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TROUBLES SOMATIQUES DANS LE DÉLIRE TOXI-ALCOOLIQUE

tement de l'intoxication chronique, il faut signaler, comme particulièrement remarquable, dans le délire toxi-alcoolique,la céphalée, qui existerait dans les 3/4 des cas (Dagonet), et Finsensibilité à la douleur et aux malaises physiques. On a vu des malades « marcher en s'appuyant sur leurs membres brisés... ; « quelques-uns, opérés de hernies, introduisaient leurs doigts « dans la plaie et s'amusaientfroidement à dérouler leurs intes- « tins, comme s'ils faisaient cette manœuvre sur un cadavre. » (Dupuytren).

Au cours de Taccès délirant, on a signalé la fréquence de Tinégalité pupillaire (Bail, Régis), symptôme de peu de valeur, attendu qu'on le rencontre communément dans toutes les psychoses. Minck (^) a observé le myosis, à la période d'état, et la mydriase, à la phase terminale.

Pendant les accès délirants, on doit surveiller l'état de la température, car elle fournit de précieuses indications pronostiques. Dans les cas bénins, elle reste normale, ou ne s'élève guère qu'à 38**,2, 38**,3. Lorsque l'agitation ou le tremhlement sont excessifs, elle atteint 39**, 39°,5. Habituellement, après deux ou trois jours, la colonne thermométrique tombe aux environs de 37°. Dans quelques cas, en dehors de toute complication viscérale, le thermomètre monte à 40"*? 41**; 1© pronostic est alors extrêmement grave, s'il n'y a pas de rémission après trois jours D'autre part, Lœvenhardt (cité par Féré) (-) a constaté une hypothermie atteignant 3o°,8 et 25\7.

Le pouls suit généralement la température. Dans les cas avec hyperthermie, il est petit, faible, et oscille entre 100 et 120.

Les urines sont rares et colorées. L'albuminurie existerait dans 33 à 4» P- ïoo des cas ("^). West (') a trouvé de l'acétone.

Dans les formes graves on observe des sueurs profuses.

^M MixcK. Diagnose pupillaire, The Alicnist and Neuroîogist, \%cf^.

("j Féré. Les troubles de rintelligence. Traité de path. génér. de Bouchard, t. VI. Masson, 1903.

l'i Fi;erts>'er. De l'ulbuminurie chex les alcooliques. Arch. f. Psych,^ 1875-76.

Weinberg, Berliner KUnische Wochenschrifi, 1876.

{*) Cité in TraiU de Path. génér. de Bouchard, t. V, p. 137.

332 PSrCHOPA riWLOGIE

Nous avons vu qu'en se basant sur les caractères des troubles psychiques, on pouvait distinguer, dans le délire toxi-alcoolique, les formes : maniaque, mélancolique, stupide, formes d'ailleurs imprécises, les cas intermédiaires étant plus nombreux que les cas types. En se plaçant au point de vue de l'intensité des symptômes, il convient d'admettre les formes subaigiië^ aiguë et suraiguë. Ce sont là, non des espèces distinctes, mais de simples variétés cliniques ne différant les unes des autres ni par la nature de la cause qui les a produites, ni par les caractères des troubles psychiques, et pouvant se succéder l'une à l'autre, au cours du même accès (Delasiauve).

La variété subaiguë du délire toxi-alcoolique se manifeste presque toujours sous la forme mélancolique ; elle est apyrélique, s'accompagne d'insomnie, de tremblement, de troubles digestifs, évolue en 5 ou 6 jours, et se termine habituellement par la guérison. Elle comprend les 3/4 des cas d'accès délirants que Ton observe chez les alcooliques.

Le délire toxi-alcoolique aigu s'accompagne généralement d'agitation motrice : le tremblement est intense, la face se congestionne, les yeux sont brillants, la peau devient chaude et parfois se couvre d'une sueur profuse, la température s'élève au-dessus de la normale, pour retomber à 87®, après deux ou trois jours. C'est dans cette variété, que le délire hallucinatoire acquiert son intensité la plusgrande, et que Ton observe le plus souvent des réactions violentes. A titre de complication fréquente, il faut signaler les crises d'épilepsie toxique. Sauf des complications ou un accident (suicide), la guérison est habituelle et survient en huit ou dix jours.

La forme suraiguë a été distinguée par Delasiauve (*), qui en a bien décrit les symptômes physiques : « Ce qui dislingue surce tout la forme suraiguë, c'est la prodigieuse activité nerveuse. « Le malade n'a ni paix, ni trêve ; aucune partie du corps n'est « exempte d'agitation ; les membres tremblent ; vultueuse, (( rouge, violacée môme, la face grimace par le frémissement « prononcé de ses muscles, les yeux roulent dans leur orbite;

(*) Delasiauve. D'une forme grave de delirium tremens. Rei\ mcd.^ 3o avr. i85ï.

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