PROTECTION ET ÉDUCATION DE L'ENFANCE
Les ligues enfantines ont été condamnées, au congrès de Christiania, par l'instituteur danois C. Wagner, qui préconise l'enseignement antialcoolique scolaircy et, récemment, au congrès de Paris, par Van der Woode (*). Jusqu^à ce jour, il n'y a que les Etats-Unis, quelques colonies anglaises et les pays Scandinaves, qui aient assuré, par des mesures législatives, le bon fonctionnement de cet enseignement, dans les écoles primaires.
Le premier Etat de TUnion américaine qui organisa l'enseignement antialcoolique est le Vermont (1882). Actuellement, 40 Etats sur 44 ^^^ inscrit dans leur législation le principe de* renseignement obligatoire de la tempérance, dans les écoles (Voy. J. Denis. Congrès de Bruxelles 1897, P- 4o) î ^^ telle sorte que 16 millions d'enfants le reçoivent dans les écoles américaines. Dans 35 Etats, les maîtres doivent passer un examen satisfaisant sur la question de l'alcoolisme. Dans 36, l'enseignement antialcoolique est de rigueur pour tous les élèves et dans toutes les écoles^ sans distinction.
Il en est de même au Canada, en Suède (4 novembre 1892) et en Norwège (loi du 9 mai 1896).
En Belgique, sur l'initiative de l'inspecteur principal J. Robyns (1887), de nombreuses sociétés scolaires de tempérance se sont fondées (province du Luxembourg).
Des ministres (de Burlet et Le Jeune (^) font tous leurs efforts pour étendre à tout le pays le système des ligues scolaires. L'engagement demandé aux élèves comporte Tabstinence de boissons distillées et l'usage modéré du vin et de la bière.
La Belgique est redevable à M. Schollaert, ministre de l'Intérieur et de Tlnstruction publique, de l'enseignement antialcoolique obligatoire, dans les écoles primaires et moyennes (circulaire du 2 avril 1898).
En France, la circulaire du ministre de l'Instruction publique Rambaud (9 mars 1897), ^ introduit dans les écoles primaires,
(') Comptes rendus du Vil" Congrès inlernat., p. 175, t. II.
(') M. Le Jeune dit excellemment : (c Les questions sociales dont la solution inquiète notre époque, nous enveloppent; vous ne réussirez pos à les résoudre avant d'avoir vaincu l'alcoolisme. » C'est encore l'avis de E. Vandervclde (Congrès international,
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les lycées et les écoles normales, renseignement antialcoolique.
En Hollande, il n'existe obligatoirement que dans les écoles normales d'instituteurs.
Un peu partout, les autorités gouvernementales, inspirées en général par les inspecteurs de l'enseignement gagnés à Tabstinence, encouragent la formation de sociétés d'instituteurs et d'élèves.
c) Propagande dans l'armée. — Un officier écrivait au ► D*" M. Legrain, président de la Société française contre l'usage des boissons spiritueuses : « Dans nos régiments bretons, « l'alcoolisme est une véritable plaie, et les neuf dixièmes « des punitions de prison frappent des ivrognes. Et pourtant (c nous prêchons la tempérance dans notre sphère. Les résul- « tats ne sont pas fameux. Les hommes nous arrivent déjà trop « corrompus pour nous entendre. » Cette observation, à laquelle nous pourrions en ajouter de personnelles, suffit à prouver que l'on exagère, en mettant entièrement l'extension de l'alcoolisme sur le compte du service obligatoire. Il y a d'ailleurs, au régiment, une sanction pour les faits d'intempérance, alors qu'il n'en existe pas, ou à peine, à l'usine, à l'atelier, dans les universités. Il faut avouer pourtant que, malgré une réaction commençante, labus des liqueurs distillées sévit dans les cadres à presque tous les degrés de la hiérarchie. D'autre part, on ne saurait nier que les recrues relativement sobres fournies par les régions vinicoles et les déparlements montagneux, prennent souvent à l'armée le goût des liqueurs fortes.
La discipline militaire, ou plutôt V autorité morale inhérente à la hiérarchie, et qui est illimitée (*), constitue un moyen d'une efficacité sans pareille, d'imposer la sobriété aux buveurs et de préserver les non contaminés. Mais, pour qu'elle donnât tout son effet, il faudrait que les chefs de corps se sentissent soutenus par le haut commandement, qu'ils ne fussent pas
(')Voy. GuiEYfiSE. La lutte contre l'alcoolisme dons Tarmée et par l'armée. Comptes rendus du Vil« Congrès, t. I, p. 365 (Lecture recommandée).