Roger, c'iève interne de M. Alibert,se 3iroposant de publier tons les dc'tails inléressans de cette observation, je me borne à n’insdrer ici que ce qu’il y a de plus saillant.
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extrêmement vives le long de la colonne vertébrale, avec incontinence puis rétention d’urine. Pendant le cours de cette maladie, suppression presque complète des règles; maux de tête intolérables ; le. moindre mouvement les rendait si vifs, qu’il fallait plus de dix minutes à la malade ipour porter la tête d’un côté sur l’autre. Au mois de novembre 1824, il se manifesta un délire furieux, accompagné de céphalalgie intense, de msüsâvemens convulsifs et de menaces de suffocation ; ce délire dura cinq semaines environ, malgré l’emploi de tous les moyens curatifs possibles ; il paraissait pendant deux ou trois heures chaque jour. Ce fut pendant un de ces accès (le 10 novembre), que la malade perdit entièrement la faculté de voir ; ses paupières res tèrent ouvertespendant trois jours, après quoi elles se fermèrent pendant une application de glace sur la tête. Le délire ayant cessé, la malade pouvait écarter faiblement les paupières (sans voir aucunement) ; toutefois elles se rapprochaient aussitôt. Pendant cet état de cécité, elle avait acquis un toucher extrêmement délicat, qui lui servait à reconnaître les personnes qui l’approchaient. Deux jours avant qu’on pratiquât l’acupuncture , on approcha une lumière si près de ses paupières clignotantes, qu’on manqua de lui brûler les cils, sans qu’elle témoignât la moindre sensation. Le 24 décembre, cé-
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|)hala]gie si intense avec étourdissemens, qu’il semblait à lamaiade qu’on luifendaitla tête; elle ressentait dans les yeux des élancemens si vifs qu’il lui semblait qu’on les perçait à coups de bistouri-, les douleurs les plus vives se manifestaient surtout aux tempes et aü front. M. Roger introduisit deux aiguilles aux tempes ( il était dix heures du matin). Ces deux aiguilles furent retirées au bout de cinq quarts d’heure, sans avoir produit aucun effet apparent. A midi, il en introduisit deux autres qui restèrent jusqu’au lendemain. A neuf heures on écarta les paupières, et la malade ne s’aperçut encore d’aucun changement. (Les aiguilles causèrent chaque fois des douleurs extrêmement vives et elles furent retirées très-oxidées ). M. Roger en in troduisit encore deux qui restèrent jusqu’à trois heures de l’aprèS-midi. En retirant alors celle du côté gauche, il causa une douleur très-vive et quelques gouttes de sang sortirent de la piqûre ; quant à l’extraction de l’autre aiguille, elle fut moins douloureuse. Immédiatement après, la malade dit qu’on « lui lançait aux yeux une poignée de claj'té; » aussitôt elle écarta plus aisément les paupières ; elle distingua des rubans ; peu après, elle lut une lettre d’un caractère extrêmement fin; son clignotement des paupières devint de moins en moins fort; la céphalalgie, qui augmenta dans le moment, alla ensuite en diminuant. Le
lendemain 26, encore un peu de clignotement , qui cessa entièrement le 28 aussi-bien que la céphalalgie, après des acupunctures prolongées aux tempes et au front. On vit alors la physionomie de mademoiselle A changer. Sa figure aupa¬
ravant houlfie, comme œdématiée , diminua de volume et se colora, en même temps que la vivacité de ses yeux vint encore lui donner plus d’expression : la vision était complètement réta-' hlie.
Trois semaines aprèê, des maux de tête intolérables se manifestèrent de nouveau ; ils étaient accompagnés d’élancemens très-vifs dans les yeux, de rougeur à ces organes et à toute la face, avec étourdissemens, etc., et la vue compaença à se troubler trois ou quatre jours après. Cet état empirant, M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles aux tempes comme les fois précédentes; elles restèrent à demeure pendant huit jours. Dès leur introduction, la céphalalgie alla en diminuant, ainsi que les élancemens des yeux, et la vue se rétablit.
Aujourd’hui 12 août, l’état de la malade est beaucoup amélioré , et mademoiselle A... se promène dans les cours de l’hôpital, et distingue les objets avec autant de netteté qu’avant son affection.
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G’j'" Ohservation : Diplopie.
Le i8 février iSaB, le matin en s’éveillant, M. Daudin (Nicolas), âgé de cjuarante-cinq ans, fut tout étonné de voir les objets multipliés un grand nombre de fois dans leurs images ; s’il fermait l’œil gauche, il lui semblait voir des coiq>s brillans se balancer dans l’air; fermait-il l’œil droit, la vue se trouvait à peu près rétablie dans son -état ordinaire : seulement il voyait peutêtre un peu moins distinctement. Les yeux n’avaient éprouvé aucune altération physique, aucun .symptôme n’avait annoncé cette affection, le malade n’avait éprouvé ni n’éprouvait aucune espèce de douleur. On prescrivit des bains de pieds synapisés, vingt sangsues aux pieds; bientôt après huit autres sangsues à la tempe droite ; un vésicatoire derrière l’oreille droite qui fut entretenu jaendant six jours : tous ces moyens furent sans effet. Ce fut alors (9 mars iSaS) que M. Daudin vint trouver M. Jules Cloquet, qui lui introduisit une aiguille à la tempe droite. Elle fut retirée le i 3 sans avoir amené aucune amélioration sensible; on en mit une nouvelle. Le i 5 , le malade avait éprouvé un mieux très-marqué : il ne voyait plus multipliés les objets éloignés; ce phénomène n’avait plus lieu que pour ceux qui
étaient très-rapprochés. On changea de nouveau l’aiguille ; le mieux augmenta de plus en plus, et le i 8 mars la guérison, fut complète. Depuis cette époque M. Daudin continue de bien voir. (22 août 1825).
68 “ Observation: Névralgie sciatique ; ( conmiuniquée pai M. Devergie. )
Le nommé Olivier, infirmier, âgé de soixante-dixsept ans, en subsistance à Thôpital duVal-de-Grâce, atteint depuis cinq ans d’une sciatique dans le membre droit, fut soumis à l’acupuncture le 3 janvier 1825. Une aiguille fut enfoncée sur le trajetdu nerf sciatique; un quart d’heure après le malade pouvait étendre la jambe sur la cuisse, ce qui lui était impossible auparavant. L’instrument fut ré- Uré après une heure de séjour, et Olivier accusa un soulagement qu’il n'avait pas éprouvé depuis long-temps. L’opération fut renouvelée le lendemain avec le même succès, c’est-à-dire que Tamélioration fit des progrès. Deux fois encore l’acupuncture fut pratiquée sur le malade, sans une diminution plus notable dans les douleurs. Le 20 janvier, quoiqu’elles ne fussent point revenues à leur première intensité, le malade subit encore la même opération avec un tel succès, q.u’il étonne les personnes qui l’ont connu, par la li-
DE L’ACUPÜNGtmiE.
borlé de plusieurs mouvemens qui lui étaient impossibles, et par les fatigues qu’il peut supporter avec facilité. Cet infirmier, chez lequel on avait vu échouer tous les moyens en usage contre les douleurs, ne cesse d’exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance. Un phénomène important, c’est que depuis l’acupuncture il a quitté sa béquille habituelle et peut reculer et porter son membre en arrière, mouvemens qui étaient impossibles avant l’acupuncturation.
4 “ SÉRIE d’observations.
Elle renferme les cas où la cureu’est pas encore parfaite (i).
69“ Observation : Céphalalgie chronique.
Le noinmé Inquembert (Xavier), âgé de trentequatre ans, menuisier, éjirouvait depuis huit mois des douleurs extrêmement vives vers le sommet de la tête et à l’oreille droite. Ces douleurs augmentaient quand le malade était couché, le sommeil était interrompu par des rêves pénibles. Il y avait, le jour surtout, un assoupissement presque continuel, et, à des intervalles rapprochés, des étourdissemens si forts que le malade ne voyait pas, qu’il ne pouvait tourner la tête ; et, pendant que ces étourdissemens duraient, saface était animée, les objets lui paraissaient rouges et mobiles. Quand le malade se baissait les étourdissemens se manifestaient à l’instant; il y avait dans l’oreille droite des bourdonneniens très-fréquens. Après le repas les symptômes augmentaient. Tous les matins, la bouche était pleine de sang et elle exhalait une *
(1) Persuadé que c’est par les observations suivantes qu’on peut le mieux apprécier les effets de l’acupuncture,, je n’ai pu résister au désir de les insérer ici, quoiqu’elles soient encore incomplète s, pour la plupart.
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odeur fétide. Depuis cinq mois euviron, les crachats étaient mêlés de sang. Depuis deux mois le malade ne pouvait ti’availler (il avait eu des maladies vénériennes qui avait été traitées imparfaitement). Des bains de pied ne calmaient les douleurs que pendant deux heures au plus. Le 10 janvier 1825, il y avait une douleur vive au côté droit de la poitrine ; la respiration était très-diflicile, la pression au synciput et au-dessus de l’oreille droite augmentait les douleurs. L’œil droit était rouge et gonflé, ainsi que la joue correspondante ; les facultés intellectuelles étaient tellement émoussées que le malade répondait avec peine aux questions qu’on lui faisait; il n’avait qu’un souvenir imparfait de ce qu’il avait éprouvé. M. J. Cloquet introduisit une aiguille au milieu du front, en dirigeant la pointe en haut. Le malade sentit à peine la présence de l’aiguille , elle fut l’etirée au bout d’une heure. Alors les bourdonnemens de l’oreille étaient aussi forts, mais la pression n’était pas aussi douloureuse. L’œil et la joue étaient moins rouges. Le point de côté avait disparu. Les étourdissemens étaient moindres, et pendant qu’ils existaient, les objets ne parurent ]dus rouges et mobiles. La vue devint plus claire. Les douleurs et les étourdissemens ne se développèrent plus après le repas. Le i 1 au soir, tous , les symptômes reparurent avec presque autant
d’intensité qu’avant l’acupuncture, seulement les étourdissemens étaient moindres quand le malade se serrait la tête avec son mouclioir ; il souffrit aussi moins que les autres fois. Pendant la nuit des liémorrlioïdes se manifestèrent. L’œil gauche lui sembla plus gonflé. Le 12, une aiguille resta enfoncée pendant une heure au front. Les bourdonnemens furent alors moindres et parurent à des intervalles plus éloignés, la douleur Revint moins vive, et la vue parfaitement claire. Comme il y avait encore des étourdissemens , M. J. Cloquet oi’donna une saignée de deux palettes. La nuit, il se manifesta de la lièvre ; mais les jours suivaus les symptômes allèrent en diminuant. Le 17 la pression seulement développait une légère douleur au front et au-dessus de l’oreille. Il restait à peine quelques souvenirs d’étourdissement et des bourdonnemens d’oreilles. La vue était, naturelle. On introduisit une aiguille aufront. Après son extraction, il resta encore une légère douleur , qui dispai’ut une demi-heure après. L’endroit de l’application de l’aiguille était plus douloureux que la dernière fois. Cependant !e malade reprit ses travaux en rentrant chez lui. La nuit le bourdonnement d’oreille l’eparuL ; il y eut un étourdissement cjui ne dura cj[Ue deux minutes environ; quelque temps après le point de côté reparut, dura aussi également deux minutes
environ, et fut accompagné de difficulté dé la respiration et de picotemens. Enfin il se manifesta des douleurs au bras droit pendant près d’une heure et demie. Le 18, la face moins rouge avait repris son état naturel, il n’y avait plus de pesanteur de tête, les facultés intellectuelles étaient parfaitement saines, la vue était naturelle, il n’y avait plus cj[u’un peu de bourdonnement à l’oreille droite, et une légère douleur c[ue le malade accusait au-devant de la tempe gauche. On y introduisit une aiguille, c[ui au bout de deux heures la lit disparaître entièrement. Seulement le léger bourdonnement d’oreille persista. Le 20 il existait encoi’e : la veille le malade avait prolongé son travail très-avant dans la nuit, tandis qu’auparavant il ne pouvait supporter la lumière artificielle. M. J. Cloquet ne jugea pas l’acupuncture nécessaire. Le 24, plus de bourdonnement d’oreille , mais une légère pesanteur de tête, de plus une douleur vive au-dessus des sourcils avec le sentiment d’une barre ; douleur au côté gauche, gênant de temps à autre la respiration; il existait également une douleur au molLet gauche cjui faisait un peu boiter le malade quand il était resté long-temps debout. Au moment où il nous rendait compte de son état, il SC manifcsia une légère douleur au front. M. J. Cloquet y introduisit une aiguille à demeure, et la
maintint avec nn morceau de diacliylon : il en appliqua au côté une autre qui, retirée au bou t d’une heure,, avait sensiblement soulagé la douleur. Le 25 sa douleur du front avait presque entièrement disparu (on y laissa cependant encore l’aiguille). Le malade ayant alors rappelé qu’il crachait du sang, on lui appliqua une aiguille à- demeure à la partie antérieure de la poitrine (c’était l’endroit le plus douloureux). Le 26 nulle douleur au front que celle, assez vive à la vérité, que lui causait l’aiguille ; léger boui’donnement d’oreille. On retira l’aiguille du front sans en mettre d’autre. A la poitrine il n’existait plus également que la douleur de l’aiguille, les crachats étaipnt moins sanguinolens. On retira aussi l’aiguille de cette partie sans en mettre d’autre. M. J. Cloquet prescrivit de Teau de Sedlitz. Le 27,1a douleur vive à l’endroit de la-piqûre du front existait encore dans l’étendue d’une pièce de cinq francs. Inquembert avait ressenti des bourdonnemens d’oreille et un sentiment de froid dans le cuir chevelu. On appliqua une aiguille à demeure au front, un peu au-dessus de la douleur. A la poitrine douleur vive, seulement à l’endroit de la piqûre de la veille. Elle disparut au bout d’une heure d’acupuncture. Le 2g, boui’donnement d’oreille , un peu de pesanteur de tète. L’aiguille du front faisait mal, on la retira, et l’on jugea con-
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venable de suspendre racupuncturc pcndanL quelques jours. Mais le malade n’est plus re-
: Affection chronique des o digestion.
Le nommé Darlencourt (Antoine), âgé de quarante ans, garçon de bureau, eassait du bois, il y a vingt-trois mois, quand il fut pris d’une douleur' vive, un peu au-dessus de la région iliaque droite. Il prit de suite du vin ebaud et de l’eau vulnéraii-e, etil continua ce traitement pendant douze jours. La respiration devint de plus en plus difficile, au point qu’au bout d’un mois il ne put plus marcher. (Il était habituellement exposé à l’humidité. ) 11 ne garda cependant pas le lit; mais la force des douleui’s était telle j qu’il ne dormait guère qu’une demi-heure de la nuit. Pendant huit à neuf mois il prit de la tisane de graine de lin, de chiendent et de têtes de pavots mélangés, ainsi que du sirop de chicorée ; on lui nait des cataplasmes émolliens sur l’abdomen. Le ventre était dur, tendu, l’appétit nul, les digestions pénibles; des bains froids de rivière (c’était au mois de septembre) soulagèrent alors un peu le malade; mais vers la fin de l’hiver les symptômes reparurent avec plus d’intensité que jamais. Dar-
Icncourtvint iilors trouver M. J. Cloquet, qui lui ordonna successivement des douches de vapeurs (il en prit deux), vingt-cinq sangsues sur l’épigastre ; un vésicatoire au-dessous de l’ombilic ; des bains de vapeurs ; un autre vésicatoire aipdessus de la région iliaque. Tous ces moyens ne soulagèrent le malade que bien faiblement; seulement il respirait un peu moins difficilement ; mais la marche était encore extrêmement pénible, les digestions se faisaient mal. On lui fit alors appliquer vingt-cinq sangsues à la région épigastrique, et douze autres huit jours après; enfin on lui prescrivit un nouveau vésicatoire au-dessous de l’ombilic. De tous ces moyens, c’était des vésicatoires que le malade s’était le mieux trouvé. Il prit alors pendant deux mois des bains sulfureux qui calmèrent aussi un peu les douleurs. Les bains venant à être suspendus à l’hôpital Saint- Louis, l’état du malade empira ; le ventre devint plus gonflé, tendu ; il y eut des menaces fréquentes de suffocation. Quand l’estomac était vide, il partait continuellement de rh}^pocondre droit des tiraillemens extrêmement douloureux, qui cessaient quand le malade avait mangé ; alors commençait une digestion pénible, accompagnée de pesanteur et de gonflement à la région épigastrique, ainsi que d’aigreurs incommodes et de baîllemens très-fréquens ; il n’y avait jamais eu de
vomissemens, mais la bouche étail pâteuse, l’iialeine fétide, le sommeil pénible et, troublé par des rêves. 11 y avait constipation opiniâtre et une soif presque continuelle : la pression sur l’abdomen était très-douloureuse.
M. J. Cloquet introduisit ( le 29 novembre 1824) deux aiguilles de chaque côté et un peu au-dessous de l’ombilic : au bout de deux minutes auréole érythémateuse très-prononcée. Les aiguilleSj retirées au bout de dix minutes environ, présentèrent une oxidation très-forte; le malade s’aperçut à peine de leur introduction etde leur présence; leur extraction fut plus douloureuse. Immédiatement après qu’ellés: furent retirées, le malade nous dit qu’il se trouvait beaucoup soulagé : la respiration fut plus facile, l’abdomén moins sensible et moins tendu, les douleurs presque nulles. Le 2 décembre les douleurs caractérisées par des tiraillemens revinrent, mais moins fortes, la respiration resta plus facile, la pression était presque insensible. Le 3, M. J. Cloquet introduisit encore deux aiguilles aux mêmes points que la fois précédente : on les retira au bout de .quinze minutes, et l’on observa les mêmes phénomènes d’oxida tion : les douleurs avaient presque entièrement disparu. Le 5, il se manifesta encore des élancemens partant toujours de l’hypocondre droit, mais moins forts encore que la der-*
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nière fois ; du reste les digestions se faisaient pluâ facilement. Le 6, M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles aux mêmes points, mais plus profondémen t, de. manière à transpercer la paroi abdominale; il se développa autour d’elles une auréole erythémateuse très-prononcée. La douleur ayant changé de place, on retira une des aiguilles, qu’on introduisit dans le point douloureux; et au bout de quelques minutes la douleur disparut totalement; au bout d’une demi-heure, la pression ne développa’plus de douleurs, l’abdomen devint très-souple et la respiration très-facile. Le 7, il l’eparut une légère douleur. Le lo, on introduisit deux aiguilles dans le point douloureux, et on y adapta des conducteurs métalliques plongeant par leur extrémité libre dans un verre rempli d’eau salée. Lesaiguillesfurentretîrées au bout d’une heure et demie, et leur oxidation parut un peu moindre que la fois précédente, tandis que leur introduction, leur présence, et leur extraction surtout, furent plus douloureuses; mais aussitôt après le malade sentit un bien-être général, qu’il n’avait,pas encore éprouvé depuis qu’il était malade : il sentit aussi des vents circuler dans ses intestins. Le i3, encore une légère douleur que Tinti’oduction de deux aiguilles fit changer de place, et qu’une troisième aiguille fit disparaître complètement. Le 17 , même état.
igo
même opération ot même effet thérapeutique.
Le 20, une légère douleur ayant reparu, M. Jule.s Cloquet introduisit, dans divers points de l’abdomen , huit petites aiguilles, qui procurèrent du soulagement. Le 3 1, une triple acupuncture soulagea encore le malade de légères douleurs qui lui étaient revenues quelques jours auparavant. On remarqua que les aiguilles étaient bien moins oxidées que les fois précédentes; les digestions devinrent de plus en plus faciles ; il y eut moins d’aigreur ; la bouche fut moins pâteuse ; la constipation et la soif avaient cessé; après que le malade avait mangé, il se développait encore de la chaleur à Tépigastre; mais le sommeil était devenu tranquille et réparateur. Le 20 janvier, M. J. Cloquet introduisit une aiguilletrès-fine jusque dans l’estomac, et quatre autres au-dessous de la région épigastrique. Après une heure environ, les aiguilles retirées parurent moins oxidées : le malade fut encore plus complètement soulagé que les autres fois : la chaleur épigastrique disparut. Le 3 février, le malade passa la journée entière sans éprouver la moindre gêne, ce qui ne lui était pas encore arrivé. Le 4 , il ne se manifesta que quelques aigreurs. Depuis le 2, il n’y avait pas eu le moindre tiraillement. Le malade nous fit alors remarquer que c’était ordinairement après huit ou dix minutes d’acupuncture, rarement une
demi^heurc, qu’il éprouvait du soulagement. Ce joUi’-là, on introduisit quatre aiguilles, deux dans la région épigastrique, et une dans chaque région iliaque. Ces aiguilles furent retirées aü bout d’iine heure, et leur oxidation fut à peine apparente; au reste la douleur vive des piqùi’es se contin'üa pendant quelques heures.Le soir, il se manifesta, pendant une heure environ, de la douleur à la région dorsale avec chaleur dans le côté gauche jusqu’à l’épaule, maiscet épiphénomène nérepai’ut plus. Quelques heures après, il se manifesta une autre douleur aux lombes, qui rendit plus difficiles et pénibles les mouvemens de flexion et d’extension du tronc. Cette douleur, qui augmentait dans l’acte de la respiration, avait déjà paru et disparu à plusieurs reprises; d’ailleurs le malade ne sentait plus à l’abdomen d’autres douleurs que celles des piqûres, On appliqua trois aiguilles à Tabdomèn, et deux aux lombes. Au bout d’une heilre environ, les aiguilles ayant été retirées avèc moins d’oxidation que jamais, il n’y avait plus de douleurs lombaires; celles de l’abdomen dépendaient alors uniquement des piqûres, qüi en causèrent de plus vives encore que les fois précédentes.
Ces douleurs durèrent quatre heures, après lesquelles le malade se trouva très-bien ; les mouvemens respiratoires développèrent cependant
DE L’ACUPUNCTURE. igS
encore, à des intervalles très-éloignés, quelques douleurs sourdes dans l’hypocondre droit. Le lo, on introduisit huit petites aiguilles dans l’abdomen ; elles furent retirées au bout d’une heure, et Uétat du malade devint encore plus satisfaisant. Une inspiration forte et prolongée ne développait alors aucune douleur, seulement lés endroits des piqûres étaient très-douloureux. Le 12, M. J. Cloquet introduisit cinq aiguilles sans aller au-delà du tissu cellulaire sous-cutané. Après leür extraction le malade, se palpant l’abdomen, se sentit, pour le moment, moins soulagé que les autres fois; mais quand il fut rentré chez lui il se trouva tout aussi bien qu’à l’ordinaire. Il fut même quatre jours pendant lesquels il ne ressentit que quelcjrues aigreurs et des élancemens très-faibles, qui revenaient à des intervalles trèséloignés, et qui partaient toujours de l’hypocondre droit pour se diriger vers l’estomac. Ces accidens avaient lieu pendant la vacuité de cet organe seulement. Au reste le corps était devenu beaucoup plus agile ; le malade se baissait trèsfacilement, il était sensiblement engraissé, sa figure, au lieu d’une couleur rouge plombée, présentait une teinte plus fraîche et moins colorée. Le 16, M. J. Cloquet introduisit dans la paroi abdominale, au-dessus du nombril, deux aiguilles terminées par une tête en cire à ca-
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cheter; sur les aiguilles il appliqua deux petits emplâtres de diachylon. Le malade les garda jusqu’au 17. Elles gênèrent baucoup les mouvemens, et le frottement des vêtemens détermina une légère inflammation à la peau, dans l’etendue d’une à deux lignes; mais il n’y eut pas d’autres douleurs que celles des aiguilles; pas d’aigreurs. Auparavant, le décubitus sur le côté gauche développait à droite une douleur sourde que le malade ne sentit pas ce jour-là, pour la première fois. Le 17, on retira les aiguilles et on en introduisit deux autres, également à demeure, dans ,1a région épigastrique, moins profondément que les précédentes. Cependant, au bout d’un quart d’heure, il se développa à droite, à l’endroit des élancemens habituels, une douleur extrêmement vive, mais qui se bornait à cette région. Cette douleur dura sept à huit heures ; le 18 , il en restait encore des traces. On retira les aiguilles et on en appliqua trois dans cet endroit. Pendant leur application, il se manifesta à la région épigastrique une douleur excessivement vive 3 qui ne disparut qu’une demi-heure après. La faible douleur de côté disparut de suite. Deux aiguilles furent retirées au bout d’une heure environ. On en laissa une à demeure dans la région du foie. Elle ne gêna nullement, et, pendant son séjour, il ne parut pas le moindre élan-
DE L’ACüPüMCTURE.
cernent. 11 ne se manifesta qu a la région épigastrique une douleur sourde rendue sensible par les mouvemens de la respiration. On appliqua , le 19, six aiguilles à demeure, quatre dans la région du foie, à la profondeur d’un pouce environ, et deux dans la région épigastrique ; on les enfonça obliquement de manière qu’elles ne traversaient pas les parois ^dominales. Les douleurs sourdes de la région épigastrique cessèrent au bout d’une demi-heure; celles des piqûres furent légères. Cependant, à l’une des aiguilles introduites à la région épigastrique, trois ou quatre minutes après son introduction, le malade se plaignit de douleurs lancinantes. Nous remarquâmes alors un frémissement des tissus environnans et une agitation rapide de la tête de l’aiguille. Jusqu’au so, il n’y eut pas d’autres douleurs que celles des aiguilles ; les digestions se firent parfaitement. M. J. Cloquet jugea alors convenable de laisser le malade quelques jours sans aiguilles. Le 23 , il n’était revenu aucune douleur, le malade digérait parfaitement, la respiration n’était gênée que dans une très-forte inspiration. Seulement, le 22, il avait paru quelques aigreurs. Le malade ne s’était çncore jamais si bien trouvé. Le 23 , on introduisit deux aiguilles à demeure dans la région épigastrique. Le 24, il n’y avait eu d’autres douleurs que celles des aiguilles. Qn les
igS TRAITÉ
relira, et on en appliqua quatre à demeure dans l’hypocondre droit. Le a 5 , même état. En retirant les aiguilles, la tête en cire de l’une d’elles s’étant détachée par la chaleur, l’aiguille resta dans les parois abdominales. On ne put la retirer. Le 27, môme état; on ne remit pas d’aiguilles. Le 2g, les digestions sont toujoui’s faciles; seulement la région de l’estojyjac est le siège d’une légère douleur, encore ne se manifeste-t-elle que dans les mouvemens de torsion du tronc. L’aiguille restée dans les parois abdominales faisait éprouver de temps à autre quelques douleurs.
On mit deux aiguilles pendant une heure à l’épigastre, le malade dit en avoir ressenti du soulagement. Le 4 mars, la douleur légère, sourde, développée par les mouvemens respiratoires et ceux de torsion du tronc, existait encore, mais le malade digérait parfaitement et n’éprouvait aucun autre accident. 11 avait remarqué que, depuis quinze jours environ, l’acupuncture ne produisait plus une amélioi'ation aussi sensible dans son état, qui d’ailleurs approchait beaucoup de celui d’une santé parfaite. Il revint nous trouver quinze jours après, et il nous dit qu’il n’était revenu aucun symptôme de sa maladie <|epuis les dernières acupunctures
71° Oljsei'vutiou : Rhiinialismi; musculaire.
La nommée Blanchard. ( Marie-Anne ) , âgée de quarante-deux ans, journalière, d’une petile stature et d’une constitution peu forte , entra , le 16 octobre 1824, à l’hôpital Saint-Louis, pour y être traitée de douleurs vives qui occupaient presque toutes les parties du corps, mais principalement le côté gauche. Deux ans auparavant, elle avait ressenti aux deux pieds des douleurs qui se propagèrent le long de la partie postérieure des jambes et des cuisses jusqu’à la région lombaire , d’où elles s’étendirent ensuite aux membres supérieurs. Depuis six mois, il y avait difficulté de respirer, pesanteur de tête; il se manifestait de temps à autre des hémorrhagies nasales. Dans l’été de 1824, la malade avait pris dix-huit bains simples et quelques bains artificiels de Barèges , qui ne produisirent aucun effet. Quelque temps avant son entrée à l’hôpital, les douteurs s’étant surtout fait sentir vers la région iliaque gauche, on y appliqua un vésicatoire, qu’on pansa avec des feuilles de poirée enduites de beurre frais. Il s’y manifesta alors un gonflement considérable, que la malade» prétendait avoir dissipé par des applications de son de froment (substance qui détermina des pustules accompagnées de
prurit). Elle avorta aussi quelque temps après, sans que cet accident changeât rien à son état maladif. Depuis son entrée à l’hôpîtal, sept ou huit bains de fumigations aromatiques n’avaient procuré aucun soulagement. Le st octobre, les douleurs continuelles qu’elle ressentait devenaient extrêmement vives au moindre mouvement ; elles empêchaient la malade de se lever sur son séant ; et encore la fatigue de cette position, quand on l’y avait placée, la forçait-elle bientôt à se coucher. Elle ne pouvait plus se soutenir sur des béquilles. La respiration était pénible, Les douleurs étant alors plus fartes à la région lombaire, M. J. Cloquet y introduisit une aiguille vers la troisième vertèbre des lombes, dans la masse sacro-lombaire gauche. Au bout de deux minutes, la malade nous dit sentir les douleurs diminuer, et cesser entièrement api’ès six minutes. L’aiguille ayant été aloi’s retirée, on lui dit qu’il fallait essayer de s’appuyer sur ses jambes, elle se mit d’abord à crier, croyant que ses douleurs habituelles allaient s'’aggraver. On la plaça sur ses pieds, et elle fut tout étonnée de pouvoir s’y appuyer. Elle se hasarda à se soutenir seule, et se soutint. On lui permit même de faire quelques pas. La respiration devint plus facile. Qu’on juge de la joie de cette femme, qui se croyait irrévocablement fixée dans son lit. Le lendemain, le
mieux considérable se prolongea. Meme état, le 23 ; mais il y avait une grande faiblesse: la malade s’était levée. Le 24, des douleurs ayant paru aux deux épaules, avec difficulté des mouvemens de ces articulations, M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans chacune de ces parties. Au bout de deux minutes, auréole érythémateuse très-prononcée ; les mouvemens devinrent beaucoup plus faciles ; la respiration fut moins gênée. Les aiguilles furent'retirées' au bout d’un quart d’heure. Le 26, faiblesse seulement. Le 28, même état satisfaisant; moins de faiblesse. Le 3 o, la malade ayant repris des forces, commença à se promener dans la salle , en se soutenant sur des béquilles, sans éprouver la moindre douleur. Le 3 1, il se manifesta une douleur vive à la région cervicale gauche, avec raideur musculaire. On y introduisit une aiguille, qui, au bout de quelques minutes, fit disparaître la douleur ainsi que la roideur. Le 1" décembre , ces symptômes avaient reparu au cou, avec céphalalgie , pesanteur de tête. Tous ces phénomènes disparurent encore au bout d’un quart d’heure, par l’introduction de deux aiguilles au cou. Le 2, une douleur très-vive existait vers la partie supérieure du bord antérieur du muscle sterno-mastoïdien, avec impossibilité d’avaler et de remuer la tête. La déglutition, même de la salive, était pénible. Les douleurs, qui auparavant avalent
leur siège aux genoux, aux lombes, à la poitrine , à la tête, semblaient s’être concentrées dans ce point. On y introduisit une aiguille. Au bout de huit minutes, le muscle lut moins tendu, la déglutition salivaire plus facile, et les mouvemens de la tête à droite et à gauche sans douleur. Le 5 , chaleur à la gorge ( Tair atmosphérique était humide) , avec impossibilité complète d’avaler, môme la salive, et gêne considérable dans les mouvemens du cou, respiration dilEcile. Il n’y avait plus de tension au muscle sterno-mastoïdien. Deux acupunctures ayant été sans effet, M. J. Cloquet fit appliquer douze sangsues à la gorge et un vésicatoire à la nuque, ce qui facilita la déglutition et la respiration. Le 6, disparition presque complète des accidens de cette inflammation, la faiblesse seule empêchait la malade de se lever. Le 8, elle marcha avec une grande facilité, se servant cependant encore de ses béquilles, La déglutition était trèsfacile ; mais il y avait une douleur lancinante dans l’oreille gauche. La malade avait aussi un catarrhe pulmonaire violent, mais l’expectoration se faisait très-facilement. Le 11, il survint une gêne considérable dans la déglutition et la respiration, avec pesanteur de tête presque continuelle, as-, soupissement, réveil en sursaut et trouble de la vue. La femme Blanchard éprouvait vers l’estomac
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un sentiment de constriction , que la toux changeait en douleurs lancinantes se propageant jusqu’à la région lombaire. Des pédiluves synapisés, ne dissipèrent pas ces symptômes, M. J. Cloquet introduisit une aiguille à la tempe gauche. On y adapta un conducteur. Au bout de trois minutes , cngourcfissement ; éclaircissement de la vue ; la malade sentit une sorte de serrement yers l’ai-, guille, où les douleurs augmentèrent ; celles des autres points avaient disparu; plus de céphalalgie , plus de douleurs dans l’oreille. L’aiguille ayant été retirée au bout d’une demi-heure, les douleurs qu’elle occasionait cessèrent un instant après. Le 1 5 et le 14, la malade se promena dans la salle. Il n’y avait plus aucun symptôme ni d’inflammation de la gorge, ni du rhumatisme, si ce n’est de la faiblesse dans les membi-es. Le i8 au soir, dilEculté extrême de respher, avec menace de suffocation ; des bains de pieds synapisés firent cesser entièrement ces accidens. Ils revinrent pendant la nuit et empêchèrent la malade de dormir. Le 19, des pédiluves synapisés les dissipèrent. .Le 3 o, la malade fit seule plus de six cents pas pour venir chez M. J. Cloquet. Elle se servit très-bien de ses bras pour porter ses béquilles. Une douleur assez vive s’était manifestée à la partie antérieure de chaque jambe; on y introduisit deux aiguilles. Au bout de quinze
minutes, les aiguilles ayant été retirées, la malade iTéprouva plus qu’une douleur bien légère aux pieds, à part celles des piqûres. Les premiers jours de janvier, la malade, entraînée par le désir extrême de revoir ses enfans, voulut absolument sortir de l’hôpital, quoiqu’elle ne fût pas encore parfaitement guérie, disant qu’un régime succulent suffirait bien désormais pour la rendre à une santé parfaite. Je n’en ai pas entendu parler depuis,
^2® 01)servatiou : Névralgie sciatique.
Le nommé Oudain ( Pierre ), âgé de quarantesept ans, ancien militaire, actuellement portier, se présenta, le 20 décembre 1824, àM. J. Cloquet. Il y a vingt-trois ans qu’il ressentit des douleurs vagues dans tout le corps. Deux ans après, ayant fait une chute de cheval sur le côté gauche, il eut dans cette région une large plaie, d’où il résulta une cicatrice large , irrégulière. Dans la suite, l’exercice forcé développa toujours dans cette cicatrice des douleurs accompagnées de gonflement. Il y a trois ans qu’il survint au pied et au genou droits des douleurs vives, qui, se propageant le long de la partie externe et postérieure du membre, gagnèrent la cuisse, puis la hanche. Un mois après, elles s’emparèrent du
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membre inférieur gauclie, où elles furent cependant toujours bien moindres. 11 y avait dans ces membres, surtout dans le droit, une si grande sensibilité, qu’une simple piqûre de puce suffisait pour y déterminer des contractions spasmodiques. L’application d’une toile cirée, quarante sangsues , des bains aromatiques, quatre vésicatoires volans à la cuisse, soixante-quinze pilules de noix vomique ( de quatre grains et demi chacune, d’après ce que nous a assuré le malade), l’emploi de l’électricité, etc., n’empêchèrent pas cette affection d’augmenter d’intensité. Le jour où il se présenta, le malade était dans une impossibilité complète de marcher seul. Quand deux personnes le saisissaient par dessous les bras , et lui faisaient faire quelques pas, en le portant pour ainsi dire , il se manifestait, dès le quatrième ou le cinquième pas, un tremblement si fort, dans le membre droit surtout, que les extrémités inférieures ne le soutenaient pas plus que si elles eussent été paralysées. Cependant il souffrait peu; la pression était aussi peu douloureuse; il pouvait se coucher sur les parties affectées, mais quand on l’y avait placé toutefois, car les douleurs lombaires lui ôtaient la faculté même de se tourner dans son lit. Quand il voulait s’habiller (les membres supérieurs étaient parfaitement libres), il était obligé de porter, avec la main correspondante,
le membre inférieur qu’il voulait passer dans son pantaloh. La position assise était toujours douloureuse. Le malade était dans un état si désespéré, que M. J. Cloquet ne se décida qu’avec peine à essayer l’aCupuncture. Les points les plus douloureux é tant àl'àjjartie supérieure des fesses, il y introduisit une aiguille de chaque côté. Au bout de quinze minutes la position assise fut plus douloureuse que d’ordinaire; auréole très-prononcée autour des aiguillés. ¥iù“gt minutes après, élancemens vifs le long-de là'face externe des membres , surtout du droit ; il sé manifesta une douleur vive à l’aiguille droite. Yiiigtmnq ininùtes après l’opération, le înalade ('toujours dans la position assise ), ayant soulevé les deux membres, il y eut d’abord pres- (Jüé autant de trembleuient qu’à l’ordinaire, mais il diüiinüa beaucoup au bout de trois ou quatre minutés de cet essai. Au reste le malade observa qu’il én était habituellement ainsi. Aü bout d’une heure ( les aiguilles toujours en place ) , Ü naarcha sans béquilles , entraînant les pieds, il est vrai; mais il assura qu’il n’aüraitpaspu en faire autant auparavant. Un instant après, il püt lever les pieds un peu plus haut; et aü bout d’une minute de cet essai, il ne s’était pas encore manifesté de tremblement. Il s’aida àlôrS de sCs béquillesj et marcha comme il ne l’avait pàs fait depuis bien long-tenlps. Les aiguilles
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ayant: été ré tirées une demi-hciire après, il baissa beaucoup mieux qu’auparavant. 11 itodrclla, les jours suivans, de plus en plus facilemeiitj à l’aide de ses béquilles, il put même parcourir de suite l’espace de trois cents pas environ. Il y avait cependant encore tremblement des membres au boüt de quelques minutes de marche. Lé 24, M. J. Cldqüet introduisit deux aiguilles dans lès mêmes liéux. On retira ces aiguilles au bout d’urié heure, ét le malade s’habilla beaucoup plus facilement. Il n’avait plus besoin de soulever le membre inférieur avec sa main. Il se tint debout sans béquilles, et sans trembler, tout le temps nécessaire pour relever son pantalon et le boutonner : o'r cettè position lui était auparavantimpôssiblè. Quand il leva les jambes, il ÿ eut moins de tremblement. La marché sfe fit avec un peu plus de liberté éncbire : il n’avait pas eu besoin de sé faire accompagner pour venir nous trouver, il était moüté seul en voiture. Il se redressait bien mieux. Il tint àtissi, Sans trembler, les jambes levées beaucoup plus haut et plus long-temps qu’auparavant. Les piqûrés des aiguilles, à peine sensibles auxpremières <>pérations, occasionèrent de vives douleurs , qui se firent sentir depuis les cuisses jusqu’aux pieds. Le malade commença alors à sé redresser faciletüéiit dans son lit, mais' il ne pouvait encore rester long-tetnps sur son séant. Lé 3 i, les mouve-
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mens de toutes les articulations étaient devenus plus libres; il marchait, à l’aide de ses béquilles, avec plus d’aisance. Étant debout, il se baissa pour la première fois en fléchissant toutes les articulations. Il tint la jambe droite en l’air, pendant cinq minutes, sans qu’il se manifestât de tremblement. (- Auparavant il pouvait à peine se tenir dans cette position pendant une seconde. ) Au bout d’une heure d’acupuncture dans les mêmes lieux, les aiguilles ayant été retirées, il marcha sans béquilles plus facilement qu’il ne l’avait fait encore. Le 6 janvier, il fut admis à l’hôpital, et il se rendit seul à pied du bureau d’admission jusqu’à son lit ( il avait fait six cents pas environ ), et monta un escalier dont les marches sont élevées. Il est vrai qu’il s’était tellement fatigué, qu’en arrivant il fut pris de tremblement, et il serait tombé si son lit ne s’était pas trouvé là pour lé recevoir. Le tremblement cessa aussitôt. Le 8, il se promena dans la salle, sans éprouver de tremblement, et se coucha seul. Le 9, les douleurs étaient plus fortes aux pieds et aux genoux. Le 10, pendant la nuit, elles augmentèrent au point d’empêcher le malade de dormir, jusqu’à deux heures du matin. Celles des fesses étaient à peitie sen- ■sibles. La douleur des genoux, ayant son siège principal autour de la rotule, s’étendait delà aux faces externe et interne des mollets. Celle des
DE L’ACUPUNCTURE. igS
pieds était plus vive aux coude-pieds, elle s’étendait d’une malléole à l’autre, et se répandait de là sur tout le dos du pied. « C’est^ nous dit le malade , comme si on me sciait le pied en travers. » M. J. Cloquet introduisit une aiguille à la partie externe de chaque genou, et au-devant de chaque malléole externe. Un instant après, chaleur très-, prononcée dans l’intérieur de l’articulation de chaque genou, au lieu des douleurs lancinantes, chaleur plus vive encore à chaque coude-pied ; les élancemens y avaient également disparu. On retira les aiguilles au bout d’une heure et demie, et ce fut alors que les piqûres devinrent plus douloureuses. Du reste la pression était à peine sensible. La chaleur se prolongea jusqu’au 11, où le malade marcha mieux que jamais. Ce jour sa jambe droite traîna beaucoup moins que de coutume. Pendant la nuit, il se rnanifesta de légères douleurs à la cicatrice du côté gauche, d’où partaient souvent des élancemens pendant qu’il travaillait : on introduisit une aiguille dans la partie externe de chaque coude-pied, à l’endroit où les douleurs, que le malade rapportait aux piqûres de la veille, étaient plus vives. Les aiguilles ayant été retirées au bout d’une heure , les douleurs avaient diminué, mais elles ne disparurent complètemerîl que le lendclhain. Il en lut de même de. celles des genoux. Le i 3 , il se
manifesta des douleurs légères aux lombes ; celles de la cicatrice augmentèrent. On appliqua à la région lombaire depx aiguilles dont la présence fut très-douloureuse ; retirées au bout d’une heure, elles n’avaient produit aucun soulagement. Le 16, l’introduction et la présence de deux aiguilles furent encore très-douloureuses , sans que le malade éprouvât de soulagement de ces acupunctures. Le 24 » trois aiguilles introduites dans la région lombaire avec de vives douleurs, restèrent en place pendant trois heures, mais cette fois elles diminuèrent les douleurs qui existaient dans cet endroit; le lendemain ces dernières disparurent entièrement en même temps que celles des piqûres. La marche n’en développa plus. Il ne restait au malade que de la faiblesse dans les membres inférieurs, et un léger tremblement qui se manifestait de temps à autre pendant et après la marche; il lui restait aussi un sentiment de froid presque continuel dans tout le membre inférieur droit. Il est vrai de dire qu’Oudain ne pouvait guère marcher qu’à l’aide de béquilles, et encore ne pouvait-il guère faire que sept à huit cents pas de suite. Mais le 4 janvier il n’était survenu aucune douleur. On commença alors à faire prendre au malade des bains de vapeurs.
73' Observation ; Douleurs dans, les parois du crâne.
Le nommé Carlier (Pierre-Sébastien), âgé de vingt-trois ans, teinturier, éprouvait depuis neuf mois des douleurs lancinantes au péricrâne, tantôt dans un point de la tête, tantôt dans un autre. Ces douleurs augmentaient toutes les fois que le malade se décoiffait, mais surtout par l’impression d’un air froid. Il semblait alors au malade que ses cheveux se hérissaient. Il éprouvait des étourdisseraens quand il baissait la tête. Quand
11 la secouait, il sentait la douleur dans une surface plus étendue. La pression était très-douloureuse, et le cuir chevelu donnait au toucher la sensation d’un morceau de parchemin. Il y avait habituellement pesantéur de tête. La vue était trouble et la face d’un rouge plombé. Tous les matins le malade mouchait un mucus sanguinolent. Un vésicatoire au cou gardé pendant trois mois, deux applications de sangsues, l’une de vingt à l’anus, et l’autre de quinze derrière les oreilles ; des bains de pieds, synapisés, des bains de fumigations aromatiques, des purgatifs, un séton entretenu pendant plusieurs mois, n’avaient produit aucun soulagement sensible, quand, le
12 décembre 1824, le malade étant à l’hôpital Saint-Louis, M. J. Cloquet lui introduisit une
igG TRAITÉ
aiguille sur le sommet de la tête : c’était le point le plus douloureux. Au bout de huit à dix minutes , les douleurs lancinantes se changèrent en un engourdissement qui, aubout de deux heures^ avait disparu entièrement. Ces douleurs ne se manifestaient plus quand le malade baissait la tête ou qu’il la secouait. Il ne lui restait qu’une légère pesanteur. Le i6, les douleurs lancinantes revinrent , mais moins fortes, et elles avaient changé de siège. Tl n’y avait pas autant de pesanteur de tête, et la pression était moins douloureuse. Au bout d’une heure d’acupuncture, tous les symptômes de la maladie disparurent; jusqu’au 19, le maladese trouva parfaitement bien, mais alors les douleurs revinrent, et le 21 elles étaient aussi fortes que jamais; le malade réclama l’acupuncture avec instance. On ne jugea pas convenable de la lui pratiquer. Yoyant qu’on l’abandonnait à ses souffrances, il sortit de l’hôpital quelques jours après. Le 23 janvier 1825, il revint trouver M. J. Cloquet. Les douleurs, à peu près lesmêmes, étaient surtout caractérisées par des élancemens durant la journée, et par une grande pesanteur de tête, avec chaleur, cuisson surtout quand ihappuyaitla main sur le cuir chevelu. M. J. Cloquet introduisit une aiguille à demeure au sommet de la tête. Au bout de quatre minutes, la pression ne développait plus de cuisson; il ne restait que des
élanceméns à l’endroit de l’aiguille, et augmentant quand le malade remuait la tête; mais ils cessèrent un- instant après il n’y avait plus de pesanteur. Le soir seulement il se manifesta à l’aiguille de légères douleurs qui continuèrent jusqu’au 26 sans changer de place ; tandis que celles qui existaient auparavant étaient très-mobiles et beaucoup plus fortes. Le moucher sanguinolent, du matin n’avait pas encore disparu. Outre ce symptôme, la pesanteur de tête avait reparu. On laissa la même aiguille. Le soir du aS , la douleur de l’aiguille disparut. Lé 26 au matin, le malade moucha encore une matière sanguinolente , mais la pesanteur de tête est légère, du reste nulle douleur, môme quand on secoue la tête ou qu’on la presse. La vue était parfaitement claire. Le 27, la pesanteur de tête existetoujours, mais elle est à peine incommode. Il existait autour de l’aiguille une douleur vive, mais seulement quand on y pressait. On laissa la même aiguille. Le 29, plus de douleurs à l’aiguille, niailleurs ; il existait au-dessus des sourcils comme une barre non douloureuse ; légère pesanteur de tête. Le malade ayant ressenti, le 3o, une lé gère douleur dans un autre point du sommet delà tête, on retira l’aiguille, le i“’ février, et on en. introduisit une autre dans le point douloureux. Le 4 5 ily^avait encore un peu de pesanteur. De-.
igS TRAITÉ
puis deux jours le moucher sanguinolent avait enfin cessé. Pendant que le malade était dans la chambre de M. J. Cloquet, une légère douleur s’étant manifestée à Tocciput, on y introduisit une aiguille à demeure , qu’on retira quelques jours après. La physionomie du malade était alors tout-à-fait changée. Auparavant il craignait d’imprimer le moindre mouvement à la tète, sous le poids de laquelle il semblait affaissé. Les traits de la face, qui étaient d’un rouge foncé, se dessinaient mieux, et avaient une expression plus franche. On lui ordonna alors des douches de vapeurs. Nous avons perdu de vue ce malade.
Observation : Rhumatisme lombaire.
Le nommé Unculbach (Jean), âgé de soixantehuit ans, serrurier, ayant une figure b ourgeonnée et des formes très-développées , quoiqu’il parût d’un tempérament lymphatique, entra, le 17 juin 1824, à l’hôpital Saint-Louis, pour y être traité d’un rhumatisme lombaire dont il était atteint depuis quinze mois. Quelque temps après l’apparition de cette affection, les pieds du malade se gonflant quand il se tenait debout, il fut obligé de suspendre ses travaux. Les articulations des lombes et des membres inférieurs étaient d’une raideur extrême.
Les mouvemens développaient des douleurs ; quand Unculbach marchait, il chancelait et il était obligé de se soutenir sur des béquilles. Des vésicatoires, des bains n’avaient presque pas produit d’effet avantageux. Le 22 novembre 1824, M. J. Cloquet introduisit une aiguille à la partie Supérieure de chaque fesse. Dès la troisième minute , on eut peine à obtenir du malade qu’il gardât le repos. Aü bout de cinq minutes, les aiguilles ayant été retirées, le malade se leva, se soutint d’abord sur ses béquilles; puis, sentant qu’il n’avait plus de douleurs, il les mit sous le bras, et marcha, avec gêne cependant, car la raideur des articulations avait à peine diminué. Le 23, la marche développant un peu de douleur, on la fit disparaître par l’introduction de Reux aiguilles. Le 24, des douleurs s’étant manifestées vers les grands trochanters , on y introduisit une aiguille de chaque côté. L’auréole érythémateuse fut peu prononcée. Les douleurs, qui avaient disparu au bout de quelques minutes, revinrent quelques heures après. Elles ne furent pas poursuivies par de nouvelles acupunctures. On les a combattues depuis, et l’on cherche maintenant à rendre à la région lombaire sa souplesse et ses mouvemens par d’autres moyens.
jî5' Observation : Névralgie temporale.
La nommée ’ Martin ( Aîarie-Anne ), âgée de trente-sept ans, passementière, d’une constitution nerveuse, éprouvait depuis sept semaines des douleurs, lancinantes très-vives à la région temporale droite, depuis le front jusque derrière l’oreille. Ces douleurs s’étaient manifestées pendant la nuit. Des sangsues, des tésicatoires, des cataplasmes émolliens, des injections dans l’oreille, un séton, n’avaient pas empêché les douleurs d’augmenter. Elles étaient devenues continuelles, et si vives que la malade ne pouvait dormir, ni poser ce côté de la tête sur l’oreiller. La moindre pression les augmentait. Les gencives de ce côté étaient gonflées ainsi que les parties molles avoisinant l’oreille. La malade était dans un état d’amaigrissement extrême. M. J. Cloquet introduisit, le 28 décembre 1824, une aiguille dans la région temporale, à l’endroit où les douleurs étaient plus vives. Au bout de cinq minutes, ces douleurs augmentèrent, et elles devinrent intolérables au bout de dix minutes. Au bout de quinze minutes, la malade parut calme. Elle souffrait alors plus à l’oreille que partout ailleurs. On introduisit une aiguille plus près de cet organe. Au bout d’une heure , la pression ne causait plus de douleur aux
environs de la première aiguille. On les retira toutes deux, et il ne resta plus de douleurs que dans l’intérieur de l’oreille, etc., mais elles étaient vives ; la pression cependant y était supportable ; le reste de la tempe était engourdi. Rentrée chez elle, la malade goûta aussitôt les douceurs du sommeil, dont elle avait été privée depuis trois semaines. Elle posa la tempe malade sur l’oreiller, sans rien ressentir. Le 29, il ne lui restait de douleur que dans l’intérieur de l’oreille et derrière cet organe, où les-tissus étaient assez engorgés pour gêner les mouvemens de la mâchoire. On introduisit une aiguille au-devant de l’oreille. Au bout de cinq minutes, les douleurs augmentèrent, mais elles diminuèrent un instant après ; elles restèrent cependant encore plus fortes qu’avant l’acupuncture. Au bout de vingt minutes, la malade se trouva si bien, qu’elle nous dit ne pas dé sirer un autre état. Au bout d’une heure , la douleur de l’oreille disparut, mais il s’en manifesta une à la tempe. Cependant la malade ouvrit la ' bouche plus facilement. Après une heure et demie, douleur vive dans l’oreille et à la, tempe, moins forte cependant qu’avant l’acupuncture. Les aiguilles furent alors retirées. Même état. Je ne sais ce qui est arrivé depuis à cette femme, que nous n’ayons pas revue.
J’ai cependant voulu donner cette observation ,
parce que MM. les membres de l’Institut ont été témoins des effets que l’acupuncture a produits chez la malade qui en est le sujet.
76" Observation : Pleurodjnie (1).
II y a environ sept ou huit mois que M. L..., âgé de vingt-neuf ans, élève en médecine, fut exposé, dans une voiture, à un courant d’air froid après avoir eu chaud: bientôt il fut atteint d’une douleur vive qui erra dans la région des muscles pectoraux du côté gauche. Cette douleur était accompagnée de gêne de la respiration, qui se manifestait par la contraction lente des muscles inspirateurs. Il y avait impossibilité de tousser, à cause de la douleur extrêmement vive qu’occasionait la contraction subite des muscles. L’éternuement était si douloureux, qu’il avortait. Des bains et un exercice forcé procurèrent du soulagement. La respiration fut moins laborieuse. A la rentrée des vacances, M. L..., se livrant avec ardeur à l’étude de Tanatomie, fut atteint d’une inflammation de l’estomac, sans diminution sensible du point de côté. Il y avait faiblesse, malaise même au lit,
(1) Ce qui m’a engagé à insérer ici cette observation, c’est que M. L..., plus capable que'tout autre de bien apprécier ses sensations, s’est donné la peine de me la dicter lui-méme très scrupuleusement.
DE L'ACUPUNCTURE.' ao3
soif ardente, etc. ; la diète rigoureuse pendant huit où dix jours fit disparaître la gastrite, qui avait été si intense, que, le cinquièmejour de son apparition, un peu de confitures déterminèrent une indigestion violente. La disparition de cette maladie fut suivie de constipation ; les selles furent sanguinolentes. Les symptômes de la pleurodynie, -qui n’avaient pas cessé, reparurent alors plus intenses. La respiration devint très-laborieuse , haletante , diaphragmatique , surtout quand le malade montait un escalier. Il y avait en outre pesanteur extrême de tête. L’atmosphère semblait à M. L... si pesante, qu’il en était comme écrasé. Le sommeil était pénible. Il restait encore quelques traces de la gastrite. Quand il vint trouver M. J. Cloquet, il avait lamarche chancelante, et s’aidait du bras d’un de ses amis. M. J. Cloquet introduisit une aiguille vers la septième côte, du côté affecté. Cette aiguille fut retirée au bout d’une heure, et le malade en avait éprouvé le plus grand soulagement. Le parler devint trèsfacile. La gaieté revint; la tête fut totalement dégagée, l’atmosphèreparut plus légère. Lafigurê, plus calme, changea étonnamment d’expression. M. L— se trouva si bien, qu’il aida M. J. Cloquet à pratiquer l’acupuncture sur un autre malade. Le somiheil le plus tranquille et le plus réparateur suivit cette opération. Les douleurs
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avaient complètement disparu. Cet état dura
deux jours, pendant lesquels M. L fut dune
sensibilité étonnante. Au bout de ce temps, les douleurs de côté revinrent. Elles alternèrent cependant avec un état de santé parfaite. La respiration fut de temps à autre brusque, à cause des contractions spasmodiques du diaphragme. Le malade semblait happer l’air ( il n’y avait plus de traces de gastrite). Le aS, la respiration devint haletante, et les douleurs étaient i-evenues presque aussi vivès qu’avant l’acupuncture; elles étaient plus étendues. Quelques jours après, les douleurs s’étant un peu calmées, M. L...... désira
recourir à l’acupuncture. Je ne sais cè qui est arrivé depuis.
77" Observation : Altération et affaiblissement de la vue.
La nommée Roger, âgée de soixante-dix ans, avait été prise, le i'”’ décembre 1824, de douleurs vives à la partie antérieure de la tempe et du front, du côté droit, avec affaiblissement de la vue de ce côté et strabisme léger en dedans.
Le 5, les symptômes s’étant aggravés, l’œil droit fut presque entièrement privé de la faculté de voir (l’autre resta parfaitement sain). La malade voyait les objets triples et comme au milieu d’épais brouillards. La pression augmentait la
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douleur de la tempe et du front. On fut obligé de conduire madame Rogerxliez M. J. *Cloc|uet, cjui introduisit une aiguille dans l’endroit le plus douloureux du front, au-dessus de l’angle externe de l’œil, en dirigeant la pointe de l’instrument vers cet organe, mais sans traverser la paupière. Au bout de cinq minutes les douleurs diminuèrent , mais la vue fut tout aussi trouble qu’auparavant. Au bout de dix minutes la malade vit un peu mieux; il n’y avait plus que de l’engourdissement au front et à la tempe. An bout d’un quart d’iieure, l’aiguille ayant été retirée, la malade ferma l’autre œil, et nous assura qu’elle voyait aussi clairement qu’avant la maladie, que les objets lui paraissaient dans l’état naturel; le strabisme avait complètement disparu. Quelques jours après la vue se troubla de nouveau , mais beaucoup moins; la malade n’avait pas besoin qu’on la conduisît ; le brouillard qui lui semblait obscurcir les objets était léger. Deux mois après l’opération, il n’y avait plus aucun symptôme de la maladie.
78“ Observation : Jrrilalion des organes de la digestion.
Le nommé Lampacb ( Charles ), âgé de soixanteunans, mécanicien, éproùvait depuis huit mois des coliques dans tout l’abdomen; tantôt ces coliques
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partaient de la région ombilicale , et remontaient vers la poitrine ; alors elles étaient accompagnées de gêne de la respiration, de céphalalgie, et il s’écoulait par la bouche, sans aucun effort, environ un verre d’eau d’un liquide limpide qui cessait de couler deux minutes après, en même temps que les coliques cessaient de se faire sentir. D’autres fois les coliques , qui n’en montaient pas moins vers la poitrine, se terminaient par un écoulement également aqueux par le rectum : fort rarement s’y mêlait-il aloi’S quelques parcelles de matières fécales. Rarement ces deux écoulemens avaient lieu ensemble. Aussitôt que les coliques se manifestaient, l’écoulementavaitlieu d’une manière irrésistible. Celui par la bouche se faisait trois ou quatre fois pendant le jour; mais immanquablement une fois le matin , quand le malade .se levait, elle soir quand'il quittait son ouvrage. Desselles aqueuses avaient lieu troisou quatre fois, toujours pendant la nuit, sinon elles se manifestaient alors pendant le jour. L’urine du malade était aussi très-abondante et très-claire ; mais il urinait à volonté. Il avait maigri d’une manière étonnante. Pendant que l’estomac était plein , il ne se manifestait jamais de coliques, ni par conséquent d’écoulement aqueux. L’abus des boissons alcooliques semblait avoir produit cette affection , et quelque petite quantité que le malade en prît, les
accès se développaient aussitôt. Il éprouvait aussi des crampes et des douleurs très-vives dans les membres. De l’eau de gomme, de la magnésie, des lavemens émolliens, des bouillons aux herbes, avaient été sans effet contre cette affection. M. J. Cloquet inti’oduisit, le 17 janvier 1826, à dix heures du matin , deux aiguilles très-fines, terminées par une tête en cire, au-dessous du nombril, à la profondeur d’un pouce environ, et il appliqua par-dessus de petits emplâtres de diachilon. Ces aiguilles restèrent enfoncées jusqu’au lendemain. Il ordonna en même'temps des lavemens opiacés, et l’abstinence de vin. Le malade ne prit de lavemens qu’à sept heures du soir, et depuis le malin il n’avait encore éprouvé aucun symptôme de l’affection, pas lamoindrecolique, et cependant, dans cet intervalle de temps, il aurait dù avoir au moins deux accès. Il passa également la nuit sans rien épi’ouver, et dormit parfaitement. Le i8, il dit n’avoir éprouvé que de légères douleurs aux environs des aiguilles, mais assez fortes pourtant, pendant les mouvemens , pour l’empêcher de travailler. Ayant entrepris un ouvrage extrêmement pressé, il pria de suspendre l’acupuncture. (Les aiguilles qu’on lui ôta étaient fortement oxidées). Le 24, il n’avait point reparu d’écoulement par le rectum ; le malade dormait bien jusqu’à deux ou trois heures du matin, heure
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où il se manifestait des coliques, moins fortes qu’auparavant toutefois , mais suivies d’un éconlement aqueux par la bouche. Cet écoulement se répétait aussi souvent qu'auparavant, mais il était moins abondant. On lui appliqua une aignille à demeure au bas-ventre. Le 26 , l’écoulement par la bouche n’avait pas reparu ; seulement, en se réveillant le matin, Lampach sentit des coliques, mais moins fortes encore que la veille, et qui ne furent suivies d’aucun écoulement. Les urines paraissaient au malade à peu près dans le môme état qu’avant l’acupuncture. Il sentait encore quelques flatuosités. La présence des aiguilles l’empêchant de se livi’er à ses travaux, il remit â un autre temps à en continuer l’usage.
79'Observation : Oplithalmie chronique.
La nommée Vidalin ( Jeanne ), âgée de quarante ans, brodeuse, avait depuis cinq ans les yeux larmoyans. Depuis dix mois environ la face Interne des paupières était rouge ; le larmoiement était augmenté; il survint de la cuisson, et une partie des cils ne tardèrent pas à tomber. Tous les matins les paupières étaient fortement collées par une chassie abondante. Le 2ojanvicr 1825, la rougeur s’étendait à plus de deux lignes cn-dehors des cils. M. J. Cloquet introduisit deux aiguilles
ùdemeureàl’angle externe de chaqueœil. Le 21,la cuisson était diminuée, mais la rougeur était aussi étendue. On changea les aiguilles. Le 22, la rou^' geur et la cuisson étaient moindres. On changea de nouveau les aiguilles. Le 20 et le 24 ,mêmeopération et également soulagement progressif. Le 27, la rougeur des paupières était partout considérablement diminuée, mais surtout à la moitié interne de chaque œil ; le larmoiement avait presque entièsement cessé, et la cuisson était bien moindre. La conjonctive palpébrale était moins rouge , mais surtout au tiers interne de chaque œil. Le 26 au soir, il s’était manifesté pour la pi’emière fois des douleurs, aux aiguilles; elles se prolongèrent jusqu’au jour. Le 27, il n’y avait qu’une légère douleur aux aiguilles; on les changea. Le 29, rougeur moindre en général, elle est à peine apparente aux bords libres des paupières; les yeux sont moins lai’moyans, moins chassieux le matin y il ne reste presque plus de cuisson. De temps à autre, il partait des aiguilles des élancemens qui se portaient jusqu’au front ; la conjonctive oculaire, auparavant un peu rouge, ne l’était pas du tout. On changea les aiguilles. Le 4 février, cuisson à peine sensible, rougeur presque nulle, si ce n’est au bord libre des jsaupières. Le 7, les paupières ne se collaient plus le malin; il n’y avait I. 14 ■
plus qu’un p&u de raideur à leurs bords libres. (Je n’ai pas revu depuis cette malade, qui, je le pense bien, aura été radicalement guérie par les aiguilles qu’on lui avait laissées ).
CINQUIÈME SÉniE DOBSERVATIONS.
ïîlle i-cuferme les cas où l’acupuncttire a l'ait disparaître pour le moment la douleur qui n’était que sjimptôme d’uue alTection soupçonnée organique.
80' Observation : Maladie de Varticulation coxofémorale..
La nommée Hautefeuille (Joséphine), âgée de dix-neuf ans, entra, le 5 octobre 1824, à l’hôpital Saint-Louis, pour y être traitée d’une maladie de l’articulation coxo-fémorale gauche, avec raccourcissement du membre. Deux ans auparavant, la malade avait éprouvé des douleurs lancinantes dans la hanche gauche ; on y fit des frictions cantharidées, qui n’empêchèrent pas la maladie de faire des progrès. Au bout d’un an les douleurs devinrent si vives, que la malade ne put marcher qu’avec la plus grande peine, qu’elle ne put même se tourner dans son lit. Elle s’aperçut alors que son membre se raccourcissait, ce qui fit cesser l’emploi de tout moyen curatif. A son entrée à 1 ’hôpital, on lui fit prendre d’abord des bains simples , puis des bains de vapeurs qui calmèrent un peu les douleurs ; les mouvemens dans le lit devinrent moins douloureux. On lui appliqua alors à deux reprises différentes, sur l’articulation malade, des
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ventouses scarifiées, qui, la deuxième fois, procurèrent un soulagement sensible. Les douleurs étaient cependant encore assez fortes pour empêcher la malade de faire un seul pas , et même de faire exécuter à sa cuisse le moindre mouvement. Une corde fortement tendue et très-douloureuse, dans les tentatives de mouvement, partant antérieurement de Tartic.ulation coxo-fémorale, allait . jusqu’au genou. Le 28 novembre iSsZf, M. J. Cloquet introduisit une aiguille vers.la partie supérieure et. antérieui’C de la cuisse ; au bout de huit minutes le muscle droit antérieur de la cuisse était moins tendu, et les mouvemens, plus faciles, ne causaient plus aucune douleur. On retira Taiguille quelques minutes après. Le 2 décembre, des douleurs moins fortes s’étant de nouveau fait sentir, on introduisit une aiguille à manche en argent, qui, retirée au bout d’une heure, avait fait cesser les douleurs et rendu les mouvemens plus faciles. La malade put se tourner en tous sens dans son lit sans éprouver aucune douleur. Elle se leva alors, et marcha dans toute la salle même sans béquilles. Le 6, môme état ; le 7 , la malade marchait aussi bien;que si elle n’avait jamais eu de douleurs (il est inutile de dire qu’elle boitait ) ; cependant lafaiblesse dumembre l’empêchaitencore de marcher plus d’un demi-quart d’heure sans se reposer. M. J. Cloquet lui recommanda le repos.
DE L’ACUPUNCTURE. , aiS à cause de l’affection de l’articulation. Le 9, les règles, qui étaient supprimées depuis quatre mois, reparurent. Le 16, une seule acupuncture calma de légères douleurs qui avaient reparu. Les acupunctures ayant été suspendues alors dans les salles, les douleurs revinrent bientôt aussi fortes que jamais, et forcèrent la malade à garder le lit.
81 « Observation ; Dartre piviittnée sj-philîlique.
La nommée Françoise (Henriette), âgée de vingt ans , blanchisseuse , était atteinte depuis un an et demi d’une blennorrhagie syphilitique. Dès le commencement de cette affection les règles avaient disparu. Il y avait sept mois qu’elle était à l’hôjÿ;tal Saint-Louis, et le traitement antisyphilitique, continué pendant tout ce temps, n’avait apporté d’autre changement à cette affection, que l'a guérison d’ulcères que la malade avait aux jambes. Un mois après son entrée à l’hôpital, il se manifesta sous l’angle externe de l’œil gauche une petite plaque rougeâtre qui ne tarda pas à envahir plus de la moitié de chaque paupière ; des saignées locales répétées plusieurs fois, une saignée de pied, l’emploi de la pommade mercurielle pendant un mois, et de plus le traitement général, n’empêchèrent pas cette dartre de faire des progrès. Le i 4 , elle s’étendait en dehors jusqu’à la tempe; elle présen-
TRilTÉ
tait une couleur rouge cuivrée recouverte d’unè plaque crustacée très-épaisse, et était le siège d’élancemens très-douloureux ; le gonflement des paupières était tel quelles recouvraient entièrement le globe de l’œil. SI. J. Cloquet introduisit une aiguille en dehors de la dartre, dii’igeant sa pointe vers l’angle des paupières. On y adapta un conducteur. Au bout d’une demi-heure, on relira cette aiguille, et les douleurs avaient entièrement disparu. Il n’y avait plus autant de rougeurj les paupières détuméliées laissaient entrevoir le globe de l’œil. Le i 5 , les douleurs n’étaient pas revenues; il n’y avait presque plus de gonflement, la rougeur était encore moins vive. Le i6, les ^uleurs revinrent aussi fortes qu’auparavant ; on introduisit encore une aiguille, qui, cette fois, ne produisit pas autant de soulagement. Le 20 janvier les douleurs étaient lancinantes, très-vives, nonseulement à la dartre, mais encore au globe de l’œil; la malade poussait jour et nuit des cris de douleur ; le gonflement était tel que les paupières ne pouvaient s’ouvrir, la pression était très-douloureuse, la rougeur de la dartre très-vive, 'les croûtes épaisses. M. J. Cloquet introduisit une aiguille de la même manière que la fois précédente , et elle ne fut retirée qu’au bout de deux heures. Alors le gonflement, bien moindre, permit l’écartement des paupières dans l’étendue de trois
lignes environ; mais la malade ne voyait de cet œil qu’un brouillard épais, et ne distinguait rien. Toutefois la rougeur était bien diminuée; il n’y avait plus de douleurs ni à la dartre ni à l’œil, il n’en restait que de légères à la tête. La pression devint bien moins douloureuse, la nuit la malade dormit parfaitement. Le 21, les douleurs n’avaient pas reparu, mais le gonflement était aussi fort qu'auparavant. Le 22, les douleurs étant aussi revenues , on introduisit une aiguille qu’on laissa â demeure. Le 25 , plus de douleurs, gonflement moindre; on retira Taiguille, et Ton en introduisit une autre à la partie moyenne du front, la pointe dirigée en bas. Le 24, gonflement encore moindre, pas autant de rougeur, nulle douleur; la malade se trouvait parfaitement soulagée; on laissa la même aiguille. Le 25 , l’œil était presque aussi ouvert que dans l’état naturel, la lippitude avait cessé, il n’était revenu aucune douleur, la dartre était moins rouge. Le 2y, nulle douleur, rougeur de la dartre encore moins vive ; la figure avait repris son aspect naturel, et n’exprimait plus la douleur. Une grande partie des croûtes de la dartre étaient tombées de la paupière supérieure. On laissa encore la même aiguille; elle n’était environnée d’aucune rougeur, et sa présence n’occasionait aucune douleur. Le 28, toutes les croûtes de la paupière supérieure étaient tombées, la dartre
2i6 traité
présentait à peine des tracés d’inflammation dans cet endroit; mais les croûtes-de la paupière inférieure, étaient encore presque aussi étendues qu’avant l’acupuncture. La malade, qui depuis trois moisne pouvaitseservirde l’œil affecté, commença le 29 à voir assez distinctement. Du reste les douleurs étaient absolument nulles aux paupières de môme qu’à la tête. Cependant l’aiguille fut changée. Le 3 1, les règles reparurent après une interruption d’un an et demi. Le 1“ février, la peau avait repris presque sa couleur naturelle ; quelejues croûtes légères restaient seulement à la paupière inférieure ; la malade voyait parfaitement ; on laissa la même aiguille. Le 4 février, toutes les croûtes étaient tombées; on changea l’aiguille. Le 7, la peau autrefois malade ne se distinguait plus que par une faible rougeur; on changea encore une fois l’aiguille ; et, le 1“ mars, la guérison était complète.
SIXIÈME SÉRIE d’observations.
Elle renferme les cas où le soulagement par l’acupuiictuic a e'tc nul ou presque nul.
82 Observation : Névralgie cervicale.
La nommée Geneaa (Marie-Anne) , âgée de trente-huit ans, ouvrière, se présenta à M. Cloquet le 5 janvier 1825. Dix mois auparavant, elle avait travaillé, ayant le cou découvert, près d’une croisée par laquelle entrait un air froid. Pendant la journée, elle n’éprouva rien; mais, en se réveillant le lendemain matin, elle sentit au-dessus de l’oreille gauche une douleur vive, caractérisée par des accès d’élancemens et par une cuisson continuelle semblable à celle provenant de l’application d’un vésicatoire, quand on a enlevé l’épiderme. La pression fut bientôt si douloureuse, que la malade ne put poser ce côté sur l’oreiller ; les accès d’élancemens la réveillaient pendant la nuit. Le jour ellene pouvait travailler. Les règles se supprimèrent. Quelques jours après, les douleurs •s’étendirent au cou, et des engourdissemens se fii’ent'sentir jusqu’au bi-as. Quand l’avant-bras était à demi fléchi, comme dans l’action de coudre , il se manifestait des picotemens dans les doigts,- et
2i8 traité
quand il était pendant il n’y avait que de l’engourdissement. La malade ne portait la main sur la tête qu’avec grande peine. L’application de douze sangsues, des cataplasmes émolliens, des pilules purgatives , des applications de compresses imbibées d’eau-de-vie camphrée , des douches d’eau de pluie, sur le cou , poussées au point d’arracber des cris àla malade, n’avaient amené aucune amélioration, non plus que des bains de pieds synapisés, des bains de vapeurs, des bains simples, une saignée du bras, quarante sangsues, un séton à la nuque, entretenu pendant un mois, une saignée de pied, deux ventouses scarifiées à la tempe ; enfin des frictions avec un liniment camphré avaient été également sans effet. Le 5 janvier, ilyavait desélancemens très-vifs depuis la région temporale gauche et le cou, jusque dans le bras correspondant. La malade ne pouvait dormir, ni lever ce membre; elle baissait un peu la tête, mais ne la relevait qu’aavec les plus vives douleurs; elle ne pouvait la tourner ni à droite ni à gauche ; elle sentait comme plusieurs cordes le long du cou, et éprouvait de la constriction dans le sens transversal. Les douleurs .étaient atroces, et la malade poussait des gémissemens continuels. Quelquefois, quand elle •s’appuyait sur le bras, au moment où elle se eroyait ti-ès-solide, ce üiembre cédait subitement. Quand elle mangeait, les mouvemens de la ma-
choire étaient quelquefois si douloureux, qu’elle était obligée de les suspendre aussitôt. M. J. Cloquet introduisit trois aiguilles, l’une derrière l’oreille, et les deux autres un peu plus bas. Au bout d’une heure et demie, on retira les aiguilles, et les douleurs étaient encore aussi vives, les engourdissemens du bras étaient les mêmes. Le 6, on introduisit une aiguille vers la partie supérieure du cou : elle y resta pendant une demi-lieure, après quoi les douleurs, tout aussi vives qu’auparavant, se présentèrent cependant à des intervalles plus éloignés; quant aux cuissons, elles étaient continuelles et vives. M. J. Cloquet introduisit alors une aiguille dans le muscle sternormastoïdien du côté malade, qui était fortement contracté. La contraction persista. Au bout de deux heures et demie, les douleurs devinrent si vives, que toute la région latérale du cou était rouge et tendue, la figure de la malade animée, et les yeux larmoyans. On retira l’aiguille, on vit alors le muscle sternomastoïdien former, par sa tension, à l’endroit de la piqûre, une tumeur grosse comme une noisette, tu- ’ meur qui disparut, un instant après, avec les élancemens. La cuisson diminua; mais les élancemens, qui parurent cependant revenir à des intervalles plus éloignés, dans le resté de la journée, restée rent aussi vifs et aussi fréquens qu’auparavant, La malade ayant dit qu’ils partaient de derrière
l’oreille, le 7, on introduisit dans cet endroit une aiguille, qui fut retirée au bout d’une heure et demie sans avoir procuré aucun changement. Le 10, même état; on inti’oduisit encore deux aiguilles, au cou et une derrière l’oreille. Un instant après ëlancemens très-vifs, face rouge, yeux larmoyans, lipothymie. Pendant l’application des aiguilles et après, les élancemens furent tout aussi intenses, et se manifestèrent à des intervalles aussi rapprochés. Cependant, dans le courant de la journée, la malade fut pendant une heure sans éprouver d’élancemens, tandis qu’auparavant ils revenaient au bout de cinq minutes; mais, cette heure écoulée, ils reprirent leur fréquence ordinaire. Le 10, on introduisit encore trois aiguilles auxmêmespoints, mais très-superficiellement. On les laissa en place une heure et demie, et elles ne produisirent aucun effet. La malade, rebutée sans doute par nos insuccès, fut un mois environ sans venir nous voir. Alors M. J. Cloquet, étonné de trouver si rebelle une affection contre laquelle l’acupuncture paraissait , dans les autres cas, le remède le plus efficace , songea à y associer le fluide galvanique. Plusieurs essais n’ont amené aucun changement avantageux.
85' Observation : Rhumatisme.
La nommée Capitaine (Geneviève-Nicolle), âgée de cinquante-cinq ans, ouvrière en chapeaux, d’une constitution lymphatique, entra à l’hôpital Saint-Louis le 11 novembre 1824. U y avait un mois qu’à la suite d’une suppression de transpiration elle avait éprouvé, principalement au gros orteil du pied droit, des douleurs très-vives qui gagnèrent bientôt le genou gauche sans abandonner leur siège primitif. Ces douleurs augmentaient peu par la pression, et moins encore par la chaleur du lit. Elles se portèrent ensuite sur le poignet gauche, et y produisirent un gonflement considérable. A son entrée à l’hôpital, la malade ayant le pouls élevé, on lui fit une saignée au bras droit. Aussitôt les douleurs et le gonflement s’emparèrent de ce membre et de l’épaule correspondante^ Deuxjours après, on appliqua dix sangsues àchaque poignet. Le 21, les douleurs étaient plus fortes au sommet de l’épaule sous le muscle deltoïde. M. J. Cloquet introduisit une aiguille dans cette partie ,,qui était gonflée et comme œdématiée, et la retira au bout de huit minutes. Pour le moment, la douleur diminua un peu ; mais, vers le soir, elle reparut aussi forte qu’auparavant. Elle continua le lendemain. Le 28, Ics douleurs augmentèrent,
elles mouvemens du bras droit furent impossibles. Le 4 décembre , le poignet droit étant gonflé et très-douloureux, on y pratiqua une acupuncture qui augmenta les douleurs au bout de dix minutes, loin de les diminuer. Le 28, les douleurs et le gonflement ayant quitté le membre supérieur droit pour se porter sur le gaucbe et surtout sur le poignet, on introduisit une aiguille dans ce dernier lieu ; elle y resta pendant douze minutes sans produire aucune amélioration. Quelques minutes après, les accidens de la maladie se reportèrent sur le membre droit. Le 1“ décembre , des purgatifs diminuèrent beaucoup les douleurs et le gonflement. L’acupuncture étant sans efletj.on y renonça.
84“ Observation : Tremblement des yeux par suite de remploi du mercure.
Le nommé Hours (Vincent-Alexandre) , âgé de trente ans, domestique, entra à l’hôpital Saint- Louis le 22 novembre 1824. H s’était traité pour la gale, en i8i6,parroxide rouge de mercure, dont il prenait une pincée dans une pomme cuite (quarante prises). Vers la fin de ce traitement, il se manifesta un tremblement des yeux, bientôt suivi d’une cécité complète. Des vésicatoires à la nuque, des saignées, des bains de pieds, une ti-
DE L’ACUPUNCTURE, sane sudorifique, permirent enfin au malade de voir un peu. A son entrée à l’hôpital, M. Manry lui fit appliquer à la nuque un séton qui améliora son état. Le 3o, Tafiection consistait en un tremblement des yeux paraissant à des intervalles rapprochés (trois à cinq minutes), et pendant lequel le malade voyait trouble et de côté. Hors de ces accès, la vue était très-claire, et il n’y avait pas de tremblement. Pendant l’accès tous les objets lui semblaient tourner. M. J. Cloquetintroduisit vers la commissure externe des paupières de chaque œil, une aiguille dont il dirigea la pointe vers le globe de l’œil. On y adapta des conducteurs.
Quinze minutes après, quand on retira ces aiguilles, le malade vit plus clair. Il put lire pendant dix minutes en regardant directement ; il se rasa, ce qu’il ne pouvait faire auparavant. Ses yeux tremblaient moins ; il avait la vue plus claire et beaucoup moins fréquemment troublée.
Le lendemain, même état qu’avant l’acupuncture ; on la pratiqua une deuxième fois, avec les mêmes précautions, absolument de la même manière, et l’on n’obtint aucune amélioration. On ne fut pas plus heureux dans deux autres tentatives.
85'Observation ; Paralysie presque complète des membres inférieurs.
Le nommé Béranger (...), âgé de quarante-huit
ans, bonnetiei’, sè présenta, le 2 a novembre 1824, à la consultation pubbque de M. J. Cloquet. Des ulcères que le malade avait aux jambes depuis quatre ans s’étant supprimés, il s’était manifesté une paralysie presque complète desmembresinférieurs. Leur faiblesse était telle, que le malade ne pouvait se soutenir debout. M. J. Cloquet introduisit une, aiguille dans chaque fesse. Au bout de trois minutes, le malade put faire quelques pas avec plus de facilité;; mais, les aiguilles ayant été retirées au bout de huit minutes, le malade ne se soutint pas mieux qu’auparavant. Le 26, même état, M. J. Cloquet crut inutile de tenter une nouvelle acupuncture..
. 86° Observation : Rhumatisme scapulaire.
Le nommé Baudé (Thomas), âgé de vingt-huit ans, maçon, éprouvait depuis trois semaines, sans causes connues, une douleur qui, partant de l’épaule gauche, se propageait le long du bras jusqu’aux doigts. Il ne pouvait soulever le bras ni le ployer. Il était même obligé de se soutenir avec l’autre main. Dans ces tentatives de mouvcmens les douleurs étaient inouïes. (Une balle qui avait autrefois traversé sa main avait rendu tout ce membre beaucoup plds faible. ) Les ^oigts annulaire et médius restaient allongés. Le 5 décembre
1824, M. J. Cloquet inü'oduisit une aiguille dans le point le plus douloureux .du bras. Au bout de dix minutes, il y eut de l’engoui-dissement, sans que les mouvemens fussent devenus plus faciles ; on ût alors une autre acupuncture à l’épaule, puis une autre à la partie ajitérieure du bras. Les aiguilles furent retirées au bout de vingt minutes, sans qu’on s’aperçût d’aucun changement. M. J. Cloquet prescrivit alors des bains de vapeurs.
87' Observation : Tremblement mercuriel.
Le nommé Jonay (Michel), âgé de.soixante-deux ans, miroitier, exposé depuis long-temps aux vapeurs du mercure, était atteint, depuis six mois, d’un tremblement mercuriel; ce tremblement, plus fort aux membres supérieurs, était tel que le malade ne pouvait saisir aucun objet un peu délié ; à peine pouvait-il se boutonner. Le 22 novembre 1824, M. J. Cloquet introduisit une aiguille à la partie inférieure de la nuque, de chaque côté de la colonne vertébrale. Une auréole érythémateuse se prononça ; mais aucun changement ne s’étant manifesté au bout d’un quart-d^’lieure, on retira les aiguilles.
88» Observation : Névralgie sciatique.
M. H., âgé de trente-deux ans, commis,
avait contracté plusieurs fois la maladie syphilitique, lorsqu’il fut affecté, il y a deux ans, d’exostoses aux clavicules et de douleurs vives, suivant le trajet du nerf sciatique du côté gauche. Ces douleurs, qui s’étaient manifestées aussi de temps à autre du côté droit, présentaient constamment plus d’intensité la nuit que le jour, et empêchaient le malade de dormir. M. J. Cloquet l’avait soumis à un traitement mercuriel pendant neuf mois, sans qu’il éprouvât aucun allégement à ses douleurs ; mais les exostoses avaient disparu. On employa alors différentes frictions irritantes qui furent sans effet. Le 2y décembre 1824, le malade étant toujours dans le même état, mon ami, M. Godart, introduisit, à neuf heures du soir, trois aiguilles. Tune vers l’origine du nerf sciatique, une autre un peu au-dessus du Jarret, la troisième au-dessous du mollet : c’étaient les points les plus douloureux. Une sensation de froid se manifesta dans tout le trajet du nerf sciatique, et persista pendant tout le temps que restèrent les aiguilles ; on les retira au bout d’une heure, et M. H. ne dormit guère mieux que de cou¬
tume. Le 3o, trois aiguilles furent de nouveau appliquées aux mêmes endroits, mais sans aucun changement. Le 2 janvier, la même opération fut encore sans effet. Le ly janvier (le malade prenait depuis quelques jours des bains de vapeurs).
on appliqua de nouveau deux aiguilles, l’une à l’origine du nerf sciatique, et l’autre au-dessous du jarret; elles restèrent en place jusqu’à minuit, et on les retira très-oxidées. Cette nuit, le malade reposa sensiblement mieux. Le 18 et le ig, aucun repos pendant la nuit. Le 20, nouvelle acupuncture : on laissa l’aiguille en place pendant quatre heures, et on la retira très-oxidée, sans qu’elle ait procuré aucun soulagement.
Compte rendu des autres cas que j’ai observés.
S’il m’est impossible de donner ici en détail les résultats de toutes les acupunctures pratiquées par M. J. Cloquet depuis le 21 novembre 1824, je vais tâcher du moins d’en rendre le compte le plus fidèle. J’ai vu pratiquer cette opération sur cinq cents malades environ , outre les observations détaillées dans cet ouvrage : parmi celles que j’ai encore recueillies, l’acupuncture a réussi dans dix rhumatismes aigus, un asthme, une affection goutteuse, datant de huit jours, une raideur de l’articulation scapulo-humérale, suite de la variole, neuf névralgies sciatiques, une névralgieplantaire,unenévralgie temporo-maxillaire, deux contusions récentes de la poitrine, une contusion récente de la jambe, deux contusions anciennes de la même partie.
Elle a échoué dans des douleurs de mollet, compliquées d’une alïéction syphilitique constitutionnelle , dans une névralgie sciatique, accompagnée d’abcés par congestion vers la région lombaire, dans quatre rhumatismes aigus.
Elle a enlevé les douleurs dans un cas de carie du bassin ; dans un autre cas semblable , après que les douleurs eurent-été enlevées, la cicatrisation des abcès fut promptement suivie de la guérison; dans deux tumeurs blanches articulaires , dans un cas de fracture du radius.
J’ai vu réussir en outre l’acupuncture dans au moins cinquante rhumatismes chroniques.
Je l’ai vue aussi échouer dans dès affections semblables, mais dans une plus petite proportion, surtout dans les névralgies, où rarement elle n’a pas été suivie de succès.
Dans un grand nombre de cas, j’ai vu cette opération faire cesser des douleurs dépendant d’une lésion profonde des tissus. Je l’ai vue encore faire disparaître complètement des douleurs lancinantes qui affectaient un testicule gonflé. Je regrette beaucoup d’avoir perdu cette observation.
Dans le reste des cas, les malades soulagés par une première acupuncture ne sont pas revenus nous trouver.
Je termine en disant que j’ai rarement vu l’a-
cupuncture ne pas produire un effet quelconque, au moins momentané. , ,,
8 g' Obstn-vation : Douleurs rhumalismêles ( conimuiiiquée par M. Devergie).. , r
Un officier goutteux (salle 18, n° 2. M. Roudier. ) au teint pâle «t blême, atteint depuis plusieurs années d’artbritis et de douleurs ■ musculaires danS’ le membre gauche, avec gonflement du talon, a été beaucoup soulagé, et la tnarcbe facilitée par deux séances d’acupuncture d’uiic heure chaque, pratiquée avec trois aiguilles. Des circonstances particulières: ont l’etardé la continuation de; ces moyens.; ^ : ::
•go'Observation : Douleifrs rhumatismales ( communiquée par M. Devergie ).: ; r
Un militaire détenu, portant encore une plaie , sur le sternum qui avait été carié, éprouvait dans les pectoraux du côté droit, de la gêne et de la souffrance lors des mouvemens. L’introduction d’une seule aiguille enleva pour huit jours la gêne et les douleurs.
gi'Observation ■.Douleurs «eri'eas'ei ( comihuniquée par M. De\ ergie ).
Le nommé Frouin, soldat au 8“ régiment de ligne, affecté depuis six ans d’une douleur trèsvive dans le talon droit, douleur qui l’empêchait de se servir dans la marche de cette partie du pied, fut soumis à l’acupuncture le 20 janvier. Une aiguille fut introduite dans le siège du mal, et retirée après une heure de séjour ; la douleur avait alors disparu, et le malade était très-surpris de pouvoir faire un usage égal des deux pieds. Cet avantage ne dura que huitheures, l’acupuncture fut pratiquée le lendemain et suivie d’un calme qui dura deux jours, après lesquels la douleur revint. Une troisième acupuncture n’a eu qu’un succès de même durée.