GROSSESSE ET MAL DE B R I G H T
Nous avons dit que la grossesse ne nous paraît pas une cause directe de néphrite; c’est seulement une cause d’aggravation d’une néphrite antérieure, dont on retrouve la causo vraie dans les antécédents de la malade.
L’observation suivante représente ce que les auteurs nomment une néphrite gravidique ; or, en interrogeant la malade, ou constate que, quinze mois avant sa grossesse, elle avait eu une fièvre typhoïde, suivie d’œdème ot de taches de purpura sur les membres inférieurs; et la lésion rénale, pour nous, date eu réalité do celte fièvre typhoïde. On remarquera aussi que les signes du mal de Bright n’ont pas disparu, malgré une amélioration marquée, après Taccouchomenl.
Ors. 1. — Mal de Bright dans le cours d'une grossesse gémellaire; fièvre Uj-
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phoïde, suivie de signes de néphrite, quinze mois avant la grossesse. — Femme tle 25 ans, enceinte de huit mois. Au septième mois, elle a remarqué que ses jambes enflaient et a consulte un pharmacien, qui a constaté de l’albumine dans l’urine ; les urines étaient rares ot d’une densité de 1,032. Au bout do quelques jours, la face est devenue bouffie et l’anasarque s’est généralisée. Pendant les premiers mois de la grossosso, cetto femmo avait eu des vomissements répétés, non alimentaires, uniquement aqueux et glaireux.
11 y a quinze mois, la malade a eu une fièvre typhoïde do moyenne intensité. Six semaines après sa guérison, les jambes ont enflé et, quinze jours après, des taches de purpura ont apparu sur les membres inférieurs. Les urines n’ont pas été analysées ; la malade dit qu’elles étaient rares et rougeâtres ; la disparition de l’œdème, au bout d’un mois, a coïncidé avec une polyurio abondante.
État actuel. — Femme vigoureuse. Pas de bouffissures de la face ; œdème limité aux jambes, qui sont très gonflées, quoiqu’elle soit au régime lacté depuis quinze jours. Trois litres d’urine par vingt-quatre heures ; de 7 grammes pour 1030 la quantité d’albumine est tombée à 3 grammes, sous l’influence du lait. Le cœur est un peu gros ; battements tumultueux ; pas do souffle.
Ou supprime le lait au bout do quelques jours. La quantité d’urine tombe à 1 litre et demi, avec 4 grammes d’albumine pour 1000.
La malade accouche à terme, sans accident, de deux jumeaux.
L’œdème disparait complètement huit jours après l’accouchement ; mais l’albuminurie persiste avec une polyurie peu marquée. Trois semaines après, elle rend 2 litres d’urine par jour, claire, limpide, contenant ler,7o d’albumine pour 1000. Le pouls est dur et plein. Le cœur, volumineux, bat avec force, sans bruit de galop, ni souffle.
Dans le cas suivant, la grossesse n’a déterminé qu’un léger œdème des chevilles qui n’a pas persisté plus d’une huitaine de jours. Mais huit mois après la grossesse, sans cause appréciable, des symptômes Lriglitiques ont apparu. Trois ans avant sa grossesse, cette femme avait eu un érythème noueux auquel, à notre avis, on doit rapporter la première atteinte portée au rein.
Obs. II. — Érythème noueux ; grossesse; œdème passager des chevilles; albuminurie et œdème des jambes , huit mois après l'accouchement. — V..., âgée de 22 ans, domestique, entrée le l" août 1882. — Il y a trois ans, érythème noueux qui a duré six semaines. Aucune autre maladie. Réglée abondamment, jusqu’à trois fois par mois. Il y a huit mois, un enfant ; grossesse et accouchement normal; pas d’éclampsie; mais au commencement do sa grossesse, elle a remarqué que ses chevilles étaient un peu gonflées ; cet œdème passager a duré une huitaine de jours et n’a pas reparu pendant le reste de la grossesse. L’urine n’a pas été examinée. Il y a six semaines, les chevilles ont enflé de nouveau, puis l’œdème a gagné les jambes. Aucun autre symptôme ; pas de troubles nerveux oculaires ou respiratoires. Elle n'a remarqué aucune modification de ses urines. Actuellement, œdème considérable, blanc, mou, remontant jusqu’au haut des cuisses. Pas do bouffissure de la face. Pas d’oppression. Rion au cœur ; pouls normal. Les urines sont claires, et donnent, par la chaleur et l’acide nitrique, des flots d’albumine blanche. -4 grammes d’albumine par litre. 1,500 à 2,000 centimètres cubes d’urine dans les vingt-quatre heures. Régime lacté. Au bout de quinze jours, l’œdème des jambes a complètement disparu. 4 litres d’urine par jour, avec 2 grammes d'albumine par litre. La malade demande son exeat.
Obs. III. — Scarlatine dans l'enfance ; éclampsie au cours d’une grossesse; mal
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de liright consécutif. — M..., àgéo tic 20 ans. N’a eu d’autre maladie que la scarlatine à l’Age do 7 ans; épistaxis abondantes à la suite. Elle ne se rappelle pas si elle a été enflée après sa scarlatine. Grossesse à 18 ans ; au neuvième mois, attaques d'éclampsie; accouchement provoqué. Les attaques convulsives ont cessé; on a constaté alors de l’albumine dans les urines. Pas d’œdème. L’enfant n’a pas vécu.
La malade est restéo cinq mois à l’Iiôpiial ; elle n’avait pas d’œdème, mais se plaignait do douleurs dans les reins et dans la tète; vue brouillée du côté gauche. Ventouses scarifiées et deux cautères à la région lombaire.
Depuis sa sortie do l’hôpital, scs pieds enflent un pou quand elle se fatigue. Le matin, elle a souvent les yeux et la liguro bouffis. Céphalée continuelle. Elle urine beaucoup depuis cctto époque et se lève une ou deux fois chaque nuit.
Depuis une huitaine de jours, elle se sent plus malade ; elle est sans forces, sans appétit ; céphalalgie plus vive. Ello a toujours un brouillard devant les yeux, plus marqué à gauche. Douleurs dans les reins, surtout à droite. Les urines sont devenues plus rares et plus foncées. Le cœur est normal et ne paraît pas hypertrophié.
A son entrée à l’hôpital, on note que la quantité d’urine est de 800 centimètres cubes par jour, avec l-'r,50 d’albumine pour 1000. Sous l’influence du lait et du repos au lit, l’albuminurie disparaît complètement, et, au bout d’un mois, la malade sort, rendant 2 litres d’urine par vingt-quatre heures, sans la moindre trace d’albumine. Mais la douleur lombaire persiste ainsi que les troubles de la vue.
NOTE Vil