‹ Traité de l'albuminurie et du mal de BrightChapitre 22 sur 109 · ce · texte numérisé non relu

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40 pour 1000

(1) Runeberg, Ueber die filtration von Eiweisslosungen dursch thierische membranen (Arch. der Heilkunde, 1877, XVIII, et Zeitscli. f. Phys. Chemie , Bd VI, 1882). — Runeberg s’est servi, comme membrane filtrante, d’intestins de mouton ou de lapin, soit à l’état frais, soit conservés dans l’alcool et lavés à l’eau distillée. Comme liquides de filtration, il a expérimenté à l’aide de solutions albumineuses variées : œuf-albumine, sérum de cheval, liquide ascitique, sang de bœuf défibriné, caséine du lait. Il a employé aussi des solutions salines et des émulsions. Voici deux de ses expériences, faites avec des pressions de 10 et de 40 centimètres cubes d’eau ; la membrane filtrante est un intestin frais de mouton.

Quantité du liquide

Pression

filtré par mill. carré

Quantité d’albumine

Titre

en ce. d’eau.

et par heure.

pour 100 du filtrat.

de la solution.

50 our 1000 -

50 pour 1000

Nous donnons ici textuellement les principales conclusions du mémoire do Ruiicberg :

1" La vitesse de filtration à travers une membrane fraîche diminue avec la durée

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

Donc, d’après Runeberg, et contrairement à l'opinion admise généralement, l’albumine filtre mieux, sous une faible que sous une forte pression.

Les conclusions de Runeberg ont été combattues par Heidenbain, par Bamberger, par Gottwald. D’après Heidenbain, les tableaux mômes de Runeberg prouveraient que la quantité absolue d’albumine filtrée est plus considérable avec une forte pression (1). Runeberg proteste absolument contre cette interprétation de ses expériences. Il reconnaît que l’assertion de Heidenbain peut renfermer une part de vérité, en ce sens que de deux appareils, l’un soumis à une forte, l’autre à une faillie pression, le premier peut laisser passer une proportion plus élevée d’albumine que le second. Mais il maintient énergiquement la conclusion fondamentale de son mémoire, à savoir que, la pression restant la même, si elle est élevée, la richesse du filtrat en albumine va toujours en diminuant, tandis qu’elle va en croissant si la pression est basse (2).

Bamberger (3) a constaté, de son côté, d'accord avec les idées anciennes, que la quantité d’albumine totale et la quantité de liquide filtré sont plus fortes quand la pression est élevée ; mais la proportion d’albumine contenue dans le filtrat est moindre qu’avec une pression faible. Enfin, Gottwald a répété les expériences de Runeberg, en se servant d’uretères

de l’expérience. Elle est, au début, si considérable que l’augmentation de la pression n’exerce qu’une faible influence sur la quantité de liquide filtré.

Au bout d’un certain temps, la vitesse de filtration devient à peu près égale et ne se modifie plus, la pression restant la même.

Si, de faible, la pression devient forte, la vitesse augmente, puis redevient constante. Si, au contraire, de forte, la pression devient faible, la liltration se ralentit d’abord, puis devient constante et proportionnelle il la hauteur de la pression.

La vitesse de filtration baisse et augmente avec la pression, mais non d’une façon régulière; elle augmente d'autant moins que la pression est plus élevée.

2° Avec une membrane fraîche, le contenu du filtrat en albumine est d’abord plus considérable; mais il diminue jusqu’à un certain point avec la durée de l’expérience, et reste alors à peu près le même pour la même pression.

Ce point atteint, la teneur du filtrat en albumine baisse avec une augmentation de pression ; elle augmente, au contraire, si la pression diminue.

3» La richesse albumineuse du filtrat varie suivant la nature de l’albumine. Ce sont les solutions d’œuf-albuminc qui donnent le chiffre le plus élevé; le filtrat peut contenir autant d’albumine que la solution primitive. La quantité est plus faible avec les solutions de sérum-albumine ; le chiffre minimum est fourni par les solutions de caséine.

(1) Heidekhain, Central b. f. med. Wiss., 1880, p. 163.

(2) Runebeiig, Zeilscli.f. phys- Chem., 1882, I!d AL

(3) , Bamberger, Wiener med. Wocli ., 1882, p. 199. — Bamberger s’est servi de tubes de verre adaptés à un fragment d’amnios ou de péricarde comme membrane filtrante. Bans chaque tube, il verse la même quantité de solution albumineuse, et, pour

DE L’ALBUMINURIE

de cadavres au lieu d’intestins de mouton ou de lapin. Ses conclusions sont diamétralement opposées à celles de Ruriebérg; d’après Gottwald :

1° La quantité de liquide liltré augmente quand on élève la pression, mais non d’une manière proportionnelle;

2° La richesse du filtrat en albumine est plus grande avec une pression forte ;

3° La diminution de pression n’augmente ni la quantité du liquide filtré, ni sa richesse en albumine (1).

En présence de ces contradictions, nous avons voulu vérifier les assertions de Runeberg. .Nous nous sommes servis comme lui d’intestins de mouton; le liquide filtré était une solution de sérum-albumine de bœuf à GO pour 1000. Comme Runeberg dans ses dernières expériences, nous n’avons eniployé que deux pressions, l'une, faible, de 40 centimètres cubes d’eau ; l’autre, forte, de 100 centimètres cubes. L’albumine était dosée toutes les demi-heures. Voici les résultats de quatre de ces expériences.

Exp. I. — Pression faible — 40 cc. d’eau.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide filtré.

QUANTITÉ D’ALRUMINE

pour 100 du filtrat.

QUANTITÉ TOTALE

d’albumine filtrée.

1° demi-heure

48 cc.

Qo

2 heures 30 minutes.

augmenter la pression, il ajoute dans l'un une certaine quantité d’huile. Voici une de ses expériences :

Liquide d’ascite renfermant 3,2 0/0 d’albumine. 150 centimètres cubes dans chaque tube ; dans le tube n° 2, on ajoute 80 centimètres cubes d’huile.

Appareil x» 1 :

Liquide filtré 6,5 Cc.

Quantité d’albumine pour 100 du filtrat 4,12

Quantité totale d’albumine filtrée 0,268

Appareil 2 :

Liquide filtré 12 cc.

Quantité d’albumine pour 100 du filtrat 3,77

Quantité totale d’albumine filtrée 0,452

(1) Gottwald, Zeitschr. fur Phys. Cliemie , 1880, Bd IV, p. 023.

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

Exp. II. — Pression faible = 40 ce.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide filtré.

QUANTITÉ D'ALBUMINE

pour 100 du filtrat.

QUANTITÉ TOTALE

d’albumine filtrée.

1° demi-heure

50 cc.

1 heure 30 minutes.

Exp. III. — Pression forte = 100 cc.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide filtré.

QUANTITÉ D’ALBUMINE

pour 100 du filtrat.

QUANTITÉ TOTALE

d’albumine filtrée.

1° demi-heure

115 cc.

3 heures 30 minutes.

429 cc.

Exp. IV. — Pression forte = 100 cc.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide filtré.

QUANTITÉ D’ALBUMINE

pour 100 du filtrat.

QUANTITÉ TOTALE

d'albumine filtree.

1° demi-heure

115 cc.

2 heures 30 minutes.

334 cc.

Si l’on compare les deux séries d’expériences, on voit nettement que, sous une faible pression, la quantité de liquide filtré est, dans un cas, de 183 centimètres cubes en une heure et demie, de 133, dans l’autre, en deux heures et demie; que, sous une forte pression, cette quantité s’élève à 334 centimètres cubes en deux heures et demie, à 429 en trois heures et demie. Donc le liquide filtre mieux sous une forte que sous une faillie pression.

D’autre part, en se reportant aux détails des tableaux, on voit que, dans

DE L’ALBUMINURIE

tous les cas, que la pression soit forte ou faible, la quantité de liquide filtré diminue progressivement avec la durée de l’expérience ; mais cette diminution est plus marquée avec une pression élevée qu'avec une pression basse. Dans les tableaux 111 et IV, en effet, pression forte, la proportion du filtrat tombe de 1 15 pendant la première demi-heure, à 51 et 44 centimètres cubes au bout d’une heure et demie et trois heures et demie. Dans le tableau 1, au contraire, la proportion ne s’abaisse que de 48 à 18 centimètres cubes, et dans le tableau 11, où l’expérience n’a duré qu’une heure et demie, il y a plutôt une légère augmentation de 50 à GO centimètres cubes.

Pour la quantité totale d’albumine filtrée, les résultats ne nous paraissent, pas moins nets. Prenons les tableaux. Il et III ; sous une pression de 40 centimètres cubes, il passe, en une heure et demie, le", 008 d’albumine, tandis que sous la pression de 100 centimètres cubes, en trois heures et demie, la proportion absolue d’albumine filtrée ne dépasse pas 0sr,86. L’inlluence de l’abaissement de la pression est ici indéniable. Si l’on compare les tableaux I et IV, où la durée de la filtration a été la même, on voit, il est vrai, qu’en deux heures et demie, avec la pression de 40 centimètres cubes, il passe 0^,292 d’albumine, et avec la pression de 100 centimètres, 0?", 390. L’expérience semble donner raison à l’opinion ancienne, soutenue par Heidenhain, Uamberger et Gottwald ; la quantité totale d’albumine filtrée a été plus considérable avec la pression élevée qu’avec la pression basse. Mais, en se reportant aux détails de l’expérience, on se rend parfaitement compte de cette apparente dérogation à la loi de Runeberg. Pendant la première demi-heure, la solution soumise à la pression de 100 centimètres cubes a laissé Titrer 0sr,23, c’est-à-dire près des deux tiers de la quantité totale d’albumine passée pendant la durée de l’expérience. Dès la seconde demi-heure, la proportion d’albumine tombe à0=",052. L’expérience ne nous semble donc pas contradictoire, et confirme, au contraire, les conclusions de Runeberg.

Si, au lieu de la quantité absolue, on envisage la proportion d’albumine pour 100 contenue dans le liquide filtré, il ne saurait y avoir de discussion. Pour le même temps, deux heures et demie, avec une pression faible, cette proportion est de 0sr,2l8, avec une pression forte, de 0-r, 116. Dans les expériences 11 et III, la pression faible donne 0s",55, en une heure et demie, et la pression forte seulement ()«r,20, en trois heures et demie.

Si maintenant nous étudions la marche même de la filtration albumineuse, suivie demi-heure par demi-heure, nous constatons que, sous une pression de 40 centimètres cubes, la proportion totale d’albumine est successivement, dans un cas, de 0=",072, 0",024, 051-, 050, 0:",06ü, 0;r,080, et dans le second, de 0sr, 15, 0",43, 0e", 42. De même, la proportion d’albumine pour 100 du filtrat monte de 0S",15 et 0e", 09 à 0e", 25, 0e", 35, °gr,45 dans l’expérience I, et de 0 e", 30 à 0e", GO, 0e", 70 dans l’expérience IL

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

Au contraire, sous une pression de 100 centimètres cubes, la quantité totale, aussi bien que la proportion pour 100 d’albumine, va sans cesse décroissant; de 0cr,3G, l’albumine totale tombe progressivement à 0sr,08, ()"r,10, 0 r ,06, 0 r,05 ; la teneur centésimale, de 0sr, 32 descend àOîr,12, 0Kl', 16, 0;r,20, 0» r, 15, 0-'1', 12. Dans le tableau IV, môme progression descendante; la quantité d’albumine titrée, qui, dans la première demi-heure, était de 0sr,23, n’est plus que de 0sr,0.") dans la seconde, et 0 r,024 dans la cinquième demi-heure; la proportion pour 100, de 0sr,20 pendant la première demi-heure, tombe à 0ïr,05 pendant la cinquième.

Les propositions de Runeberg nous paraissent donc exactes, et nous pouvons conclure de nos expériences:

1° Que, dans un temps donné, il passe plus de liquide sous une pression forte que sous une pression faible ;

2° Que la quantité de liquide filtré diminue progressivement avec la durée de l’expérience ;

3° Due la richesse du filtrat en albumine est plus grande sous une basse pression que sous une pression élevée ;

4° Que la quantité absolue d’albumine filtrée est plus considérable quand la pression est faible que lorsque la pression est forte ;

5° Que, pour une même pression, la quantité d’albumine absolue et relative va croissant, si la pression est basse; qu’elle va, au contraire, en diminuant, si la pression est élevée.

2° Influence cle la vitesse. — L’influence de la vitesse sur la tiltration de l’albumine n’a pas été étudiée expérimentalement. On a attribué cependant un rôle important aux variations de la vitesse du courant sanguin dans la pathogénie de l’albuminurie. Posner et Litten, comme nous le verrons tout à l’heure, accordent même à ce facteur pathogénique une importance prépondérante, supérieure à celle de la pression. La même idée a été soutenue par Heideihain, par Bamberger et par Charcot. Pour ces auteurs, le ralentissement de la circulation rénale est, bien plutôt que l’augmentation ou l’abaissement de la pression, une cause d’albuminurie. Nous discuterons dans un instant la valeur de cette hypothèse. Actuellement, comme pour la pression, nous nous bornerons à vérifier expérimentalement le rôle de la vitesse d’écoulement du liquide sur le passage de l’albumine à travers les membranes animales.

Les recherches sur ce sujet font défaut. Nous avons essayé de remédier à cette absence de données précises par un certain nombre d’expériences, dont nous donnons ici le résumé.

Nous nous sommes servis d’intestins de mouton, conservés dans l’alcool au tiers et lavés à l’eau distillée. Une certaine longueur d’intestin, 2 mètres à 2m,50, est adaptée par un bout à un robinet en communication avec un large réservoir, d’une contenance de 10 litres.

üe l’albuminurie

L’ouverture du robinet gradue la vitesse d'écoulement. Sur la partie moyenne de son trajet, le tube intestinal traverse un large flacon, muni de deux ouvertures et aux trois quarts rempli d’eau. L'intestin plonge dans le liquide à son passage à travers le llacon. L'autre extrémité est reçue dans un bocal placé sur un plan inférieur, où l’écoulement de la solution filtrante se fait librement. Le liquide écoulé est versé de nouveau dans le réservoir à robinet, et cela aussi rapidement que possible, de manière que le niveau de ce réservoir ne varie que faiblement et que ces variations n’inlluencent pas la vitesse d’écoulement, graduée par l’ouverture du robinet.

L’expérience terminée, on dose la quantité d’albumine filtrée dans le llacon récepteur interposé sur le parcours du tube intestinal.

Nous avons expérimenté avec des vitesses variant d’un demi-litre à six litres par minute.

La hauteur du réservoir au-dessus du llacon récepteur a été la même pour toutes les expériences : 30 centimètres.

Le titre de la solution était de 60 pour 1000 de sérum-albumine du bœuf.

Voici le résumé de ces expériences :

lre série. — Vitesse d’ écoulement = 6 litres par minute.

QUANTITÉ

QUANTITÉ D’ALRUMINE

DURÉE

de liquide écoulé.

filtrée pour 1000.

Expérience 1

10 min.

60 lit.

ISO

2e série. — Vitesse — 5 litres par minute.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ D’aLIIUMINE

filtrée pour 1000.

Expérience I

30 min.

ISO lit.

IILKAUX.

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

3® série. — Vitesse — 4 litres par minute.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ D*ALBUMINE filtrée pour 1000.

Expérience i

20 lit.

Of,r»o

VIH....

4e série. — Vitesse = 3 litres par minute.

DUBÉE.

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ d’ALBUMINeI filtrée pour 1000.

Expérience I

43 lit.

5° série. — Vitesse = 2 litres par minute.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ D’ALBUMINE

filtrée pour 1000.

Expérience I

25 min.

50 lit.

6° série. — Vitesse = 1 litre par minute.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ D’ALBUMINE

filtrée pour 1000.

Expérience I

45 lit.

If, 50

DE L’ALBUMINURIE

7" série. — Vitesse = 1/2 litre par minute.

DURÉE

QUANTITÉ

de liquide écoulé.

QUANTITÉ D'Ar.BUMINE

filtrée pour 1000.

Expérience I

ISO

Pour tirer un enseignement de ces expériences, il faut envisager successivement trois points:

La durée de l’expérience;

La quantité de liquide écoulé ;

La vitesse d’écoulement d’une quantité donnée de liquide.

En prenant les deux termes extrêmes, la série n° 1 et la série n° 7, on voit qu’en dix minutes, avec une vitesse de G litres par minute, il passe (y, 80 d’albumine pour 1,000, tandis qu'en soixante minutes, avec une vitesse d’un demi-litre, la quantité d’albumine filtrée atteint seulement 0?r,60.

Pour le même temps, trente minutes par exemple, avec des vitesses variables, la quantité d'albumine est successivement, pour une vitesse de G litres, 3 grammes; pour une vitesse de 5 litres, 3°r,75 ; pour une vitesse de 4 litres, 2sr,40, 4 grammes, 2«r,G0, en moyenne 3^l',85 ; pour une vitesse de 3 litres, 3t’r,25 ; pour une vitesse de 2 litres, l°r,90 ; pour une vitesse d’un litre, 1 gramme.

Moyenne d'albumine filtrée dans un temps donné avec des vitesses variables. Vitesse d’écoulement. Durée constante. Albumine pour 1000.

litres. minutes.

Donc, pour un même temps, avec des vitesses différentes, la quantité d’albumine filtrée augmente avec la rapidité d’écoulement. Le fait est surtout évident, si l’on compare une vitesse de 1 à 2 litres à une vitesse de 5 à G litres.

Le résultat, d’ailleurs, était facile à prévoir. En une demi-heure, avec

I'iÜ

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

une vitesse de 6 litres, il passe ISO litres à la surface de la membrane filtrante, il n’en passe que 15 avec une vitesse d’un demi-litre. Et il est certain que 180 litres laissent filtrer plus d’albumine en une demi-heure que 15 litres. La conclusion peut donc s’énoncer sous cette autre forme :

Pour une même vitesse, plus il passe de liquide à la surface d’une membrane, plus la quantité d’albumine filtrée est grande.

Mais si, négligeant la durée, nous considérons seulement, et c’est là le point capital, la quantité de liquide écoulé, nous voyons que pour une quantité donnée, 100 litres, par exemple, circulant avec des vitesses variables, la proportion d’albumine abandonnée par la solution au contact de la membrane filtrante est plus faible avec une vitesse de 6 litres qu’avec une vitesse d’un demi-litre.

Prenant en effet les moyennes des résultats obtenus dans chaque série et les reportant* à 100 litres de liquide, nous obtenons le tableau suivant :

Moyenne cl’ albumine filtrée par 100 litres de liquide avec des vitesses différentes.

Vitesse d'écoulement.

Quantité de liquide écoulé.

Albumine pour 1000.

litres.

litres.

Nous reconnaissons que les écarts ne sont pas considérables, si on considère deux vitesses très voisines l’une de l’autre, 3 et 4 litres, par exemple. Mais si l’on compare les vitesses de 6, de 3 et d’un demi-litre, les différences s’accusent nettement. Ainsi, avec la vitesse de 6 litres, 100 litres ne laissent filtrer que 1,83 d’albumine; avec une vitesse deux fois moindre, c’est-à-dire de 3 litres, ils abandonnent 3, il ; avec une vitesse d’un demi-litre, 2,12. Ce dernier chiffre peut paraître en contradiction avec la loi générale qui découle de nos expériences. 11 semblerait indiquer en effet qu’il passe moins d’albumine avec une vitesse d’un demi-litre qu’avec une vitesse de 1 ou 2 litres. Mais cette anomalie s’explique par les conditions mêmes de l’expérience. L’ouverture du robinet nécessaire pour graduer cette faible vitesse d’un demi-litre par minute ne laisse pas écouler une quantité de liquide suffisante pour remplir la cavité de l’intestin de mouton dont nous nous sommes servis. La solution albumi-

DE L’AUÜ MINUUK

lîl

neuso, dans ce cas, n’est en contact qu’avec une partie de la circonférence delà membrane tubuleuse qui représente le filtre, la moitié à peine. La surface de filtration est par suite moindre, dans notre expérience, avec une vitesse d’un demi-litre qu’avec une vitesse de 1 et 2 litres, où le tube est complètement rempli. La faiblesse relative du chiffre d’albumine filtrée nous parait donc s’expliquer naturellement par l’étendue moindre de la surface filtrante.

Il ne faut pas oublier, d’ailleurs, que dans le tableau précédent il ne s’agit que de moyennes. Si nous étudions en particulier une expérience où le liquide a été soumis à des vitesses différentes, les résultats apparaissent avec plus de netteté.

Influence de la vitesse.

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