‹ Traité de l'administration des cultes protestantsChapitre 4 sur 151 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

le principe, sur le régime synodal, mais que ce régime TEglise réformée le conserva jusqu'au début de ce siècle, pour le perdre dès lors, tandis que TEglise luthérienne, après avoir fait céder de bonne heure, sous laction du particularisme régional ou local, le régime synodal au régime consistorial, vit restaurer et remettre en pleine vigueur le premier de ces régimes quand TAlsace- Lorraine fut séparée de la France.

Ce sort différent de la constitution des deux Eglises tient essentiellement à la différence de leurs destinées i)olitiques. L'une fut persécutée, massacrée, proscrite en France dès le xvi" siècle. C'est au milieu des bûchers et des gibets que le premier Synode constituant se réunit à Paris le 25 mai i559, c'est sous le sabre et le feu des dragonnades que les synodes nationaux et provinciaux fonctionnèrent au siècle dernier. La tenue de chacun d'eux était un acte d'héroïsme, leur abandon eût été un acte de lâcheté. L'attachement intégral et pur aux institutions traditionnelles sortait ainsi de la rupture violente de tout lien avec l'Etat.

L'autre Eglise, au contraire, demeura en rapports réguliers avec les pouvoirs publics, et sa constitution en reçut et en garda l'empreinte. Mais elle dut à la circonstance d'une organisation faite sous un gouvernement républicain et avec le généreux souci de panser les plaies de l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne, d'être rentrée en possession d'un régime démocratique.

Le premier terme de ce parallèle ressort si clairement de V Elude historique sur l'organisation de r Eglise réformée mise par l'auteur en tète de son livre (et dont la place exacte eût été, me semble-t-il, en tête de la première partie), qu'il me suffira, sur ce sujet, de m'en référer presque entièrement à son exposé.

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