‹ Traité de l'albuminurie et du mal de BrightChapitre 64 sur 109 · EAU · texte numérisé non relu

EAU

pour

1000 parties de sang.

Malade hydropique. Saignée la veille de la mort qui eut lieu par urémie

Malade liydropique. Saignée peu avant la mort ; urémie.

Œdème et urémie. Saignée la veille de la mort

Malade hydropique. Saignée une année avant la mort.

Dans un autre cas, chez un homme qui mourut par hémorragie et urémie, sans œdème, une saignée, faite cinq heures avant la mort, donna les résultats suivants :

Densilé du sérum 1030.5

Eau pour 1000 parties de sang 866.90

Le dosage des matériaux solides du sérum, fait par Quinquaud (1) dans divers cas de mal de Bright, montre que la diminution de ces matières solides est d’autant plus marquée que l’albuminurie est plus abondante. Dans un cas de.poussée aiguë, avec anasarque et urines feuille morte, deux analyses donnent 68 et 69 grammes pour 1,000 de sérum. Chez un autre malade, à une période avancée avec hypertrophie du cœur, dans le cours d’une poussée albuminurique accompagnée de phénomènes urémiques, la proportion était de 59,5 et 59,3. Chez une malade atteinte d’atrophie rénale avec hypertrophie cardiaque, peu de temps avant la mort, la quantité d’urine étant d’un demi-litre à peine et ne renfermant que peu d’albumine, Quinquaud a trouvé une fois 18, et une autre fois 77 grammes. Enlin, chez un peintre en bâtiments, dans un cas de mal de Bright saturnin, à la période d’état, l'urine étant abondante,

(1) Quinquaud, Chimie pathologique, 1880, p. 108 et suiv.

2 litres à 2', 50, l’albuminurie moyenne et le malade non œdématié, la proportion des matériaux solides du sérum, tout en restant au-dessous de la normale, était notablement plus élevée que dans les cas précédents, et atteignait 83 grammes et 83«r,52.

3° Globules rouges et hémoglobine. — A la pléthore aqueuse correspond l’anémie chez les briglitiques. Quel que soit le procédé employé, on a toujours noté une diminution plus ou moins marquée des hématies, dans les phases aiguës ou chroniques de la maladie.

Christison, auquel on doit les premières recherches à cet égard, dosait les globules rouges sous forme d’hématosine. Pour l’état sain, il a trouvé sur 10,000 de sang, chez la femme, 1,207 parties d’hématosine et 1,537, chez l’homme. Dans l’état aigu delà maladie de Bright, ce chiffre s’abaisse à 1,111, 1,339, 1,0-16, et dans des états plus ou moins chroniques, à 955, 755, 721, 564 , 491, 427 parties d’hématosine.

Le poids des globules sanguins à l’état sec est représenté en moyenne par 125 à 130 pour 1,000 parties de sang : 127 chez la femme, 141 chez l’homme, d’après Becquerel et Rodier. La moyenne des chiffres trouvés par Amiral et Gavarret dans les cas de mal de Bright simple, avec œdème et albuminurie abondante, est de 91,8; dans les cas de mal de Bright compliqué de phlegmasie quelconque, la moyenne s’élève à 100. Dans un cas, où ils ont fait le dosage dans le cours et à la fin d’une poussée aiguë, ils ont trouvé 82,4, au moment où l’état aigu était dans son plein, et 88,2, à la période de décroissance. Dans l’observation de la femme enceinte albuminurique, citée plus haut, Harlev a indiqué les chiffres suivants:

lr« analyse. 2e analyse. 3e analyse. 4e analyse.

On obtient des résultats analogues par la numération des globules à l’aide des procédés d’hématimétrie de Malassez ou de Hayem. Le chiffre normal étant de 4 à 5 millions par millimètre cube, nos numérations, dans toutes les variétés du mal de Bright, nous ont toujours donné une proportion inférieure. L’aglobulie maxima s’observe dans les poussées de néphrite aiguë. Dans un cas de mal de Bright aigu post-scarlatineux, chez une femme âgée de quarante ans, quatre numérations ont fourni les chiffres suivants :

Deux mois après le début de l’anasarque : 2.5G2.750.

Huit jours après, l’anurie étant presque absolue : 1,256,250.

Quinze jours plus tard, les phénomènes s’aggravant encore : 1,005,000.

Un mois plus tard, l’anasarque ayant disparu, la polyurie s’était établie, et l’amélioration se dessinant nettement, le chiffre des globules rouges, remontait à 2,000,000.

TRAITÉ UE L’ALBUMINURIE

* Dans les formes chroniques, l’aglobulie est toujours très marquée, mais n’atteint pas des chiffres aussi faibles ; elle oscille d’ordinaire autour de 3 millions à 3,500,000.

Quinquaud a étudie les variations de l’hémoglobine dans un certain nombre de cas, à l’aide de son procédé spécial par la liqueur titrée d’hydrosulfite de soude (1). Chez un homme sain et robuste, le chiffre de l’hémoglobine, d’après l’auteur,est de 125 à 130 grammes pou ri, 000 grammes de sang, proportion semblable à celle que Preyer et Quincive ont trouvée par la méthode spectroscopique. Dans un cas de néphrite aiguë avec anasarque et albuminurie abondante, ce chiffre s’est abaissé, dans deux analyses, à 88e'1', 54 et à 91 grammes. Quinquaud ajoute que, dans le gros rein blanc, malgré la pâleur si remarquable de la face, la proportion d’hémoglobine ne descend jamais aux chiffres qu’on constate dans la chlorose, 52 et 46 grammes. L’hémoglobine oscillerait le plus souvent entre 98 et 93 grammes. Dans l’atrophie rénale avec polyurie et hypertrophie cardiaque, la destruction de l’hémoglobine est plus marquée. On trouve habituellement 75 grammes ; le chiffre peut tomber jusqu’à 67 grammes.

4° Fibrine et albumine. — La diminution des matériaux solides du sérum porte essentiellement sur l’albumine. Les premiers observateurs, jugeant d’après l’aspect couenneux du sang, avaient conclu à une augmentation de la fibrine. Avant le travail de Bright, Blackall avait remarqué que, dans l’albuminurie, le sang était aussi couenneux que dans la pleurésie. Bright, Bostock, Cliristison, Grégory ont noté le même fait. Rayer dit de même que, dans la forme aiguë de la néphrite albumineuse, le sang extrait de la veine est presque toujours couenneux, et souvent à un degré si prononcé, qu’au bout de vingt-quatre heures le caillot, par le retrait considérable de la couenne, prend la forme d’un champignon. Dans les formes chroniques, il y a aussi, mais moins souvent, augmentation de la couenne, ühristison pensait que la proportion de fibrine est en rapport direct avec la proportion de la couenne du sang. Un sait, depuis les recherches de Denis (de Commercy), que cette idée est erronée et qu’il est impossible de juger de la richesse du sang en fibrine par l’aspect du caillot. En réalité, si l’on prend pour chiffre moyen de la fibrine concrète 2 à 3 pour 1,000, ce chiffre, d’après les analyses d’Andral et Gavarret, est à peine modifié dans le mal de Bright ; ces auteurs ont trouvé une moyenne de 2,7. 11 augmente dans les cas de mal de Bright compliqué d’une phlegmasie quelconque et s’élève alors en moyenne à 5,5 pour 1,000.

(1) Le procédé repose sur le principe, admis par Quinquaud, que le sang fixe toujours une quantité d’oxygène proportionnelle à la quantité d’hémoglobine qu’il contient.

La proportion d’albumine — sérine et globuline réunies— est au contraire toujours diminuée. Depuis Bostock, tous les observateurs ont constaté ce fait. Le chiffre normal de l’albumine du sérum chez un homme sain varie suivant les auteurs, entre 70 et 100 pour 1000. Le chiffre moyen de l’albumine dans le mal de Briglit oscille entre 55 et 65 gramincS'pour 1,000 de sérum.

Frericlis dans ses trois analyses, faites dans les périodes initiales de la maladie, a trouvé les proportions suivantes, 81, Î0 dans le premier cas, 72 dans le second, et 51,7 dans le troisième.

Harley, dans les quatre analyses, faites successivement chez le même sujet, indique les chiffres suivants :

1™ analyse. 2° analyse. 3° analyse. 4° analyse.

Albumine.. 60.69 61.26 16.15 86. 53

Nous avons dosé l’albumine du sérum dans six cas de mal de Briglit ; sauf dans un cas, le sang était obtenu à l’aide de ventouses scarifiées appliquées sur la région rénale ou sur la région précordiale.

Obs. I. — Homme de 13 ans ; poussée aiguë avec hématurie, dans le cours d’une pneumonie. — Albumine du sérum, 19 grammes.

Obs. II. — Femme de 65 ans. Petil rein contracté, avec insuffisance aortique! polyurie sans oedème. — Albumine du sérum, 84 grammes.

Obs. III. — Homme de 70 ans. Petit rein contracté, avec insuffisance aortique et emphysème ; polyurie sans œdème. — < Albumine du sérum, 12 grammes.

Obi. IV. — Homme de 28 ans. Petit rein contracté; urémie gastro-intestinale période ultime. — Albumine du sérum, 68 grammes.

Obs. V. — Homme de 60 ans. Petit rein contracté, avec insuffisance aortique et œdème des jambes; période cachectique. — Albumine du sérum, 65 grammes.

Obs. YJ. — Homme de 35 ans. Gros rein blanc; urémie. Saignée faite la veille de la mort. — Albumine du sérum, 53 grammes.

D’après ces quelques analyses, le chiffre de l’albumine paraît surtout diminué dans les périodes avancées de la maladie, lorsque le malade est œdématié, urémique ou cachectique. 11 est à peu près normal dans les cas où la polyurie est abondante et où l’œdème manque.

Liiez ces six malades, des résultats qui méritent d’être notés nous ont été fournis par l’élude comparative de la sérine et de la globuline dans le sérum sanguin. Nous avons vu que, chez l’homme sain, le chiffre de la sérine est plus élevé que celui de la globuline et que le rapport des deux substances est en moyenne de 2 à 1, c’est-à-dire que l’albumine est formée d’un tiers de globuline pour deux tiers de sérine. Chez nos six malades, nous avons trouvé un rapport inverse; les résultats obtenus sont consignés dans le tableau suivant.

TRAITÉ DE E’ALBI'MINURIE

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