XII INTRODUCTION
jusqu'en 178g dans les pays luthériens successivement annexés à la France.
A partir de iSSg, des Consistoires sont institués pour exercer la juridiction, en matière de mariage, qui avait jadis appartenu aux évêques, et, une à une, la plupart des attributions de Tépiscopat passent entre leurs mains : administration des biens de l'Eglise, nomination des pasteurs, inspection des paroisses, etc. Mais cette délégation s'opérait, ne l'oublions pas^ en un temps où les princes et seigneurs se trouvaient en possession des mêmes droits. Elle ne pouvait donc s'opérer que sous réserve de Tautorité du souverain. En d'autres termes, c'était un pouvoir mixte qui se constituait. Le Consistoire naissaitconseil ou organe du prince en même temps que de l'Eglise, quel que fût du reste son nom. Synode ou Consistoire général, Convent on Conseil ecclésiastique
Prenons comme exemple Strasbourg, où c'est la République qui est prince et souverain. Dès i528, Strasbourg compte sept paroisses luthériennes (Cathédrale, St-Pierre-le-Vieux, St-Pierrele-Jeune, St-Thomas, Sainte-Aurélie, St-Nicolas, St-Guillaume) paroisses qui se retrouveront toutes en 1789, sauf que la paroisse de la Cathédrale aura été remplacée par le Temple neuf. Ces paroisses sont représentées, dans leur ensemble, par un corps d'anciens de 21 membres, à raison de trois anciens par paroisse : un magistrat à vie, un échevin et un notable. Tous les anciens sont nommés pour la première fois par le Sénat, mais dans la suite, à l'exception des magistrats à vie^ ils se recrutent par cooptation.
Trois des anciens, à tour de rôle, siègent chaque semaine avec tous les prédicateurs de la ville (auxquels, en iSgS, les professeurs et docteurs en théologie furent adjoints) pour expédier les affaires courantes. C'est le couvent ecclésiastique. S'il y a