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PRÉFACE III

Ton pousse plus avant Tétude expérimentale, on s'aperçoit que les lésions de Tempoisonnement chronique découlent, en réalité, de la connaissance de celles de Tempoisonnement aigu, et que ces deux états, aigu et chronique, peuvent être étroitement rattachés l'un à l'autre.

L'alcool absorbé produit ses effets nuisibles dans les points de l'organisme où il se trouve particulièrement en contact avec les tissus. L'appareil circulatoire est frappé : l'alcoolisme est l'un des facteurs de la dégénérescence du muscle cardiaque et aussi de l'artério-sclérose. Le tissu nerveux est sensible à ce poison, et les accidents nerveux tiennent une place prépondérante dans le tableau de l'intoxication aiguë et de l'intoxication chronique.

Mais ce sont surtout les voies d'élimination de l'alcool qui en subissent tout spécialement les atteintes. Il est vrai que le rein, qui en élimine une notable partie, échapperait à son action, d'après Rayer et Lancereaux, mais je crois, au contraire, bien fondée, l'opinion de Bright, de Magnus Huss, de Frerichs et de Ghristison, pour qui les néphrites chroniques seraient souvent engendrées par l'alcool. D'ailleurs l'expérimentation m'a permis de constater, chez le chien soumis à l'action prolongée de Talcool éthylique, des lésions se traduisant par de l'albuminurie et consistant dans la rétraction, d'un grand nombre de glomérules avec épanchement d'un exsudât grumeleux entre la capsule et leglomérule, ainsi que dans la lumière des tubes contournés. J'ai observé des lésions analogues dans l'intoxication par l'alcool méthylique, l'alcool amylique, l'aldéhyde et le furfurol (*). Il s'agit là, sans doute, d'altérations légères, mais

(*) JoFFROT. L'alcoolisme chronique. Revue scientifique^ i5 janvier 1898.

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