ROLE DU MÉDECIN
comme agents thérapeutiques, emploi dont le moindre défaut est de fortifier les préjugés du public sur l'action tonique de falcool. « L'indication de l'alcool comme tonique, dit le D*" Man- « quat, ne me paraît ni démontrée, ni probable. Cette notion « est importante à préciser, au point de vue de l'alcool dans les (( maladies infectieuses, parce que c'est précisément dans « celles-ci que le protoplasma subit le plus d'attaques de la « part des substances toxiques anormalement produites. »
Comme hypothermisant, il est de médiocre valeur et bien inférieur aux médications pharmaceutiques ou physiques que chacun connaît.
Ajoutons qu'il existe en Angleterre, en Amérique et en Suisse, des hôpitaux d'où l'alcool est absolument proscrit.
Quant au rôle du médecin, nous ne saurions mieux le définir qu'en empruntant au D"" Romiée (de Liège) ce passage de sa communication au Congrès antialcoolique de Bruxelles
« Le corps médical tout entier a le devoir de faire saisir à « nos gouvernants qu'il existe dans le pays une peste plus « intense et plus meurtrière que celles qui les émeuvent... Il « doit les conduire à prendre des mesures sévères, radicales, « pour mettre un frein à ce mal toujours plus étendu ; il aura « à les instruire, pour que ceux qui sont à la tète d'un pays, ne « soient plus guidés exclusivement par cette considération que « la production de l'alcool fait couler des millions dans la caisse « gouvernementale ; il finira par les amener à se rendre « compte que cet or est acquis par le sacrifice de milliers « d'existences, par des misères et des catastrophes sans nombre « et qu'il sort du reste du Trésor^ eu grande partie pour solder « les dépenses occasionnées par les alcooliques aliénés et cri/ni- « nels^ etc.. En résumé, le médecin doit être le protagoniste « dans la lutte contre Talcoolisme. »
Souhaitons, pour le bien de notre corporation, encore si mal appréciée, que l'on comprenne un jour la grandeur de cette tâche qui oblige le praticien, dont les maux physiques sont la raison d'être, à sacrifier ses intérêts les plus immédiats au salut de la multitude inconsciente et ingrate !
F. Mathieu.