V. — Matière amyloïde
VI. — Matières collagènes : tissu cellulaire, osséine, gélatine, chondrines, tissu élastique.
VII. — Matières mucilagineuses : mucine, paralbumine, colloïdinc.
«■ Celte classification, dit Schutzenberger, plutôt physiologique que
chimique, n’est que provisoire, et'devra bientôt céder la place à une autre plus scientifique, fondée uniquement sur la constitution et la nature
■'* traité du l’albuminurie
des dérives provenant de dédoublements. Les matériaux manquent encore pour donner une forme complète à une pareille classification. »
La constitution définitive des albuminoïdes, en effet, aussi bien que les causes mêmes des différences constatées entre les diverses substances réunies sous ce nom sont loin d’être connues. On tendait autrefois, avant Liebig, à admettre plusieurs variétés distinctes de matières albuminoïdes, qu’on rangeait autour de trois types principaux: albumine, fibrine, caséine. Liebig formula l’hypotbèse-d’une seule et unique matière azotée animale, nous apparaissant avec des propriétés variables. Non seulement les substances albuminoïdes auraient la même composition, mais encore la même constitution chimique; elles ne différeraient que par leur état physique ou par la nature des matières minérales avec lesquelles elles entrent en combinaison. L’idée de Liebig paraît prévaloir aujourd’hui. « Les matières protéiques, dit Schutzenberger, sont probablement isomériques, et représentent, lorsqu’elles ne sont pas identiques, des modifications allotropiques d’un seul et même corps. » Eichwald dit de même : « Les diverses matières albuminoïdes sont composées d’une seule et même substance modifiée par des combinaisons avec des substances colloïdes ou cristalloïdes. »
En fait, les hypothèses de Mulder, de Gehrardt, de Nasse, sur la constitution des albuminoïdes, sont restées sans démonstration. Les remarquables travaux de Schutzenberger ont fait faire, il est vrai, un grand pas à la question, et sa dernière communication à l’Académie des sciences semble donner le problème comme à peu près résolu. Mais, en le supposant même complètement élucidé, nous n’aurions encore que la formule brute de la matière albuminoïde. Fait important, sans doute, progrès considérable, et qui facilitera singulièrement l’étude des autres questions de détail afférentes à ce sujet obscurci par tant d’inconnues, mais qui nous laisse pour le moment dans notre ignorance première au point de vue des relations et des différences qui existent entre les diverses substances de la série. Or, c’est là précisément le point intéressant pour le physiologiste : connaître le lien chimique qui unit l’albuminoïde absorbable ou peptone à l’albumine liquide du sang, l’albumine liquide du sang à l’albumine demi-solide du protoplasma et des muscles, à l’albumine solide des tissus et des organes, est le seul moyen pour lui de pénétrer les lois de l’assimilation et de la désassimilation.
Toute donnée certaine nous manquant actuellement sur ces questions, il nous paraît inutile et en dehors du cadre de ce livre d’insister plus longuement sur des faits qui ressortissent à la chimie pure. Toutefois, avant d’aborder l’histoire des matières’ albuminoïdes dont on peut déceler la présence dans les urines, nous croyons nécessaire d’ajouter encore
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quelques mots sur la provenance et la distribution générale de ces matières dans l’économie.
Les albuminoïdes de l’organisme proviennent de l'alimentation, lis sont fournis par la transformation des aliments azotés introduits dans le tube digestif. Sous l’action du suc gastrique et du suc pancréatique, ces aliments subissent une série de modifications dont les différents termes représentent les diverses variétés de peptones. La peptonisation a pour effet de rendre les matières albuminoïdes facilement solubles et absorbables. Ainsi transformées, elles passent dans le sang, où elles redeviennent albumine. De cette albumine du sang, une partie reste dissoute dans le plasma et circule dans le système vasculaire; une autre se dépose dans les organes, et s’y transforme de nouveau pour constituer les différents tissus.
Les albuminoïdes se trouvent, en effet, en proportions variables dans tous les liquides et dans tous les tissus. Le tableau suivant, emprunté à Gorup-Bezanez, donnera une idée de la répartition de ces substances dans les différentes parties de l’organisme.
Répartition des albuminoïdes dans l’organisme (Gorup-Ucz;i nez), 1,000 parties renferment :