CONSTRUGTIOX DES HOSPICES ET HOPITAUX
luHlalkUou. Emplacement. — Étendue. — Construction : choix des matériaux,
n^iHitioii el voutilation. — Hôpitaux-modèles : Lariboisière, Blackburn, Graudliv^LÙtol do Milan, Boston free hospital. — Hôpitaux-baraques : Hôpital Lincoln, l>*ivuth-Camp« — Hôpitaux flottants en Amérique et en Angleterre. — Rapport du i\m»oil d'hygiène et du Service médical des hôpitaux sur la construction dos h<>l^U«ux : omplacement, situation générale, orientation, forme des bâti-
(iiAUUaUon des hôpitaux. — Bien des hôpitaux ou hospices de uv>^U^ villoî* Hout oucoro iaatallôs dans de vieux monastères, sémi- UAUV^ vut u^iut>H« Oui élahlissemonls répondent naturellement fort peu ^u\ Uv^.ivùu'i do* lUvorA services hospitaliers; les murs sont souvent iu4u\uloj* pi vlooK>pilH, ol, mulgro leur appropriation, les salles, au plat<a^U jiv^u olovo» Houi turtUaiuos et peu propres à abriter des malades ou vl<>rt vvu\<d0i*oouu»
i/uv'oivunouunu ooualanl du patrimoine des pauvres permet aux
i^vluuuiîilnUioui* luwpilaliùivs do faire disparaître peu à peu ces instal-
luUoa^ vlaiWlUiHt*o* ol do l\s remplacer par des constructions édifiées
vl'è^a*^» l^ rogUw ilo rhygiùne et les besoins du service. La commodité
oi \i\ i^lulaûlo uo ooiuportont pas un luxe stérile, qui doit toujours être
Uvuui d\> la vHWulmoliou des hospices. Pour répondre à ce principe de
U.uU4v^ jiv^j»luui hA>i|>iluUôre, il faut que les commissions administratives
:^^s tionuoul oii tjarUo coutro Tentraînement qui les porterait à créer
vlvv uu»44>naoul.^ plutôt que des bâtiments simples, solides, bien aérés
, ^ w'uv^'U.dkloiuoat dutnbués.
Emplacement. — L*emplacement que doit occuper un hôpital est fort discuté par les hommes spéciaux. Ces établissements peuvent être placés dans les centres populeux et près des habitations, ou dans la campagne et éloignés des enceintes habitées.
Les partisans du premier système font valoir les difficultés de transport pour les malades gravement atteints, et Tabsence des consolations morales, conséquence de Thabitation dans un lieu isolé. Les hygiénistes, au contraire, mettent en avant Tavantage incontestable de Tair pur pour les malades, et les dangers qu'épargne aux villes Téloignement des miasmes morbides qui gravitent autour des hôpitaux. Les circonstances particulières et locales peuvent seules résoudre une question aussi capitale, lorsqu'elle se pose.
L'opportunité de Téloignement des villes, contestée pour les hôpitaux, ne l'est nullement pour les hospices, qui ne sauraient être mieux placés que dans un endroit sain situé hors des zones populeuses. Terme et Monfalcon , dans leur Histoire momie et statistique des enfants assistés, disent à ce sujet : t L'hospice doit être placé, autant que le permettent les localités, sur un terrain sec, bien aéré, éloigné des lieux humides ou insalubres, isolé le plus possible des maisons voisines, bien exposé dans toutes ses parties aux rayons du soleil et situé dans la direction de l'est à l'ouest. 11 ne faut pas qu'il soit entouré d'édifices plus hauts qu'il ne Test lui-même. 11 importe beaucoup de l'abriter contre le vent du nord, et de ne point disposer de salles dans cette direction; ce qui est essentiel encore, c'est que l'établissement ne soit pas entouré d'habitations et situé dans une rue étroite et très peuplée. Rien ne convient moins aux hospices que l'intérieur des grandes villes, formé de grandes maisons encombrées d'habitants jusqu'au sommet et séparées par des rues tortueuses et sombres, dont une boue permanente et difFluente couvre le pavé. Un hôpital qui serait placé sur une colline et largement pourvu d'eau présenterait des conditions très favorables à la conservation des enfants; tous devraient être entourés de plantations d'arbres, de places, ou au moins de rues d'une grande largeur, et présenter dans leur intérieur des cours spacieuses. L'une des conditions les plus désirables, c'est la proximité d'un grand cours d'eau, d'un fleuve, par exemple; la salubrité de l'atmosphère y gagne beaucoup, et le blanchissage du linge y trouve une comnaodité inappréciable. 1
Étendue. — Il est aujourd'hui à peu près démontré que les malades guérissent plus facilement dans les petits hôpitaux que dans les grands, qui, suivant l'expression de Tenon, sont de véritables villes de malades. Ce principe a d'ailleurs toujours été admis par les hygiénistes; c'est ainsi qu'en 1781 une commission de l'Académie des sciences repoussa la proposition de faire dans Paris un seul grand hôpital de 5,000 lits, et demanda la création de quatre hôpitaux de 1,200 lits chacun aux quatre extrémités opposées de la capitale.
L'agglomération des malades constitue donc de fait et par ellemême un foyer d'infection ; mais, comme l'hôpital d'une certaine dimension devient une nécessité impérieuse dans les grandes villes, il faut en consacrer l'existence, sauf à lui donner les limites les plus restreintes possible, eu égard à la population qu'il est appelé à desservir.
Ces excellentes mesures de division des malades ne sont pas toujours réalisables; les ressources de l'assistance publique font souvent défaut pour adopter le système coûteux des établissements séparés et multiples. Dans ce cas, il reste un moyen qui, sans présenter les mêmes garanties que les petits hôpitaux, est appliqué avec succès. C'est le choix judicieux du plan d'hôpital qui permet de jouir d'une grande partie des avantages hygiéniques inhérents à l'isolement, surtout si le plan adopté consiste à grouper les bâtiments séparés.
L'hôpital Lariboisière, le Grand Hôpital de Milan, l'hôpital de Blackburn près Manchester (Angletenre), le Boston free hospital (Amérique), sont autant de remarquables constructions de ce genre, qu*on peut prendre comme modèles.
Deux questions de la plus haute importance dans la construction d'un hôpital sont, d'abord, la nature des matériaux à choisir, et, en second lieu, l'aération.
Choix des matériaux. — « C'est surtout pour les hôpitaux, dit M. A. Gautier (1), qu'il convient de faire un choix rationnel des matériaux de construction, surtout de ceux qui doivent servir à leur revêtement intérieur. Rien, peut-être, de plus dangereux et de plus nuisible que le plâtre et la chaux qui servent à couvrir les murs des salles. Par leur porosité, leur hygrométricité, leur rugosité, ces surfaces sont en
(1) Chimie appliquée à la physiologie, t. I, p. 210.
effet éminemment propres à se charger des miasmes, des matières et des germes morbifiques qui encombrent, pour ainsi dire, toute salle d*hôpital, et à les laisser s'accumuler sur leurs parois, sans qu'on puisse les en débarrasser de temps à autre. Kuhlman, à Lille, a étudié la poussière provenant du grattage du plâtre de ces salles, non renouvelé depuis une dizaine d'années. Il y a trouvé jusqu'à 46 0/0 de matières organiques. De là, nécessité formelle d'obtenir des surfaces polies, imperméables, non hygroscopiques ; on y est arrivé quelquefois avec assez de bonheur, en stucant les murs, c'est-à-dire en les revêtant d'un enduit formé de plâtre additionné d'alun et de gélatine, mélange qui, en séchant, peut prendre la dureté et presque le poli du marbre ; des lavages à l'éponge, à des intervalles rapprochés, soit avec de l'eau mêlée de i centième d'eau de Javelle, permettent de conserver ces surfaces perpétuellement brillantes.
€ Ces diverses précautions sont surtout nécessaires dans toute salle ou toute chambre habitée d'abord par un patient atteint d'une maladie grave, telle que le choléra ou le typhus. On a observé que des personnes logées dans des pièces abandonnées depuis 6 à 7 mois par de tels malades étaient prises souvent des mêmes affections. On peut affirmer que les matériaux poreux et hygrométriques des vieux murs sont les milieux les plus favorables à la conservation des miasmes. Pettenkoffer a démontré^ du reste^ que la porosité des murailles construites de bricpies ou de pierres, enduites de mortiers, de gypse, ou même de peintures, est beaucoup plus grande qu'on ne le pense généralement. Il se fait sans cesse, à travers ces cloisons, un échange gazeux tel, que chaque coup de vent du dehors produit une augmentation de pression dans l'air de la chambre, d'autant plus accusée que la différence de température des deux gaz extérieur et intérieur est plus grande. »
Le pavillon d'observation de l'hôpital d'Eslington à Londres, construit d'après ces principes et les dernières données de la science, est un type remarquable d'isolement des maladies contagieuses. Les murailles sont en faïence, le plafond en poterie, et le parquet soigneusement ciré ; Tarchilecte a évité les angles et les moulures, où se pourraient accrocher des germes. Des veilleuses hygiéniques avec ventilation éclairent l'appartement la nuit. Ce pavillon a coûté à lui seul 50,000 francs pour cinq lits, et l'ameublement ne revient pas à moins de 2,500 francs.
L'opportunité des parquets est vivement controversée. Des médecins
les proscrivent et leur préfèrent des dalles ou des carreaux en briques, par cette raison que le sol ainsi pavé se lave plus facilement et ne s'imprègne pas des miasmes putrides aussi aisément que le bois. Mais la grande majorité des auteurs préfère les parquets; ceux-ci, en effet, ont l'avantage d'être plus chauds, et, pour les préserver de l'atteinte des miasmes, il suffit de les imbiber d'une couche d'huile bouillante qui pénètre dans les pores du bois, et de les cirer soigneusement.
Aération et ventilation. — L'aération est un problème dont la solution s'impose à l'attention de l'architecte. En effet, la libre circulation de l'air dans les salles est le principe fondamental de l'hygiène hospitalière.
De nouveaux systèmes d'aération se produisant tous les jours, nous no pourrions les exposer ici sans courir le risque de donner des indications incomplètes ; nous nous bornerons donc à déterminer le cube d'air nécessaire par lit.
D'après Tenon, il devrait être de 51 mètres. En adoptant cotte moyenne, chaque malade se trouverait dans un espace d'environ 4 mètres de longueur, 5 de hauteur et 2 1/2 de largeur.
La moyenne du cube atmosphérique est, dans les hôpitaux de l^aris, d'après Blondel et Ser, de 44 mètres.
A l'hôpital Lariboisière, il est :
Au rez-de-chaussée, de 58 mètres.
Au premier étage, de 52 —
Au deuxième étage, de 52 —
A l'hôpital Saint-Louis (Paris), de 78 —
Royal frec hospital (Londres) 57 —
Hôpital de Hlackburn (Angleterre) 6G —
Boston free hospital 62 —
King's collège hospital (Londres) 54 —
Le renouvellement de l'air est rendu nécessaire dans les lieux habités par l'altération qu'y produisent les émanations du corps, ou par la chaleur qu'y développent les individus ou les appareils d'éclairage, et souvent pour ces deux causes réunies. La ventilation a pour but d'enlever cet air vicié des lieux où il est produit et de le remplacer par de l'air neuf.
/ f^sJtge d'Entrée % Gttlerie
3 BurcMwc de direciîé
4 Concierge
5 Sureaux économat
€ Salle de qarde .Z».r X
7 Consuliations ex/«rfA
8 Réfectoire des y.en^ ^
9 Cuisine générale
iO Dépendances de eut
II Pharmacie
Il Cabinet dvLpharmJÊCà
I3 Dépendances deMpA
îf Salle de garde, ph .' rm
15 Yesiiaire djes rnéd^c/tt,
16 Lieux d'aisances
radministration (direction et économai), les salles de réception des malades et des consultations externes pour la médecine et la chirurgie, les services généraux de la cuisine et de la pharmacie avec leurs dépendances. Les principaux employés (directeur, économe, aumôniers, pharmaciens) sont logés au premier étage. Des dortoirs de gens de service sont placés à Tétage supérieur.
Huix chauffoirs sont établis au rez-de-chaussée des bâtiments qui s'élèvent sur la cour centrale.
La chapelle occupe le centre des bâtiments du fond et forme ainsi faç^^ade sur la grande cour.
A droite et à gauche de la chapelle sont établis : 1^ la communauté des religieuses ; 2** les salles de bains simples, composés, de vapeur, etc. ; 3* la lingerie, la buanderie ; 4^ le dortoir des filles de service.
Deux amphithéâtres pour les leçons et cours et pour les opérations existent à droite et à gauche de la chapelle.
L'amphithéâtre pour les autopsies, la salle de repas, ainsi que divei*s magasins et hangars séparés par des cours de service, sont placés en arrière de la chapelle (i).
Hôpital de Blackburn, près Manchester.
L'infirmerie de Blackburn se trouve à un demi-mille environ de la ville de Manchester, du côté sud-ouest. Elle occupe un emplacement de 8 acres (3**,23»,6*'), choisi sur une éminence, afin d'obtenir un bon drainage naturel. L'ensemble des constructions se compose d*un bâtiment central et de six bAtiments isolés, a deux étages chacun, échelonnés à 20 pieds (6",09) de distance les uns des autres ; les pavillons alternent à droite et à gauche d*un corridor qui s*étend dans toute la largeur de Tédifice et aboutit à des jardins par ses deux extrémités.
Cette disposition du plan présente ainsi une série de bâtiments rectangulaires de 75 pieds (22"™,85) de longueur ; le corridor central qui les relie entre eux est vaste, très aéré et bien éclairé.
La partie longue de chaque pavilloncomptc dans son œuvre 47 pieds (14",32), le corridor 10 (3'",47j, et la continuation du rectangle par delà le corridor 14 pieds (4"*,2G). Les pavillons sont construits perpendiculairement au corridor; ils renferment d'un côté une sallo de 8 lits, et de Tautre une pièce dont on fait connaître plus loin la destination.
La grande et la petite sallo de chaque pavillon communiquent directement avec le corridor. La grande salle où sont installés les malades mesure 39 pieds (11"*,88) de longueur sur 23 de largeur (7 mètres) et 16 (4",87) de hauteur, soit pour chaque lit un cube d'air de 1,794 pieds (50'n,74). Elle est éclairée par
(1) HubsoN, Elude sur les hôpitaux.
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dix fenêtres de 3 pieds de largeur sur 9 de hauteur (0",91 X 2™,74); ces fenêtres, percées à 2 pieds 7 pouces (0°,78) du plancher, montent jusqu'à
4 pieds 9 pouces du plafond (0",44). Dans cet intervalle, on a pratiqué des ouvertures qui servent à la ventilation; chaque ouverture est fermée au moyen de quatre plaques de zinc percées de petits trous, de trois pieds (0",914) sur 1 pied 3 pouces (0",3815).
La largeur des trumeaux varie de 4 à 5 pieds (1™,219 à 1",524).
On établit aux deux extrémités de la grande salle une cheminée de
5 pieds (1"»,524) de hauteur. Au fond, dans la partie la plus éloignée du corridor et de chaque côté de la cheminée, se trouvent deux pièces; Tune est occu- \}ée par un lavoir de cuisine (scullery), Tautre sert de salle de bains.
Au delà sont les latrines, auxquelles on accède par un couloir; elles sont ainsi éloignées de la salle des malades ; en outre, deux portes et une antichambre en augmentent encore l'isolement. Les latrines ont la même hauteur de plafond que la salle, et leur ventilation est assurée par deux fenêtres percées dans les murs latéraux, en face Tune de l'autre, à angle droit de la porte. Le nettoiement des cuvettes s'opère par un mouvement mécanicjue.
Enfin, dans le lavoir, un appareil de décharge (discharging schaft) permet de faire parvenir immédiatement dans le sous-sol, le linge sale, le linge provenant des pansements, et généralement toutes les immondices du service.
Les lits sont en fer, et, afin d*en rendre le déplacement plus facile, on les a montés sur des roues de 6 pouces de diamètre.
Le plancher des salles, en sapin de Norvège, est ciré et frotté avec soin; les murailles et les plafonds sont revêtus de ciment de Paros(Parien ciment).
De l'autre côté du corridor, et au droit de chacune des salles, il existe une pièce de 23 pieds sur 14 (7™,008 sur 4™,266), dont l'affectation est variable; dans deux pavillons, elle sert de réfectoire; dans deux autres, de salle de lecture et de réunion; dans les pavillons extrêmes, on en fait une chambre à deux lits réservée aux malades qu'il est nécessaire d'isoler. On place quelquefois dans cette dernière pièce des gens de service atteints de maladies graves. Le volume d'air pour chaque lit y est de 2,576 pieds cubes, (72«*,87).
Dans les deux pavillons les plus rapprochés du bâtiment central, l'espace correspondant à ces petites salles est occupé par un escalier. Le corridor dont on a déjà parlé se trouve coupé en deux par une barrière, afin de séparer les malades des deux sexes et d'éviter toute communication entre eux. On a ménagé aux abords de la chapelle des balcons et des terrains garnis de sièges où les convalescents ont la faculté de se promener. Le bâtiment principal, qui s'élève naturellement au centre de l'hôpital, contient, outre la chapelle et les terrasses, la cuisine des infirmières, la salle des opérations et une autre salle de 8 lits, où sont d'abord transportés les malades opérés. Dans ces difTérenles salles, le volume d'air est d'environ 2,044 pieds cubes (57"%60) par lit.
Il n'existe dans chaque salle d'autres appareils de chauffage que les deux cheminées à large ouverture dont nous avons parlé plus haut.
Pendant Tété, un jet de gaz, allumé dans le canal de ces cheminées, détermine, même dans les fortes chaleurs, un courant suHlsant, à ce qu'on assure, pour établir la ventilation et faire circuler un air toujours pur.
Le sous-sol est entièrement consacré aux cuisines et aux offices; les vivres et les combustibles sont transportés dans les salles à l'aide de treuils. Les lavoirs, la buanderie et les laboratoires sont disposés sur les derrières du bâtiment; enfln, un passage souterrain aboutit à la salle des morts, établie à l'extrémité de l'hôpital (1).
Grand-Hôpital de Milan.
Le Grand-Hôpital de Milan, malgré ses colossales dimensions et ses nombreuses salles, dont le nombre, en y comptant les grandes et les petites, atteint près de 70 salles, ne pourrait contenir, suivant les règles de l'hygiène et de la salubrité, plus de 2,000 malades. On y traite particulièrement les affections aiguës, soit en médecine, soit en chirurgie, tant celles des hommes que celles des femmes. Il existe en outre des salles réservées aux deux sexes, pour les maladies de la peau, pour les maladies chroniques et les lièvres aiguës et chroniques des hommes et pour les maladies vénériennes des femmes. Le Crocéron, dans les saisons où il y a le moins de malades, est réservé aux convalescents et remplace provisoirement la pieuse institution de Secco Commeno.
Sur le côté gauche de Thôpital, et communiquant avec lui par un petit corridor, de telle façon qu*il forme plutôt une suite ou un appendice de l'hôpital qu'une maison à part, s'élève un groupe de 39 chambres irrégulières, petites et dissiminées sans ordre, qui appartenaient autrefois à l'abbaye de Saint-Nazaire, et que l'on appelle encore aujourd'hui du nom de leur antique patron. La plupart de ces chambres furent ouvertes et appropriées au service de l'hôpital dans l'été de 1852; mais elles ne purent jamais être disposées de façon à devenir accessibles au public. Pour celte raison, et comme j'ai toujours eu la pensée d'y placer des malades obligés de garder continuellement le lit, j'en ai fait le dortoir des galeux, dos teigneux, des enfants atteints de maladies chroniques, d'une bonne partie des infirmiers. Le nombre des lits qui peuvent y être facilement placés est d'environ 120; mais, dans d'autres circonstances, lorsqu'on a été obligé d'obéir à la nécessité, elles ont pu en conlonir jusqu'à 165.
Vis-k-vis de la buanderie de l'hôpital, dont elle est séparée seulement par le canal et par une rue, se trouve une autre maison succursale, plus étendue et mieux aménagée. Cédée à l'hôpital en 1785, par la pieuse institution des
(1) Description de l'inÛrmerie de Dlackburn, par M. le D' John Roberlon.
enfants exposés, ot sur l'ordre du gouvernement, pour qu'on y plaçât, outre les malades payants, ceux qui étaient atteints du scorbut ou d'autres maladies chroniques, cette maison a servi, au commencement de ce siècle, à recevoir spécialement les malades atteints de la contagion aux époques d'épidémie ; c'est seulement en 1862 qu'elle a été augmentée et disposée dans l'état où elle se trouve, à l'aide d'importantes réparations. Elle peut recevoir aujourd'hui dans deux divisions séparées les teigneux, les aliénés et les épileptiques.
Cette maison, dite de Saint-Antoine, et plus ordinairement de Saint-Antonin, peut contenir facilement près de 200 lits répartis dans 9 infirmeries, toutes au rez-de-chaussée; dans des circonstances exceptionnelles, elle en a contenu jusqu'à 223. Elle constitue une ressource précieuse pour l'hôpital, mais elle présente de grands défauts : la division des aliénés et des épileptiques est en effet une cause de troubles et de scandale, non seulement pour les malheureux de l'institution de Saihte-Catherine-de-la-Roue, qui, de l'étage supérieur qu'ils occupent, ont vue sur cette partie de l'établissement, mais encore pour les habitants des maisons voisines, dont la succursale de Saint-Antonin n'est pas suffisamment séparée .
Non loin des deux maisons dont je viens de parler, à l'angle de la rue Guastalla, à côté de l'église de Saint-Barnabe, fut ouverte, en 1851, après les aménagements nécessaires, une nouvelle maison dite de l'Addolorata, dans laquelle sont renfermés les prostituées et les détenus. La pensée de séparer les malades ordinaires de ceux dont le contact est toujours un péril et un affront était sans doute très salutaire; mais l'emplacement est exigu et mal situé. On ne peut placer facilement plus de 80 lits dans cette dépendance; cependant, dans certains cas, elle a reçu près de 100 malades de l'une et de Tautre catégorie. Lorsque, au 1*' janvier 1861, les prostituées passèrent dans la maison de Saint-Bernardin, desservie par des religieuses et sous la dépendance de la Questure, les hommes vénériens les remplacèrent.
Au milieu des jardins, s'étendant entre la maison de Saint-Antonin et la rue de la Gommanderie, il existe un petit bâtiment solitaire, qui, dans les dernières années du xvi* siècle, servait d'oratoire, et que Ton appelle aujourd'hui le Gallo ou la Maison-du-Coq, du nom d'une famille qui, pendant un siècle et demi, la tint à loyer et en cultiva les jardins. Ce bâtiment appartenait au commencement du siècle à la pieuse institution des Enfants Exposés. De 1811 à 1812, il a servi tantôt aux besoins de cette institution, tantôt à ceux de l'hôpital; devenu, en 1845, maison succursale de l'hôpital, il a reçu les teigneux et les chroniques; en 1849, les cholériques, et en 1852 il a été réservé, par suite de sa double destination, aux maladies contagieuses aiguës.
Mais celte maison offre peu de ressources, parce qu'elle n'est pas capable de recevoir plus de 56 malades; si elle a pu en contenir quelquefois jusqu'à 80, ce n'est qu'au détriment de leur bien-être. Quand une épidémie prend de grandes proportions, il faut retirer une partie de ces malades et les placer dans l'hôpital.
J'appellerai le Fappone la dernière maison succursale du Grand -Hôpital, parce qu'elle est, en effet, la dernière qui lui ait été annexée, bien qu'elle lui appartînt depuis la fin du xvn* siècle. Lorsque, dans lesderniers moisde 1858, on restitua au Grand-Hôpital le droit d'user du local de Saint-Michel-aux- Nouveaux-Sépulcres, et qu'on eut décidé d'en convertir les bâtiments en une succursale de l'hôpital, pour recevoir spécialement les malades chroniques, on dépensa des sommes importantes pour faire les réparations nécessaires aux planchers, aux murs, aux fenêtres, ainsi que pour établir tout ce qui est indispensable au service régulier d'un hôpital. L'église centrale, d'une architecture svelte et élégante, fut bientôt transformée en une infirmene bizarre, mais commode et capable de contenir 170 lits environ. Le portique fut converti en quatre infirmeries curvilignes, séparées entre elles par une chambre de service et communiquant par un corridor qui passe derrière chaque chambre. Les quatre infirmeries peuvent contenir ensemble 230 malades.
Bien que la nouvelle maison succursale, destinée à tout autre objet, ne manque pas de défauts, elle est encore la plus grande, la plus belle et la plus commode de celles qu'ait jamais eues le Grand-Hôpital de Milan : elle peut être visitée avec plaisir (1).
Boston free HospitaL
Le Boston free Hospital, construit sur un plan très particulier, ne manque pas de présenter des avantages remarquables sous bien des rapports. Les spacieux pavillons de cet établissement ne contiennent qu'un nombre restreint de malades, à peine 50 lits pour chacun des quatre grands, et 25 dans chacun des petits. Les salles des grands pavillons ont 32 mètres de longueur sur 9",30 de largeur. Une aération abondante est assurée dans chacune de ces salles par 16 fenôti'es; le cube d'air est de 62 mètres par lit. Les pavillons sont séparés entre eux par un espace vide de 22 mètres. Des galeriespromenoirs les relient au pavillon central, qui est consacré à l'administration et aux services.
Hôpitaux-baraques. — Il existe en Amérique un certain nombre d'hôpitaux construits en bois, formés par des pavillons reliés entre eux. Ces constructions ne le cèdent en rien aux édifices en pierre et sont même préférables à ces derniers pour le traitement des blessés.
La plupart des hôpitaux de cette nature, affectés au traitement des épidémiques, sont brûlés tous les quatre ou cinq ans et reconstruits
(1) Extrait de l'ouvrage du D"" Vorga, ayant pour litre : Dellc ospitale maggiorc di Aîilano et dcllc suc case sussidorie.
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