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VII. — Albuminurie dans les maladies nerveuses

Nous avons vu que, chez l’animal, et en particulier chez le lapin, l’irritation ou l’excitation d’un point quelconque du système nerveux, périphérique ou central, pouvait déterminer le passage de l’albumine dans l’urine, et que cette albuminurie transitoire était d’ordre nervovasculaire, l’irritation réfléchie sur les nerfs du rein amenant soit une contraction, soit une dilatation vaso-motrice. Par le même mécanisme, l’albuminurie d’origine nerveuse peut se produire chez l’homme. Mais il est nécessaire que l’excitation soit brusque et intense, et l’on peut dire que tout choc, tout ébranlement violent du système nerveux est capable de faire apparaître l’albumine dans l’urine.

A ce point de vue, il faut distinguer, parmi les affections cérébrales, celles qui procèdent par ictus ou par crises et les affections à marche lente et progressive. Dans le premier groupe, on doit ranger les traumatismes cérébraux, l’hémorragie encéphalique, l’embolie cérébrale et les différentes attaques apoplectiformes, qui peuvent survenir au cours des affections cérébro-spinales. D’après Fischer, l’albuminurie n’est pas rare dans la commotion cérébrale (2). Baréty et Duplay l’ont constatée à la suite de fractures du crâne (3). Elle a été étudiée dans l’hémorragie cérébrale par À. Ollivier (4). Ce dernier auteur a surtout insisté sur sa fréquence dans les formes graves avec inondation ventriculaire; elle s’accompagne habituellement de glycosurie légère et de polyurie. On a fait à Ollivier deux objections : la première, c’est que ses malades

(1) Gubler, Loc.cit. ( Dict . encyclop. des sc. méd.). m

(2) Fischer, Volkmann's S a ml un g, 1871, p. 134.

(3) Baréty, Soc. biol. 1874. — Duplay, Progrès médical, 1882-1883.

(4) Ollivier, Arch. gén. de méd., 1874, et Arcli. phys., 1876.

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étant des vieil ards pouvaient bien avoir une lésion rénale antérieure à l’attaque apoplectique ; et en effet l’hémorragie cérébrale est en relation fréquente avec l’atrophie rénale; la seconde est formulée en ces termes par Lépine: «Gomme, dans la plupart des cas, l’albuminurie n’a été constatée qu’à la période comateuse, alors que le malade était dans un état asphyxique, on ne peut, sans plus ample informé, la considérer comme sous la dépendance immédiate et exclusive de la lésion nerveuse (1). » Nous ne croyons par ces objections fondées. L’un de nous, pendant son internat à l’hospice d’Ivry, dans le service d’Ollivier, a pu vérifier à maintes reprises l’exactitude des faits avancés par cet auteur. 11 a pu constater l’albuminurie dès les premières heures de l’attaque apoplectique, accompagnée en général de polyurie et souvent de glycosurie légère. Quant aux lésions rénales, l’autopsie montre souvent, il est vrai, les reins atrophiés, lisses ou granuleux; mais souvent aussi, ils sont de volume et d’aspect normaux, sauf un certain degré de congestion.

D’ailleurs, dans l’embolie cérébrale, les phénomènes sont les mêmes. Dans un cas, que nous rapportons en détail à l’appendice, parce qu'il nous paraît avoir la rigueur d’une expérience (2), une femme de 66 ans eut, à trois reprises, dans l’espace de quelques mois, des accidents légers d’ictus cérébral, par suite d’embolie de quelque branche de l’artère sylvienne gauche. L’attaque la plus légère ne détermina qu’une polyurie passagère qui dura huit heures; dans la plus forte des trois attaques, l’albumine apparut dès la première miction, deux heures après l’ictus, et la glycosurie à la seconde, au bout de quatre heures. Au bout de douze heures, l'urine était revenue normale. Dans la troisième crise, l’albuminurie survint aussi immédiatement, mais sans glycosurie, ni polyurie; elle ne dura, cette fois, que trois heures. Il n’y a à faire intervenir dans ce cas, ni l’existence d’une lésion rénale, puisque l’urine était normale avant et après l’attaque, ni l’influence de l’asphyxie comateuse, puisque l’ictus était passager. L’albuminurie transitoire chez cette femme ne peut s’expliquer que par une action vaso-motrice, provoquée directement par le choc nerveux. En tout cas, la courte durée de l’albuminurie, sa rapide disparition, expliquent facilement les opinions contradictoires des auteurs au sujet de l’albuminurie nerveuse. Si l’urine n’avait pas été analysée à chaque miction, comme nous l’avons fait chez celte malade, il est évident que le phénomène, essentiellement transitoire, eût passé complètement inaperçu.

Dans les affections chroniques del’encéphale, il est moins aisé, quandl’al-

(1) Lépine, Annotation au Traité des mal. des reins de Cartels, p. ’>S2.

(2) Voir Appendice, note T.

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buminurie existe, d’établir le rôle qui appartient à la lésion nerveuse dans laproduction de ce symptôme. Qu’il s’agisse de ramollissement, de paralysie générale, de syphilis, de tumeur cérébrale, etc., on ne doit pas oublierque la coïncidence d’une lésion rénale indépendante est toujours possible en pareil cas. D’un antre côté, la lésion du cerveau et la lésion du rein peuvent se développer simultanément sous l’action de la même cause pathologique, la syphilis par exemple. Enfin, les formes atrophiques du mal deBright, avec albuminurie légèreet intermittente, sont souvent l’occasion de troubles nerveux, qu’il ne faudrait pas prendre, par une observation insuffisante ou partiale, pour l’origine des accidents rénaux. Au reste, l’existence de l’albuminurie dans les affections chroniques du cerveau n’est pas affirmée d’une manière générale. Si, pour certains, elle est fréquente chez les paralytiques généraux, elle est niée, d’une façon absolue, par d’autres, comme Richter et Rabow, qui disent ne l’avoir jamais observée, même après les attaques apoplectiformes, ce qui nous semble un peu exagéré (1).

Théoriquement, les lésions chroniques de la base du crâne, celles qui siègent au voisinage de la protubérance ou du plancher du quatrième ventricule, devraient toujours donner lieu au passage de l’albumine dans l’urine. Gubler dit avoir constaté le fait dans un certain nombre de cas d’affections de l’isthme encéphalique, et, en particulier, chez un malade atteint d’hémiplégie alterne, où l’albuminurie se montra dès le début des accidents et resta la compagne fidèle des phénomènes paralytiques (2). Le voisinage du point indiqué par Cl. Bernard explique facilement une pareille albuminurie, qui, théoriquement aussi, doit être fréquemment associée à la glycosurie.

Dans les différentes formes de myélites aiguës ou chroniques, dans les scléroses systématiques ou diffuses, il n’est pas rare de trouver les urines albumineuses, mais elles sont en même temps muqueuses ou purulentes, et parfois hémorragiques. La lésion médullaire a-t-elle une action directe sur le rein? Il nous parait presque impossible de le démontrer. Car la conséquence habituelle des maladies de la moelle est la paralysie de la vessie avec rétention ou incontinence d’urine, d’où la cystite chronique, la fermentation de l’urine stagnante et ses effets ordinaires, la pvélite et la pvélo-néphrite ascendantes parasitaires ; c’est là le mécanisme accoutumé des albuminuries d’origine médullaire. Peut-être cependant l’ataxie locomotrice, par ses crises viscérales, gastriques ou intestinales, peutelle indirectement provoquer une albuminurie transitoire; peut-être aussi, dans cette maladie, la crise peut-elle porter directement sur le

(1) Richter, Archiv. f Psych, Bd. IV, p. 565. — Rabow, Ibid., Bd VII, p. 72.

(2) Gubler, De l’hémiplégie alterne (Gaz. hebd., 1856).

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rein, comme semblent le prouver quelques observations, entre autres celles de Raynaud, où l'albuminurie et l’hématurie ont été observées d’une manière passagère, associées à des phénomènes douloureux simulant la colique néphrétique (1).

Les expériences faites sur les animaux prouvent que l’irritation des nerfs périphériques est une cause d’albuminurie passagère. En est-il de même chez l’homme? Dans deux cas de sciatique aiguë extrêmement intense, où l’urine donnait, d’une façon intermittente, les réactions d’une glycosurie légère, nous n’avons pas constaté trace d’albumine; nous n’en avons pas trouvé davantage dans quatre autres cas de sciatique subaiguë. Dans deux observations de névralgie faciale, mêmes résultats négatifs. Enfin, chez un homme atteint de névrite du trijumeau- droit, avec troubles trophiques de l’œil, de la narine et des gencives du côté correspondant, et crises douloureuses d’une violence extrême, il existait une polyurie très abondante depuis trois mois, quatre à cinq litres d’urine dans les vingt-quatre heures ; mais, pendant tout un mois où il a été soumis à notre observation, jamais on n’a pu déceler ni sucre ni albumine dans son urine (2).

L’albuminurie a été signalée depuis longtemps dans le cours des névroses. Dans les névroses cérébrales , c'est-à-dire dans l’aliénation mentale, elle est indiquée comme conséquence de la perturbation nerveuse, dès 1860, par Burnett, qui rapporte un cas de folie circulaire, dans lequel il existait de l’albuminurie pendant la période de dépression, tandis qu’on n’en trouvait pas trace pendant la période d’excitation. Simpson a observé trois cas de folie accompagnée d’albuminurie; la disparition de l’albumine précédait le retour à la santé (3). Clifford Allbutt décrit une albuminurie due à l’anxiété mentale (4). Mortimer Granville admet de même un type albuminurique ainsi constitué : le malade est d’âge moyen, ayant joui ou jouissant encore de toute son activité intellectuelle, mais il souffre d’une asthénie nerveuse extrême avec agoraphobie ou claustrophobie. Son urine contient de l’albumine d’une manière intermittente et toujours en faible quantité; souvent il y a alternance de l’albuminurie avec la glycosurie, preuve de l'origine cérébrale du trouble urinaire (5). Des idées analogues ont été soutenues par Hamon sur la nature névrosique de l’albuminurie (6), et plus récemment par Tessier (de Lyon) (7).

(1) M. Raynaud, Arcliiv. gén. de méd. , 1876.

(2) Lecouché et Talamon, Eludes médicales, p. 496.

(3) Cités par Hubert, Th. Paris, 1864.

(4) Clifford Allbutt, Prit. med. journ., 1880.

(5) Granville, Glascoiu med. journ., 1884, t. XXI, p. 234.

(6) Hamon, Gaz. méd. de Paris, 1861.

(7) Tessier, Gaz. hebd ., 1877, p. 616.

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On est tenu à une grande réserve dans l’interprétation des laits de ce genre. Les troubles nerveux et cérébraux sont habituels dans le cours de l’atrophie rénale chronique; ils peuvent aller jusqu’à un désordre psychique complet, une véritable manie, et, comme nous le verrons, la folie brightique n’est pas niable dans nombre de cas. Avant d’affirmer que l’albuminurie est d’origine mentale, il faut d’abord prouver qu’elle n’est pas elle-même la cause du trouble cérébral. La discussion soulevée par une observation de Rieger au Congrès des aliénistes allemands (I) montre bien les difficultés de la question, llagen, dans un travail sur les maladies rénales comme cause de psychoses, avait considéré et rapporté le cas comme un exemple de folie albuminurique. Rieger ayant eu occasion d’observer plus tard la malade, atteinte de démence avec agitation périodique, fait au contraire de l’albuminurie un phénomène accessoire, secondaire au trouble cérébral (l’albuminurie avait duré trois semaines). L’autopsie seule pourrait permettre de juger entre les deux opinions.

Tout en signalant cette difficulté, nous ne répugnons cependant nullement à admettre l’existence d’une albuminurie passagère dans les névroses cérébrales, et nous croyons qu’on peut dire avec Furtsner « que l’albuminurie, au même titre que l’hyperthermie, la glycosurie, l’excitabilité motrice, doit prendre rang parmi les symptômes des affections cérébrales ».

On doit faire une place à part pour l’albuminurie qui a été observée dans le delirium tremens , 40 fois pour 100 par Furtsner (2), 33 fois pour 100 par Weinberg (3). 11 est possible que la perturbation cérébrale ait un rôle actif dans la production du phénomène, surtout lorsque l’albuminurie s’accompagne de glycosurie, comme dans le cas publié par Bunsen (4). Mais, si l’on peut négliger l’influence de l’alcool, on ne peut faire abstraction de l’élément fébrile, dont Faction sur la circulation rénale est indiscutable; et la pathogénie de l’albuminurie, dans les cas de ce genre, doit être tenue pour plus complexe que ne l’admettent Furstner et Weinberg, qui semblent faire l’albuminurie corrélative uniquement de l’intensité du délire.

Les névroses convulsives déterminent souvent l’albuminurie. En première ligne vient l’épilepsie. Ce n’est pas que l’entente soit parfaite au sujet de l’albuminurie épileptique. Les uns, comme Scyfert et Huppert, la regardent comme très fréquente ; pour les autres, c’est un phénomène

(1) RiEGF.it, Allg. zeitscli. f. Psych., 1881, 1kl XXXJX.

(2) Furtsner, Archiv. f. Psych., 1kl VI, p. 155.

(3) Weinberg, Ilerlin. klin. Woch., 1836, p. 465.

(4) Bunsen, Berlin. U lin. Woch., 1882, p. 378.

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rare, dont les rapports avec la crise comitiale sont à démontrer. Seyfert, un des premiers auteurs qui aient recherché l’albumine chez les épileptiques, dit qu’elle se rencontre en très grande quantité dans l'urine, immédiatement après l'attaque, mais non d’une manière constante (1). Bazin conclut de môme que l’albuminurie est en rapport avec les accès; qu’elle est ordinairement passagère et peu marquée, et qu’elle s’observe surtout quand les accès se succèdent par séries suivies d’un trouble profond des fonctions cérébrales (2). Pour Huppert, l’abondance de l’albuminurie est en rapport avec l’intensité de l’attaque; dans la moitié des cas, après les grandes attaques, on trouve avec l’albumine des cylindres hyalins et des filaments spermatiques; même un simple vertige peut faire apparaître des traces d’albumine dans l’urine (3). Nothnagel dit, au contraire, n’avoir pas observé de corrélation entre la violence de la crise et l’albuminurie; chez le même malade, il a vu l’albumine faire défaut après une grande attaque, et apparaître après une petite (4). Furstner, Rabow, Otto, Fiori, ont aussi noté l’irrégularité de l’albuminurie, qui se montre après certains accès et manque après d’autres (5).

D’autres auteurs nient absolument l’albuminurie post-épileptique. Saillv, sur 30 femmes observées à la Salpêtrière, Mabille, sur 20 hommes et 18 femmes, ne l’ont trouvée dans aucun cas (6). Reynold, Richter, Rabenau, Karrer, Christian, n’ont obtenu aussi que des résultats négatifs (7). Kleugden Fa rencontrée chez un certain nombre d’épileptiques ; mais elle n’est pas plus fréquente, d’après lui, dans l’épilepsie que chez des individus non épileptiques (8). Kleugden, admettant que la présence de l’albumine dans l’urine est un phénomène physiologique, il y a lieu de s’étonner qu’il ne l’ait pas constatée a fortiori dans toutes les urines épileptiques.

Ces assertions contradictoires ne nous paraissent pas infirmer les résultats obtenus par Seyfert et Huppert. Ils s’expliquent facilement par le caractère essentiellement transitoire de l’albuminurie post-épileptique; si l’urine n’est pas examinée immédiatement après la crise, et à chaque miction consécutive, on comprend sans peine que l’albuminurie puisse

(1) Seyfert, Dublin quaterly journ., 1854.

(2) Bazin, Th. Paris, 1868.

(3) Huppert, Virchoiv's Arcliiv Bd L1X, et Arcli. f. Psych., Bd VU, p. 191.

(4) Nothnagel, Ziemssen Handbuch., art. Épilepsie.

(5) Fup.stner, Arcliiu. f. Psych., Bd VI. — Rabow, 1(1., VII, p. 75. — Otto, Berlin, klin. Woch., 1876. — Fiori, llalia medica, 1881.

(6) Sailly, Th. Paris, 1861. — Mabille, Ann. méd. psych., nov. 1880.

(7) Reynold, On epilepsy, 1861. — Richter, Arch. f. Psych., Bd VI. — Rabenau, Id., Bd VII. — Karrer, Berlin, klin. Woch., 1875. — Christian, Gaz-, méd. de Paris, 1881, p. 344.

(8) Kleugden, Arch. f. Psych., 1881, Bd XI, p. 478.

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échapper à l'observateur. 11 nous paraît impossible qu’après une perturbation nerveuse aussi violente que celle de l’attaque épileptique on ne trouve pas d'une manière constante, en se servant de réactifs suffisamment sensibles, des traces plus ou moins marquées d’albumine dans tous les cas.

L’autre grande névrose convulsive, l’hystérie, donne-t-elle lieu à l’albuminurie au moment des crises? 11 n’y a rien de certain à cet égard. D’après Martin Solon, Peschier aurait constaté la présence de l’albumine à la fin des accès hystériques. Maclagan signale le même fait (1). Fiori a noté souvent aussi une albuminurie légère chez les hystériques après les convulsions (2). Mais les auteurs sont, en général, muets sur ce point. Il est permis cependant de penser que l’albuminurie transitoire ne doit pas être rare dans l’hystérie. Le rein n’échappe pas aux troubles vaso-moteurs variés qui caractérisent cette névrose; l’oligurie, l’anurie et la polyurie hystériques suffisent pour en témoigner ; l’albuminurie, due aux mêmes modifications vasculaires, ne saurait paraître un phénomène extraordinaire. Lépine dit même avoir observé, chez une hystérique, en dehors de toute attaque et de toute oligurie, une albuminurie qu’il attribue directement à l’influence nerveuse. L’interprétation peut sembler discutable, la malade ayant eu en même temps un peu d’anasarque; mais l’œdème et l’albuminurie furent transitoires, et Lépine n’hésite pas à affirmer l’origine hystérique de cette albuminurie, qu’il compare à l’albuminurie passagère des jeunes gens (3).

Dans les convulsions de l’enfance, l’étude de l’urine n’a guère été faite. Toutefois Simpson a signalé l’albuminurie à la suite de l’éclampsie infantile (4).

Pour les autres névroses, on peut sans doute observer dans certains cas de l’albumine dans l’urine; mais on n’est pas toujours autorisé à rapporter le phénomène à la maladie nerveuse; il faut faire la part des coïncidences. C’est ainsi que nous avons constaté une albuminurie notable avec polyurie chez un homme atteint de la crampe des écrivains; mais ce malade avait en même temps le cœur hypertrophié, et il nous parait probable que l’albuminurie était due, non à la névrose, mais aune atrophie rénale concomitante. Dans le tétanos, l’albuminurie a été notée à diverses reprises; mais le tétanos est une maladie fébrile, presque sûrement peut-être infectieuse, et il semble difficile d’attribuer le trouble rénal uniquement à l’influence nerveuse directe.

(1) Maclagan, Case of hysteria witli alb. in urine (Monthly journ., 1851).

(2) Fiori, Loc. cil.

(3) Lépine, Notes addition, au Traité de Bartels, p. 580.

(4) Simpson, Album, in puerpéral and infantile convulsions [Monthly journ., 1812).

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De même pour la rage où l’albuminurie, observée dans les derniers jours de la maladie, doit être apportée en grande partie à l’état asphyxique du sujet.

Il existe cependant une névrose, essentiellement vasculaire, le goitre exophtbalmique, au cours de laquelle l’albumine est souvent constatée dans l’urine. Begbie a surtout insisté sur les cas de- ce genre, lia souvent observé dans la maladie de Basedow une albuminurie intermittente de longue durée; l’albumine apparaît pendant ou après la digestion, en particulier après le déjeuner, et disparait durant la période de jeune (1). La maladie de Basedow détermine si facilement des troubles vaso-moteurs multiples, qu’il est très rationnel de faire de cette albuminurie un phénomène d’ordre nervo-vasculaire, d’autant mieux que la polyurie et la glycosurie s’observent assez fréquemment aussi, dans les mêmes conditions. Cette albuminurie nerveuse doit être distinguée de l’albuminurie mécanique, par stase veineuse, qu’on peut rencontrer aussi dans le goitre exophtalmique, la névrose étant parfois associée à une lésion organique du cœur.

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