POUR 100 PARTIES
de sérum.
d’albumine.
DÉSIGNATIONS
Il . VP PO II T.
Albumine
totale.
Sérine.
Globuline.
Sérine.
Globuline.
Observation I
gr-
TJ
Observation 11
Observation III
Observation IV
Observai ion V
Observation VI
Dans tons ces cas, la proportion de globuline, contrairement à la normale, est plus élevée que la proportion de sérine, sauf dans un cas, où les deux substances sont en quantités à peu près égales. Or, tous ces malades étaient arrivés à une période avancée de la maladie, car tous sont morts dans un délai qui a varié de quelques jours à cinq mois au maximum.
Nous nous croyons donc endroit d’avancer que, dans les phases terminales du mal de Brigbt, il existe une modification remarquable de l’albumine du sérum, modification qui consiste dans un véritable renversement de la proportion de la sérine à la globuline. Si nons rapprochons ce fait des conclusions que nous avons tirées de notre étude des variations des deux substances albuminoïdes dans l’urine brigbtique, et de cet autre fait qui a été indiqué par Estelle, et que nous avons vérifié dans un cas (voir pages 74-75), à savoir : que les variations de Ja sérine et de la globuline urinaires paraissent suivre assez exactement celles des deux substances dans le sérum sanguin, on trouvera sans doute là un ensemble de résultats assez concordants pour attirer l’attention et appeler de nouvelles recherches sur la constitution de l’albumine du sérum dans les autres périodes du mal de Brigbt.
50 Bostock, dans ses premières recherches faites avec Brigbt,
avait découvert que le sang des albuminuriques contenait une matière qui présentait les principaux caractères de l’urée, matière que, quelque temps après, Cbristisonreconnut pour l’urée elle-même. L’accumulation de Purée dans le sang des brightiques est un fait hors de doute. Elle est d’autant plus marquée que les fonctions éliminatoires du rein sont plus gravement atteintes et entravées. Elle peut se produire dès les premiers jours delà maladie. Le neuvième jour d’une anasarque avec albuminurie, survenue chez un homme qui avait eu antérieurement deux attaques d’hydropisie, l’une vingt ans, l’autre cinq ans auparavant, Ghristison a
trouvé le sérum légèrement lactescent et une quantité considérable d’urée dans le sang (1).
La proportion normale est, d’après Picard, de 0,10 pour 1,000 parties de sang. Babiugton a trouvé 15 grammes pour 1,000 dans le sang d’une femme Iivdropique et albuminurique, qui mourut d’urémie éclamptique, et chez laquelle l’autopsie montra des petits reins granuleux. Le sang de cette femme contenait une quantité d'urée aussi grande que son urine (2). C’est le chiffre le plus élevé qu’on ait constaté. Voici quelques chiffres, à différentes époques de la maladie, notés par Picard dans ses recherches consciencieuses (3).
Urée pour 1000
Maladie de Uright. de sang.
Somnolence, délire 0.700
Céphalalgie, œdème 0.340
Amaurose, coma 1.300
Accidents cérébraux 1.300
Œdème, somnolence, coma 0.242
Œdème, sans accidents urémiques 0.320
Œdème, sans accidents urémiques 0.709
Le môme, l’œdème ayant disparu 0.213
Pas d’œdème, urine non albumineuse 0.370
Bien que Picard n’attribue pas les phénomènes urémiques à l’action toxique de l’urée, il pense que Purée est surtout augmentée quand il survient des accidents cérébraux; les symptômes urémiques seraient imminents, quand la proportion atteint 0,70 à 0,60 pour 1,000.
Nous discuterons plus loin le rôle de l’urée dans la production des symptômes dits urémiques. Oisons dès à présent que, dans plusi tirs cas, où ces symptômes existaient, Wurtz, Chalvet n’ont pas constaté d'augmentation d’urée dans le sang (4). Chez un malade plongé dans le coma urémique, nous avons trouvé 0,60 d’urée pour 1,000; chez un autre brightique, atteint de dyspnée, 0,45. Chez un troisième, nullement urémique, atteint d’atrophie rénale saturnine avec polyurie et albuminurie légère, nous avons trouvé 0,95.
0° Acide urique. —L’acide urique, comme l’urée, s’accumule dans le sang, lorsque les fonctions des cellules tubulaires sont supprimées sur une grande étendue. Cet excès d'acide urique dans le sérum a été constaté par Garrod chez les albuminuriques comme chez les goutteux (5).
1) Chuistisox, On granular degener. nf kidnegs, Obs. XX, 1833.
(2) Barixgtox, Gug's liosp. reports , 1336, p. 360.
(3) Picard, Th. de Strasbourg, 1836.
(i) Chalvet, Bull Soc. biol., 1807.
(3) Garrod, Med. ebir. trans., 1848 ; Ibid. , t. XXXI.
Abstraction faite des cas de néphrite saturnine ou goutteuse, il est facile de vérifier chez les b righ tiques cette augmentation de l’acide urique dans le sang à l’aide du procédé du fil. Dans quatre cas de mal de Bright, deux cas de gros reins blancs et deux cas de reins contractés, à une période avancée, nous avons constaté le dépôt de nombreux cristaux d’acide urique le long des fils, dans le sérum du sang obtenu par des ventouses scarifiées et traité par la méthode de Garrod. Nous avons même rapporté dans nos Études médicales l’observation d’un malade atteint d’atrophie rénale, chez lequel l’accumulation d’acide urique dans le sang fut assez prononcée pour déterminer une attaque caractéristique dégoutté au gros orteil (1).
7° Matières extractives et sels inorganiques — On admet en général que les matières extractives et les sels sont un peu augmentés flans la forme aiguë comme dans la forme chronique du mal de Bright. Mais quand on cherche à préciser le chiffre de cette augmentation, on ne tarde pas à constater que les éléments de discussion font défaut. On se heurte d’abord à cette première difficulté, le manque de concordance des analyses du sang normal ; les unes réunissent les matières extractives à l’albumine, les autres, aux sels inorganiques. Becquerel et Rodier indiquent le chiffre moyen de Gsr,80, chez l’homme, de7g>’,40, chez la femme, de sels et de principes extractifs pour 1,000 parties de sang. Et G. Schmidt, poulies seuls sels inorganiques, donne la proportion de 7,88 pour 1,000 de sang, et 8,51 pour 1,000 de sérum.
Il est donc, en premier lieu, bien difficile de déterminer la quantité normale des matières extractives contenues dans le sang (2). En deuxième lieu, les analyses de ces principes, dans le cours du mal de Bright, ne sont pas nombreuses. Pour les périodes initiales, les trois analyses de Frerichs indiquent les chiffres suivants pour les matières extractives et les sels réunis : 9,09 dans un cas, 10,59 dans le second, et 9,4 dans le troisième, pour 1,000 parties de sérum.
Trois analyses d’Andral et Gavarret donnent les résultats suivants pour 1,000 de sérum :
Madères minérales 7.6 7.6 6.9
II y a diminution des sels du sérum, si on prend comme point de comparaison le chiffre de 8,51, donné comme proportion normale par Schmidt, et augmentation, si l’on se reporte au chiffre de 6,80, indiqué par Bec-
(1) Lecorché et Talamon, Études médicales, p. 185. Paris, 1881.
(2) Robin indique les chiffres de 6 à 8 grammes de sels et de 5 à 7 grammes de matières extractives pour 1,000 grammes de plasma. Leçons sur les humeurs, p. 82
querel et Roilier pour l’ensemble des matières extractives et minérales.
Les dosages faits par Harley chez une femme enceinte atteinte de néphrite aiguë, aux différentes périodes d'aggravation et d’amélioration de la maladie, sont des plus complets. Ils donnent comparativement la proportion de matières extractives et de sels pour 1,000 de sang et pour 1,000 de sérum.
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