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TOXICITÉ DES ALCOOLS SUPÉRIEURS

qiiés. Les troubles cardiaques suivent à peu près la même marche que ceux de la respiration.

Du côté de la motricité, on note une paralysie, tantôt flasque, tantôt accompagnée de roideur, qui atteint surtout les membres postérieurs.

Les phénomènes convulsifs sont fréquents, mais non constants. Ils consistent soit en un tremblement qui se généralise plus ou moins, soit en convulsions rythmées. Il ne se produit pas d'épilepsie nette.

Du côté de la sensibilité, on constate la perte des réflexes et de la sensibilité générale. Les troubles oculaires les plus constants sont des mouvements convulsifs (nystagmus). Ils se montrent dès qu'on déplace la tète de Tanimal. U y a du myosis ou, plus souvent, de la mydriase.

Le tube digestif de Tanimal intoxiqué se congestionne fortement, et les selles deviennent sanglantes.

Comme troubles sécrétoires et excrétoires, on note de la salivation, à laquelle succède de la sécheresse de la muqueuse buccale. Il y a constamment de Thypersécrétion bronchique.

Quand Tanimal résiste à Fintoxication aiguë expérimentale, le retour à la santé s'opère en deux ou trois jours. Les premières selles ont alors une odeur extrêmement fétide.

Lorsque Tanimal meurt, Fautopsie décèle une congestion généralisée (cerveau, tube digestif, poumons).

Alcools divers [mélhylique et supérieurs). — A propos de Talcool éthylique, nous avons donné les chiff'res qui représentent la toxicité expérimentale de Talcool méthylique, son inférieur immédiat, et Ton a pu se rendre compte que ce dernier a un pouvoir nocif notablement plus faible. Les esprits de bois du commerce sont des mélanges plus ou moins composites et, par conséquent, de toxicité fort variable. La chimie est cependant parvenue à les purifier à peu près complètement et à les débarrasser de leur odeur empyreumatique, si bien qu'à l'heure actuelle ils ont pu entrer dans la consommation.

Dujardin-Beaumetz et Audigé, après avoir établi que, « pour « des alcools ayant la même origine (alcools de fermentation) « l'action toxique est d'autant plus grande que leurs formules

« atomiques sont plus élevées (*) », concluent ainsi, au sujet (le Talcool méthylique (alcool de distillation directe) : « En c< résumé, si nous restons dans les termes que nous avons « posés, nous voyons que Talcool méthylique, quoique occu- « pant dans Téchelle atomique un degré moins élevé que « Talcool éthylique, est cependant /?/«5 toxique que ce dernier, a C'est là une infraction à la loi qui veut que, dans une série « de corps analogues, les plus toxiques soient ceux qui renfer- « ment le plus d'atomes, loi dont nous avons trouvé pour les « alcools fermentes la confirmation presque mathématique. »

Il appartenait à MM. Joffroy et Serveaux de prouver que l'alcool méthylique ne fait pas exception à la loi rappelée par Dujardin-Beaumetz, et que cette loi est absolue. Ils lui ont trouvé comme équivalent toxique vrai, 9 pour le chien et 10,90 seulement pour le lapin.

Il convient de remarquer que Rabuteau {Eléments de toxicologie, 1873), dans sa classification toxicolôgique des alcools, plaçait en tête l'alcool méthylique, comme le moins actif de la série — acceptant ainsi les conclusions très antérieures de Gros {Action de V alcool amylique sur P organisme^ i863) — et que Richardson {On alcohol, 1875) a émis un avis semblable, sans toutefois fournir de chiffres.

A la vérité, les premiers expérimentateurs ne disposaient pas d'alcool méthylique pur, et cela explique la non concordance des chiffres qu'ils produisent.

Dujardin-Beaumetz et Audigé n'avaient-ils pas eux-mêmes constaté une différence de i5p. 100 dans les pouvoirs toxiques respectifs de deux alcools méthyliques, de provenance et de rectification différentes.

Les symptômes de l'empoisonnement aigu par l'alcool méthylique, sont de même ordre que ceux que provoque l'alcool éthylique (D. et Audigé).

MM. Joffroy et Serveaux n'ont pas encore publié les résultais de leurs recherches sur l'équivalent toxique vrai des alcools supérieurs, et nous devons nous en tenir provisoire-

(') Dès 1S7U, Rubuteau « avait admis comme probable que, dons toute la série alcoo- « lique qui a pour formule C° H^ï»+20^ l'action toxique doit ôtre d'autant plus élevée 0 que le groupe CH est représenté un plus grand nombre de fois. » (D. et A.)

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