PREMIERE PARTIE
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Il y a peu d'années encore Ton ne possédait de connaissances à peu près exactes sur l'âge du cheval que jusqu'à huit ans; au-delà de cette époque on n'était plus guidé que par l'habitude , par une routine plus ou moins vicieuse , et qu'il fallait nécessairement payer d'un grand nombre de fautes. Aussi on se trouvait exactement au point où Aristote, Varron, Columelle, Absyrte, Végèce et tous les anciens auteurs avaient laissé cette branche des connaissances vétérinaires. L. Rusius , Tacquet, Ruini , Garzoni , Solleysel , n'avaient presque rien ajouté à ce que l'on savait déjà touchant le mode d'organisation, de formation, d'éruption et d'usure des dents; on ne devait aux auteurs modernes, tels que la Guérinière, Garsault, Buffon, Bourgelat, que d'avoir démontré le ridicule de certaines opinions; on ne croyait plus aux indices tirés des plis de la peau , au nombre des nœuds de la queue; on se bornait, avec raison, à l'examen des dents; mais on n'avait rien dit de nouveau , on ne possédait enfin que des notions empiriques , transmises d'âge en âge depuis les premiers hippiâtres.
Les observations de Tenon (1), en mettant hors de tout doute celles de Ruini sur la caducité des trois premières
(1) Mémoires de l'Institut, tome \", 1797.
molaires , et en démontrant la véritable cause de Tusure des dents , portèrent Lafosse à penser que la forme des incisives devait être, à toutes les époques de la vie, une des marques que l'on put consulter avec plus d'avantagée; mais il ne profita pas de cette heureuse idée , et l'indiqua même si légèrement, que la plupart des vétérinaires ignorent qu'il en ait fait mention (1). Le professeur Pessina tomba dans un excès opposé ; il attacha beaucoup trop d'importance aux différentes formes que prennent les incisives et présenta comme certaines, des remarques, dont l'expérience ne constate pas toujours la rigoureuse exactitude. Cependant l'ouvrage de Pessina , à peu près inconnu des vétérinaires français , est sans contredit , malgré sa prolixité , malgré la minutie de ses recherches , ce que nous possédons de meilleur sur l'âge du cheval. Il fallait toutefois, parmi ses nombreuses observations, distinguer celles qui offrent de l'exactitude , du plus grand nombre, qui n'est que le fruit de l'imagination. L'étude des cloisons dentaires des incisives, cloisons signalées dans la lettre précitée à M. Teissier , a fait aussi le sujet de nos observations , qui, si elles ne suffisent pas dans tous les cas et dans toutes les circonstances pour mettre à l'abri de l'erreur, présentent, nous l'espérons, plus d'exactitude qu'aucun des traités que l'on ait jusqu'à présent publiés sur cette matière.