‹ Traité de l'albuminurie et du mal de BrightChapitre 89 sur 109 · COLORATION · texte numérisé non relu

COLORATION

A L R L’ M l N E par litre.

20 juillet.

feuille morte

Itouge hémorraqi-

que

Défervescence brusque.

l’.ouge

Desquamation de la lace.

feuille morte

— mais

plus claire

Jaune clair, lim-

pide

Complètement guéri.

2 août.. . .

Jaune clair

Jaune pûle

Jaune clair

Ko Ijililo quantité

['as Iracu d'album.

APPENDICE

Ons. XI.— Erysipèle de lu face.;, néphrite aiguë avec œdème des membres inférieurs pendant la convalescence ; polyurie avec albuminurie persistante. — C...,àgé de 23 ans, boulanger, entré le 8 mai 1883. Aucune maladie antérieure. Pris brusquement, le 5 mai au matin, de céphalalgie, frissons, inappétence. Le lendemain, mal à la gorge, cnchifrcncment et douleur dans le nez. Vomissements. Le 7, apparition de l’érysipèle sur lo dos du nez et la joue droite ; douleur et gonflement dans la région sous-maxillaire. Epistaxis ce matin.

Actuellement, érysipèle couvrant les deux joues, s’étendant symétriquement à droite et à gauche et envahissant lo front. Large bulle sur la joue droite. Croûtes sanguinolentes dans les narines. Gorgo d’un rouge luisant et vif. Rien au cœur. T. S., 40°.

Urines fébriles ; léger nuago d’albumine par chaleur et acide nitrique.

Défervescence le 12 mai, au septième jour ; l’érysipèle no s’est pas étendu au cuir chevelu. Desquamation très marquée pendant quatre à cinq jours.

Lo 24 mai, le malade, qui, depuis une huitaine de jours était considéré comme guéri, mangeait avec bon appétit et se promenait dans la salle, se plaint d’avoir les chevilles enflées depuis hier soir. On constate en effet un œdème notable des deux pieds, remontant jusqu’au-dessus des chevilles.

Les urines sont de couleur normale, abondantes. Elles donnent par la chaleur et l'acide nitrique un précipité très abondant d’albumine blanche.

Le 23, urines des vingt-quatre heures : 2 litres ; coloration jaune clair : Q. , 2 litres. D., 1,014. Albumine, 4 grammes par litre. Régime lacté exclusif.

Le 27, l’œdème des pieds n’a pas augmenté; pas de bouffissure de la face ou îles mains. Urines : Q., 2,300; coloration jaune clair; albuminurie 2gr,30 par litre.

Le 5 juin, toute trace d'œdème a disparu ; urines 3 litres, claires, albumine 2 grammes par litre.

Le malade sort le 20 juin, urinant en moyenne 2,500 à 3,000 centimètres cubes par vingt-quatre heures, avec lsi‘,50 à 2 grammes d’albumine par litre.

Nous avons revu ce malade au mois d’octobre 1883 ; il n’accusait aucun malaise ; mais la polyurie persistait ainsi que l’albuminurie ; 3 grammes d’albumine par jour avec 2 litres d’urine.

IV. — Fièvre typhoïde. — Nous rappellerons l’observation VI comme exemple de néphrite aiguë hémorragique au cours de la fièvre typhoïde. L’observation XII montre le mal de Bright apparaissant sous la forme aiguë dans la convalescence de la fièvre typhoïde, et passant probablement à l’état chronique. L’observation XIII montre les lésions rénales en évolution deux ans après la lièvre typhoïde. Les lésions sont celles d’une des formes que nous avons nommées reins intermédiaires; ce sont des reins indurés et granuleux, en voie d’airophie, avec hypertrophie proportionnelle du cœur. La tuberculose pulmonaire à laquelle a succombé le malade ne datait que de six mois et il est impossible d’attribuer à cette affection récente les altérations chroniques et évidemment beaucoup plus anciennes présentées par les reins. Peut-être cependant l’examen microscopique aurait-il montré un commencement de dégénérescence amyloïde des artérioles, attribuable à la cachexie tuberculeuse; malheureusement cet examen n’a pas été fail.

Enfin, dans l’observation XIV, la malade, après avoir eu de l’anasarque avec albuminurie, dans la convalescence d’une fièvre typhoïde, meurt cinq ans après, avec tous les symptômes de la maladie de Bright. L’autopsie montre ici les lésions arrivées à une de leurs formes ultimes, le petit rein gris blanchâtre contracté.

0 as. XII. — Fièvre typhoïde. Néphrite aiguë consécutive avec anasarqne. Albuminurie et polyurie persistantes. — V..., âgé de 24 ans, papetier, entré le 2 août 1880.

APPENDICE

Aucuue maladie. Traumatisme ancien au niveau de la région hépatique; cicatrice à ce niveau. Entre k l'hôpital avec les symptômes d'une fièvre typhoïde dont le début remonte à quinze jours; diarrhée, météorisme, taches rosées, température à i0",6. Urines foncées, pou abondantes, albumine en grando quantité par la chaleur et l'acide nitrique.

Le 4 août, urines : Q-, 1,230 grammes ; coloration foncée; albumine, 3sr, 30 par litre; urée, 12sr,529 par litre. Pas de sang dans l’urine; nombreux cylindres granuleux.

La fièvre typhoïde suit une marcho régulière. Défcrvescenco complète le 20 août. Mais, depuis quelques jours, la face et les yeux sont bouffis; œdème des pieds et des jambes. Urines plus abondantes et plus claires, 2 litres ou vingt-quatre heures; albumine en quantité toujours considérable, 2sr,30 par litre.

Le malade est envoyé eu convalescence lo 20 septembre. Il est toujours pâle et très faible. La face et les yeux sont habituellement bouffis le matin ; il n’y a pas d’œdème des membres inférieurs. Rien au cœur. Polyurie abondante persiste, variant entre 2 litres et demi et 3 litres par vingt-quatre heures. La quantité d’albumine est tantôt de ler,50, tantôt de 2 grammes par litre.

Ons. MIL — Mal (le Bright latent consécutif à la fièvre typhoïde. Mort par tuberculose pulmonaire intercurrente au bout de deux ans. Reins indurés et granuleux, en voie d'atrophie avec hypertrophie moyenne du cœur. — R..., âgé de 38 ans, mécanicien entré le 20 janvier 188“. Bonne santé habituelle; n’a fait d’autre maladie qu’une fièvre typhoïde grave, il y a deux ans, qui l’a tenu deux mois à l’hôpital Saint-Antoine. 11 n’a rien remarqué d’anormal du côté de scs urines à la suite de cette maladie.

11 y a six mois, au mois d’août 1886, début aigu et brusque de l’affection pulmonaire qui l’amène à l’hôpital, par un point de côté violent, avec fièvre intense. 11 ne toussait pas auparavant et n’était pas sujet aux bronchites. Il est resté couché trois semaines et n’a pu reprendre son travail qu’au bout de deux mois, mais il ne s’est pas rétabli et a continué de tousser et de perdre ses forces.

11 présente actuellement des signes d’excavation aux deux sommets avec râles souscrépitants des deux côtés jusqu’aux bases. Expectoration abondante; diarrhée; affaiblissement et amaigrissement extrêmes.

On n’examine pas les urines à son entrée à l’hôpital. Mais, au commencement de février, on remarque une certaine bouffissure do la face et un léger œdème malléolaire. Bien que le malade déclare ne pas uriner plus que d’habitude, on fait recueillir les urines dans un bocal, et on constate que la quantité dans les vingt-quatre heures varie entre 2 et 3 litres. Ces urines sont pâles, décolorées et donnent par l’acide nitrique un précipité opaque d’albumine.

Le 3 mars, la quantité des urines baisse tout à coup, et do 3 litres tombe à un litre à peine; albumine toujours abondante. L’œdème a envahi les deux membres inférieurs et le scrotum.

Les jours suivants, même diminution des urines, dont la quantité remonte, lo 10, à 3 litres, en même temps que l’œdème dos jambes disparaît presque complètement. Dans la nuit, lo malade est pris d’un délire tranquille.

Le 11, 2 litres d’urine. Subdelirium continu; divagations, idées de suicide.

Le 12, diarrhée abondante ; les urines tombent de nouveau àl litre en vingt-quatre heures. Le délire a cessé.

Le 13, il n’y a plus trace d’œdème; la face, auparavant bouffie, est maintenant amaigrie et creusée. L’œil est hagard; les réponses sont incohérentes; un demi-litre d’urines pâles, fortement albumineuses.

APPENDICE

Lo IG, à peine 200 centimètres cubes d’urine ; torpeur et subdelirium ; vomissements et diarrhée. Mort lo 17.

Autopsie. — Los poumons, extrêmement adhérents, sont creusés de vastes cavernes et inliltrés dans toute leur étendue de masses et de noyaux caséeux.

Le cœur est volumineux; poids 450 grammes. Un peu de liquide péricardique; plaques fibrineuses molles, peu étendues, disséminées sur les deux ventricules; quelques plaques laiteuses. Lo cœur est à la fois dilaté et hypertrophié. L’hypertrophie porte à la fois sur les deux ventricules, mais surtout sur le gauche. Les piliers et les colonnes du ventricule droit paraissent plus charnus, plus volumineux qu’à l’état normal; la paroi ventriculaire même n’est que peu épaissie et mesure seulement 6 millimètres d’épaisseur. Les piliers du cœur gauche ne sont pas augmentés de volume, mais la paroi du ventriculo a une épaisseur de 2 centimètres. Le tissu musculairo est mou, mais de couleur rouge. Les valvules aortiques sont suffisantes, la mitrale est souple, lisse, normale. L’aorte est saine et ne présente pas de plaques d’athérome.

Les reins pèsent, l’un 140 et l’autre 150 grammes. Ils sont diminués de volume d’une façon inégale, l’un plus petit que l’autre. La diminution de volume porte sur la longueur; la largeur et l’épaisseur sont normales. La capsule est légèrement épaissie et adhérente ; elle l’est plus en certains endroits, où elle arrache des fragments de tissu cortical. La surface présente de nombreuses et fines granulations; elle est de couleur gris rougeâtre, avec prédominance du gris qui est fourni par les parties granuleuses et saillantes ; la teinte rouge occupe les parties déprimées. Il y a des points où la surface est lisse et présente une teinte gris blanchâtre dilTuse. On ne voit pas de kyste à la surface. Sur une coupe, les substances pyramidale et corticale sont presque confondues. Les pyramides sont très anémiées et diminuées en hauteur. La substance corticale parait d’épaisseur normale; elle présente une coloration gris blanchâtre, semée tantôt de points opaques, tantôt comme translucides; on trouve en outre, sur la coupe, un très grand nombre de kystes, dont le volume varie depuis celui d’une tête d’épingle jusqu’à celui d’un pois; ils sont remplis de matière colloïde. Le bassinet est normal ; l’uretère n’est pas dilaté. Les artères rénales ne sont ni épaissies, ni indurées; la surface interne est lisse et ne présente aucune plaque d’athérome.

Le foie est de volume ordinaire, congestionné. La rate est un peu atrophiée. L’estomac est dilaté, sans lésions appréciables de la muqueuse.

0ns. XIV. — Mal de Briyht consécutif à une fièvre typhoïde. Mort au bout de cinq ans par péricardite fibrineuse. Petit rein blanc contracté. — C..., âgée do 29 ans, couturière, entrée lo 26 mai 1883. Pas do scarlatine dans l’enfance. Ni rhumatisme, ni syphilis. Érysipèle de la face il y a douze ans. Habituellement mal réglée ; hystérique avec attaques de nerfs. Pas d’enfants.

Il y a cinq ans, fièvre typhoïde quia duré six semaines. Elle ne peut nous renseigner sur l’état de ses urines dans le cours de sa maladie. Mais, pendant la convalescence, elle a eu de l’œdème des jambes et des mains pendant deux mois et ou a constaté de l’albumine dans les urines.

Depuis cette époque, ello est sujette à des œdèmes transitoires, tantôt des pieds, le soir, tantôt des paupières, des mains, le matin. Elle a souvent la figure bouffie et engourdie en se réveillant. En outre, ello se lève la nuit pour uriner. Depuis un an, cette polyurie a notablement augmenté; ello se lève doux à trois fois chaque nuit et remplit son vase d’une urine presque incolore. En même temps, battements du cœur fréquents, difficulté à monter les escaliers.

APPENDICE

Depuis deux mois, elle a perdu ses forces et pâli considérablement. Tendance aux syncopes. Depuis un mois, épistaxis fréquentes ; peu d’appétit, bouche mauvaise; vomissements pituiteux et bilioux le matin. Pas do diarrhée. Insomnie avec cauchemars, pas do troublos de la vue.

État actuel. — Pilleur terrouso et bouflîo do la face; légor œdème des malléoles et de la face interno du tibia. Muqueuses décolorées. Langue blanche, épaisse; goût désagréable; odeur ammoniacale do l'halcino. Dégoût pour les aliments. Vomissements lo matin; constipation. Rien aux poumons. Haleine courte; palpitations. Hypertrophie peu marquée du cœur; la pointe bat au niveau de la sixiémo côte; pulsation forte. Bruit de soufllo doux à la baso avec bruit do diable dans les vaisseaux du cou. Pouls fort, dur, vibrant; artère radiale un peu dure. Foio normal. Urines abondantes, claires, d’un jauno à. reflet légèrement verdâtre. Précipité opaque d’albumine par la chaleur et l’acide nitrique.

Le 28, quantité des urines en vingt-quatro heures : 3,000 centimètres cubes; coloration jauno pâle; D., 1,010; albumine, lsr,o par litre.

Eau de Spa. Régime lacté.

Le lor juin, la malade accuse un point de côté à gauche avec frissonnements et lièvre. On constate, le 3 juin, les signes d’une pleurésio gauche avec égpphonic et souffle; puis, le 5, un frottement rugueux péricardique, qui, le 8, couvre toute la région précordiale; bruit do va-et-vient.

Les urines sont toujours claires et prosquo incolores; la quantité est tombée à 6, 7 ou 800 centimètres cubes par vingt-quatre heures, la proportion d’albumine est do 2 à 8 grammes par litre.

La malade meurt lo 13 juin.

Autopsie. — Œdème des membres inférieurs. Pas do liquide dans les plèvres. Fausses membranes assez épaisses recouvrant lo lobe inférieur du poumon gauche. Poumons un peu congestionnés dans les bases.

Péricardite généralisée. Le péricarde contient à peiue 200 grammes de sérosité épaisse, où flottent des flocons fibrineux. Les doux feuillets sont tapissés par une coucho de fibrine réticulée, surtout abondante et épaisse à la base des oreillettes; sur les ventricules, aspect classique de la langue de chat.

Cœur dilaté et augmenté de volume. Poids 393 grammes. La dilatation porte surtout sur le ventricule gauche dont la cavité est remplie de caillots cruoriqucs. Les parois sont d’épaisseur à peu prés normale, 15 millimètres. Le ventricule droit n’est pas dilaté.

Foie et rate do volume ordinaire.

Rien à noter du côté de l’estomac et des intestins.

Reins atrophiés; rein droit, 93 grammes ; rein gaucho, US grammes. Aspect typique du rein blanc contracté. Capsule légèrement adhérente, entraîne avec elle dos parcelles de tissu rénal. Coloration générale gris blanchâtre. Surface finement granuleuse ; petits grains jaunâtres, gros comme des tètes d'épingle disséminés régulièrement à la surfaco de la substance corticale. Pas de kystes. Consistance assez ferme à la coupe ; atrophie en hauteur de la substance corticale qui est d’un blanc grisâtre, striée de vaisseaux violacés.

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