POUR 1O00 DF. SÉRUM
lr° analyse.
2° analyse.
3° analyse.
4° analyse.
Matières extractives
Sels inorganiques
On voit que, dans ce cas, les sels sont en excès, à la fois dans le sang total et dans le sérum, à la période active de la néphrite, que la proportion s’abaisse au contraire au moment de l’amélioration. Pour les matières extractives, si on les considère dans le sang total, elles sont eu baisse dans les premières périodes, et vont en augmentant à mesure que l’amélioration s’accuse. Dans le sérum, au contraire, elles sont en excès lorsque l’albuminurie est abondante, et diminuent au moment de la guérison (1).
On ne peut qu’enregistrer ces résultats; il est difficile d’en tirer des conclusions, au moins pour les matières extractives. L’augmentation des matières minérales parait établiepar les analyses deFrerichs et de Harley Toutefois, dans les périodes urémiques, Schottin a constaté l’accumulation des matières extractives dans le sang. Dans un cas, où le malade mourut de dégénérescence graisseuse des reins, cet auteur trouva que, dans le sang, le rapport de ces matières à l’albumine était de -iü 0/0, tandis qu’à l’étal normal il n’est que de 5 0/0 (2). De même, dans un cas d’urémie
(1) II.uu.ey, Rech. sur le sang et l'urine dans l'albuminurie et la grossesse; in Beitrage zu Geburlslcunde , von Scanzom, 1854.
(2) Schottin, Arch. /'. phys. lieillcunde , t. XIII, p. 170, 1853.
TRAITÉ UE L’ALBUMINURIE
consécutive an choléra, l’analyse donna à Hoppe-Seyler 1,27 d’urée et 8, GO d’autres matières extractives pour 1,000 de sang (1). Scliottin a basé sur ces faits sa théorie de l’urémie; nous aurons à y revenir à propos de la patliogénie des accidents urémiques.
Il est probable que, parmi les matières extractives, se trouventces dérivés des substances albuminoïdes que A. Gautier a décrits sous le nom de leucomaïnes, et dont il a séparé quelques-uns du tissu musculaire : xanthocréatinine,, crusocréalininc , amphicréaline, etc. (2). Ces bases qui, d’après Gautier, prennent naissance durant la vie au même titre que l’urée et l’acide carbonique, ont une action toxique plus ou moins puissante sur les centres nerveux, produisant la somnolence, la fatigueet parfois des vomissements et de la diarrhée. Gautier a insisté sur les dangers que pouvait faire courir à l’organisme l’insuffisance de l’élimination de ces alcaloïdes animaux par les reins, la peau ou la muqueuse intestinale (3). Mais, en somme, la démonstration des leucomaïnes dans le sang des brightiques n’a pas encore été faite, et nous ne saurions insister ici sur cette question.
8° Bases alcalino-terreuses. — Parmi les matières minérales, toutes sont-elles en excès ou quelques-unes seulement au détriment des autres? On sait que la potasse prédomine dans le caillot et la soude dans le sérum. Ce rapport est-il modifié chez les brightiques? De longues et minutieuses recherches seraient nécessaires pour autoriser une réponse. Ou a seulement, dans ces derniers temps, pour combattre ou appuyer la théorie de Feltz et Ritter sur la potassiémie comme cause de l'urémie, fait quelques dosages de la potasse du sang, dont nous aurons à reparler plus loin. Mais on n’a pas, à proprement parler, étudié les variations des différentes bases alcalino-terreuses dans le sang des albuminuriques. Aous avons fait cette recherche chez quatre malades.
Dans le premier cas, le malade, âgé de 32 ans, était atteint de petit rein granuleux. L’analyse a porté sur le sérum du sang, obtenu par saignée la veille de la mort, le malade étant dans le coma urémique depuis quatre jours.
Chaux. Magnésie. Potasse. Soude.
Pour 1000 de sérum.. 0.176 0.066 0.746 4.001
Dans le second cas, l’analyse du sang a été faite aussi à la période d’urémie comateuse, trois jours avant la mort, chez un homme de 62 ans; l’autopsie a montré des reins granuleux, inégalement atrophiés. L’analyse a porté sur le sang total, sérum et caillot.
(1) Hoppe-Seyler, cité par B.vutels, Ziemssen’s f/andbuch, Bd IX.
(2) A. Gautier, Ptomaïnes et leucomaïnes, Bull. Acad, de tndcl., 1886.
(.7) A. Gautier, Journ. de l'anal, et de la phijs., 1SS1, p. 360.
Chaux. Magnésie. Potasse. Sonde.
Pour 1000 de sang 0.20" 0.009 3.086 2.630
Dans le troisième cas, il s’agit d’un peintre en bâtiments, âgé de 35 ans, atteint de néphrite saturnine, avec polyurie et albuminurie peu abondante. Le malade présentait, au moment de la saignée, un peu d’œdème des pieds, et des accès d’oppression cardiaque.
Cliaux. Magnésie. Potasse. Soude.
Pour 1000 de sang. .. . 0.173 0.003 0.926 2.809
Dans le quatrième cas, le malade était un goutteux encore robuste, âgé de i5 ans, présentant des accidents de dyspnée cardio-urémique, qui ont cédé à deux saignées. Son urine contenait seulement lffr,25 d’allui-
mine par litre.
Pour 1000 de sang. Chaux. Magnésie. Potasse. Soude.
lra saignée 0.081 Traces 1.359 2.634
2' saignée 0.108 Traces 1.325 2.336
Si nous comparons les quatre dernières analyses aux proportions indiquées par Jarisch, dans le sang normal, nous voyons qu’à la période d’état, le maladeétant polyurique, la quantité de chaux est augmentée, la quantité de magnésie et de potasse considérablement diminuée, la quantité de soude à peu près normale; au moment d’un accès passager de dyspnée, chez un albuminurique encore fort, la soude et la chanx sont comme à l’état normal, la magnésie et la potasse sont en baisse considérable; enfin, pendant le coma urémique mortel, il y a augmentation très marquée de la chaux et de la potasse, diminution de la magnésie, proportion normale de soude. La moyenne physiologique, d’après les quatre analyses de sang normal faites par Jarisch, est en effet :
Chaux. Magnésie. Potasse. Soude.
Pour 1000 de sang. .. . 0.081 0.048 2. 416 2.20
La discussion des théories de l’urémie nous donnera occasion de revenir sur ces chiffres.
Si maintenant on essaye de synthétiser les modifications subies par le sang dans la maladie de IJright, on peut dire que le sang brightique est caractérisé par :
1° La diminution delà densité du sérum;
2° L’augmentation de la proportion d’eau;
3° La diminution de la proportion d’albumine;
TRAITÉ UE L’ALBUMINURIE
4° La diminution des globules rouges et de l’hémoglobine;
5° La tendance à l’augmentation des autres matières organiques et des matières inorganiques.
Les caractères s’accusent dans les périodes actives de la maladie, au moment des poussées aiguës, albuminuriques et urémiques. Ils s’atténuent dans les périodes de compensation, la composition chimique du sang tendant alors à se rapprocher de la normale.