‹ Traité de l'albuminurie et du mal de BrightChapitre 30 sur 109 · ALBUMINURIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ALBUMINURIE PATHOLOGIQUE

Il est impossible d’établir une classification des diverses variétés d’albuminuries, fondée uniquement sur leur mécanisme pathogénique. Nous avons vu qu’en fait ce mécanisme se réduisait à ces deux conditions fondamentales : élimination par le rein d’une matière étrangère en circulation dans le sang ; ralentissement du courant sanguin au niveau du bouquet glomérulaire. Mais si l’analyse expérimentale du phénomène, dégagé de toute considération accessoire, nous a conduits à cette dissociation, il faut reconnaître que, chez l’homme malade, une pareille dichotomie doit être tenue pour purement schématique. Même au point de vue pathogénique, d’ailleurs, cette dissociation n’est pas aussi absolue qu’on pourrait le croire : dans les albuminuries par dyscrasie sanguine, le trouble circulatoire suit de près, s’il ne précède, l’action nocive de la substance éliminée sur l’épithélium glomérulaire ; une irritation locale ne peut en effet exister sans perturbation vasculaire, et l’axiome, ubi irritcitio, il/i Jluxus, e st vrai pour le rein comme pour tout autre organe. D’autre part, dans les albuminuries qui reconnaissent le plus nettement une origine vasculaire, dans l’albuminurie cardiaque, par exemple, il faut certainement tenir compte non seulement de la diminution de vitesse du courant sanguin, mais aussi de la composition anormale du liquide nourricier, des principes excrémentitiels qui y sont retenus en excès, du changement dans les proportions d’oxygène et d’acide carbonique qui résulte d’une hématose vicieuse, etc.

Dans les conditions si variées et si complexes delà pathologie humaine, il serait donc illusoire de vouloir baser sur ces données expérimentales une division pratique et clinique des albuminuries, il est préférable dégrouper par grandes catégories, peut-être arbitraires, les différents états morbides où la présence de l’albumine dans l’urine a été cons-

TRAITÉ DE L’ALBUMINURIE

tatée, et de chercher ensuite à faire, pour chacun de ces groupes, l’application des notions pathogéniques acquises par l’expérimentation. Nous ne tenterons à cet égard aucun essai de classification nosologique; l’ordre anatomique suffit pour une étude de ce genre, en réservant cependant une place à part pour trois groupes de maladies, les plus importantes dans l’espèce: les maladies aiguës parasitaires, les maladies chroniques et les intoxications.

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