T 11 AIT H DE L’ALBUM! NUBIE
Si l’on compare maintenant les tableaux I et II, on voit que les réactifs se trouvent classés dans ces deux tableaux dans un ordre inverse, c’esta-dire que les réactifs les plus sûrs de l’albumine sont justement les moins sensibles. La chaleur, combinée avec les sels neutres et l’acide acétique, qui occupe la première place au point de vue de la valeur absolue de la réaction, est reléguée au dernier rang au point de vue de la sensibilité. Et à ce propos nous ne comprenons pas comment Roberts a pu soutenir que la chaleur, dans une urine additionnée d’une goutte d’acide acétique, était le réactif le plus sensible et décelait l’albumine dans une solution au 1/250, 000“ . Ce procédé donne un trouble à peine appréciable dans une urine qui contient 5 centigrammes par litre, c’est-à-dire dans une solution de 1/20,000, le trouble n’est nettement apparent et indiscutable que dans une solution au 1/10,000 ou au 1/15,000, contenant 10 à 7 centigrammes pour 1,000.
Le ferro-cyanure de potassium acidifié par l’acide acétique est le réactif qui occupe en même temps, dans les deux tableaux, le meilleur rang. II réunit donc le plus d’avantages au double point de vue de la sensibilité et delà certitude. 11 décèle en effet 2 centigrammes d’albumine par litre, et il ne donne de précipité, en dehors d’un liquide albumineux, qu’avec l’bémialbumose et le mucus. Et encore le trouble produit eu présence du mucus est-il à peine marqué, et l’existence del’hémialbumose dans l’urine est-elle d’une rareté qui permet de ne guère tenir compte de cette cause d’erreur. Le ferro-cyanure de potassium associé à l’acide acétique est donc le réactif qui se rapproche le plus de cet idéal de perfection que nous avons réclamé pour les réactifs de l’albuminurie : maximum de certitude et maximum de sensibilité.
L’acide picrique en solution saturée vient ensuite, à condition qu’on l’emploie à cbaud. 11 précipite, il est vrai, à froid, les ural.es, les peptones, les alcaloïdes et le mucus ; par suite sa réaction est inférieure à celle du ferro-cyanure; mais, à chaud, il ne donne un trouble qu'avec l’albumine et la mucine. Il devient alors l’égal du cyanure jaune; on peut même dire qu’il lui est supérieur, car sa sensibilité est plus grande, 1 centigramme pour 1,000, au lieu de 2 centigrammes.
L’acide métaphosphorique tiendrait le troisième rang; mais nous avons dit que la déliquescence de ses cristaux et la facile altérabilité de ses solutions en acide orthophosphorique, rendent l’usage de ce réactif absolument impraticable.
Quant aux trois réactifs de l’albuminurie minima, leur sensibilité est la même; mais nous jugeons le réactif de Millard de beaucoup le plus sûr et par conséquent le plus pratique. Outre que l’anneau albumineux est bien plus net avec ce réactif qu’avec les deux autres, les seules causes d’erreur sont les urates, les peptones et le mucus. Or, il suffit de chauffer très
I)K L’ALBUMINURIE
légèrement le tube au niveau du disque formé pour voir le précipité d’urates ou de peptones disparaître; quant à la mucine, le trouble poussiéreux, qui se produit toujours au-dessus de la ligne de contact, est assez facile, avec un peu d’habitude, à distinguer de l’anneau ou du disque albumineux, à bords nets, à limites précises, qu’on voit se balancer juste au point de contact avec le réactif. L’anneau diffus et pâle, que donnent le réactif de Tanret et le citro-tungstate de soude, est, au contraire, par sa diffusion même, très difficile à différencier du trouble nuageux déterminé par la mucine. En outre, ces deux réactifs produisent, l’un avec les alcaloïdes, la créatinine, la xanthine et la guanine, l’autre avec la créatinine seulement, un précipité que ne donne pas le réactif de Millard. Pour les recherches délicates de l’albuminurie minima, dont nous aurons à parler tout à l’heure, nous n’hésitons donc pas à donner sans conteste la préférence au réactif de l’auteur américain.